Lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, un viol se déroule toutes les sept minutes dans l’Union européenne, soit 100 000 chaque année. Et combien de violeurs sont condamnés? Moins de 1 %. Que dirait-on si seulement 1 % des cambrioleurs ou des voleurs étaient condamnés? Que c’est l’impunité organisée et généralisée. Cela ferait tous les bandeaux des chaînes d’information continue. Mais remarquez qu’il en est toujours différemment quand il est question des droits des femmes. Oui, ce texte de lutte contre les violences sexistes et sexuelles va dans le bon sens; mais je ne peux m’empêcher, à l’heure de voter ce texte, d’être en colère contre Emmanuel Macron qui, aux côtés de son allié préféré, Victor Orbán, a bloqué une définition européenne commune du viol. Alors, je veux le répéter ici à cette tribune: n’en déplaise à Emmanuel Macron, à la droite et à l’extrême droite: un rapport sexuel sans consentement est un viol et doit figurer comme tel dans la loi européenne. Et nous le clamerons tant qu’il le faudra, haut et fort: le corps des femmes ne vous appartient pas, notre consentement non plus.
Coordination efficace des politiques économiques et surveillance budgétaire multilatérale - Accélération et clarification de la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs – règlement modificatif - Exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres – directive modificative (discussion commune - Gouvernance économique)
Monsieur le Président, chers collègues, qu’allez-vous dire aux malades qui vont voir le prix de leurs médicaments augmenter, aux chômeurs qui vont perdre leur assurance-chômage, aux retraités dont les pensions vont être gelées, aux locataires de passoires thermiques dont le logement ne sera pas rénové, aux parents dont les enfants n’auront pas de professeurs en face d’eux, bref, aux millions de personnes fragilisées par l’austérité? Qu’il fallait à tout prix rentrer dans les clous des 3 % de déficit et 60 % de dette? Qu’une bonne note des agences de notation vaut bien un immense racket social des Européens? Qu’il fallait leur faire les poches, plutôt que de taxer les grandes fortunes et les superprofits? Quels que soient les sacrifices, ce ne sera en réalité jamais assez pour vous. Voilà à quoi vous nous condamnez avec le vote de ces règles budgétaires: l’austérité à perpétuité. Voilà comment, ensemble, les socialistes, les libéraux et la droite sont en train de solder notre avenir, nos services publics, notre protection sociale et même l’environnement. Mais s’il y a bien quelque chose qui se négocie, c’est la dette, pas la planète. Regardez d’ailleurs comment le gouvernement français s’en donne déjà à cœur joie avec son concours Lépine des pires idées pour priver les Français de tout ce qu’ils ont de plus précieux: hôpitaux, écoles, transports publics, assurance-chômage, fonction publique, investissements écologiques... tout, absolument tout subira les assauts du bulldozer austéritaire. Détruire l’État social pour mieux cajoler le capital. Saboter la bifurcation écologique pour faire tourner la pompe à fric. Nous avons été bien seuls à nous opposer dans cet hémicycle à votre politique économique de la terre brûlée. Alors, le 9 juin, on arrête définitivement vos dégâts, avant qu’ils ne soient irréversibles.
Inscription du droit à l'avortement dans la charte des droits fondamentaux de l'UE (B9-0205/2024, B9-0207/2024, B9-0208/2024) (vote)
Monsieur le Président, chers collègues, alors que nous proposons d’inscrire le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, on voit que la droite réactionnaire redouble d’ingéniosité pour s’y opposer. Je propose donc de remplacer cette partie qui, je cite, «reste une question controversée sur laquelle les sociétés de l’Union ont des points de vue variés» par «le droit à l’avortement est un droit humain et une liberté fondamentale qui doit être protégée des attaques de l’extrême droite et des réactionnaires.» Car non, chers collègues, le droit à l’avortement n’est pas une question de point de vue, c’est un droit humain. Non, le droit à l’avortement n’est pas un sujet de controverse, c’est une liberté fondamentale. Non, le droit à l’avortement ne tue pas, au contraire, il sauve des vies. Et pendant que vous vous y attaquez discrètement ici, au Parlement européen, vous pouvez compter sur nous à Bruxelles, à Paris, à Rome, à Budapest, partout où vous entraverez le droit des femmes, vous nous trouverez sur votre chemin.
État d'avancement de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (débat)
Madame la Présidente, vous voulez savoir comment les lobbys font la loi dans les institutions européennes? J’ai un petit mode d’emploi pour vous. En 2019, je suis arrivée ici, au Parlement européen, comme beaucoup de mes collègues, avec une détermination: celle de faire accepter et adopter une directive européenne sur le devoir de vigilance des multinationales, pour qu’enfin les Total, Shein et Apple payent pour leurs crimes et pour les désastres environnementaux dont elles profitent. Ces crimes continuent parce que nos lois ne permettent pas de tenir les entreprises pour responsables des horreurs commises pour leur compte par leurs sous-traitants. Ensuite, un peu plus tard, en 2022, Emmanuel Macron vient ici, à cette tribune, faire une promesse – on se dit: «Tiens, c’est intéressant, une promesse» –, à savoir que la France soutiendra le devoir de vigilance. Mais, comme toujours, chers collègues, avec Emmanuel Macron, il faut lire les petites lignes en bas du contrat. Parce que, en réalité, il fallait comprendre que la France soutiendrait la directive sur le devoir de vigilance, sous réserve de l’accord du MEDEF. Manque de pot, le MEDEF et les syndicats patronaux sont contre. Depuis deux semaines, Emmanuel Macron, ses alliés en Allemagne et Giorgia Meloni en Italie empêchent l’adoption de cette loi. On a eu Macron serviteur d’Uber; voici Macron avocat de Total. Pourtant, il s’agit d’une loi essentielle et historique, qui oblige les grandes entreprises à prévenir, faire cesser et réparer les crimes dont elles profitent, d’une loi qui impose aux multinationales criminelles des amendes pouvant se monter jusqu’à 5 % de leur chiffre d’affaires, d’une loi qui permet à leurs victimes d’obtenir réparation devant les tribunaux européens. Voilà la loi que nous avions négociée collectivement avec la Commission européenne et avec le Conseil et les États membres. Voilà le mode d’emploi, en théorie, de la démocratie, si ce n’est le mode d’emploi des lobbys qui viennent ici s’en mêler. Alors, si la directive européenne ne passe pas, je veux dire à Emmanuel Macron, à Olaf Scholz, à Giorgia Meloni qu’ils auront du sang sur les mains: celui des ouvriers morts sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar, celui des Ouïgours réduits à l’esclavage en Chine, celui des enfants piégés dans les mines du Congo pour les profits de quelques entreprises multinationales. Emmanuel Macron, il est temps de choisir entre la raison ou la trahison, entre les criminels ou les victimes, entre nos vies ou leurs profits. Faites le bon choix, ou nous vous le ferons payer dans les urnes le 9 juin prochain.
(Célébration de la Journée internationale des droits des femmes)
Madame la Présidente, chers collègues, la semaine dernière, la France a ouvert la voie en Europe. La semaine dernière, la France est entrée dans l’histoire des nations pionnières des droits des femmes en intégrant l’avortement dans sa Constitution. La semaine dernière, en France, les réactionnaires de tout bord qui, ici, veulent priver les femmes du droit à disposer de leur corps ont définitivement perdu. Mais nous savons que trop bien qu’ils gagnent du terrain en Europe, poussés par une propagande antichoix digne des pires réactionnaires, qui vont jusqu’à nous envoyer des fœtus en plastique; poussés par des médias qui se font le relais de cette propagande, comme dernièrement, en France, CNews, qui présentait l’avortement comme la première cause de mortalité dans le monde; poussés par l’extrême droite, qui montre encore aujourd’hui son vrai visage: s’attaquer aux droits des femmes, s’attaquer aux droits des LGBT. Oui, nous vous arrêterons, et oui, nous défendrons jusqu’au bout le droit des femmes contre tous les réactionnaires de votre camp, qui, une fois arrivés au pouvoir, s’attaquent en premier lieu aux droits des femmes. Que cette victoire, en France, arrachée de haute lutte grâce à la mobilisation des associations féministes, nous permette d’ouvrir un chemin en Europe, comme nous le demandons depuis des années, pour inscrire l’IVG dans la charte des droits fondamentaux, pour qu’en Pologne, en Hongrie, partout en Europe les femmes puissent enfin décider librement, pour que plus jamais une femme n’ait à subir le martyre des cintres, l’angoisse de la clandestinité ou le risque de la mort, pour que plus jamais les femmes ne perdent le contrôle de leur corps. C’est pour ces mêmes raisons que nous continuerons le combat pour intégrer le consentement dans la définition du viol au niveau européen, démarche bloquée par Emmanuel Macron et par tous ses alliés réactionnaires sur les bancs de l’extrême droite, en face de moi. Combien de fois devrons-nous le répéter? Une relation sexuelle sans consentement est un viol, ne vous en déplaise, au même titre qu’un baiser non consenti, comme celui de Luis Rubiales à la joueuse Jenni Hermoso est une agression sexuelle, et je suis surprise que personne ici n’en ait parlé. Il est temps de mettre fin au sentiment d’impunité terrible que ressentent tous ces hommes qui pensent que le corps des femmes leur appartient. Il est temps de mettre à terre tous les stéréotypes, et c’est la joueuse de water-polo qui vous parle. Mais il est temps avant tout de mettre à terre le patriarcat pour qu’à jamais chaque femme puisse choisir librement sa destinée.
Accord-cadre avancé UE/Chili - Accord-cadre avancé UE/Chili (résolution) - Accord intérimaire sur le commerce entre l’Union européenne et la République du Chili (discussion commune - Accords UE-Chili)
Vous avez dit, Madame Vedrenne, que Richard Virenque a gagné beaucoup de trophées, c’est vrai. Mais il a gagné beaucoup de trophées en trichant et en se dopant. Et c’est précisément ce que vous êtes en train de faire avec l’agriculture française, de tricher. Parce que oui, vous allez dire le Chili, c’est 2 % d’importations, mais ce sera le Chili, plus la Nouvelle-Zélande, plus le Kenya, plus le Mexique, plus le Mercosur. Où est-ce qu’on va s’arrêter? Et chaque tonne qui sera importée sur le sol européen, ce sera une tonne qui mettra en danger notre agriculture européenne.
Accord-cadre avancé UE/Chili - Accord-cadre avancé UE/Chili (résolution) - Accord intérimaire sur le commerce entre l’Union européenne et la République du Chili (discussion commune - Accords UE-Chili)
J’ai vu, madame Vedrenne, que vous étiez au Salon de l’agriculture avec Monsieur Macron, le Président de la République française, qui a dit: «déléguer à d’autres notre capacité à produire notre alimentation, au fond, est une folie». Et qu’est-ce que c’est le libre-échange si ce n’est importer des produits de l’autre bout du monde et si ce n’est pas déléguer notre capacité à produire et notre alimentation à d’autres? Alors comment, dans ces conditions, assumez-vous de voter ce nouvel accord de libre-échange? À moins que vous soyez le Richard Virenque du libre-échange et que vous signez et votiez des accords à l’insu de votre plein gré?
Accord-cadre avancé UE/Chili - Accord-cadre avancé UE/Chili (résolution) - Accord intérimaire sur le commerce entre l’Union européenne et la République du Chili (discussion commune - Accords UE-Chili)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je vous revois ces dernières semaines venir la main sur le cœur auprès des agriculteurs, leur faire des déclarations d’amour, leur dire que nous leur devons tant et qu’il faut les aider. Mais est-ce que vous leur avez dit aussi que vous vous apprêtiez à voter un énième accord de libre-échange? Ah non, pas un mais deux: avec le Chili et le Kenya. Ça doit être ça le capitalisme, deux pour le prix d’un. Est-ce que vous leur avez dit que, de votre fait, l’Union européenne va importer des milliers de tonnes de poulets, de porcs, de viande ovine, d’huile d’olive, de raisins, de pommes de l’autre bout du monde? Comme si nos agriculteurs ne savaient pas produire tout ça, ici en Europe. Est-ce que vous leur avez dit que vous allez les soumettre encore un peu plus à une concurrence déloyale, comme s’ils ne subissaient pas déjà les effets de plus de 40 accords de libre-échange en vigueur? Est-ce qu’après être allés tâter le cul des vaches, goûter leurs produits et avoir promis monts et merveilles sur des prix plancher comme l’a fait le président Macron, vous leur avez dit que vous étiez en train de sacrifier l’agriculture européenne? Franchement, vous n’êtes qu’une bande d’hypocrites et de menteurs. Expliquez-moi en quoi il est ambitieux ou durable d’importer de l’autre bout du monde des produits que l’on sait produire ici, qui profitent de salaires beaucoup plus faibles et qui sont produits avec des OGM et des pesticides qui sont interdits dans l’Union européenne? Et qui vote contre ici? C’est le moment de vérité. Seul mon groupe au Parlement européen vote contre cet accord et ces accords. Des sociaux-démocrates à l’extrême droite, en passant par les libéraux, aucune voix ne s’est élevée contre. Et le pire, c’est que vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Après le Chili, ce sera le Mercosur, l’Australie, le Mexique, l’Inde, et l’Indonésie. Un beau tour du monde, sans parler de la concurrence déloyale juste à nos portes, posée par l’Ukraine. Mais précisément, on ne demande pas à nos produits alimentaires de faire le tour du monde pour engraisser quelques agro-industriels qui font leur beurre sur le dos de nos agriculteurs. Alors, chers collègues, je vous le dis très clairement: cessez d’alimenter leurs profits. Les seuls qu’on veut nourrir ici, ce sont les gens. La planète n’est pas une grande zone commerciale au service des multinationales où la vie des agriculteurs est en discount.
La guerre dans la bande de Gaza et la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu, et notamment les événements récemment survenus dans la région (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, au moment où nous parlons, 1,5 million de personnes se savent condamnées à mort à Rafah, si nous ne faisons rien. Israël s’apprête à y lancer une opération terrestre massive après avoir pilonné la ville de bombes, alors que plus de la moitié de la population de Gaza s’y est réfugiée sous injonction israélienne et s’y entasse désormais dans des conditions abominables. Ce qui va se passer dans les prochaines heures, si la pression internationale ne ramène pas Nétanyahou à la raison, c’est un véritable carnage. M. Borrell, d’ailleurs, l’avait dit lui-même, les Gazaouis ne meurent pas tous seuls. Ils meurent parce que Benyamin Nétanyahou agit en toute impunité. Ils meurent parce qu’on livre du matériel militaire à Israël pour tuer aveuglément des dizaines de milliers de Palestiniens. Ils meurent parce que l’Union européenne préfère fermer les yeux et refuse de suspendre son accord d’association avec Israël pour quelques juteux profits. Ils meurent parce que l’Union européenne est incapable d’appliquer la décision de la Cour internationale de justice, qui enjoint des mesures conservatoires contre Israël face au risque de génocide. Ils meurent parce que des députés ici, dans cet hémicycle, pas plus tard que tout à l’heure, issus du camp de la droite, refusent de leur venir en aide. Ils meurent parce que des députés ici préfèrent cautionner un carnage humanitaire et un génocide. Ils meurent parce que certains ici préfèrent avoir du sang sur les mains.
Donner aux agriculteurs et aux communautés rurales des moyens d'action - dialogue pour une agriculture européenne qui soit durable et correctement rémunérée (débat)
Monsieur Canfin, vous nous avez dit que cela ne changerait rien de pointer le libre-échange. Pourtant, vous, avec votre groupe, vous avez voté un des derniers accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, qui, par exemple, va inclure l’importation de 15 000 tonnes de lait, 25 000 tonnes de fromage, 36 000 tonnes de beurre, 164 000 tonnes de viande bovine, le tout produit avec des pesticides, comme l’atrazine, qui sont interdits dans l’Union européenne, mais toujours autorisés en Nouvelle-Zélande. Alors, pensez-vous, pour tous ces agriculteurs, que cela ne changera rien de continuer à importer massivement ces produits, qui contribuent à de la concurrence déloyale?
Donner aux agriculteurs et aux communautés rurales des moyens d'action - dialogue pour une agriculture européenne qui soit durable et correctement rémunérée (débat)
Monsieur le Président, «on est censés nourrir les gens, et vous nous laissez crever dans nos champs»: voilà ce que m’ont dit la semaine dernière des agriculteurs que j’ai rencontrés sur des blocages. Qui les laisse crever? Il faut mettre des noms: c’est vous, chers collègues, vous qui avez systématiquement refusé des prix planchers pour rémunérer dignement les paysans, vous qui avez balayé d’un revers de main la possibilité de bloquer les marges de l’agro—industrie, qui s’en est mis plein les poches en faisant raquer les consommateurs, vous qui avez signé à tour de bras des accords de libre-échange qui imposent une concurrence totalement déloyale à nos paysans. Comment osez-vous venir à cette tribune faire de grandes déclarations pour les agriculteurs, la main sur le cœur, alors que, de cette même main, vous venez d’approuver l’accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, qui va augmenter les importations de lait, de viande, de fromage, de vin ou de miel depuis littéralement l’autre bout de la planète? Le tout, bien sûr, avec des pesticides interdits sur le sol européen. Heureusement que l’hypocrisie ne tue pas, chers collègues, contrairement au métier d’agriculteur. Notre groupe, ici au Parlement, est le seul dans cet hémicycle à avoir rejeté unanimement l’ensemble de ces accords de libre-échange. Comme si cela ne suffisait pas, vous en avez voté deux autres, la semaine dernière, avec le Chili et le Kenya. Où allez-vous vous arrêter? À la mort complète de notre agriculture européenne? Ne me dites pas que l’accord avec le Mercosur serait sur pause quand, en réalité, les négociations se poursuivent et que se profile une autre pelletée d’accords avec le Mexique, l’Australie, l’Inde. Comment voulez-vous que nos paysans soient compétitifs face aux immenses fermes-usines du Brésil ou d’Ukraine? Expliquez-moi quel sens il y a à importer de l’autre bout du monde des produits que l’on produit déjà ici, et de bonne qualité! Tous ces accords sont autant d’insultes adressées aux éleveurs, arboriculteurs, maraîchers, pêcheurs, travailleurs et travailleuses agricoles, qui nous nourrissent au quotidien. La semaine dernière, j’ai rencontré deux apiculteurs qui appelaient à l’aide. Ils se retrouvent, comme beaucoup, avec l’ensemble de leur production de 2023 sur les bras, que la grande distribution ne veut plus acheter, lui préférant le miel néo-zélandais, chinois ou ukrainien. Les abeilles butinent et les supermarchés empochent le butin. Comme nombre de leurs collègues, ces deux apiculteurs sont découragés et songent à tout arrêter. Qu’allez-vous leur dire? Qu’on va continuer, avec cette folie? Les agriculteurs ne veulent plus, ne peuvent plus être les vaches à lait de l’agro-industrie et de votre obsession libre-échangiste, chers collègues. Si vous continuez dans cette voie, c’est toute l’agriculture européenne que vous allez laisser sur la paille.
Russiagate: allégations d'ingérence russe dans les processus démocratiques de l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, notre Parlement européen est sous contrôle. Après le Qatar, on apprend qu’une députée travaille pour les services secrets russes. Cette ingérence de Poutine est scandaleuse, mais ne comptez pas sur moi pour pleurer avec le bal des hypocrites qui feignent la surprise. La vérité, c’est que, dans les institutions européennes, la corruption n’est pas un accident mais un système. La vérité, c’est que vous, Monsieur Schinas, vous donnez beaucoup de leçons d’éthique aujourd’hui, mais quand il s’agissait du Qatar et que vous aviez les mains engluées dedans, vous n’avez pas hésité à leur donner un coup de main. La vérité, chers collègues, c’est que la majorité d’entre vous refuse des règles et des contrôles sérieux et que l’impunité est érigée en loi. La vérité, c’est qu’un quart des députés ici présents ont violé la loi ou le règlement – corruption, détournement de fonds, harcèlement. Les corrompus, chers collègues, sont comme les vampires: ils détestent la lumière. Alors, nous continuerons à braquer un énorme coup de projecteur sur ces pratiques. Et le 9 juin, nous aurons l’occasion de faire le ménage et de chasser tous les magouilleurs des institutions européennes.
Conclusions du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2023 et préparation du Conseil européen extraordinaire du 1er février 2024 - Situation en Hongrie et gel des fonds de l’Union européenne (discussion commune - Réunions du Conseil européen)
Madame la Présidente, Madame la Ministre, Madame von der Leyen, le bilan est sans appel. La réalité, c'est que vous êtes en train de céder aux caprices de M. Orban. Vous jouez le jeu de cette prise d'otage institutionnelle organisée par la Hongrie qui bloque l'aide à l'Ukraine et empêche la révision du budget européen. Mais on va se parler franchement. Il serait un peu facile de se cacher derrière les frasques du président hongrois. Nous le disons depuis un moment déjà: ce budget européen est totalement insuffisant pour être à la hauteur des enjeux sociaux et environnementaux du moment. Et face à ça, vous avez systématiquement refusé nos propositions pour augmenter les ressources de l'Union européenne, par exemple, au hasard, en mettant à contribution les multinationales et les plus riches qui continuent, année après année, d'amasser des sommes indécentes. Je vais prendre un seul exemple. Dans mon pays, en France, 42 milliardaires ont gagné 230 milliards d'euros en une année, soit l'équivalent d'un chèque de 3 400 € pour chaque Français. Dans le même temps, les actionnaires ont touché un pactole de près de 100 milliards d'euros de dividendes l'année dernière. Et de l'autre côté, on a un tiers des Européens qui sautent des repas et des gens qui meurent dans les rues de nos États. L'équation est simple: on a face à nous une minorité de privilégiés qui sont réunis à Davos en ce moment – je ne sais pas si vous irez, Madame von der Leyen – qui s'enrichissent sur le dos de tous les autres qui s'appauvrissent. Pourtant, votre commission, ainsi que la droite et les libéraux de ce Parlement ont refusé systématiquement d'aller chercher l'argent, cet argent où il se trouve en bloquant les marges des entreprises multinationales qui s'enrichissent et en mettant à contribution les milliardaires qui se gavent. Au lieu de cela, vous faites payer les gens, les gens qui galèrent, les gens en détruisant les services publics, en affaiblissant le droit du travail, en exigeant des réformes injustes, des retraites et des allocations chômage. Tout ça pour quoi? Pour satisfaire vos sacro-saintes règles budgétaires qui font revenir l'austérité. Car en réalité, c'est cela le vrai sujet dont personne ne parle aujourd'hui et qui devrait tous nous mobiliser. Je lance ici l'alerte. On a devant nous la plus grande cure d'austérité budgétaire jamais vue sur notre continent. Et elle ne vient pas de nulle part, Madame von der Leyen, elle est de votre responsabilité directe. Sérieusement, j'ai une question pour vous. Vous ne trouvez pas que nos crèches ne sont pas assez surchargées, que 30 000 lits supprimés d'hôpitaux dans mon pays, en France, depuis 2017, ça ne suffit pas que nos hôpitaux sont en très bonne santé, qu'il ne manque pas assez de profs déjà dans nos écoles publiques, que nos médicaments et nos consultations médicales ne sont déjà pas assez chères, que les tarifs de l'électricité ne sont pas assez élevés et qu'il faut supprimer les aides publiques? Et là, vous vous êtes dit: avec le soutien zélé des États européens, Eurêka! Faisons encore pire! Demandons aux États de sacrifier davantage encore les services publics. Je termine, Madame la Présidente, puisque le président du groupe Renew – ce n'est même pas le président – Monsieur Verhofstadt, a eu un peu plus de temps. Je termine, j'en ai pour peu de temps, je vous promets. Dans mon pays, la France, l'application de ces nouvelles règles budgétaires signifiera des coupes dans les dépenses publiques de 22 milliards d'euros par an. Alors OK, ce n'est que 12 % de la fortune de Bernard Arnault, mais dans la vraie vie, ramené au budget de l'État, cela voudra dire l'équivalent de la suppression de 623 000 postes d'enseignants. Autant dire un massacre social, auquel vous ajoutez un scandale démocratique, chers collègues, puisqu'une coalition des sociaux-démocrates et des libéraux et de la droite ensemble essaie de passer en force. Peut-être vous êtes-vous inspirés du président Macron pour importer le 49.3 de la France à l'Europe, eh bien, je vous le dis, nous ne vous laisserons pas faire.
Situation humanitaire à Gaza, nécessité de parvenir à un cessez-le-feu et risques d'escalade régionale (débat)
J’observe, Madame Loiseau que vous ne répondez pas à ma question. Je suis pour condamner l’ensemble des criminels de guerre, tous ceux qui commettent des crimes de guerre. Mais je vous pose une question très claire: appelez-vous à un cessez-le-feu permanent pour les Palestiniens qui sont aujourd’hui sous les bombes israéliennes? Et j’ai une deuxième question. Puisque vous parlez d’armements, l’Union européenne est complice et envoie des millions d’euros d’armes à Israël. Alors allez-vous demander que l’Union européenne cesse sa coopération à ce massacre et appelle à un cessez-le-feu permanent et à cesser son envoi d’armes? Et j’espère que cette fois-ci, j’aurai une réponse un peu plus claire.
Situation humanitaire à Gaza, nécessité de parvenir à un cessez-le-feu et risques d'escalade régionale (débat)
Madame Loiseau, plus de 24 000 Palestiniens sont déjà morts dans la bande de Gaza, dont 10 000 enfants, sous les bombes israéliennes. Et je crois, vous me l’accorderez, que la moindre des choses que l’on doit aux Palestiniens qui sont sous les bombes, c’est la clarté. Et je regrette de ce point de vue-là que le groupe Renaissance, et en l’espèce Stéphane Séjourné lui-même à la dernière Conférence des présidents, ait soutenu la suppression du terme «permanent» à l’appel de notre Parlement à un cessez-le-feu. Donc, ma question est très claire: appelez-vous à l’arrêt permanent des massacres ou demandez-vous seulement une pause le temps qu’Israël refasse ses stocks de missiles pour continuer à décimer le peuple palestinien?
Situation humanitaire à Gaza, nécessité de parvenir à un cessez-le-feu et risques d'escalade régionale (débat)
Monsieur le Président, 100 jours, 100 jours qu'Israël bombarde Gaza sans trêve et massacre plus de 300 innocents par jour, et déjà plus de dix mille enfants. 100 jours que Netanyahu réalise le rêve macabre de l'extrême droite israélienne: éradiquer la Palestine et sa population. 100 jours qu'avec mon groupe de la gauche, je viens ici pour vous demander que notre Parlement agisse pour la paix. Mais aujourd'hui, chers collègues, notre travail et notre détermination paye enfin. Contre les va-t-en-guerre de la droite et de l'extrême droite, le Parlement européen s'apprête enfin à appeler un cessez le feu. Mais si vous êtes revenus à la raison, chers collègues, appelez aussi à la justice, en soutenant l'initiative de l'Afrique du Sud, de saisir la Cour de justice internationale pour établir le caractère génocidaire de l'action d'Israël, mais aussi en suspendant notre accord de partenariat avec Israël et en arrêtant nos exportations d'armes vers Israël. Bref, chers collègues, en cessant la complicité avec l'Union européenne. 100 jours, plus de 24 000 Palestiniens sont morts. N'attendons pas un seul jour ni un mort de plus pour exiger la justice et la paix.
Résultats de la Conférence des nations unies sur les changements climatiques 2023, à Dubaï aux Émirats arabes unis (COP28) (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, il aura fallu attendre 28 COP pour que les États daignent enfin aborder le tabou des énergies fossiles, mais sans en demander une sortie claire et nette, alors qu'elles sont le principal coupable du dérèglement climatique. Il faudra transitionner sans éloigner, sans trajectoire ni calendrier contraignant. En réalité, c'est notre futur sur une terre habitable qui s'éloigne. La seule victoire à saluer est donc cette grande créativité lexicale, je dois le reconnaître, pour inventer des termes qui n'engagent à rien. Parce qu'aujourd'hui, l'humanité transitionne en réalité surtout vers son extinction. Et ce n'est pas une surprise, tant cette conférence des parties était en réalité une conférence des lobbys. 2500 lobbyistes grouillant dans les couloirs, quatre fois plus que pour la COP 27. Le patron de Total, un grand écolo, on le sait bien, dans les valises d'Emmanuel Macron. Et, bien sûr, le président de la COP lui-même, Sultan Al-Jaber, qui se trouve être le PDG d'un géant du pétrole. Je résume: on sait que le dérèglement climatique est déjà irréversible. On est sur une trajectoire cataclysmique à plus trois ou quatre degrés. L'année 2023 est déjà l'année la plus chaude jamais enregistrée. Mais on laisse les lobbies faire leur loi. Combien de temps allons-nous accepter cela? Tant qu'on négociera avec ceux qui ont pillé la planète, rien ne bougera. Tant qu'on refusera une rupture radicale et totale avec ce système économique qui détruit tout, rien ne changera. L'écologie sans remise en cause du capitalisme, chers collègues, c'est du jardinage, et nous n'avons plus le temps de jardiner. Nous avons une planète à sauver.
Un an après le Moroccogate et le Qatargate – bilan des mesures pour renforcer la transparence et la responsabilité dans les institutions européennes (débat)
C’était intéressant de vous entendre, Madame Loiseau. Je rappelle, pour tous ceux qui nous écoutent à l’extérieur, que la rémunération d’un député est de plus de 7 000 euros par mois. Je pense personnellement que c’est une rémunération indécente, complètement déconnectée de la réalité et de la vie quotidienne des citoyens européens dont vous parlez. Je continuerai à défendre non seulement la baisse la rémunération des députés, mais en plus l’interdiction des rémunérations annexes. Comment allez-vous justifier, pendant les élections, qu’il y ait des députés européens qui soient payés grassement par des lobbys et par des entreprises, alors qu’on est censés faire la loi?
Un an après le Moroccogate et le Qatargate – bilan des mesures pour renforcer la transparence et la responsabilité dans les institutions européennes (débat)
Madame Loiseau, vous avez eu un plaidoyer assez vibrant concernant la lutte contre les ingérences extérieures et la lutte contre la corruption, mais je m’interroge sur la distance entre les paroles et les actes. On a eu beaucoup de belles déclarations à la suite du scandale de corruption du «Qatargate», mais j’observe que, quand il s’agissait par exemple de voter sur l’interdiction des rémunérations annexes pour que les députés, en plus de leurs indemnités d’élus très généreuses, ne soient pas payés par des lobbys, vous avez voté contre. Avez-vous changé d’avis ou continuez-vous à défendre les lobbys?
Un an après le Moroccogate et le Qatargate – bilan des mesures pour renforcer la transparence et la responsabilité dans les institutions européennes (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, il y a tout juste un an éclatait le plus gros scandale de corruption de l’histoire des institutions européennes: le «Qatargate». Des députés se sont vendus à un État étranger pour des mallettes de billets, et on apprend même aujourd’hui que le commissaire Schinás y serait mêlé, ce que je pointais déjà il y a un an. Je me souviens de chacun d’entre vous ici, chers collègues, venant à cette tribune dire la main sur le cœur: «Plus rien ne sera jamais comme avant.» Un an après, rien n’a changé. L’immense majorité des réformes promises a été enterrée. Des députés peuvent continuer tranquillement à être grassement rémunérés par des lobbys ou par des États en toute impunité. Aux oubliettes, l’Autorité éthique indépendante que vous nous avez promise depuis le début de votre mandat, Madame Jourová. Les corrompus, chers collègues, sont comme les vampires: ils détestent la lumière. Mais l’opacité, elle, reste la règle absolue de toutes les négociations. Pardon pour ce coup de gueule, mais je crois sincèrement que vous vous foutez de nous. Je ne vous lâcherai pas. Et comptez sur moi, sur nous, sur mon camp politique, pour continuer à mener la bataille, pour chasser tous les lobbys et les ingérences extérieures des institutions européennes, pour que, une bonne fois pour toutes, l’éthique prime sur le fric.
Le rôle de la politique fiscale en temps de crise (débat)
Madame la Présidente, un tiers des Européens ne mange pas à sa faim, et l’augmentation de 25 % des prix alimentaires ne sort pas de nulle part. Même Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, le reconnaît: plus de la moitié de l’inflation provient de l’augmentation des marges. En clair, des entreprises, des grandes entreprises qui se gavent sur notre dos. Les gens en ont marre. Marre que les gouvernements complices demandent poliment des baisses de prix qui ne viennent jamais. Marre que l’Union européenne choisisse ce moment pour réimposer l’austérité, en ce moment même, et demande aux États de couper dans le budget de nos écoles ou de nos hôpitaux, alors même que les solutions existent et que vous pourriez aujourd’hui soutenir nos amendements sur la taxation des superprofits et des superriches et sur le blocage des marges et des prix. Comment pourriez vous, chers collègues, voter contre et refuser de reprendre, comme le disait si bien l’abbé Pierre, à «ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides»? Organiser le grand partage ou laisser faire le grand gavage, voilà, au fond, le clivage qui nous sépare ici dans notre hémicycle, et voici le choix qui sera à faire pour les prochaines élections européennes.
Madame la Présidente, chers collègues, vous le savez, la situation humanitaire à Gaza est apocalyptique. Près de 20 000 civils sont morts sous les bombes israéliennes, tout le système humanitaire s’est effondré, les Nations unies parlent de risque génocidaire et, sans le veto des États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies aurait adopté une résolution en faveur d’un cessez-le-feu permanent. Mais ici, la bonne nouvelle, c’est que les États-Unis ne sont pas représentés. Nous devons réussir là où les Nations unies ont échoué et faire adopter une résolution claire pour mettre fin à ce carnage, pour demander un cessez-le-feu permanent, pour demander l’entrée des enquêteurs de la Cour pénale internationale à Gaza, pour suspendre notre accord d’association avec Israël et exiger un embargo immédiat sur nos livraisons d’armes, pour prendre des sanctions contre les colons illégaux de Cisjordanie. En votant une résolution, chers collègues, nous pourrions clairement prendre position. L’Union européenne, si elle le voulait, pourrait actionner ses leviers pour intervenir et ne plus rester complice. Cela ne tient qu’à nous.
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (débat)
Monsieur le Président, «j’ai cru mourir», voilà les mots d’une députée française, Sandrine Josso, droguée à son insu par un sénateur dans le but d’abuser d’elle. Et quelle a été la réaction du sénateur Joël Guerriau mis en cause? Son chat était mourant. Oui, oui, collègues, vous avez bien entendu, parce que son chat était mourant, cela l’autoriserait à agresser une femme. Mais quel sentiment d’impunité faut-il atteindre pour oser une telle défense? Souvent, les agresseurs profitent d’une relation de pouvoir. C’est l’animateur de radio Sébastien Cauet, accusé de viol, ou encore le célèbre agent immobilier Stéphane Plaza, poursuivi pour violences. Mais ces agressions et ce sentiment d’impunité ne concernent pas que des célébrités. Elles sont omniprésentes et touchent toutes les femmes. Les prédateurs sont partout: dans la rue, jusque dans nos foyers, au travail ou dans l’intimité, de la remarque déplacée aux coups portés, du harcèlement répété aux corps violés. Combien d’entre nous ici n’ont-elles pas déjà subi une de ces agressions? Je remarque d’ailleurs que tous ces débats qui portent sur les droits des femmes réunissent en général quelques rares collègues, et uniquement de sexe féminin. C’est à chaque fois le même schéma, à chaque fois la même difficulté pour les femmes de parler, à chaque fois la même impunité. Mais nous ne laisserons pas le patriarcat gagner. Alors que plus de 100 000 viols ont lieu dans l’UE chaque année, la France bloque les négociations d’un texte crucial contre les violences sexuelles en voulant exclure de la législation européenne la définition du viol. Je veux ici le répéter à cette tribune. N’en déplaise à Emmanuel Macron, un rapport sexuel sans consentement est un viol. Un rapport sexuel sans consentement est un viol et doit figurer comme tel dans la loi européenne. C’est pourtant simple et nous clamerons tant qu’il le faudra: le corps des femmes ne vous appartient pas, notre consentement non plus.
Situation humanitaire à Gaza, nécessité de libérer les otages et d’instaurer une trêve humanitaire immédiate menant à un cessez-le-feu et perspectives de paix et de sécurité au Moyen-Orient (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, ce matin nous poussons un premier «ouf» de soulagement après l’annonce d’une trêve et de la libération à venir de plusieurs dizaines d’otages. Je pense bien évidemment aux familles qui vont retrouver leurs proches, à celles qui n’ont pas encore cette chance et pour qui nous devons continuer à tout faire pour obtenir leur libération. Je pense aussi aux habitants de Gaza qui seront protégés des bombes pendant quelques jours, mais qui savent que leur calvaire reprendra bientôt. Car de jour en jour, le bilan humain continue de s’alourdir et l’Union européenne s’est rendue complice de ce massacre en refusant de le condamner. Oui, vous avez laissé mourir 14 000 civils, dont plus de 5 000 enfants. Vous avez laissé Tsahal détruire de manière délibérée des hôpitaux, des maisons, des écoles. Vous n’avez rien dit de ces crimes mais vous êtes constamment opposés au cessez-le-feu – car la trêve ne peut pas être une simple parenthèse, il faut un cessez-le-feu durable. Qu’allez-vous dire, chers collègues, aux milliers de parents qui ont perdu leurs enfants? Que ce sont des dommages collatéraux? Pourquoi aucune sanction n’a encore été envisagée à l’encontre d’Israël? Nous en sommes, à raison, au 12ᵉ paquet de sanctions contre la Russie, mais comment allez-vous expliquer que nous ne faisons rien contre les crimes de guerre de l’armée israélienne à Gaza? Ce «deux poids, deux mesures» est insupportable et il a des conséquences concrètes à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, dont on parle trop peu, où la colonisation s’accroît de manière toujours plus brutale. Les colons israéliens n’ont plus aucune limite. Chaque jour, des Palestiniens sont insultés, menacés, brutalisés, assassinés, chassés de leurs terres. Nous assistons à un nettoyage ethnique. C’est un devoir moral de le stopper car chaque vie palestinienne compte. C’est une obligation diplomatique car la paix n’émergera qu’avec une solution à deux États. C’est un impératif stratégique car ce qui se joue au Proche-Orient aura des conséquences mondiales. Nous sommes aujourd’hui, chers collègues, à un point de bascule. Si l’Union européenne persiste dans son aveuglement, non seulement elle se couvrira de honte, mais elle enterrera aussi définitivement le droit international et avec lui, l’espoir d’une paix durable.
Accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Nouvelle-Zélande (débat)
Madame la Présidente, si seulement nous avions en Europe des paysans qui produisaient du lait et des fromages de qualité. Si seulement nos vergers étaient remplis de pommiers et nos terroirs de vignes. Je sais, je rêve. Mais heureusement que vous, Monsieur le Commissaire, et vous, chers collègues, qui n’êtes jamais à court d’idées géniales, allez nous tirer de ce mauvais pas. Grâce à votre accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, vous allez permettre à des milliers de tonnes de lait et de fromage, de pommes et de vin de parcourir 20 000 kilomètres dans des bateaux cargo ultra polluants pour atterrir sur les étals de nos supermarchés, avec en bonus des pesticides comme l’atrazine, théoriquement interdit chez nous. Félicitations, chers collègues, et gare aux mauvaises langues qui oseraient dire que cela va accélérer le chaos climatique, saper encore un peu plus notre autonomie alimentaire, soumettre nos agriculteurs à une concurrence déloyale et aller à contresens de la souveraineté économique tant vantée par Monsieur Macron. Si je suis ironique, chers collègues, c’est que vous êtes en réalité bien hypocrites en votant cet accord de libre-échange. Il y a un choix à faire, il est clair: c’est la terre ou les porte-conteneurs.