12
Mars
2024
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(Célébration de la Journée internationale des droits des femmes)
Madame la Présidente, chers collègues, la semaine dernière, la France a ouvert la voie en Europe. La semaine dernière, la France est entrée dans l’histoire des nations pionnières des droits des femmes en intégrant l’avortement dans sa Constitution. La semaine dernière, en France, les réactionnaires de tout bord qui, ici, veulent priver les femmes du droit à disposer de leur corps ont définitivement perdu. Mais nous savons que trop bien qu’ils gagnent du terrain en Europe, poussés par une propagande antichoix digne des pires réactionnaires, qui vont jusqu’à nous envoyer des fœtus en plastique; poussés par des médias qui se font le relais de cette propagande, comme dernièrement, en France, CNews, qui présentait l’avortement comme la première cause de mortalité dans le monde; poussés par l’extrême droite, qui montre encore aujourd’hui son vrai visage: s’attaquer aux droits des femmes, s’attaquer aux droits des LGBT. Oui, nous vous arrêterons, et oui, nous défendrons jusqu’au bout le droit des femmes contre tous les réactionnaires de votre camp, qui, une fois arrivés au pouvoir, s’attaquent en premier lieu aux droits des femmes. Que cette victoire, en France, arrachée de haute lutte grâce à la mobilisation des associations féministes, nous permette d’ouvrir un chemin en Europe, comme nous le demandons depuis des années, pour inscrire l’IVG dans la charte des droits fondamentaux, pour qu’en Pologne, en Hongrie, partout en Europe les femmes puissent enfin décider librement, pour que plus jamais une femme n’ait à subir le martyre des cintres, l’angoisse de la clandestinité ou le risque de la mort, pour que plus jamais les femmes ne perdent le contrôle de leur corps. C’est pour ces mêmes raisons que nous continuerons le combat pour intégrer le consentement dans la définition du viol au niveau européen, démarche bloquée par Emmanuel Macron et par tous ses alliés réactionnaires sur les bancs de l’extrême droite, en face de moi. Combien de fois devrons-nous le répéter? Une relation sexuelle sans consentement est un viol, ne vous en déplaise, au même titre qu’un baiser non consenti, comme celui de Luis Rubiales à la joueuse Jenni Hermoso est une agression sexuelle, et je suis surprise que personne ici n’en ait parlé. Il est temps de mettre fin au sentiment d’impunité terrible que ressentent tous ces hommes qui pensent que le corps des femmes leur appartient. Il est temps de mettre à terre tous les stéréotypes, et c’est la joueuse de water-polo qui vous parle. Mais il est temps avant tout de mettre à terre le patriarcat pour qu’à jamais chaque femme puisse choisir librement sa destinée.