Heure des questions au Vice-président de la Commission/haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité - Stratégie de l’Union pour faire face aux crises actuelles au Moyen-Orient
Madame Kallas, vous dites que vous n’avez pas de levier sur Israël, et pourtant vous avez dit un tout petit peu plus tôt que vous parliez tous les jours et sans cesse avec les Israéliens. J’observe que la parole des Palestiniens ne compte pas. Et j’observe aussi que ces pudeurs de gazelle que vous affichez sur votre incapacité à mobiliser les États membres, vous n’aviez pas les mêmes pudeurs de gazelle quand il s’agissait de prendre des sanctions, à raison, contre la Russie de Vladimir Poutine. Alors, je vous pose cette question: est-ce que la vie d’un Palestinien vaut moins que la vie d’un Ukrainien? Je vous le dis avec colère parce que, vous voyez, depuis deux ans, on en a marre de ces palabres et ce qu’on veut, c’est des actes et des sanctions. Et vous resterez dans l’histoire comme ayant du sang – le sang des Palestiniens – sur vos mains, tant que vous n’avez pas mis un terme à cette complicité.
Heure des questions au Vice-président de la Commission/haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité - Stratégie de l’Union pour faire face aux crises actuelles au Moyen-Orient
Madame la Présidente, Madame Kallas, cela fait deux ans que Benjamin Netanyahou massacre le peuple palestinien, entrave l’aide humanitaire, affame la population, étend illégalement son occupation en Cisjordanie et pilonne la bande de Gaza, et maintenant le Liban. Et la semaine dernière, vous nous annoncez des sanctions. Alors on se disait: enfin, il va y avoir des sanctions contre Netanyahou, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, contre ses ministres, Smotrich et Ben-Gvir, qui théorisent le génocide. Mais non! Les seules sanctions que vous prenez, c’est contre quatre organisations et trois personnes. Pardon, Madame Kallas, mais de qui vous moquez-vous? Comment pouvez-vous regarder dans le miroir? C’est cela, la réponse de l’Union européenne aux 73 000 morts, au génocide en cours? Il y a plus d’un million de citoyens qui ont signé une initiative citoyenne européenne qui demande la suspension de l’accord d’association. Il y a même des hauts responsables de l’Union européenne, votre prédécesseur, Josep Borrell, qui le demande. Alors, je vous demande solennellement aujourd’hui: il n’y a pas besoin d’unanimité pour suspendre la partie commerciale de l’accord. Alors, quand allez-vous faire cette proposition concrètement et la mettre sur la table?
Législation sur le viol fondée sur la notion de consentement dans l’Union européenne (débat)
Monsieur le Président, boire un verre n'est pas consentir. Un silence n'est pas consentir. Sourire n'est pas consentir. Dormir à ses côtés n'est pas consentir. Enlever ses vêtements ou être en couple, ce n'est pas non plus nécessairement consentir. Céder n'est pas consentir. Combien de femmes se sont déjà retrouvées dans cette situation? Car le problème est que, dans la plupart des États européens, la loi sur les violences sexuelles ne reconnaît pas cette notion de consentement et les agresseurs sexuels peuvent jouir d'une impunité totale. Imaginez seulement si plus de 90 % des cambrioleurs étaient laissés en liberté sans qu'ils soient poursuivis. C'est exactement ce qu'il se passe avec les auteurs de viol. Nous avons perdu suffisamment de temps. Cette définition du viol à l'échelon européen aurait pu être adoptée il y a deux ans, si Emmanuel Macron ne s'était pas allié à d'autres États pour l'empêcher. Avec ce texte, le Parlement européen envoie aujourd'hui un signal fort que la Commission européenne ne peut ignorer: les hommes n'ont aucun droit sur le corps des femmes et, bientôt, nous inscrirons dans la loi: «Une relation sexuelle sans consentement est un viol.» Only yes means yes, solo sí es sí, seul un oui est un oui.
Législation sur le viol fondée sur la notion de consentement dans l’Union européenne (débat)
Monsieur le Président, je suis assez surprise parce que, d'habitude, au Rassemblement national, vous aimez bien parler d'impunité zéro à l'égard de tous les délinquants. Mais, étrangement, dès qu'il s'agit des violeurs et des agresseurs en matière de violences sexistes et sexuelles, là, vous ne prenez plus l'impunité zéro; si ce n'est, parfois, vous allez même jusqu'à copier-coller vos idéologies racistes alors que les hommes ont tous un point commun: ceux qui violent, ce sont des hommes. Alors, Madame Androuët, je voudrais vous poser cette question simple: puisque vous parlez d'impunité zéro, le corps des femmes, pour vous, a-t-il moins de valeur qu'un téléphone volé?
Initiative citoyenne européenne intitulée «Interdiction des pratiques de conversion dans l’Union européenne» (débat)
Madame la Présidente, être LGBTI n'est pas une maladie. Pourtant, quelle personne gay, lesbienne ou trans n'a pas déjà entendu de la part de ses proches ou de sa famille «ça te passera, tu vas guérir»? Comme si c'était un choix, comme si c'était une mode, comme si c'était une maladie. Mais on ne guérit pas de son orientation sexuelle ou de son genre, car cela fait partie intégrante de son identité. Le nier, c'est nier l'existence même des personnes LGBTI. Pourtant, dans 21 États européens, les thérapies de conversion sont encore possibles. Des centaines de milliers de personnes en sont victimes. Ces pratiques barbares infligent de telles souffrances, physiques ou mentales, qu'elles sont considérées comme de la torture par plusieurs rapporteurs des Nations unies. Alors, collègues d'extrême droite, vous n'inventerez jamais le vaccin contre l'homosexualité ou la transidentité. Vos discours de haine des personnes LGBTI disent tout de votre vision de la société: un monde patriarcal dans lequel se poursuivent les rapports de domination. Alors je voudrais ici, depuis cet hémicycle du Parlement européen, m'adresser à toutes les personnes gays, lesbiennes, transgenres et queer: jamais nous ne laisserons l'extrême droite l'emporter et nier votre existence même. Heureusement, les anticorps des personnes LGBTI sont plus forts, plus forts que la haine de l'extrême droite. Et plus d'1,2 million de personnes ont signé une initiative citoyenne européenne pour interdire les thérapies de conversion. À eux, je veux leur dire que nous sommes à leurs côtés. Et maintenant, c'est à vous, la Commission européenne, d'agir. Son interdiction doit être totale et ne doit souffrir d'aucune exception, ni en matière d'orientation sexuelle ni en matière d'identité de genre. Madame la Commissaire, vous ne pouvez pas être juste spectatrice de ce débat, mais vous devez agir, agir parce qu'il n'y a plus aucun moment à attendre. Car s'il y a bien une chose dont nos sociétés doivent guérir, c'est du fascisme et de son homophobie et de sa transphobie.
Le Conseil européen et la situation au Moyen-Orient (discussion commune)
Madame la Présidente, Madame la Ministre, Madame von der Leyen, je viens ici avec un mot d'ordre simple, mais essentiel: non à la guerre. Maudite soit la guerre, leurs auteurs et ceux qui la laissent se propager. Parce que, oui, la guerre menée par les États-Unis et Israël, en Iran et au Liban, est pleinement illégale en droit international. Elle intervient d'ailleurs alors que les négociations sur le nucléaire étaient sur le point d'aboutir et que l'Iran était prêt à renoncer à son programme d'enrichissement de l'uranium. Personne ne pleurera ici l'ayatollah Khamenei, que nous avons toujours combattu. Mais qui pense sérieusement que l'on ramène la démocratie avec des bombes? N'avez-vous rien appris de l'Irak et de l'Afghanistan? Ces bombes tuent aveuglément, comme dans l'école de Minab, assassinant 150 jeunes Iraniennes. Et, comme souvent, les populations civiles sont les premières victimes. Au Liban, plus de 750 000 personnes, dont 200 000 enfants, ont dû fuir pour survivre. Car l'objectif de Benjamin Netanyahou est clair: faire de Beyrouth le nouveau Gaza. Et c'est précisément parce que vous avez été incapable, Madame von der Leyen, de l'arrêter dans son entreprise génocidaire en Palestine qu'il est prêt ici à récidiver. Et puis, quand j'entends M. Bardella se déclarer aux côtés des Libanais alors qu'il est lui-même aux côtés des bourreaux des Libanais, M. Netanyahou, quelle hypocrisie! Non à la guerre et aux ambitions impérialistes. Comme en 2003, les dirigeants américains et israéliens mentent. Le but de guerre est ailleurs: le contrôle du détroit d'Ormuz. Coup double pour Donald Trump, qui fait oublier la médiocrité de sa politique économique et l'affaire Epstein, tout en visant les routes pétrolières vers l'Asie. Jean Jaurès nous avertissait déjà en 1914: «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage.» Quant à elle, l'extrême droite israélienne poursuit son entreprise génocidaire et coloniale. Leur appétit est sans limite. Hier, la Palestine et le Golan, aujourd'hui le Liban, qu'ils inondent de phosphore blanc en bons criminels de guerre. Non à la guerre et à la complicité européenne. L'Europe doit se tenir aux côtés des peuples, pas des marchands de mort ni des génocidaires. L'Europe doit rompre définitivement l'accord d'association avec Israël et refuser l'accord commercial avec Donald Trump. Au lieu de cela, Madame von der Leyen, vous êtes incapable de défendre le droit international. Vous ne condamnez pas l'immonde, pire, vous l'encouragez. Pas un mot pour les victimes de vos alliés fascistes. Est-ce par lâcheté ou par adhésion? Si vous aimez tant la guerre, Madame von der Leyen, envoyez-y vos enfants, mais ne comptez pas sur nous. Non à la guerre et ses profiteurs, car ne pensez pas que cette guerre est sans conséquences pour les peuples européens. Les prix du gaz et de l'essence explosent déjà. Les prix de l'essence dépassent les deux euros du litre. Nous ne paierons pas votre guerre. Bloquez les prix maintenant, la Croatie l'a fait. Alors qu'attendez-vous? Chers collègues, l'Europe fait face à un choix historique: la guerre ou la paix. L'Espagne a montré timidement la voie en ouvrant un front du refus. Suivons-la et défendons le droit international face au règne de la violence. Non à la guerre maintenant, partout. Comme l'écrivait Albert Camus, «la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. [C'est] un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison». Madame von der Leyen, choisissez.
Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2026 - Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2026 (discussion commune)
Madame la Présidente, je vais commencer par trois mots simples: taxer les riches. Je le dis parce que, manifestement, ces mots ici sont tabous. Officiellement, le Semestre européen sert à garantir l'équilibre des finances publiques, mais, à chaque fois, vous regardez collectivement du même côté. Il faudrait couper absolument dans les dépenses de retraite, les dépenses de santé, mais jamais regarder du côté des recettes, jamais taxer les ultra-riches, jamais taxer les multinationales. Sur tous ces sujets, silence radio. Jamais vous ne proposez d'aller chercher l'argent là où il est véritablement. Et comment les autres groupes de gauche, les Verts et les socialistes, peuvent-ils accepter cette logique? Quand vous ouvrez enfin la porte à un peu de flexibilité budgétaire, celle-là ne vaut que pour les dépenses militaires. J'ai proposé qu'elle puisse aussi s'appliquer pour les dépenses liées à des crises sanitaires ou des catastrophes naturelles, mais vous l'avez refusé. Comme d'habitude, votre mantra est donc: de l'argent pour les chars d'assaut, oui, mais pas pour les hôpitaux. Alors je le redis ici, et aussi longtemps qu'il le faudra et que ces mots seront tabous dans cet hémicycle: taxer les riches.
Célébration de la Journée internationale des droits des femmes
Madame la Présidente, je voudrais dire évidemment toute notre émotion pour Coco, parce que la vie de Coco, c'est la vie de millions de jeunes femmes qui subissent ce harcèlement au quotidien et pour lequel il faut interroger, évidemment, aussi la responsabilité des plateformes dans le contrôle de ces contenus. Permettez-moi, puisque c'est la Journée internationale des droits des femmes, de faire un rappel utile. Le 8 mars est la Journée internationale des droits de la femme et pas juste «de la femme». Parce que, ces droits, nous les avons conquis de haute lutte. Et quand je vois aujourd'hui encore l'extrême droite instrumentaliser, comme vous le faites, les droits des femmes, les droits des femmes, pour mieux instiguer vos votes rationnels, racistes, pour vous en prendre aux étrangers – ne vous en déplaise, 90 % des violences sexistes et sexuelles sont commises par nos maris, sont commises par nos frères, vos amis et ne portent aucune religion. Ce sont des hommes. Et tant que l'on laissera l'extrême droite s'attaquer à nos droits, voter systématiquement contre la parité, systématiquement contre les moyens pour les violences sexistes et sexuelles, vous nous trouverez sur votre chemin.
Madam President, I would like to make a point of order based on Rule 10, concerning the code of conduct for Members of Parliament. This morning the ECR Group – only men, of course – showed a banner with a foetus and an anti-abortion slogan on it, 'It's a life, not a choice'. The far right shows again today its true face – you want a return to a society in which women cannot decide on their body. It's a clear attack against abortion rights, and it is not the first one. But, whether you like it or not, our Parliament, the majority of this Parliament, voted for the 'My Voice, My Choice' initiative less than two months ago. Because in countries where abortion is banned, like in Poland, women still die; because our mothers, our grandmothers have been fighting for this right. Madam President, this is not acceptable. And the right to abortion is not just a choice, it is a right. We will never let the far right take it away from us.
Violence d'État à Minneapolis et état de droit aux États-Unis (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, comment appelle-t-on une milice qui chasse les personnes en fonction de leur origine réelle ou supposée, qui tue ses opposants et multiplie les raids punitifs pour faire régner la terreur? C'est l'ICE de Donald Trump. Si cela avait été n'importe où ailleurs dans le monde, notre Parlement aurait déjà adopté plusieurs résolutions et les sanctions qui s'imposent. Mais non, ne froissons surtout pas notre allié, Donald Trump. L'ICE peut doubler ses effectifs, tuer au moins 30 personnes en un an, les États-Unis restent bien sûr le partenaire privilégié de l'Union européenne, selon les mots d'Ursula von der Leyen. Pire, l'Italie accueille à bras ouverts leurs agents pour ces JO d'hiver. Ce Parlement, des socialistes à la droite, reprend l'adoption de l'accord commercial complètement inégal avec les États-Unis, et la Commission européenne envoie pour ce débat crucial son commissaire à la pêche – avec tout le respect que j'ai pour vous, Monsieur le Commissaire. C'est dire comme vous prenez la menace au sérieux. Peu importe donc si Trump veut annexer un territoire européen, peu importe s'il met en pièces le droit international, peu importe s'il reprend les méthodes fascistes dignes des années 30. Comme dans les années 30, les capitalistes européens en profitent d'ailleurs. Capgemini fournit les logiciels; Parrot, les drones. L'argent de la haine et du sang n'a pas d'odeur. Voilà le modèle envié par l'extrême droite européenne: une milice qui emprisonne massivement, tue et sème la terreur. Un eurodéputé appartenant au groupe de Marion Maréchal s'est même réjoui des meurtres de l'ICE. Et sans surprise, Jordan Bardella n'est pas là pour ce débat aujourd'hui. Probablement préfère-t-il rester discret sur les agissements de l'ICE après avoir pris Trump comme modèle et organisé au Parlement européen des conférences avec les proches de Trump, pas plus tard que la semaine dernière. Quant à vous, Monsieur Valet, je serais vous, je me ferais tout petit. Vous prétendez défendre les policiers, mais en réalité, vous piquez dans la caisse et vous piquez leur argent à vos propres collègues. Petit à petit, Trump impose ses méthodes partout. L'ICE est déjà en germe en Europe. Frontex fait la chasse aux migrants à nos frontières, pendant que des politiques migratoires toujours plus inhumaines sont adoptées, comme hier dans ce Parlement. En France, l'ancien ministre de l'intérieur, Bruno Retailleau, a même lancé des rafles anti-migrants, de vastes opérations pour arrêter un maximum de sans-papiers. Aux États-Unis comme en Europe, comme le disait Bertolt Brecht, le ventre d'où sort le fascisme est toujours fécond. Cessons de le nourrir avant qu'il ne soit trop tard.
Banque centrale européenne - rapport annuel 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame Lagarde, vous avez claqué, il y a quelques jours, la porte d'un dîner à Davos, à la suite d'une énième provocation d'un membre de l'administration Trump. Ce n'est pas souvent que je serai d'accord avec vous, Madame Lagarde, mais cela devrait un peu inspirer la Commission européenne et mes collègues parlementaires qui continuent de se prosterner devant le président américain, même lorsqu'il menace de s'approprier par la force un territoire européen. Mais non, ici, des socialistes jusqu'à la droite, tout le monde s'accorde pour reprendre l'accord commercial complètement inégal avec les États-Unis. Mais Madame Lagarde, claquer la porte d'un dîner ne suffira pas. Nous avons des outils financiers à notre disposition pour faire de la dissuasion, par exemple: le levier de la dette américaine que nous détenons en partie. Il est également temps de se sevrer des États-Unis en refusant la mainmise des entreprises américaines sur des services du quotidien – Visa et Mastercard – qui doivent être remplacés par des outils européens et 100 % publics, faute de quoi Trump continuera de prendre l'Europe pour son paillasson et c'est bien lui qui nous claquera finalement la porte au nez.
Banque centrale européenne - rapport annuel 2025 (débat)
Madame Yon-Courtin, vous dites à juste titre ‑ et je vous cite exactement ‑ qu'il ne faut pas céder aux intimidations de Donald Trump et que nous, Européens, nous sommes forts dans les outils qui existent à notre disposition. Il y a des outils monétaires, mais dans les outils économiques, il y a aussi les outils commerciaux. Pourquoi dire un jour qu'il faut être fort face à Trump et l'autre, reprendre les négociations sur l'accord commercial avec Donald Trump, que votre groupe a soutenu, là où on aurait pu espérer un véritable rapport de force pour ne pas céder face à celui ‑ Donald Trump ‑ qui veut annexer un territoire européen?
Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2025 (A10-0253/2025 - David McAllister) (vote)
Madame la Présidente, j'entends certaines personnes qui souhaitent se lever. La démocratie est la première à écouter la proposition, mais je sais que certains pourraient être désireux de suivre la ligne de Trump. Je voudrais proposer des modifications à l'amendement 37, après le paragraphe 78, afin de répondre à la récente menace de Donald Trump d'imposer de nouveaux droits de douane aux pays de l'UE qui se sont prononcés contre une action du Groenland. L'amendement modifié se lit donc comme suit: «Souligne que l’Union ne peut accepter des politiques d’extorsion; souligne que les menaces proférées par l’administration américaine à l’encontre du Groenland, du Danemark, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, de la Finlande et des Pays-Bas, outre celles liées à la législation numérique de l’Union, relèvent de la définition de la «coercition économique» énoncée dans le règlement (UE) 2023/2675; invite dès lors la Commission à réagir immédiatement en déclenchant l'instrument de lutte contre la coercition;».
Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2025 (A10-0253/2025 - David McAllister) (vote)
Madame la Présidente, Donald Trump attaque non seulement nos démocraties, mais aussi l'architecture internationale de la paix, à savoir les Nations unies. Sa proposition d'un « Conseil de paix » constitue une grave menace pour le droit international et ne sert que ses intérêts internes et personnels. Par conséquent, nous proposons les amendements suivants pour tenir compte des derniers développements relatifs au «Conseil de paix»: est profondément préoccupé par le «conseil de la paix» promu par le président américain Donald Trump; condamne toute initiative visant à affaiblir, contourner ou remplacer les Nations unies; réaffirme son soutien indéfectible au droit international et aux principes des Nations unies énoncés dans la charte des Nations unies;».
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, Monsieur Costa, Donald Trump redessine l'ordre mondial. Et vous lui servez de paillasson. Le président de la première puissance mondiale menace d'annexer un territoire européen, transforme la carte du monde au gré des intérêts d'une oligarchie et menace plus que jamais la paix et la sécurité. Mais, Madame von der Leyen, Monsieur Costa, votre responsabilité dans cette situation est immense. Vous avez systématiquement minoré le danger de la politique de Donald Trump. Pire, vous n'avez eu de cesse de faciliter l'expansion de son projet impérialiste. Car c'est bien vous, Madame von der Leyen, qui posiez tout sourire l'été dernier pour sceller un accord commercial totalement asymétrique qui reléguait l'Union européenne au rang de succursale des États-Unis. Nous vous avertissions déjà que Trump n'allait pas s'arrêter là. Vous nous promettiez prospérité et stabilité. Résultat, aujourd'hui, il reprend de plus belle sa guerre commerciale. Et non, ce n'est pas avec un accord de libre-échange avec le Mercosur que nous allons être sauvés, que vous tentez de nous imposer ici par la force. Courber l'échine, cajoler Trump, voilà ce que l'Union européenne fait de mieux. Trump nous humilie et vous tendez l'autre joue, même lorsqu'il provoque, intimide, attaque. Oui, Madame von der Leyen, les ambitions impérialistes de Donald Trump au Groenland ne sont que les miroirs de la lâcheté de l'Union européenne. La servilité ne produit rien d'autre que l'extension de la loi du plus fort. Lorsque les États-Unis ont attaqué illégalement le Venezuela et kidnappé Nicolas Maduro, vous avez applaudi l'agresseur, plutôt que de prendre le parti du droit international. Avec votre bénédiction, les États-Unis menacent aussi d'intervenir en Iran. Mais je vous le dis, la révolte du peuple iranien, réprimée dans le sang, ne veut ni des mollahs, ni du shah, ni de Donald Trump. À l'étranger comme dans son propre pays, Donald Trump n'a que faire de la démocratie. Il suffit de voir la manière dont sa police de l'immigration a tué Renee Nicole Good et comment tous les contre-pouvoirs sont peu à peu laminés. Son seul intérêt est le pouvoir et la captation des ressources naturelles. Et je dois dire qu'il est quand même assez curieux de voir les contorsions de l'extrême droite et du groupe de Jordan Bardella, qui applaudissait à l'élection de Donald Trump et qui, un peu plus tard, la mort dans l'âme, peine et pérore ensuite sur un ton grave sur les attaques de Donald Trump au Groenland. Jordan Bardella, souvenez-vous de ce moment où vous vous affichiez fièrement aux côtés de Donald Trump. Donald Trump est-il toujours votre allié? Madame von der Leyen, vous continuez de considérer comme un ami un pays qui n'a à votre égard que des marques d'hostilité. Vous persistez à appeler allié un chef d'État qui est une menace pour la paix. Oui, une menace pour la paix. Les États-Unis se sont retirés de pas moins de 31 organisations des Nations unies. L'ONU, justement, à laquelle Donald Trump entend substituer un Conseil pour la paix et une justice privatisée au service des puissants. Le droit international vacille. Il est attaqué de toute part. Vous avez vous-même, Madame von der Leyen, contribué à saper ses fondations en refusant de sanctionner l'État d'Israël et en rendant l'Union européenne complice du génocide du peuple palestinien. Madame von der Leyen, nous refusons de devenir le 51ᵉ État des États-Unis. Il est venu le temps de cesser d'agir en vassal et de sortir de notre dépendance des États-Unis. Votre attentisme vous a aveuglée sur les risques que les États-Unis font peser sur la stabilité du monde. Au point où vous en êtes, postulez pour devenir secrétaire d'État de Donald Trump et partez. Nous nous occuperons de défendre les intérêts des Européens et la paix.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, comment appelle-t-on un régime politique où un texte est adopté sans le vote d’aucun parlement? Sans mandat populaire, Ursula von der Leyen a signé la semaine dernière le plus grand – et le pire – accord de libre-échange jamais négocié par l’Union européenne: l’accord avec le Mercosur. Pour arriver à vos fins, vous avez multiplié les magouilles. D’abord, vous avez scindé l’accord en deux pour contourner les parlements nationaux, puis la présidente du Parlement a fait obstruction à notre recours devant la Cour de justice de l’Union européenne. Et maintenant, voilà que vous ouvrez – potentiellement j’entends ce qui se dit, quand même, dans la presse – la porte à une application provisoire de l’accord avant même le vote du Parlement. Voilà vos méthodes, Monsieur le Commissaire: vous manœuvrez, vous mentez, vous passez en force. En d’autres termes: vous piétinez la démocratie et insultez les citoyens. Et je dois dire que vous êtes quand même assez gonflé de venir nous parler, devant nous, de transparence et de dialogue. Pourtant, cet accord va ouvrir grand la porte à des centaines de milliers de tonnes de bœuf, de volaille, de fromage, de sucre, de céréales en provenance de l’autre bout du monde. Et moi qui croyais naïvement que nous produisions déjà tout cela en Europe… Monsieur le Commissaire, mon ironie est amère, parce qu’avec cet accord – et vous le savez – vous allez tuer l’agriculture européenne. La présidente de la Commission, Mme von der Leyen, se fiche éperdument du sort des agriculteurs et, encore ce soir, n’est pas là. Mais vous n’êtes pas les seuls. L’hypocrisie de l’extrême droite atteint des sommets, à commencer par la question du libre-échange. M. Bardella n’est, une nouvelle fois, pas là, lui qui est si prompt à endosser le costume de chevalier blanc de la cause agricole. Pourquoi la majorité de son groupe a-t-elle voté pour l’accord avec la Nouvelle-Zélande et pour l’accord avec le Kenya? Pourquoi sont-ils moins de 20 % de son groupe à s’être opposés à la ratification du CETA? Hier comme aujourd’hui, vous êtes des opposants de pacotille, à l’extrême droite. Vous partagez les mêmes obsessions, avec Mme von der Leyen: obéir docilement au chantage de Donald Trump, déréguler au service des multinationales, précariser les plus pauvres, taper sur les étrangers, stigmatiser les personnes LGBT, soutenir Netanyahou dans son génocide à Gaza. Mme von der Leyen a déjà fait bien trop de dégâts: elle doit partir, mais jamais l’extrême droite ne sera une alternative.
Initiative citoyenne européenne ‘My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible’ (débat)
Monsieur le Président, on est en 2025 et on est encore en train de se battre pour le droit à l’avortement dans l’Union européenne, notamment face à l’extrême droite – qui n’est pas beaucoup là, à l’instar de Jordan Bardella, qui n’est pas là. Je me demande où est ce qu’ils trouvent toute cette énergie pour bloquer le chemin à une initiative européenne qui est soutenue par plus d’un million de personnes en Europe, qui demandent juste un accès sécurisé à l’avortement. Pendant ce temps-là, tous les amis de Bardella, l’extrême droite, nous parlent de «tourisme d’avortement», de «business de l’avortement» ou encore de «culture de la mort». Mais, s’il y a des personnes qui meurent aujourd’hui dans l’Union européenne, c’est précisément parce qu’elles ne peuvent pas avoir un accès sécurisé au droit à l’avortement, ou alors qu’elles sont mises en prison parce qu’elles n’ont pas accès au droit à l’avortement. Alors je le dis, avec la puissance et la colère que j’ai, à tous ces hommes de l’extrême droite qui veulent gérer nos vies: quand vous aurez un utérus, venez nous donner des leçons sur nos droits!
Clause de sauvegarde bilatérale prévue par l’accord de partenariat UE-Mercosur et l’accord intérimaire UE-Mercosur sur le commerce pour les produits agricoles (A10-0254/2025 - Gabriel Mato) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, je sais que c’est bientôt les fêtes de Noël, mais personnellement j’ai passé l’âge de croire aux contes de fées, parce que c’est véritablement ce que vous êtes en train de faire. Alors que le Conseil européen va adopter cette semaine le pire accord de libre-échange jamais signé, l’accord avec le Mercosur, vous tentez de nous conter une jolie fable. Des mesures de sauvegarde viendraient comme par magie sauver les agriculteurs de la concurrence déloyale occasionnée par ces centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles en provenance du Brésil et d’Argentine, où les normes sociales, environnementales et sanitaires sont bien plus faibles que dans l’Union européenne. Et peu importe si ces clauses n’ont aucune chance d’être activées, peu importe si les mesures prévues n’arrêtent pas les importations, peu importe si les agriculteurs sont déjà étranglés financièrement: ce qui compte, c’est raconter cette belle fable en espérant pouvoir faire passer cet accord de force. Puisque vous aimez les fables, chers collègues, souvenez-vous de cette maxime: «Tel est pris qui croyait prendre.» En ce qui nous concerne, nous ne nous ferons ni prendre ni avoir par cette opération de diversion.
Madame la Présidente, c’est un rappel au règlement sur la base de l’article 117. Alors que la colère du monde agricole monte et gronde partout en Europe contre l’accord de libre-échange avec le Mercosur, vous avez refusé, Madame la Présidente, pour la seconde fois, de mettre aux voix notre résolution demandant un avis de la Cour de justice de l’Union européenne sur la légalité de l’accord. Ce nouveau refus n’a aucune justification valable. L’article 117 est extrêmement clair: à tout moment notre Parlement peut demander un avis de la CJUE. Pis, vous avez même refusé que notre service juridique du Parlement européen se prononce sur la possibilité ou non de demander cet avis de la Cour de justice de l’Union européenne. Madame la Présidente, je vous pose la question: de quoi avez vous peur? Parce que votre rôle aujourd’hui, quelles que soient vos opinions, c’est d’être la garante du bon fonctionnement de notre institution, pas le relais des basses œuvres de la Commission européenne et du Conseil, qui tentent le tout pour le tout pour passer en force sur cet accord.
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (débat)
Madame la Présidente, non, ce n'était pas tard, le soir, dans une ruelle sombre. C'était dans une maison, un lit, un salon, presque sans encombre. Non, ce n'était pas un étranger qui passait par là, contrairement à ce que dit l'extrême droite. C'était un mari, un oncle, un frère, un ex, comme dans la majorité des cas. Non, ce n'était pas ce qu'on appelle «violent». Il n'y a pas eu de lutte ni de hurlements. Ce soir-là, ils ont laissé place à la sidération. Mais que les minutes semblent longues quand on fixe le plafond… Non, accepter ce dîner ne voulait pas dire consentir. Dormir à ses côtés ne voulait pas dire consentir. Non, lui sourire n'était pas consentir. Être mariée n'est pas systématiquement consentir. Non, ce n'était pas un crime passionnel. C'était un féminicide, pas un acte d'amour, mais un crime mortel qui aurait pu être évité, car la police avait été alertée, mais, comme souvent, elle a minimisé, ou, pire, profité. Non, personne n'aurait pensé cela de lui. Parce qu'après tout, comme le dit l'extrême droite, c'était un homme bien, un ami. Non, ce ne sont pas tous les hommes, mais ce sont tous des hommes. Si notre colère et notre rage ne vous suffisent pas à agir, sachez que nous ne sommes plus prêtes ni à souffrir ni à subir.
Madame la Présidente, je vais faire écho à la demande de ma collègue Saskia Bricmont, à laquelle on vous demande de répondre. Donc ce rappel au règlement se fait aussi sur la base de l'article 117 du règlement intérieur. La semaine dernière, ce n'est pas un, pas deux, pas dix députés, mais 145 députés issus de cinq groupes différents, issus de 21 nationalités différentes, qui déposent une résolution qui saisit la Cour de justice de l'Union européenne sur l'accord avec le Mercosur. Parce qu'on a toutes les raisons de penser que cet accord, en plus d'être terrible d'un point de vue sanitaire, social et environnemental, contrevient au droit européen tant par sa méthode que par son contenu, et notamment sur le principe de précaution. L'article 117, Madame la Présidente, est très clair, il dit bien «à tout moment». Alors, pourquoi refuser une demande qui vient de notre Parlement européen? Et pourquoi, aujourd'hui, ne pas nous permettre de voter sur cette résolution? Madame la Présidente, avec tout le respect que je vous dois, vous êtes censée être la garante du bon fonctionnement démocratique de notre institution, pas la défenseure zélée d'un libre-échange dont plus personne ne veut dans l'Union européenne.
Madame la Présidente, chers collègues, je demande l'ajout, en effet, au nom de notre groupe, à l'ordre du jour d'un débat sur les violations du cessez-le-feu par Israël à Gaza et sur l'explosion des violences en Cisjordanie. Car oui, même si la communauté internationale préfère mettre des œillères, M. Netanyahu continue de semer la mort et de faire régner le chaos en Palestine. Ce matin encore, six Gazaouis étaient tués. Le week-end dernier, ce sont plus de 30 Palestiniens qui ont été abattus par les forces israéliennes. Et c'est cela qu'on appelle un cessez-le-feu? Depuis son entrée en vigueur, plus de 339 Palestiniens ont été assassinés et 871 blessés, sans compter les victimes ignorées du blocage illégal de l'aide humanitaire. Les Palestiniens en Cisjordanie sont eux aussi victimes du déchaînement de violence de la part des colons israéliens. Hier encore, un jeune de 20 ans était mis à mort pendant une attaque de colons. Chers collègues, cessons de fermer les yeux sur la situation au Moyen-Orient. Un débat doit se tenir dans cet hémicycle. Il en va aussi de la cohérence de l'application du droit international.
Certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (A10-0197/2025 - Jörgen Warborn) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, les lobbies l'ont rêvé, vous l'avez fait. Avec ce texte omnibus, vous signez l'arrêt de mort du devoir de vigilance qui mettait un terme à l'impunité des multinationales en les rendant juridiquement responsables de leurs violations des droits humains et dommages à l'environnement. Avec ce texte, vous cédez une fois de plus aux injonctions de Donald Trump, qui a explicitement exigé sa suppression. Avec ce texte, vous donnez un totem d'immunité aux entreprises comme Total ou Shein pour continuer à exploiter la nature et les travailleurs. Et en plus, à la demande de l'extrême droite, ce vote aura lieu à bulletin secret, ce qui est assez inédit. On voit qu'ils ont la transparence à géométrie variable et quand vous détruisez nos droits, vous préférez le faire bien tranquillement, dans l'ombre. Alors je voudrais m'adresser aux députés socialistes qui ont contribué à sceller ce pacte et qui s'apprêtent à voter ce deal de la honte. Qu'allez-vous dire aux victimes des crimes des multinationales qui espéraient obtenir justice grâce à ce texte...
Préparation de la réunion du Conseil européen du 23 octobre 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la commission, Madame la Ministre, Madame von der Leyen, le génocide à Gaza n'est pas terminé. À l'heure où je vous parle, le gouvernement israélien continue de tuer et de bloquer l'approvisionnement en eau, en nourriture, en médicaments dans la bande de Gaza, alors que les Palestiniens meurent de faim, qu'au moins 20 000 blessés sont dans un état d'urgence absolue et que l'Organisation mondiale de la santé alerte sur des épidémies hors de contrôle. Non, Madame von der Leyen, quoi que vous en disiez, ceci n'est pas une paix. Et je suis d'ailleurs sidérée de voir à quel point aujourd'hui la situation dans la bande de Gaza semble avoir complètement disparu des radars de ce Parlement européen. Parce qu'en réalité, Israël a déjà violé le cessez-le-feu et assassiné 100 Palestiniens depuis le 10 octobre. Tout comme il avait déjà brisé le cessez-le-feu en mars dernier. Parce que Netanyahou utilisera le moindre prétexte pour, je cite ses mots, «finir le boulot». Parce qu'il n'y a aucune, je dis bien aucune, garantie du retrait effectif de l'armée israélienne de la bande de Gaza, ni de calendrier contraignant. Alors, je vous le demande, Madame von der Leyen, que vaut pour vous la vie d'un Palestinien? Chers collègues, le concert d'acclamations qu'on a entendu jusqu'ici en faveur d'un prétendu plan de paix de Donald Trump, et derrière lequel beaucoup d'entre vous s'abritent, ne m'inspire rien d'autre que de la honte et du mépris. Alors comme ça, il faudrait tresser des lauriers au président américain pour avoir forcé Netanyahou à négocier? La vérité, c'est qu'il a préféré, pendant plus de deux ans, livrer des armes et des missiles à l'armée israélienne et donner des tapes dans le dos de son grand ami Bibi. Il faudrait également remercier Netanyahou de suspendre momentanément l'anéantissement de la population gazaouie, comme si une pause toute relative des bombardements pouvait l'absoudre de tous ses crimes. Comme si les 68 000 morts et les 170 000 blessés étaient déjà oubliés. Comme si le traumatisme incommensurable des 2 millions de personnes qui ont côtoyé la mort et la peur chaque heure et chaque jour pendant plus de deux ans appartenait déjà au passé. Madame von der Leyen, ce que vous avez appelé un plan de paix sème en vérité les graines du chaos. Il installe une tutelle néocoloniale sur la bande de Gaza et sonne le glas de l'autodétermination du peuple palestinien. Il entérine l'occupation israélienne à Gaza et la colonisation en Cisjordanie. Il livre l'enclave gazaouie aux vautours qui veulent transformer la terre des Palestiniens en opportunité pour promoteurs immobiliers. Il foule aux pieds le droit international. Il ne prévoit aucune justice pour les criminels israéliens. Et vous le savez, Madame von der Leyen, sans justice, il n'y aura pas de paix. Et malgré cela, la Commission européenne, les gouvernements européens, une grande partie de cet hémicycle applaudissent en chœur. L'Histoire retiendra votre responsabilité et votre complicité. La responsabilité de celles et ceux qui ont continué de traiter l'État d'Israël comme un partenaire privilégié, en refusant de rompre l'accord d'association qui le lie à l'Union européenne. La complicité de celles et ceux qui ont constamment et délibérément refusé de prendre la moindre sanction contre le gouvernement génocidaire de Benjamin Netanyahou. Ni sanctions économiques, ni financières, ni commerciales, ni diplomatiques, ni application des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale. L'impunité totale au mépris du droit international. Madame von der Leyen, le génocide à Gaza n'est pas terminé. Votre complicité, elle, doit enfin cesser. Agissez.
Madame la Présidente, juste pour dire que ce plaidoyer très touchant en faveur d'un ancien président de la République, qui a été condamné pour des faits extrêmement graves, n'a pas sa place dans l'hémicycle, que personne n'est au-dessus de la loi, même pas un ancien président de la République, a fortiori quand il a été condamné pour des faits extrêmement graves de corruption. Si vous voulez donner des leçons sur l'état de droit, allez voir ce que fait Viktor Orban en Hongrie, allez voir ce que font tous vos alliés de l'extrême droite partout en Europe. L'état de droit est un et indivisible et nous ne laisserons personne le piétiner!