Madame la Présidente, chers collègues, je demande l'ajout, en effet, au nom de notre groupe, à l'ordre du jour d'un débat sur les violations du cessez-le-feu par Israël à Gaza et sur l'explosion des violences en Cisjordanie. Car oui, même si la communauté internationale préfère mettre des œillères, M. Netanyahu continue de semer la mort et de faire régner le chaos en Palestine. Ce matin encore, six Gazaouis étaient tués. Le week-end dernier, ce sont plus de 30 Palestiniens qui ont été abattus par les forces israéliennes. Et c'est cela qu'on appelle un cessez-le-feu? Depuis son entrée en vigueur, plus de 339 Palestiniens ont été assassinés et 871 blessés, sans compter les victimes ignorées du blocage illégal de l'aide humanitaire. Les Palestiniens en Cisjordanie sont eux aussi victimes du déchaînement de violence de la part des colons israéliens. Hier encore, un jeune de 20 ans était mis à mort pendant une attaque de colons. Chers collègues, cessons de fermer les yeux sur la situation au Moyen-Orient. Un débat doit se tenir dans cet hémicycle. Il en va aussi de la cohérence de l'application du droit international.
Certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (A10-0197/2025 - Jörgen Warborn) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, les lobbies l'ont rêvé, vous l'avez fait. Avec ce texte omnibus, vous signez l'arrêt de mort du devoir de vigilance qui mettait un terme à l'impunité des multinationales en les rendant juridiquement responsables de leurs violations des droits humains et dommages à l'environnement. Avec ce texte, vous cédez une fois de plus aux injonctions de Donald Trump, qui a explicitement exigé sa suppression. Avec ce texte, vous donnez un totem d'immunité aux entreprises comme Total ou Shein pour continuer à exploiter la nature et les travailleurs. Et en plus, à la demande de l'extrême droite, ce vote aura lieu à bulletin secret, ce qui est assez inédit. On voit qu'ils ont la transparence à géométrie variable et quand vous détruisez nos droits, vous préférez le faire bien tranquillement, dans l'ombre. Alors je voudrais m'adresser aux députés socialistes qui ont contribué à sceller ce pacte et qui s'apprêtent à voter ce deal de la honte. Qu'allez-vous dire aux victimes des crimes des multinationales qui espéraient obtenir justice grâce à ce texte...
Préparation de la réunion du Conseil européen du 23 octobre 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la commission, Madame la Ministre, Madame von der Leyen, le génocide à Gaza n'est pas terminé. À l'heure où je vous parle, le gouvernement israélien continue de tuer et de bloquer l'approvisionnement en eau, en nourriture, en médicaments dans la bande de Gaza, alors que les Palestiniens meurent de faim, qu'au moins 20 000 blessés sont dans un état d'urgence absolue et que l'Organisation mondiale de la santé alerte sur des épidémies hors de contrôle. Non, Madame von der Leyen, quoi que vous en disiez, ceci n'est pas une paix. Et je suis d'ailleurs sidérée de voir à quel point aujourd'hui la situation dans la bande de Gaza semble avoir complètement disparu des radars de ce Parlement européen. Parce qu'en réalité, Israël a déjà violé le cessez-le-feu et assassiné 100 Palestiniens depuis le 10 octobre. Tout comme il avait déjà brisé le cessez-le-feu en mars dernier. Parce que Netanyahou utilisera le moindre prétexte pour, je cite ses mots, «finir le boulot». Parce qu'il n'y a aucune, je dis bien aucune, garantie du retrait effectif de l'armée israélienne de la bande de Gaza, ni de calendrier contraignant. Alors, je vous le demande, Madame von der Leyen, que vaut pour vous la vie d'un Palestinien? Chers collègues, le concert d'acclamations qu'on a entendu jusqu'ici en faveur d'un prétendu plan de paix de Donald Trump, et derrière lequel beaucoup d'entre vous s'abritent, ne m'inspire rien d'autre que de la honte et du mépris. Alors comme ça, il faudrait tresser des lauriers au président américain pour avoir forcé Netanyahou à négocier? La vérité, c'est qu'il a préféré, pendant plus de deux ans, livrer des armes et des missiles à l'armée israélienne et donner des tapes dans le dos de son grand ami Bibi. Il faudrait également remercier Netanyahou de suspendre momentanément l'anéantissement de la population gazaouie, comme si une pause toute relative des bombardements pouvait l'absoudre de tous ses crimes. Comme si les 68 000 morts et les 170 000 blessés étaient déjà oubliés. Comme si le traumatisme incommensurable des 2 millions de personnes qui ont côtoyé la mort et la peur chaque heure et chaque jour pendant plus de deux ans appartenait déjà au passé. Madame von der Leyen, ce que vous avez appelé un plan de paix sème en vérité les graines du chaos. Il installe une tutelle néocoloniale sur la bande de Gaza et sonne le glas de l'autodétermination du peuple palestinien. Il entérine l'occupation israélienne à Gaza et la colonisation en Cisjordanie. Il livre l'enclave gazaouie aux vautours qui veulent transformer la terre des Palestiniens en opportunité pour promoteurs immobiliers. Il foule aux pieds le droit international. Il ne prévoit aucune justice pour les criminels israéliens. Et vous le savez, Madame von der Leyen, sans justice, il n'y aura pas de paix. Et malgré cela, la Commission européenne, les gouvernements européens, une grande partie de cet hémicycle applaudissent en chœur. L'Histoire retiendra votre responsabilité et votre complicité. La responsabilité de celles et ceux qui ont continué de traiter l'État d'Israël comme un partenaire privilégié, en refusant de rompre l'accord d'association qui le lie à l'Union européenne. La complicité de celles et ceux qui ont constamment et délibérément refusé de prendre la moindre sanction contre le gouvernement génocidaire de Benjamin Netanyahou. Ni sanctions économiques, ni financières, ni commerciales, ni diplomatiques, ni application des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale. L'impunité totale au mépris du droit international. Madame von der Leyen, le génocide à Gaza n'est pas terminé. Votre complicité, elle, doit enfin cesser. Agissez.
Madame la Présidente, juste pour dire que ce plaidoyer très touchant en faveur d'un ancien président de la République, qui a été condamné pour des faits extrêmement graves, n'a pas sa place dans l'hémicycle, que personne n'est au-dessus de la loi, même pas un ancien président de la République, a fortiori quand il a été condamné pour des faits extrêmement graves de corruption. Si vous voulez donner des leçons sur l'état de droit, allez voir ce que fait Viktor Orban en Hongrie, allez voir ce que font tous vos alliés de l'extrême droite partout en Europe. L'état de droit est un et indivisible et nous ne laisserons personne le piétiner!
C'est l'Europe - Débat avec Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre du Luxembourg, vous êtes à la tête d'un braquage en bande organisée. Oui, un braquage, car comment nommer autrement un État membre qui orchestre l'évasion fiscale européenne et dont le modèle pille littéralement les recettes fiscales des autres pays? D'après l'Observatoire européen de la fiscalité, 1 000 milliards de dollars de profits sont délocalisés chaque année dans les paradis fiscaux. En entendant ces mots, on imaginerait sans doute que je parle des îles Caïmans ou d'autres îles lointaines et paradisiaques, mais non: la moitié de ces profits partent dans des paradis fiscaux européens. Et parmi eux, votre pays, le Luxembourg, le Grand-Duché, au service des grandes fortunes. Vous étiez d'ailleurs, Monsieur le Premier ministre, ministre du budget puis des finances pendant la période visée par le scandale d'évasion fiscale des LuxLeaks. Vous êtes donc directement complice. Mais vous n'avez jamais payé pour cela. Au contraire, après ce scandale, vous avez été nommé président de la Deutsche Bank du Luxembourg. Le monde de la finance vous était redevable. Et je vous entends déjà répondre que tout cela appartient au passé, que le Luxembourg a changé. Mais c'est faux. Les OpenLux de 2021 ont montré que 90 % des actifs des sociétés luxembourgeoises étaient logés dans des entités sans activité économique réelle et que neuf PDG sur dix étaient étrangers. Bravo pour cet internationalisme, Monsieur le Premier ministre. Mais j'ai quand même une question pour vous: est-ce pour la douceur de vivre du Grand-Duché ou pour les modèles d'évasion fiscale? Vos voisins paient directement le prix de ces modèles. L'évasion fiscale intra-européenne fait perdre, aujourd'hui encore, 20 % des recettes de l'impôt sur les sociétés en Europe. Et cette course au moins-disant fiscal a transformé tous nos pays européens en quasi-paradis fiscaux. Souvenons-nous-en: en 1975, la Commission proposait d'encadrer l'impôt sur les sociétés entre 45 et 55 %. Cela paraît bien loin aujourd'hui, alors que nous devrions nous féliciter d'un taux minimum à 15 %. Tout cela n'est évidemment pas sans conséquence. Quand les multinationales ne règlent pas leur juste part d'impôts, c'est évidemment aux citoyens européens que l'on fait payer l'addition. Alors, plutôt que de faire la poche des Européens, je propose que l'on aille chercher l'argent là où il est: chez les évadés fiscaux. Nous devons le faire en mettant fin à l'unanimité en matière fiscale pour vous retirer votre droit de veto, à vous et à vos complices dirigeants des autres paradis fiscaux européens; en appelant un chat un chat et en listant enfin les paradis fiscaux, dont le Luxembourg; en taxant les milliardaires avec la taxe Zucman en Europe. Car, comme dans tout braquage, Monsieur Frieden, notre devoir est de mettre fin à la cavale de ses auteurs et de leur faire restituer le butin.
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, vous devez partir. Vous avez accompagné le génocide à Gaza par votre lâcheté et votre inaction. Vous avez laissé des dizaines de milliers de civils et d'enfants mourir sous les bombes israéliennes. Vous refusez toujours de cesser toute relation commerciale avec Israël et d'acter un embargo sur les armes, alors que nous en sommes au dix-neuvième paquet de sanctions contre la Russie. Comment pouvez-vous, puissants de ce monde, regarder sans bouger un peuple entier se faire décimer, des enfants être affamés, un territoire entier être calciné? Madame von der Leyen, vous devez partir. Vous avez capitulé face à Donald Trump, non seulement en soutenant son plan néocolonial pour Gaza, mais aussi en cédant sur toute la ligne aux intérêts économiques des États-Unis au détriment des Européens, en signant sans aucun mandat démocratique un accord à sens unique. Vous avez accepté la vassalisation de l'Union européenne à un régime en voie de fascisation. Madame von der Leyen, vous devez partir. Vous êtes aussi passée en force, au mépris de la démocratie, sur l'accord de libre-échange avec le Mercosur, en contournant le vote des parlements nationaux et l'unanimité des États membres. Avec cet accord, vous allez tuer notre agriculture, nous empoisonner à coups de pesticides dangereux et saccager la planète. Madame von der Leyen, vous devez partir, car c'est un fait, depuis un an, votre nouveau mandat est placé sous le signe du renoncement écologique. J'en veux pour exemple le devoir de vigilance des multinationales, qui tient les entreprises responsables de leurs violations des droits humains et des dommages à l'environnement. Votre priorité, Madame von der Leyen, est de le détricoter sous les applaudissements de la droite et de l'extrême droite de cet hémicycle. L'extrême droite, justement, parlons-en. Elle répand partout sa haine et promeut les idées les plus abjectes: criminalisation de l'avortement, recul sur les droits des femmes, ciblage des minorités LGBT, attaques contre les migrants, coups de canif dans l'état de droit, et j'en passe. Et c'est pourtant avec cette extrême droite que vous, à droite de l'hémicycle — vous, Monsieur Manfred Weber — avez choisi de construire nombre de vos majorités. Alors, la motion de censure déposée par le groupe de Jordan Bardella en est d'autant plus hypocrite. Madame von der Leyen, vous devez partir. Partout en Europe, les peuples tirent la langue, galèrent à payer leurs factures, perdent leur travail. Ils voient le délitement de leurs services publics sous le joug de votre austérité budgétaire. Parce que de l'argent, vous en trouvez: pour les chars d'assaut, oui, mais pas pour les hôpitaux. Madame von der Leyen, 60 % des Européens souhaitent vous voir censurée. Vous devez partir. Cette motion de censure est aussi un moment de clarification politique entre ceux qui veulent poursuivre votre politique délétère au service d'un petit nombre, et ceux qui mènent la bataille contre vous. Aux collègues des groupes des Verts et des Socialistes de cet hémicycle, je voudrais vous demander: qu'avez-vous gagné en un an de mandat et de votre alignement sur les orientations de Madame von der Leyen, si ce n'est la complicité face au génocide et le passage en force sur les accords de libre-échange et les renoncements écologiques et sociaux? Madame von der Leyen, vous devez partir. Collègues, choisissez.
Gaza au point de rupture: action de l’Union pour combattre la famine, urgence de la libération des otages et progrès vers une solution fondée sur la coexistence de deux États (RC-B10-0372/2025, B10-0369/2025, B10-0372/2025, B10-0373/2025, B10-0374/2025, B10-0381/2025, B10-0385/2025, B10-0387/2025) (vote)
Madame la Présidente, est-ce qu'il serait possible d'avoir une pause très courte pour faire une analyse des votes avant de passer au vote final? Je vous remercie. Cela fait partie des règles de procédure, mais je sais que l'extrême droite, les règles de procédure, vous n'en avez que faire. (La Présidente donne suite à la demande)
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, cela fait déjà un an que vous avez été réélue à la tête de la Commission européenne. Un an de trop, pendant lequel vous avez commis des dégâts irréparables. Franchement, aujourd'hui, votre discours ne suffit pas à masquer la réalité. Oui, vous vous êtes rendue complice du génocide du peuple palestinien en ne prenant aucune réelle sanction jusqu'alors. Et vos annonces d'aujourd'hui ne changent rien, car, face à un génocide, il ne peut y avoir de demi-mesure. Oui, vous avez capitulé face au chantage commercial de Trump et signé, avec le Mercosur, le pire accord de libre-échange, le plus néfaste, qui sera un désastre pour nos agriculteurs. Oui, vous avez persisté avec l'austérité budgétaire, qui prend aux pauvres pour donner aux riches, et avez multiplié les renoncements écologiques. Et vous voulez que cela dure encore quatre ans de plus? Madame von der Leyen, au terme de cette année, oui, vous devez partir, et vite, avec toute votre Commission. Ce n'est pas seulement notre groupe qui le demande, mais 60 % des députés européens, 60 % des citoyens européens. Et puisque vous refusez, nous déposerons une motion de censure contre vous pour mettre un terme à votre politique de casse sociale et votre inaction coupable dans le génocide à Gaza. Nous vous censurons...
Gaza au point de rupture: action de l’Union pour combattre la famine, urgence de la libération des otages et progrès vers une solution fondée sur la coexistence de deux États (débat)
Madame la Présidente, 700 jours, il vous aura donc fallu 700 jours de génocide à Gaza pour qu'il y ait enfin une résolution au Parlement européen. Pendant 700 jours, la plupart des groupes ici ont refusé chacune de nos demandes et ont préféré fermer les yeux sur le pire carnage humanitaire que notre siècle ait connu. Et ce n'est que grâce à l'abnégation de notre groupe de la gauche, qui n'a jamais rien lâché pour le peuple palestinien, qu'enfin le Parlement se saisit de la question. Il aura donc fallu attendre que l'ONU déclare l'état de famine et dénonce la rhétorique génocidaire de Netanyahu, que des bombes israéliennes visent des distributions humanitaires, que plus de 60 000 civils, dont 30 000 enfants, soient lâchement assassinés, que plus de 200 journalistes soient tués, que Benjamin Netanyahou étende son projet génocidaire à la Cisjordanie pour que ce Parlement se saisisse, enfin, du génocide à Gaza. Mais que les choses soient claires: nous ne nous contenterons pas de vagues condamnations. Nous voulons des actes. Madame Kallas, qu'attendez-vous pour décréter un embargo strict sur l'envoi d'armes, alors que des pays comme la France en ont livré un nombre record? Qu'attendez-vous pour suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, alors que votre propre Commission a reconnu que les droits humains étaient violés? Qu'attendez-vous aussi pour offrir la protection diplomatique à la Flottille de la liberté, attaquée cette nuit par drone, alors qu'elle est en route pour briser l'embargo humanitaire à Gaza? Je veux dire, ici, solennellement, que ces centaines de membres de l'équipage démontrent qu'ils ont 1 000 fois plus de courage que vous, Madame Kallas, et que vous, les dirigeants européens. Les Palestiniens ne pourront pas attendre 700 jours supplémentaires de génocide, tout simplement parce qu'ils ne seront plus là pour être sauvés. Ils n'ont plus d'abris où se protéger des bombes, plus d'hôpitaux pour sauver leurs blessés, plus de pain pour se nourrir, plus de journalistes pour rapporter leur martyre, plus de terres pour inhumer leurs dépouilles et plus de larmes pour les pleurer. Ils n'ont plus rien. Mais vous, Madame Kallas, vous, dirigeants européens, vous qui avez tout ça, vous perdez une chose qu'ils ont encore, vous perdez votre morale et votre humanité. L'Histoire vous regarde. Agissez, sinon il sera trop tard.
Utilisation abusive présumée de fonds de l’UE par des députés d’extrême droite et mesures visant à garantir l’intégrité institutionnelle (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, plus de 4 millions d’euros: c’est ce qu’aurait détourné le Rassemblement national en argent public, c’est-à-dire les impôts des Européens, nos impôts. Quelques jours seulement après les condamnations de plusieurs anciens députés européens du parti – dont sa cheffe, Marine Le Pen – pour des faits de détournement de fonds publics, les voilà qui récidivent déjà. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué: absolument aucun député du Rassemblement national ni d’extrême droite n’est présent pour ce débat – certainement parce qu’ils ont quelque chose à cacher. Les faits dénoncés sont tout simplement accablants. Plus de 4 millions d’euros d’argent public dilapidé pour financer les copains en contournant les règles d’appels d’offres ou en surfacturant des prestations. Et ces copains-là ne sont pas n’importe qui: ce sont des barbouzes, fascistes, de la «GUD Connection», groupuscule raciste ultra-violent, avec lequel M. Bardella avait pourtant promis de couper les ponts. Alors, à ces députés d’extrême droite qui d’habitude parlent d’«assistés» en évoquant les personnes étrangères: «Qui sont les vrais assistés? Les travailleurs immigrés qui gagnent le SMIC et payent des impôts ou alors les députés du Rassemblement national qui considèrent l’argent public comme leur argent de poche?» Pour utiliser une expression qui d’habitude leur plaît, je vous propose une chose: tolérance zéro contre ceux qui piquent dans les caisses.
Enseignements de la Marche des fiertés de Budapest: adopter d'urgence une législation à l'échelle de l'Union en matière de lutte contre la discrimination et défendre les droits fondamentaux contre les attaques de la droite (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, Viktor Orbán a tenté d’interdire la Marche des fiertés en Hongrie; nous en avons fait la plus grande que Budapest ait jamais connue! Malgré les menaces d’amendes et de prison, malgré les manifestations de l’extrême droite, qui ont, elles, été autorisées, malgré les dispositifs de reconnaissance faciale tout au long du parcours, malgré les arguments fallacieux qui qualifient l’homosexualité de «contre-nature», plus de 200 000 personnes défilaient avec fierté, avec joie, pour revendiquer leur appartenance ou leur soutien à la communauté LGBT. Parmi eux, de nombreux membres de mon groupe, qui ont fait preuve de solidarité, quand Mme von der Leyen – et je le déplore – se réveillait à peine deux jours avant la pride pour regretter son interdiction, sans jamais avoir actionné les leviers contre l’autoritarisme d’Orbán. Viktor Orbán n’en est pourtant pas à son coup d’essai contre l’état de droit. J’entends certains, en France, dire que l’extrême droite, «on n’a jamais essayé». Alors, voyez le résultat dans la Hongrie d’Orbán, que Bardella et Le Pen prennent pour exemple: corruption pour servir ses amis, ONG et associations menacées de fermeture, liberté de la presse portée disparue, droits des travailleurs saccagés, personnes LGBTQIA+ persécutées. Voilà la réalité du règne de l’extrême droite; on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas! Aussi longtemps qu’il le faudra, je dirai ici, à cette tribune, qu’être queer n’a jamais été un danger pour personne. L’autoritarisme et la violence de l’extrême droite, si. Aussi longtemps qu’il le faudra, je porterai ce drapeau avec fierté: celui de la communauté LGBT. Avec fierté, nous le porterons ici, dans le Parlement et partout en Europe!
Conclusions de la réunion du Conseil européen du 26 juin 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, Monsieur Costa, vous parlez de paix et de sécurité, mais vous n’avez pas un seul mot aujourd’hui sur le génocide en cours dans la bande de Gaza. Madame von der Leyen, je cite «le rapport est très clair, Israël a violé l’article 2 de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.» Ce n’est pas moi qui le dit, mais votre haute représentante pour les affaires étrangères, Kaja Kallas. Il a fallu vingt mois de destruction systématique de la bande de Gaza, de bombardements indiscriminés, d’enfants amputés, de populations affamées pour en arriver à cette conclusion évidente: Israël viole le droit international et le droit européen. Pourtant, quelle conclusion en tirez-vous? La suspension immédiate et sans condition de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël? Non, rien. Parce que, surtout, l’objectif, je cite, «serait de ne pas punir Israël». Ne pas punir? Mais alors, comment appelez-vous les plus de 57 000 civils qui ont été tués? Les distributions alimentaires prises pour cible? Les survivants qui vivent au milieu des ruines et des cadavres, et qui doivent choisir entre mourir de faim et mourir sous les bombes? Ce n’est pas une punition, pour ces 2 millions de Gazaouis? Si on ne punit pas le gouvernement israélien maintenant, quand il commet un génocide, alors quand? Vous n’avez pas eu peur de punir la Russie de Poutine en adoptant à juste titre 17 trains de sanctions. Mais pas une seule sanction n’a été prise contre Israël et Benyamin Netanyahou. Pis: il peut survoler tranquillement l’espace aérien français sans qu’Emmanuel Macron ne l’intercepte et ne l’arrête, comme l’y oblige pourtant le mandat d’arrêt international. Madame von der Leyen, on n’arrête pas un génocide avec des mots ou des gesticulations. On l’arrête avec des actes. L’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël. Nous ne pouvons plus commercer avec un génocidaire. En acceptant de continuer la coopération avec Israël, vous financez et légitimez directement les massacres de masse en cours dans la bande de Gaza. Madame von der Leyen, par votre inaction vous vous rendez chaque jour un peu plus complice du génocide et vous êtes en train de laisser une tache indélébile sur l’histoire de notre continent. Chaque jour, chaque heure compte. Faites enfin ce qui est votre devoir: agissez.
Mettre fin au génocide à Gaza: il est temps pour l'UE de prendre des sanctions (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Madame Kallas, génocide, génocide, génocide. Je le répète volontairement car malgré 18 mois de massacres à Gaza, vous refusez toujours délibérément d'employer ce terme, Madame Kallas. 18 mois de tueries et plus de 55 000 morts, 18 mois de destruction dont 90 % des écoles, 18 mois de famine pour 2 millions de civils, 18 mois que le gouvernement israélien organise méthodiquement et délibérément le génocide du peuple palestinien. Il aura fallu attendre que notre groupe de la gauche utilise sa possibilité d'organiser un débat pour que le mot génocide et la nécessité de sanctions apparaissent pour la première fois à l'ordre du jour officiel de notre Parlement européen. Nous faisons en somme ce que vous, Madame Kallas, et vous dirigeants européens, qui ne daignez même pas venir pour ce débat, avez refusé de faire jusqu'à présent: qualifier l'indicible pour agir, sanctionner, protéger et sortir de votre complicité. Car oui, vous êtes complice, Madame Kallas, quand vous restez silencieuse face au blocus humanitaire imposé par Israël qui laisse pour seul rêve aux enfants de Gaza d'avoir une simple miche de pain. Ce blocus honteux qu'une députée de mon groupe, Rima Hassan, dont je veux saluer ici le courage, a tenté de contourner avec la flottille de la liberté. Leur arrestation dans les eaux internationales était illégale, leurs conditions de détention indignes. Mais les autorités européennes, et notamment vous Madame Kallas n'avez pas eu un mot pour appeler à leur libération. Apporter de l'aide humanitaire ne devrait jamais être un crime. Les seuls qui doivent être derrière les barreaux, ce sont les personnes poursuivies par la Cour pénale internationale, au premier rang desquelles Benjamin Netanyahou. Madame Kallas je vous le redis, l'Union européenne et les dirigeants européens sont directement complices du génocide. Complices quand vous laissez Benjamin Netanyahou fouler le sol européen sans l'arrêter, complices quand vous déversez des millions d'euros au complexe militaro-industriel israélien à travers le programme de recherche Horizon, complices quand des États européens continuent à commercer et à livrer des armes à une armée génocidaire. Les mots ne suffisent plus, il faut des actes. J'ai une question pour vous, chers collègues. Savez-vous combien notre Parlement et l'Union européenne ont adopté, à raison, de paquet de sanctions contre la Russie: dix-sept. Dix-sept! Et contre Israël qui organise un génocide? Zéro! C'est ce deux poids, deux mesures qui affaiblit toute l'architecture du droit international et qui est insupportable. Le soutien inconditionnel de l'Europe à l'extrême droite israélienne doit cesser. Cela aurait dû être fait depuis bien longtemps. Mais vous avez une nouvelle opportunité le 23 juin prochain au Conseil des ministres des affaires étrangères, en décidant de suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Et laissez-moi vous prévenir, Madame Kallas, vous ne pouvez plus tergiverser en proposant de réexaminer, peut-être dans un futur plus ou moins proche. Parce que les distributions humanitaires qui se font prendre pour cible par des tirs, ce n'est pas dans un futur, c'est maintenant. Parce que les Palestiniens, qui n'ont d'autre horizon que mourir de faim ou mourir d'une balle, ce n'est pas dans un futur, c'est maintenant. Parce que la survie, tout simplement du peuple palestinien se joue maintenant. Tout doit être mis en œuvre pour faire plier le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Il faut un embargo total sur les armes et des sanctions économiques et commerciales massives contre Israël. Ce n'est pas seulement notre groupe qui le demande, souvent seul, je dois le dire, dans cet hémicycle, mais ce sont aussi des centaines de milliers de personnes qui, de Rome à La Haye, de Paris à Bruxelles, se mobilisent partout en Europe et qui font bien plus que vous dirigeants européens en deux ans contre le génocide. Alors Madame Kallas, pour finir, puisque les cris de douleur des Palestiniens vous indiffèrent, peut-être que leurs poèmes trouveront grâce à votre cœur pour qu'enfin vous sortiez de l'inaction. Écoutez ce poète palestinien Salem Joubran: «Si un enfant était assassiné et que ses meurtriers jetaient son corps dans la boue, seriez-vous en colère? Que diriez-vous? Je suis un fils de Palestine, je meurs chaque année, je me fais assassiner chaque jour, chaque heure. Exprimez-vous: qu'est-ce qui a provoqué votre soudaine indifférence? Quoi donc? Rien à dire?
La réponse de l'UE pour faire face au projet du gouvernement israélien de prendre le contrôle de la bande de Gaza ainsi que pour garantir l'acheminement effectif de l'aide humanitaire et la libération des otages (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire européen: enfin! Enfin, vous admettez la nécessité de revoir l'accord d'association avec Israël. Je dois le dire ici, c'est d'abord une victoire des mobilisations partout en Europe qui ont maintenu la pression sur l'Union européenne. Mais combien de temps a-t-il fallu attendre? Un an et demi de bombardements, nuit et jour, la famine utilisée comme arme de guerre, plus de 53 000 morts dont 16 000 enfants. M. Netanyahou a commencé l'ultime phase du génocide à Gaza. Je le répète ici parce que, manifestement, à cette tribune, certains ont du mal à qualifier ce qui se passe à Gaza: oui, c'est un génocide et il faut le dénoncer comme tel! Comment appelez-vous sinon les 14 000 bébés palestiniens qui pourraient mourir dans les 48 heures à venir si Israël continue de bloquer l'aide humanitaire. Des millions de Palestiniens font leurs adieux au monde entier, et vous, les dirigeants européens, vous à la Commission européenne, vous en êtes encore à tergiverser sur l'utilisation du mot «génocide». Vous vous contentez de lancer une enquête pour savoir si, peut-être, Israël viole les droits humains – comme s'il y avait encore des doutes. Vous laissez Benjamin Netanyahou parader sur le territoire européen sans l'arrêter. Vous regardez sans broncher les gouvernements européens lui envoyer des armes. Avec tout le respect que j'ai pour vous, Monsieur le Commissaire, la Commission envoie, pour la représenter, le commissaire à l'équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et au sport pour ce débat crucial sur Gaza. Pardon, mais de qui vous moquez-vous? Ursula von der Layen n'était pas disponible? À moins qu'elle ne soit trop occupée à serrer la main de Benjamin Netanyahou. Face à la guerre en Ukraine, vous n'avez pas hésité à prendre des sanctions contre la Russie. Ce qui vaut pour les Ukrainiens ne vaudrait pas pour Gaza? La vie des Palestiniens n'a-t-elle aucune valeur? Qu'attendez-vous, bon sang, pour prendre de réelles sanctions contre Benjamin Netanyahou? Qu'il n'y ait plus un seul Palestinien en vie à Gaza? Les mots n'arrêtent pas un massacre. Il faut des actes. L'histoire vous jugera, car, quand Gaza sera rayée de la carte, il sera trop tard pour agir.
Madame la Présidente, chers amis et collègues de l'extrême droite, c'est vrai, la semaine dernière, la Cour de justice de l'Union européenne a confirmé que la Présidente de la Commission européenne avait menti dans l'affaire du «Pfizergate». Il n'y a, je cite, «aucune explication plausible» pour justifier la disparition des textos envoyés au PDG de Pfizer. Les citoyens ont le droit de savoir comment des milliards d'euros d'argent public ont été négociés par textos, pourquoi aucune trace n'existe, qui a accepté que le prix des doses augmente de 25 % pour augmenter encore les profits des grandes entreprises pharmaceutiques. Nous sommes en droit de savoir. Les citoyens sont également en droit de savoir que l'hypocrisie de l'extrême droite est totale, elle qui, le même jour, a voté contre l'autorité éthique indépendante, dont l'objectif est précisément de s'attaquer aux scandales éthiques au sein des institutions européennes. Voyez-vous, la différence, entre vous, à l'extrême droite, et nous, à gauche, c'est que nous luttons contre la corruption et contre l'opacité au sein de toutes les institutions, la Commission et le Parlement européen – mais manifestement vous avez des choses à cacher.
Une réponse unifiée de l'Union aux mesures commerciales injustifiées des États-Unis et les débouchés commerciaux à l'échelle mondiale pour l'Union (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, avec la guerre commerciale initiée par Donald Trump, nous sommes en train de vivre un bouleversement économique historique. Face à cela, que proposez-vous? Premièrement, de ne jamais hausser le ton face à un président américain qui multiplie les violations du droit international. Deuxièmement, de céder au chantage – à son chantage – en achetant 50 milliards de produits américains supplémentaires, histoire qu'il nous vende la pelle avec laquelle nous creusons notre propre tombe. Troisièmement, d'accélérer la signature de nouveaux accords commerciaux, pour commencer avec les États-Unis, mais aussi avec le Mercosur, l'Inde, la Thaïlande, l'Australie, et j'en passe. Bref, on vient de se prendre une baffe et vous tendez l'autre joue. Traduction: le libre-échange est mort, vive le libre-échange! Allons-y, rendons-nous encore plus dépendants du reste du monde, comme si nous n'avions rien appris de cette crise. Surtout, sacrifions encore un peu plus toujours les mêmes: les travailleurs, les travailleurs des industries que vous jetez en pâture, Monsieur le Commissaire. Plus que jamais, l'impasse du libre-échange et de la mondialisation capitaliste saute aux yeux. Sortons de ce système mortifère.
Modification des directives (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 concernant les dates à partir desquelles les États membres doivent appliquer certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises et au devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (vote)
Monsieur le Président, chers collègues, qui, dans cette salle, peut affirmer que la priorité des priorités, aujourd’hui, c’est de casser les seuls textes de progrès social et écologique qui ont été votés lors du précédent mandat? Qui, dans cet hémicycle, peut sérieusement penser que le plus essentiel, aujourd’hui, c’est de jeter à la poubelle des régulations qui empêchent les multinationales de massacrer les peuples et la planète? Pour protéger l’environnement, pour améliorer la vie des gens, ce n’est jamais le moment. Il faut toujours attendre, remettre à plus tard, «on verra quand on aura le temps». Mais, quand il s’agit de déréguler, voilà le PPE en grand seigneur: «Surtout, vite, vite, vite! Il y a urgence pour faire des cadeaux aux grandes entreprises, encore et toujours plus. Il faut s’y mettre tout de suite, immédiatement, séance tenante, en procédure d’urgence!» – vous qui, d’habitude, aimez tant les procédures d’évaluation de la Commission européenne pour faire perdre du temps. La réalité, c’est que vous n’avez pas eu cette idée tout seuls, chers amis du PPE. Les grandes entreprises qui veulent continuer à faire des profits sur l’exploitation des travailleurs et de la nature, ce sont elles qui l’ont suggéré, et c’est en réalité à la demande de leurs lobbys que vous faites aujourd’hui cette demande de procédure d’urgence. C’est un véritable scandale! Par ailleurs, Monsieur Tobé, vous parlez de prévisions pour les grandes entreprises, mais ce texte a été adopté à la fin du mandat précédent. Qu’est-ce qu’on va faire pendant ce mandat, ici, tous les députés européens? On va détricoter des textes qui ont été adoptés par notre Parlement européen? À quoi bon siéger ici, alors, si c’est pour défaire ce qui vient d’être adopté? J’aimerais aujourd’hui que vous pensiez à toutes les victimes des crimes des multinationales et que vous leur disiez en face que leur sort n’est pas urgent. Allez dire, chers députés de droite et d’extrême droite qui vous apprêtez à voter cette procédure d’urgence, allez dire aux 100 000 personnes expropriées par Total en Ouganda et en Tanzanie qu’obtenir réparation n’est pas urgent. Allez dire aux familles des 6 500 morts sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar que faire payer les responsables n’est pas urgent. Allez dire aux esclaves ouïghours exploités par Shein qu’arrêter leur supplice n’est pas urgent. Allez dire aux proches des 1 135 employés morts dans les décombres du Rana Plaza qu’accéder à la justice n’est pas urgent. Alors oui, ce texte sur le devoir de vigilance dans le paquet Omnibus n’est pas le plus révolutionnaire, mais il a le mérite d’exister. Nous l’avons arraché après cinq ans de bataille face aux lobbys et nous sommes fiers que la gauche, unie dans cet hémicycle, ait réussi à le défendre et à le faire voter, pour enfin mettre un terme à l’impunité des multinationales. Le cynisme de ceux qui proposent cette procédure d’urgence pour établir l’impunité totale des grands patrons qui ont du sang sur les mains est une honte, et il vous rend directement complices. Alors, chers collègues, à vous de prendre vos responsabilités. Ne permettez pas ce retour en arrière déshonorant et défendez cet acquis essentiel pour les droits de l’homme!
Conclusions de la réunion du Conseil européen du 20 mars 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, Monsieur Costa, je vais commencer avec une question assez simple: Madame von der Leyen, combien de temps encore allez-vous laisser Donald Trump dicter sa loi sur les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne? Qu’attendez-vous, Madame von der Leyen, pour hausser le ton et proposer une réponse ferme, qui protège les travailleurs et travailleuses des secteurs concernés? Je vous ai entendue ce matin: vous en êtes encore à réfléchir, considérer, calibrer votre réponse, pendant que Donald Trump est, en réalité, en train de nous dépouiller. La fébrilité de l’Union européenne face aux pressions de Donald Trump en dit long sur son incapacité à envisager sa propre indépendance. Pourtant, nous avions là l’occasion de remettre à plat l’ensemble de la politique de l’Union européenne, y compris de sa politique commerciale. Avec les États-Unis, bien sûr, mais aussi avec le reste du monde. Car, c’est une évidence, notre fragilité économique actuelle est la conséquence de plusieurs décennies de vos politiques libérales, celles-là même qui ont promu une mondialisation et une spécialisation économiques poussées à l’extrême. Le doux commerce était censé se substituer à la guerre. Résultat: nous aurons et la guerre par les armes sur le continent européen et la guerre commerciale. Cette supposée liberté du libre-échange, c’est celle qui nous rend désormais captifs du chantage commercial de Donald Trump. Cette supposée liberté du libre-échange, c’est celle qui nous rend aujourd’hui incapables de subvenir à nos propres besoins: médicaments, panneaux solaires, vêtements, nourriture, et j’en passe, sont importés en masse depuis l’autre bout du monde. Nous faisons produire par d’autres ce que nous devrions produire ici, sur le continent européen. Les conséquences, elles, sont bien connues: délocalisations et désindustrialisation, augmentation des inégalités et du chômage, accélération de la catastrophe écologique. Mais, Madame von der Leyen, loin d’apprendre de ces leçons, vous poursuivez la fuite en avant et multipliez les accords de libre-échange avec le Mercosur, le Mexique, l’Inde, la Thaïlande ou encore la Malaisie. Comment osez-vous, Madame von der Leyen, ce matin encore, venir prôner les accords de libre-échange? N’avez-vous vraiment rien appris de notre dépendance aux États à l’extérieur de l’Union européenne? Il y a urgence, urgence à repenser entièrement les manières de produire et d’échanger. Que produit-on, et où? Pour quels besoins et en quelle quantité? Produit-on pour exporter des avions ou des produits de luxe et engraisser les multinationales, ou produit-on pour satisfaire localement les besoins essentiels – se nourrir, se loger, s’habiller, se chauffer, se meubler, se déplacer, se soigner? Voilà, Madame von der Leyen, les questions que vous devriez vous poser, plutôt que de vous complaire dans le confort de dogmes économiques usés jusqu’à la moelle: libre-échange, compétitivité, marché, concurrence, croissance… Plus que jamais, nous avons besoin de mettre en place un protectionnisme solidaire et écologique, de recentrer notre économie sur nos besoins et dans les limites planétaires, de construire une économie de la paix plutôt qu’une économie de la guerre. Voilà ce qui doit orienter nos économies: nos vies plutôt que leurs profits.
La nécessité d'assurer le pluralisme démocratique et de renforcer les politiques d'intégrité, de transparence et de lutte contre la corruption dans l'UE (débat)
Chers collègues, entre les élus corrompus qui s’en mettent plein les poches en acceptant les cadeaux des lobbyistes et ceux qui détournent de l’argent public, comme Marine Le Pen, franchement, il y a de quoi dégoûter les gens de la politique. Ceux qui prônaient «Tête haute, mains propres!» ont aujourd’hui la tête baissée et les mains sales. Ceux qui demandaient l’impunité zéro pour les délinquants se retrouvent pris à leur propre jeu et la main dans le sac. Ceux qui étaient les premiers à voler au secours de Viktor Orbán en appellent soudainement à l’état de droit. J’avoue qu’il est assez savoureux d’entendre l’extrême droite parler d’état de droit. Vous demanderez certainement encore à votre copain Elon Musk de voler à votre secours? Mais en réalité, le problème est encore plus large. En France, dans mon pays, 26 ministres sont impliqués dans des affaires depuis 2017, et au Parlement européen les scandales se succèdent les uns après les autres, sans que cela suscite la moindre émotion. Deux ans après les valises de billets du Qatar, place maintenant aux cadeaux luxueux et aux virements bancaires de la multinationale Huawei, que vous n’osez même pas citer dans le titre de ce débat. C’est le retour des perquisitions, des bureaux scellés et des enquêtes révélant des pratiques mafieuses. Ce n’est pas une série Netflix, c’est juste l’état de notre démocratie. Et que s’est-il passé entre ces deux affaires? Rien. Tout juste quelques mesurettes. Circulez, il n’y a rien à voir. Tout le monde ici se tient par la barbichette pour se protéger et, surtout, ne rien changer. Mais vous pourrez compter sur mon groupe et moi pour continuer à dénoncer ces magouilles et tout changer, de la cave au grenier. Il est temps de faire le ménage et d’enfin faire primer l’éthique sur le fric.
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, il paraît que vous avez trouvé de l’argent, sonnant et trébuchant, de l’argent pour les chars d’assaut, mais, étrangement, pas pour les hôpitaux. En effet, voilà ce que vous nous proposez: une économie de guerre, où, tout d’un coup, les milliards pleuvent pour les dépenses militaires, mais pas pour les dépenses sociales et écologiques. Alors que la dette des États était censée être un point insurmontable, voilà que l’Europe sort de son chapeau 800 milliards pour l’armement. Alors que l’on nous disait qu’il fallait couper dans les dépenses pour nos écoles et nos retraites, voilà qu’il faut investir massivement dans les missiles et les canons. Alors que nous nous battons depuis des années – bien seuls, il faut le dire – contre les règles d’austérité, voici que ces mêmes règles volent soudainement en éclats pour financer l’armée. C’est comme si, tout d’un coup, il n’existait plus de réchauffement climatique ni de pauvreté, et que la seule priorité était les blindés. La vérité, c’est que la seule guerre que vous préparez, c’est une guerre sociale. Déjà, les plus fervents défenseurs de l’ordre économique établi y voient l’occasion rêvée de pousser encore plus leur entreprise de casse sociale et de dérouler leur feuille de route austéritaire. Puisqu’il faut de l’argent pour les canons, ils s’empressent de tirer à boulets rouges sur notre protection sociale. Certains proposent déjà de travailler jusqu’à 70 ans et de ne partir à la retraite qu’après. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Assurance chômage, temps de travail, services publics, protection de l’environnement… Tous les sacrifices sont bons pour les peuples européens, tant que l’on ne touche pas à l’argent des plus riches. L’économie de guerre, en réalité, ce sont les grands patrons et les actionnaires qui s’en frottent les mains. Eux qui ont déjà vécu l’âge d’or des superprofits à l’occasion d’une pandémie voient désormais poindre la manne financière de la course aux armements. En 2024 déjà, ce sont pas moins de 750 milliards de dollars de dividendes qui ont été versés dans le monde – 69 milliards rien qu’en France. Chaque année, c’est un record qui est battu et qui en chasse un autre. L’enrichissement sans fin d’une poignée aggrave la plaie béante des inégalités. Pourtant, aux yeux des dirigeants européens et de la majorité de ce Parlement, ce n’est toujours pas une raison suffisante pour taxer les plus riches et les multinationales. Étrangement, du côté de la Commission européenne, vous préférez toujours sabrer dans nos dépenses sociales, plutôt que d’aller chercher l’argent là où il est. Nous n’accepterons pas de nous laisser enfermer dans ce faux dilemme entre la défense de l’Europe et notre sécurité d’un côté, et l’État social et la bifurcation écologique de l’autre. Il est temps de reconstruire une économie qui est fondée sur nos besoins de défense, mais aussi sociaux et écologiques, parce qu’aucun bien commun ne peut être sacrifié sur l’autel de la guerre ou de la sainte austérité.
Allègement des formalités et simplification des affaires dans l'Union: les premières propositions "omnibus" (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Commissaire – ravie que vous ayez finalement trouvé le chemin du Parlement européen; je ne sais pas, peut-être y avait-il un «omnibus» sur votre route? –, je vais commencer avec une question assez simple pour vous: est-ce que Donald Trump est devenu votre modèle? Parce que, manifestement, son grand vent de dérégulation a soufflé jusque de ce côté-ci de l’Atlantique. Je vous imagine à la Commission européenne: la planète est en train de cramer à + 4 °C, les multinationales continuent d’engranger des profits en violant les droits de l’homme, et là vous vous dites: «Eurêka! Débarrassons-nous des seules régulations qui existent pour demander des comptes aux entreprises!» Avec ce paquet «omnibus», vous offrez un blanc-seing aux entreprises qui vont détruire la planète et exploiter les travailleurs. Vous jetez le devoir de vigilance des multinationales à la poubelle, en limitant la responsabilité aux seuls partenaires directs, trahissant son principe même, et en supprimant les sanctions financières. Tant pis si des entreprises comme Shein, Total ou Vinci continuent allègrement de violer les droits de l’homme et de détruire l’environnement en toute impunité. Aussi longtemps que nous serons ici, vous pouvez compter sur mon groupe pour se battre afin de protéger ces réglementations et d’empêcher les multinationales de faire leur loi et de générer des profits au détriment de nos vies.
Allègement des formalités et simplification des affaires dans l'Union: les premières propositions "omnibus" (débat)
Monsieur le Président, je crois que nous étions tous là en train d’attendre que la Commission européenne daigne s’intéresser à nos débats, daigne venir dans l’hémicycle et daigne venir présenter le plus grand paquet de dérégulations qu’elle ait jamais eu. Je ne sais pas si la commissaire est en train d’avoir des réunions avec des lobbys ou avec des banques pour continuer à déréguler le devoir de vigilance, mais je pense qu’on ne peut pas avoir de débat aussi important que celui-ci sans la présence de la Commission européenne. Aussi, je vous demanderai s’il est possible d’envisager de reprogrammer ce débat, pour s’assurer que la Commission européenne sera présente et que, au bout d’un moment, elle arrête de nous manquer de respect, comme elle l’a fait à de trop nombreuses reprises, malheureusement.
Monsieur le Président, l'événement qui était organisé hier par le groupe ESN portait sur la remigration. La remigration, c'est la déportation de personnes qui sont européennes en dehors de l'Union européenne. Monsieur Garraud, en prenant la défense de cet événement, vous montrez le vrai visage de l'extrême droite, qui est celui aujourd'hui d'un projet raciste et xénophobe. Alors oui, Monsieur Garraud, nous avons protesté pacifiquement. Oui, Monsieur Garraud, vous nous trouverez à chaque fois – à chaque fois! – sur votre chemin. À chaque fois que vous organiserez des événements racistes dans les locaux de notre Parlement européen, vous nous trouverez ici pour protester, parce que le racisme n'a pas sa place, ni ici au sein du Parlement européen, ni à l'extérieur.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, comment osez-vous venir défendre ici l'accord avec le Mercosur, le plus grand et le pire accord de libre-échange jamais signé par l'Union européenne? Comment osez-vous dire aux agriculteurs, qui peinent déjà à joindre les deux bouts, qu'importer des centaines de milliers de tonnes supplémentaires de bœuf, de poulet ou de fromage n'aura aucun impact sur eux? Comment osez-vous exposer délibérément la population à des OGM et des pesticides interdits en Europe? Car non, il n'y aura aucune réciprocité des normes. Comment est-il possible, à l'heure de l'urgence écologique, de soutenir un accord qui va contribuer à accélérer le réchauffement climatique et la déforestation? Oui, Monsieur le Commissaire, vous devriez avoir honte. Honte, parce que la réalité, c'est que personne ne veut de cet accord. Et vous vous retrouvez ici à devoir passer en force, en piétinant les règles de consultation du Parlement européen. Hier, le vote d'un de mes amendements l'a montré très clairement: les inquiétudes sur cet accord sont extrêmement vives et il n'y a pas de réelle majorité en sa faveur. Le dogme du libre-échange étouffe les peuples et dévaste la planète. Il est déjà en train de vaciller. La bataille n'est pas terminée. Comptez sur nous pour le faire tomber.
Préparation à une nouvelle ère d'échanges: coopération multilatérale ou droits de douane (débat)
Madame Vedrenne, j'apprécie que vous aimiez autant que moi le débat dans cette enceinte. Vous avez dit à juste titre que nous avons les moyens d'agir en tant qu'entité européenne. On est une véritable puissance économique. Mais dans ce cas-là, pourquoi se donner les moyens d'agir, d'un côté, et, de l'autre, laisser nos industries européennes se faire dépouiller et surtout signer à tour de bras des accords de libre-échange avec les pays du monde entier? Je sais que vous avez des réserves sur celui avec le Mercosur, mais derrière il y a le Mexique, la Malaisie, l'Inde, la Chine, l'Australie. Vous savez comme moi que c'est aussi organiser notre propre dépendance à l'étranger. Donc je vois une certaine contradiction dans votre discours.