14
Sept
2021
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Présentation du paquet «Ajustement à l'objectif 55» après la publication du rapport du GIEC (débat)
Monsieur le Président, inondations meurtrières, feux apocalyptiques, record absolu de chaleur: les catastrophes climatiques étaient le scénario de films comme «Le jour d’après». Mais cet été, la fiction est devenue réalité en Europe. Nous ne sommes plus les spectateurs passifs d’un film catastrophe, mais nous la vivons. Le dérèglement climatique est déjà là. Il est irréversible. Il est brutal. Et au cas où cette alerte grandeur nature ne vous suffirait pas, le rapport du GIEC clôt la discussion. Nous devons tout changer, maintenant, radicalement si l’on veut éviter le chaos. Le compte à rebours est lancé, mais vous continuez à faire l’autruche. Ça commence déjà mal avec votre objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, alors qu’il faudrait au moins 65 % pour respecter les accords de Paris. Autant éteindre l’incendie avec un arrosoir de jardin. Sur la méthode, ensuite, vous vous êtes surpassé. Quelle est votre solution miracle? Laisser faire le marché. Eurêka! Personne n’y avait pensé. On a pourtant vu le triomphe du marché carbone que les entreprises ont utilisé comme un permis de polluer. Résultat, les émissions industrielles ont baissé de seulement 1 % en dix ans. Mais vous en reprendrez bien encore un peu en l’étendant aux transports et aux bâtiments? Et puis, tant qu’on y est, pas touche non plus à l’agriculture productiviste et aux accords de libre échange climaticides. Pas de surprise, enfin, sur qui va payer la note? Ah non, pas la finance folle ou les pauvres multinationales qui sont le cœur du problème. Mais non, ce que vous proposez, c’est les classes populaires, bien sûr, qui vont voir leur facture exploser. Plus 370 euros par an d’essence et 420 euros de chauffage pour ces ménages qui sont déjà les premières victimes du chaos climatique. L’alerte lancée par les gilets jaunes en France? Manifestement, vous n’en avez pas entendu parler. Alors, Monsieur Timmermans, vous nous dites: «Nous devons agir maintenant». Mais vous restez désespérément prisonnier de votre logiciel néolibéral. Et puisque vous vous dites ouvert à des alternatives, nous continuerons de notre côté à proposer le seul chemin sérieux: un «Green New Deal» social et écologique qui rompe avec ce système économique prédateur qui détruit tout.