6
Oct
2021
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Pandora Papers: Implications pour les efforts de lutte contre le blanchiment de capitaux, la fraude et l’évasion fiscales (débat)
Madame la Présidente, ça fait dix ans que je me bats contre l’évasion fiscale et je ne compte plus les scandales que j’ai suivis: , les derniers, les , , , , , , , ... La liste est sans fin. Je vous le dis franchement: elle me donne la rage. La rage qu’une poignée de privilégiés continuent de nous voler sous nos yeux. La rage que rien ne soit fait, alors que ça fait dix ans que l’on répète dans le vide les mêmes solutions. Vous savez quel est le point commun entre toutes ces affaires? Quasiment aucun des États impliqués ne se trouve sur votre liste noire de paradis fiscaux, qui a pourtant été actualisée hier. On aurait pu se dire: «Tiens, pour une fois au moins, ils vont faire semblant de la compléter un peu à la marge». Non. Pire. Imaginez la scène: tous les ministres des finances européens se réunissent deux jours après l’un des pires scandales d’évasion fiscale de l’histoire et ils ne trouvent rien de mieux à faire que de retirer trois États de cette liste déjà quasi vide, dont les Seychelles, qui sont pourtant au cœur des Pandora Papers. Franchement, comment osez-vous, après ça, venir ici au Parlement européen défendre cette liste noire, qui est en fait une carte blanche à l’évasion fiscale? C’est insupportable! Mais au fond, ce n’est même pas surprenant, car ceux qui sont censés lutter contre ce fléau sont trop souvent eux-mêmes des évadés fiscaux, comme les 35 chefs d’État qui sont mouillés jusqu’au cou dans les Pandora Papers. Mais je ne me résigne pas et je vous le dis clairement en citant une chanteuse elle aussi épinglée dans les Pandora Papers: «Whenever, wherever». On retrouvera les évadés fiscaux où qu’ils se cachent et on les fera payer.