Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
C’est là la différence fondamentale entre vous et moi. Quand le Hamas commet des actes terroristes ou des crimes de guerre, je n’ai aucun problème à condamner cela. Mais quand Israël commet des crimes de guerre ou des actes terroristes, vous n’arrivez pas à condamner. C’est ça, votre hypocrisie. Vous parlez justement de la libération des otages israéliens, mais vous vous taisez sur les enfants palestiniens pris en otage dans les prisons israéliennes. Vous condamnez les crimes de guerre de ceux que vous n’aimez pas, mais du côté israélien, vous soutenez à fond. C’est ça, votre hypocrisie. Et c’est très facile de votre part. Vous avez une hypocrisie fondamentale, à savoir le soutien aux crimes de guerre israéliens.
Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, vous demandez de nouvelles sanctions contre l’Iran parce que l’Iran a clairement violé le droit international en répliquant à la destruction de son consulat par Israël. Mais pourquoi alors n’appelez-vous pas à des sanctions contre Israël quand celui-ci bombarde la Syrie et le Liban, des hôpitaux à Gaza, un consulat iranien ou quand des missiles israéliens tombent même en Iraq? Vous appelez terroriste une partie de l’armée iranienne, mais parlerez-vous aussi de terrorisme d’état de la part de l’armée israélienne? Vous avez envoyé des jets, des avions de chasse européens, pour protéger les bases militaires israéliennes. Mais en six mois, aucun enfant palestinien n’a mérité votre protection. Aucun. Est-ce qu’une base militaire israélienne vaut plus que la vie de 15 000 enfants palestiniens? Alors soit le droit international vaut pour tous de la même façon, soit nous sombrons dans un monde où règne la loi du plus fort et le chaos. Nous n’avons rien à gagner là-dedans. Et votre «deux poids, deux mesures» est en train de torpiller à une vitesse inouïe le peu de crédibilité qui restait encore à l’Union européenne sur la scène internationale. Franchement, nous ne pouvons pas continuer comme cela. (L'orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Retrait de l'Union du traité sur la Charte de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, aujourd’hui, nous sommes tous d’accord pour mettre fin à cette absurdité, mais soyons clairs: ce n’est qu’un traité et ce n’est qu’une règle. Je le considère comme un pied de biche, un pied dans la porte, avec lequel il faut ouvrir le débat sur toute la politique commerciale et la politique socio-économique de l’Union européenne, pour laquelle effectivement il faut inverser la logique et dire qu’aujourd’hui, ce qui est prioritaire, c’est le social et c’est le climat. Nous avons besoin de beaucoup d’investissements publics parce que sinon, cette transition ne sera ni sociale ni suffisante pour le climat. Cela veut dire qu’à un certain moment, il faudra aussi poser la question: pourquoi est-ce que dans l’Union européenne, les libertés économiques ont priorité sur les droits sociaux ou sur les investissements publics, y compris en matière environnementale? Nous ne lâcherons rien. Nous sommes encouragés et renforcés par cette victoire, qui est la victoire d’une grande mobilisation, de beaucoup de pression et de beaucoup de travail. Croyez-moi, on va continuer à mener ce combat sur toute la politique de l’Union européenne, toute la politique commerciale et toute la politique socio-économique. Permettez-moi aussi de renforcer le message de remerciement, tout d’abord à Anna Cavazzini et à toute l’équipe de la commission INTA, qui a travaillé là-dessus, à mes collègues de la commission ITRE – aux rapporteurs fictifs, mais aussi au président de la commission, M. Buşoi – et évidemment aussi à la Commission européenne, qui a mis sur la table ce qui était devenu absolument inévitable grâce à la pression des gens et de la mobilisation. Merci beaucoup et bon vote demain.
Retrait de l'Union du traité sur la Charte de l'énergie (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, l’année passée, une multinationale de l’énergie fossile, Klesch, décide d’attaquer en justice l’État allemand, le Danemark et l’Union européenne. Pourquoi? Parce que ces autorités avaient discuté et voulu instaurer, potentiellement, des taxes sur les surprofits. On se dit qu’on marche quand même sur la tête. Comment est-ce possible? Nous vivons aujourd’hui dans une Union européenne où des multinationales peuvent attaquer en justice et demander des dédommagements et des compensations financières parce que des États prennent des mesures d’intérêt public, que ce soit pour favoriser l’énergie renouvelable ou pour avoir un peu d’argent, récupérer un peu de ces surprofits et les investir ailleurs. C’est quand même absolument dingue que des multinationales aient le droit de se plaindre du fait que cela diminuera peut-être leurs profits, ou qu’elles gagneront moins. Franchement, personne en dehors de cette assemblée ne pourrait comprendre ça. Vous sortez de cette assemblée, vous allez expliquer ça aux gens, ils vont vous dire: «mais qu’est-ce qu’ils font là, l’Europe?» Effectivement, c’est complètement absurde. Je me suis intéressé à la question de savoir comment il est possible de signer ce genre de traité en tant qu’Union européenne. Mais c’est qu’en fait, même dans le traité européen, à la base, il y a un peu la même logique: comme on donne la priorité absolue aux marchés, aux grands et à la concurrence, forcément, on doit donner des droits aux multinationales. Alors, on se retrouve avec des choses comme en Belgique, par exemple, où à un certain moment, il y avait Femarbel, propriétaire de maisons de repos, à qui on avait demandé un minimum de soignants et un plafonnement des coûts. La Cour européenne de justice est carrément intervenue pour dire qu’il fallait ouvrir tout ce secteur à la concurrence, au détriment donc des résidents, au niveau, au moins, du prix. Aux Pays-Bas, on a eu des promoteurs immobiliers qui ont estimé que les loyers plafonnés de logements sociaux représentaient une menace pour leurs profits. En Slovaquie, la Commission européenne a jugé qu’interdire à des assureurs privés de distribuer des profits à des actionnaires, plutôt que d’utiliser ces profits pour les investir dans les soins de santé, était contraire à la libre circulation des capitaux. C’est quand même dingue. Donc on a une logique, au sein de l’Union européenne, qui est de donner le droit à des grandes entreprises d’attaquer des États quand ils prennent des mesures sociales ou environnementales. Et on va exporter au niveau international, au niveau de la politique commerciale de l’Union européenne, la même logique. On va dire qu’on va conclure un traité ou une charte sur l’énergie qui fait qu’en fait, pendant qu’on parle tous de Pacte vert, pendant qu’on parle tous d’énergies renouvelables, ce seront potentiellement les travailleurs qui, à travers l’argent public, devront payer pour garantir les profits des multinationales. Alors, logiquement et heureusement, une grande partie des citoyens européens et de la société civile s’est mobilisée, et se mobilise toujours, pour que l’on rompe avec cette logique et pour qu’on sorte de ce traité. Aujourd’hui, c’est un premier pas. Finalement, ça a pris des années et des années de lutte, mais ça montre qu’on peut gagner et qu’on peut imposer une autre voie pour reprendre le volant, publiquement, de notre politique énergétique pour sortir de ce traité.
Réaction de l'Union face aux cas répétés de travailleurs humanitaires, de journalistes et de civils tués par l'armée israélienne dans la bande de Gaza (débat)
Madame la Présidente, écoutez, aujourd’hui, à Gaza, tous les jours, on découvre des charniers et des fosses communes, qui sont le symbole de tout génocide. Des centaines de corps, parfois en uniforme médical, parfois apparemment menottés, exécutés de manière sommaire. On voit des images d’enfants déchiquetés autour d’un babyfoot. Que fait l’Union européenne par rapport à cela? Il y a des collègues ici qui ont le courage de soutenir Israël. Franchement, ayez honte, rentrez chez vous et ne sortez plus. Mais surtout, l’Union européenne, que fait-elle? Elle a promis des millions additionnels à Israël. Elle n’a pas imposé d’embargo sur les armes. Pourtant, elle peut le faire, parce que ces dernières années, on a imposé des embargos et des sanctions militaires à la Biélorussie, à la République centrafricaine, à la Chine, à l’Iran, à la Libye, au Myanmar, à la Corée du Nord, à la Russie, à la Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud, à la Syrie, au Venezuela, à la Turquie, au Yémen, au Zimbabwe. Mais à Israël, non. Eux, ils sont immunisés. Pourquoi sont-ils immunisés? Parce que leur projet colonial est soutenu par l’impérialisme européen – il faut le dire, dans les faits – avec des armes et avec des millions. C’est pour cela que le massacre des Palestiniens, qui ne serait pas possible sans la complicité européenne, continue.
Conclusions des dernières réunions du Conseil européen, en particulier sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne et le programme stratégique de l’Union pour la période 2024-2029 (débat)
Madame la Présidente, mais quel mépris! Franchement, ce matin, la présidente de la Commission européenne, madame von der Leyen, a dû être là pendant une heure, une heure et demie. C’est la dernière séance du Parlement européen, elle doit présenter son bilan pendant une heure et elle se barre au milieu. Déjà, le Conseil n’est pas là, Charles Michel n’en a rien à faire, et en plus, madame von der Leyen nous méprise comme cela. N’importe quoi! Pourtant, quelqu’un qui est accusé – parce que j’ai croisé pas mal de gens ces derniers temps – donc on accuse madame von der Leyen de conflit d’intérêt par rapport à l’achat des vaccins qu’on aurait achetés trop cher, même de népotisme – elle est accusée pour la nomination d’un haut fonctionnaire – mais elle se barre. Ce que les gens détestent le plus dans cette Union européenne, dans cette Commission européenne, c’est ce mépris-là: ce Pacte vert qu’on impose, mais qu’on fait payer aux travailleurs; ces multinationales qui reçoivent des aides tandis que les salaires ne suffisent pas. Ce mépris pour les travailleurs, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, les gens demandent une rupture. Et cette rupture-là, on va vous l’imposer le 9 juin.
Le risque immédiat de famine généralisée à Gaza et les attaques contre les livraisons d'aide humanitaire
Monsieur le Président, écoutez, après plus de 12 300 enfants palestiniens tués par Israël, ce qui est plus en quelques mois qu’en quatre ans de guerre partout dans le monde, Israël est maintenant en train d’affamer une population entière, et des dizaines d’enfants sont déjà morts de malnutrition. Ceux qui le nient n’ont pas écouté les dirigeants israéliens: en octobre déjà le ministre de la défense l’avait annoncé. Il avait dit: pas d’eau, pas de nourriture pour les Palestiniens, pas de nourriture pour ces animaux humains. Ils avaient donc annoncé leur politique génocidaire! Face à cela, qu’est-ce que vous avez fait? Rien. Rien! Pis: l’Union européenne a renforcé ses liens avec Israël, investissant, donnant le feu vert à un nouveau gazoduc qui la reliera à l’État hébreu, lui accordant des prêts avantageux, lui exprimant tout son soutien. Rien! Vous êtes complices! Il faut un embargo militaire maintenant, sinon vos mains seront remplies de sang!
Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2024 - Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2024 (discussion commune - Semestre européen)
Monsieur le Président, écoutez, on vit en Europe un état d’urgence social. Nos écoles manquent d’enseignants, les hôpitaux manquent de moyens et de soignants, les transports sont soumis à de plus en plus de retards si ce n’est d’annulations, et, dans pareil contexte, quelle est l’idée brillante de l’Union européenne, célébrée par la présidence belge – le gouvernement belge ici présent? C’est d’imposer des coupes aux budgets nationaux! Non pas d’aller chercher l’argent chez les super-riches, ces millionnaires, ces multimillionnaires qui ne savent que faire de leur argent – non non, pas chez eux! –, mais chez les travailleurs, encore une fois! On va leur dire: «Écoutez, votre pension est trop élevée», «Votre salaire, vous savez? Cette indexation automatique? C’est pas très bon, on va couper là-dedans.» Moi, je veux porter ici la voix des travailleurs et des syndicats qui étaient mobilisés hier à Bruxelles devant le bâtiment Schuman, en disant: «No way, we won’t pay!»
Octroi de licences obligatoires pour la gestion de crise et modification du règlement (CE) nº 816/2016 (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, nous avons aujourd’hui une Europe où ce sont les Big Pharma, les grandes multinationales, qui décident quels médicaments produire – ou pas – et à quel prix les vendre. Conséquence: nous payons souvent beaucoup trop cher nos médicaments et nous avons des pénuries un peu partout en Europe, des milliers de médicaments qui manquent – notamment parce que leur production n’intéresse plus les actionnaires de Big Pharma. Cela fait quatre ans que l’on vous dit, ici, qu’il faut des licences contraignantes pour casser le monopole des Big Pharma, permettre à davantage d’entreprises de produire, augmenter l’offre et baisser les prix. Finalement, aujourd’hui, on s’apprête à aller dans ce sens-là. Félicitations! Évidemment, vous cédez sous la pression, et je m’en réjouis. Bon, même en pleine crise, vous voulez toujours négocier en premier lieu avec Big Pharma, garantir un peu leurs profits – ne pas trop heurter les potes, sans doute –, mais, surtout, vous voulez nous empêcher de partager la technologie, voire d’exporter ces médicaments! Comment donc allez-vous expliquer aux peuples latinos, africains, arabes – qui déjà se rappellent que, pendant la COVID-19, nous n’avions pas voulu partager la technologie en tant qu’Union européenne – qu’aujourd’hui encore, d’après votre vision, ils n’ont pas droit aux médicaments? C’est quand même une honte! C’est pour cela que les peuples du Sud méprisent cette politique européenne. Changez de cap!
Performance énergétique des bâtiments (refonte) (débat)
Chers collègues, en Flandre, en Belgique et dans toute l'Europe, les gens ont peur. Peur qu'ils ne puissent pas se permettre la rénovation, l'isolation de leur maison et certains craignent même d'avoir à vendre leur maison. Et puis il y a une directive européenne, un cadre européen, et puis vous pensez: Oui, eh bien, mais alors vous vous attendez à ce que cela garantisse que les gens n'ont pas à tout payer de leur propre poche? Malheureusement, cette directive ne le garantit pas. Elle est laissée aux gouvernements, mais la directive prévoit des amendes, si elle ne va pas assez vite, si votre appartement n'est pas isolé assez vite. Nous avons déjà vu en Flandre quelle mauvaise idée c'est. Le gouvernement flamand a proposé une version très stricte de cette obligation de rénovation il y a deux ans: amendes si vous achetez une maison et que l'étiquette énergétique ne s'améliore pas assez rapidement. Par exemple, parce que les œuvres traînent ou parce que vous n'avez plus l'argent. Vous aurez des amendes monstres. Des idées absurdes. À un moment donné, je crois, un jeune couple de travailleurs à Gand a été condamné à une amende de 13 000 euros. Vous ne pensez pas que c'est possible, parce que ces travaux de rénovation traînent parce que vous n'avez pas l'argent ou parce que cela va moins vite que prévu. Et puis vous obtenez une amende en plus de cela. Oui, bien sûr, cela ne va pas du tout de l'avant. Ce dont nous avons besoin ici, ce n'est pas d'un terrain à rénover, mais d'un terrain à rénover qui garantit que tout le monde peut non seulement rénover, mais aussi être aidé à rénover, par exemple, par un système de tiers payeur. En Allemagne, sur dix ans, 4 millions de projets ont été financés par une banque publique. Regardons ça. Prenons cela comme modèle. C'est l'Europe que nous voulons. Les gens ne devraient pas payer à nouveau pour cette transition climatique.
Prévention des décès lié au travail à la suite de la tragédie de Florence (débat)
Monsieur le Président, perdre la vie au travail, ne pas savoir quel droit on a après, c’est horrible, et cela mérite qu’on en discute ici. Mais soyons clairs, on l’a vécu en Belgique, on le vit tous les jours et maintenant, il y a ce drame en Italie sur ce chantier. Combien de sous-traitants y avait-il actifs sur ce chantier? Combien? Alors là, il y a une mesure que nous pouvons prendre au niveau européen grâce à une directive qui limite la sous-traitance. Celle-ci est devenue un véritable business model utilisé par des entreprises partout en Europe pour ne pas octroyer aux travailleurs les droits auxquels ils auraient normalement accès, non seulement ceux qui s’inscrivent dans le cadre du contrat de travail, mais aussi, tout simplement, les droits humains. Et deuxièmement, ne venez pas dire aux États qu’ils doivent couper dans leurs services sociaux, dans leurs administrations pour ensuite vous plaindre qu’il n’y a pas assez d’inspections sociales, qu’il n’y a pas assez d’inspection du travail. Donc, arrêtez aussi cette austérité, nous avons besoin d’une inspection sociale et du travail forte partout en Europe.
La situation actuelle dans l'est de la République démocratique du Congo (débat)
Madame la Commissaire, les masques tombent! À l’est de la République démocratique du Congo, nous parlons d’années de guerre, de millions de morts, d’innombrables réfugiés et de crimes de guerre indicibles. Et les Nations unies et vous-même avez pointé la responsabilité du gouvernement rwandais et de l’armée rwandaise qui soutient les rebelles du M23 et qui intervient directement avec des missiles en République démocratique du Congo. Mais dans ce contexte d’agression contre un pays souverain, que fait l’Europe? Est-ce qu’elle va défendre bec et ongles, cœur et âme, la souveraineté congolaise, comme elle le fait pour l’Ukraine? Eh bien non! Deux poids, deux mesures. D’abord, elle a offert l’année passée, rappelez-vous, 20 millions d’euros aux forces rwandaises. Récemment, la Pologne a été promettre tout le soutien et toute l’aide militaire possible au Rwanda. Et maintenant, vous, vous signez un accord avec le Rwanda sur les matières premières, sur les ressources congolaises. Parce que oui, il s’agit de cela: ici, on est en train, en fait, de remercier et de récompenser le Rwanda pour son agression. Comment est-ce possible? Est-ce que le but de l’Europe n’était pas de défendre la paix, les droits humains? Non, clairement pas au Congo. Là, apparemment, vous voulez les ressources. Le Congo détient entre 60 et 80 % du coltan, essentiel pour les technologies modernes, et cette guerre permet de piller facilement ces ressources. Un rapport d’une ONG indique que jusqu’à 90 % des minerais stratégiques exportés par le Rwanda trouveraient leur origine en République démocratique du Congo. Madame la Commissaire, les Congolais n’en peuvent plus de votre approche néocoloniale au service des multinationales européennes. Alors, s’il vous plaît, écoutez-les et déchirez cet accord!
La guerre dans la bande de Gaza et la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu, et notamment les événements récemment survenus dans la région (débat)
Madame la Présidente, au téléphone avec les secours, la petite Hind, fille palestinienne de six ans, est terrifiée: «J’ai tellement peur. S’il vous plaît, venez, venez me chercher. Vous allez venir me chercher?» En voiture avec sa famille, ils fuient les bombes israéliennes. Ils ont croisé un char israélien. Son oncle s’est mis de côté, mais les soldats israéliens ont quand même tiré et Hind se retrouve alors coincée dans la voiture, au milieu des corps de sa famille tuée. Puis l’appel est interrompu. Son corps sera récupéré quelques jours plus tard. Je n’oublierai jamais la voix au téléphone de Hind. Sa mort illustre à elle seule le caractère génocidaire de la guerre qu’Israël est en train de mener. Et je n’oublierai pas non plus que cette maison, cette Union européenne, n’a pas appelé à cesser les exportations d’armes vers Israël. Quelle complicité, quelle honte inhumaine!
Cadre financier pluriannuel 2021-2027 - Création de la facilité pour l’Ukraine - Établissement de la plateforme Technologies stratégiques pour l'Europe («STEP») (discussion commune - Révision du cadre financier pluriannuel)
Madame la Présidente, l’Europe, avec la complicité du gouvernement belge, nous répète sans discontinuer qu’il n’y a plus d’argent, ni pour les pensions, ni pour l’enseignement, ni pour la santé. Au contraire, on nous dit que la Belgique devra encore, dans les années à venir, économiser 30 milliards d’euros. C’est énorme, tandis que les gens n’arrivent déjà plus à boucler les fins de mois! Qu’est-ce qu’on a là? Évidemment, le manque de volonté de taxer les millionnaires, le manque de volonté de taxer les surprofits des multinationales. Mais ici, aujourd’hui, on vient me raconter qu’on peut envoyer 50 milliards d’euros à l’Ukraine. Donc de l’argent, il y en a, et il y en a jusqu’en 2027. Mais comment se fait-il que pour la guerre, pour l’Ukraine, on trouve toujours de l’argent, mais que pour les travailleurs, c’est toujours un souci, c’est toujours trop compliqué? Et vous, ici, des Verts socialistes jusqu’à la droite, vous applaudissez. Taxez plutôt les surprofits, taxez les millionnaires et investissez dans la paix.
Accords d'association pour la participation de pays tiers aux programmes de l'Union (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, en fait, vous êtes embêtés par notre travail. La Commission européenne veut nous enlever notre droit de contrôle, de regard sur les accords que vous faites avec d’autres pays. Est-ce que c’est parce que nous savons lire? Parce que oui, nous savons lire, et donc nous avons un peu regardé, par exemple, l’accord d’association que vous avez fait avec Israël: un soutien important à Israël, qui a vu l’Europe devenir le premier partenaire commercial de l’État hébreu. Ainsi, 30 % des marchandises qu’Israël importe viennent d’Europe, et Israël a même accès à des milliards de financements européens. Mais nous savons lire, et nous voyons dans l’article 2 de cet accord qu’il demande le respect des droits de l’homme. Alors, logiquement, quand la Cour internationale de justice dit qu’il y a un risque plausible qu’Israël soit en train de commettre un génocide à Gaza, que devriez-vous faire? Suspendre cet accord, arrêter cet accord, parce que, sinon, vous soutenez et vous êtes complices des crimes de guerre israéliens à Gaza. Mais, plutôt que de suspendre cet accord, Madame la Commissaire, vous voulez nous faire taire. Vous voulez nous exclure. On ne va pas se taire, on ne va pas vous laisser faire. Cette complicité, elle est inacceptable, et nous continuerons de le dire.
Conditions de travail des enseignants dans l'UE (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Commissaire, en vous écoutant, parfois, je me demande dans quel théâtre j’ai atterri, franchement. Parce que, ce matin, vous venez ici clamer haut et fort que les enseignants sont importants, vous constatez le manque d’enseignants, le mauvais état des bâtiments des écoles, le trop grand nombre d’élèves par classe, et, en vous écoutant, spontanément je me dis: «Ben chiche! Ils ont compris! C’est bien! Mettons les sous, investissons dans nos écoles: de meilleures conditions de travail, plus d’enseignants, moins d’élèves par classe, etc.» Eh bien non! C’est pour la galerie, vos déclarations! C’est pour la galerie! Parce que, en parallèle – et c’est là toute votre hypocrisie –, que faites-vous? Eh bien, vous ramenez des règles européennes qui interdisent aux États d’investir dans les écoles et dans l’enseignement. Les règles européennes de l’austérité! Les règles budgétaires européennes, qui vont étrangler le budget des États. Ici, en public, vous venez déclarer tout votre soutien aux enseignants et aux élèves, mais en coulisse vous leur mettez la corde au cou. Quel cynisme, franchement!
Situation de l'industrie solaire de l'UE face à la concurrence déloyale (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, de grands producteurs de panneaux solaires menacent de délocaliser depuis l’Allemagne vers les États-Unis. Entre-temps, dans ma ville, à Bruxelles, en Belgique, les travailleurs d’Audi ont peur que leur entreprise ne délocalise la production d’une voiture électrique. Ces entreprises, souvent, comme Audi pour les voitures ou Meyer Burger pour les panneaux solaires, ont obtenu des aides publiques européennes ou locales. Quel échec pour votre politique industrielle verte! Depuis cinq ans je vous le répète: prenez cela en main, planifiez cela publiquement, y compris pour ce qui est de l’installation! Mais vous refusez. Alors je vous ai dit: attachez au moins des conditions aux subsides, aux aides d’État. Quand l’État donne de l’argent, des soutiens à des entreprises, il faut leur demander de respecter l’emploi et d’investir. Mais là encore, à chaque fois, vous avez refusé. Voilà les conséquences. Aujourd’hui, ces entreprises ont fait le plein de profits, et elles sont maintenant encouragées par votre principal partenaire économique, votre allié, les États-Unis, à délocaliser. Mais, pour les travailleurs, aucune garantie. Aujourd’hui, la politique industrielle européenne protège les profits et non les travailleurs. Basta!
Lutte contre la résurgence du néofascisme en Europe, notamment compte tenu du défilé qui a eu lieu à Rome le 7 janvier (débat)
(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, avouons-le, si elle va de l'avant aujourd'hui dans plusieurs pays européens, l'extrême droite est avant tout parce que les gens cherchent des alternatives aux politiques traditionnelles, ces politiques apportées par le centre-droit et le centre-gauche qui ont aujourd'hui fait craindre aux gens même d'aller faire du shopping, parce que cela coûte trop cher. Réalisons aujourd'hui ce qui se passe, qui est une urgence sociale en Europe. Et puis vient l'extrême droite, nous le savons, disant « eh bien c'est facile, tout est de la faute des immigrants, des réfugiés et des musulmans » et prétend défendre les travailleurs; Évidemment, nous savons que c'est une escroquerie, parce qu'alors ici, ils acceptent le pacte de stabilité, qui forcera l'Italie à des milliards de coupes, ou ils s'opposent au salaire minimum, un droit fondamental pour de nombreux travailleurs partout en Europe, mais clairement pas en Italie. Pour vaincre cette démagogie de la nouvelle extrême droite, cependant, nous devons offrir une alternative: Non au pacte de stabilité; Les salaires doivent être ajustés en fonction de l'inflation; un salaire minimum décent doit être instauré, y compris en Italie; Vous devez donner un revenu à ceux qui n'ont pas d'emploi. Nous avons besoin de dignité et d'espoir pour les travailleurs. Qu'attendez-vous?
Présentation du programme d’activités de la présidence belge (débat)
Madame la Présidente, monsieur le Premier ministre, apparemment il faut qu’on se dépêche un peu, parce que vous devez encore aller à Davos. Je sais bien que ce n’est pas la réalité avec les millionnaires qu’il y a là-bas. Vous allez quand même prendre le temps de nous écouter cinq minutes, parce que la réalité des millionnaires à Davos n’est évidemment pas la réalité de la classe travailleuse en Europe aujourd’hui. Votre gouvernement prend la tête d’une Europe dans une situation sociale catastrophique. Les salaires ne suffisent plus. Les gens ont peur des prix des courses, peur de hausser le chauffage même quand il fait froid comme aujourd’hui. Et là, c’est quand même extrêmement frappant que, dans ce contexte, vous n’osiez pas dans votre discours assumer l’une des priorités centrales de cette Présidence belge: le retour des règles budgétaires, que vous taisez, qui est bien présent dans le document, dans le plan, mais ici, dans votre discours, vous cachez le retour des lois européennes de l’austérité. Qu’est-ce que cela veut dire? Ça veut dire des coupes budgétaires dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les crèches et même – vous le savez, en 2023, la Commission européenne s’est déjà plainte de l’indexation des salaires en Belgique – même nos salaires risquent d’être attaqués avec ce mécanisme. Alors, est-ce que vous voulez vraiment être le gouvernement, Monsieur De Croo, qui va ramener ce carcan et qui va mettre la corde au cou du peuple travailleur partout en Europe? Il ne faut pas ramener ce carcan, il faut l’enterrer et en tant que président, sabotez ces négociations, arrêtez ces négociations sur le pacte budgétaire. Plutôt que de couper dans nos salaires, dans nos services, Monsieur De Croo, lisez le rapport Oxfam d’hier. Les multinationales partout dans le monde, en Europe aussi, font des surprofits. Leurs profits vont pulvériser tous les records en 2023. En Belgique d’ailleurs, votre pays et le mien, 1 % des plus riches, possèdent autant que 70 % de la population. Et pourtant aucune initiative ambitieuse pour une taxation plus juste dans votre programme. Aucune. Ayez un minimum d’ambition, s’il vous plaît. Taxez les millionnaires, les grandes multinationales ou les transactions financières. Est-ce que vous avez peur de le faire parce qu’après, je ne sais pas, Bill Gates ne passera pas au pavillon belge tout à l’heure à Davos? Franchement, ce n’est pas de cette Europe-ci dont les travailleurs ont besoin. Het is toch waar, mijnheer De Croo. Nu België voorzitter eens van de Europese Unie is, wat zijn dan de prioriteiten? Gaan bezuinigen? Gaan we weer besparen op dingen die de werkende mens nodig heeft? Dat kan toch niet! Stop dat! U kunt als voorzitter zeggen: “Nee, dit Europa zal niet meer besparen. Deze begrotingsregels, die willen wij niet en wij gaan die vergaderingen rekken, vertragen of daar in elk geval geen prioriteit van maken”. Dat is de verantwoordelijkheid van België, want 5 miljard EUR per jaar besparen op de komende jaren zou een drama zijn voor België en voor de rest van Europa. Want welk signaal stuurt u daarmee naar de werkende mens? Mensen die nu geen bus meer hebben? Die geen station meer hebben? Mensen die bang zijn hun verwarming op te zetten? Kijk naar Oxfam, luister naar Oxfam en ga het geld halen waar het zit. Zet een ambitieus rechtvaardig belastingprogramma op poten of neem tenminste een klein initiatief. Dat moet toch mogelijk zijn voor u. Ten slotte belooft u in uw document de Russische oorlogsmisdaden in Oekraïne niet onbestraft te laten. Goed, maar geen enkel woord over de oorlogsmisdaden van Israël. Waarom? Waarom geeft u Netanyahu een vrijbrief?
La nécessité d'une réponse de l'Union et de la communauté internationale aux attaques des Houthis en Mer Rouge et de poursuivre le soutien au processus de paix au Yémen (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, à la suite de l'attaque israélienne contre Gaza, le Yémen a effectivement attaqué des navires, les groupes houthis, et nié la liberté de navigation en mer Rouge. Cela a un impact sur le commerce mondial. Il a également un impact sur les usines en Belgique. Il est, bien sûr, remarquable, tout d'abord, que ceux qui appellent maintenant à l'action contre le Yémen soient les mêmes que ceux qui n'ont jamais appelé à l'action contre Israël, la protection des routes commerciales pour certains dans cette salle est clairement plus importante que la protection de la vie des Palestiniens. Maintenant, nous devons être clairs, car les collègues qui disent que nous avons besoin d’action semblent oublier qu’il y a déjà eu des actions. La semaine dernière, les États-Unis, avec un certain nombre de pays européens, ont bombardé le Yémen, bombardé des villes au Yémen. Ce n'était pas la première fois. Barack Obama a bombardé le Yémen. Donald Trump a bombardé le Yémen. Joe Biden a bombardé le Yémen. L'Arabie saoudite a bombardé le Yémen pendant des années. Et aucune de ces interventions n'a apporté la paix ou la sécurité dans la région. Au contraire, comme ces attaques n'étaient pas couvertes par la résolution du Conseil de sécurité, qui parlait de protéger les navires, et non de bombarder le Yémen, cela pourrait en fait détériorer davantage l'image de l'Europe et de l'Occident dans le monde. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une évaluation critique de cette politique et d'un examen clair des conséquences et des alternatives. Et, bien sûr, nous avons besoin d'un cessez-le-feu en Palestine dès que possible.
Résultats de la Conférence des nations unies sur les changements climatiques 2023, à Dubaï aux Émirats arabes unis (COP28) (débat)
Madame la Présidente, le sommet climatique aura donc parlé des énergies fossiles. C'est positif. Mais avant de se poser, en tant qu'Européens, comme défenseurs du climat face au reste du monde, il faut quand même regarder encore un peu les faits : aujourd'hui, nous investissons beaucoup dans de nouveaux terminaux pour accueillir le gaz de schiste américain. Les États-Unis en multiplient évidemment la production pour l'exporter vers nous, et on sait que ce gaz de schiste est plus cher et plus polluant que le gaz conventionnel. Cette extraction libère du méthane, d'énormes quantités de méthane, qui est un peu pour le climat comme le charbon. Ces investissements enferment l'Europe dans une double dépendance: aux États-Unis, d'une part, aux énergies fossiles, d'autre part. Et entre-temps, le grand projet pour transformer la mer du Nord en la centrale électrique éolienne de l'Europe? Avec les investissements actuels, nous n'arriverons pas à la moitié de l'objectif pour 2030. Alors changeons de cap, ne laissons plus ça à la bonne volonté des multinationales mais reprenons cela en main, publiquement, pour une énergie verte et bon marché partout en Europe.
Programme européen d'investissement dans le domaine de la défense (débat)
Madame la Présidente, nos trains ont du retard, nos crèches sont archipleines, les hôpitaux surchargés, et le logement devient impayable. Et dans ce contexte, que propose la Commission européenne? Un nouveau grand programme d’investissement pour les multinationales de l’armement! Ben oui, forcément, pendant que les gens triment, nous allons encore garantir des cadeaux à des entreprises qui sont parmi les plus profitables de notre continent et qui, d’ailleurs, font un bon business, actuellement, grâce à la guerre en Ukraine. On va produire plus d’armes. Pour notre sécurité? Eh bien non! L’Europe dépense déjà beaucoup plus en armes que la Russie, que l’Inde, que l’Afrique du Sud, que le Brésil, etc. On peut se défendre. Non, vous, votre modèle, ce sont les États-Unis. Vous voulez faire comme les États-Unis, faire la guerre partout dans le monde. Regardez l’Irak, la Libye: ce sont vos guerres, vos armes qui y ont créé l’instabilité et qui menacent notre sécurité ici. Arrêtez ça! Arrêtez ça! Mettez cet argent dans nos services, dans nos transports, dans nos services publics et nos hôpitaux. Faites la paix, pas la guerre!
Stratégie de l’UE pour aider les jeunes confrontés à la crise du logement et du coût de la vie (débat d'actualité)
Monsieur le Président, aujourd’hui, quand vous regardez l’évolution des loyers en Belgique, je pense que sur les cinq dernières années, ils ont augmenté de 12 %, et à Bruxelles, sur les dix dernières années, de 30 %. Acheter une maison ou un appartement pour un jeune ou pour un jeune couple relève presque de l’impossible. Et quand vous y arrivez, c’est trouver une crèche qui relève du coup de chance, car il faut avoir inscrit votre enfant avant même de l’avoir conçu, sinon on ne trouve pas de crèche. Tous ces problèmes-là, on peut les résoudre. Il n’y a pas besoin d’une baguette magique pour les résoudre, mais ça demande des investissements. Cela veut dire que nous devons investir dans le logement, que nous devons investir dans les services publics. On peut tous ici pleurer sur le sort des jeunes, qui nous importe vraiment, mais si vous revenez avec l’austérité, avec les règles européennes qui nous obligent, qui obligent les États à couper dans les services publics, à dépenser moins, à arrêter les investissements sociaux, on reviendra d’ici six mois pleurer de nouveau, se plaindre du sort des jeunes. Il faut des investissements. Non à l’austérité!
Nécessité de relâcher tous les otages, de parvenir à un cessez-le-feu humanitaire, et perspective d'une solution à deux États (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, l’Unicef parle d’une guerre contre les enfants. À l’heure actuelle, ce sont plus de 7 700 enfants palestiniens qui ont été massacrés par Israël. Quand la même chose se passait en Ukraine, vous parliez de génocide. Aujourd’hui, une série d’entre vous justifie Israël. Je ne vais pas vous répondre, parce qu’entre vous et moi il n’y a pas de divergence politique, il y a une différence d’humanité, tout simplement. Ceux qui aujourd’hui défendent Israël soit n’entendent pas ce que les dirigeants israéliens disent, parce que les dirigeants israéliens eux-mêmes disent que cette guerre est une guerre contre toute la population de Gaza. Ils veulent les chasser. Deux millions de Gazaouis doivent dégager de Gaza, et vous, vous applaudissez? Bravo! Bravo! J’espère qu’un soir vous arriverez encore à vous regarder dans le miroir sans honte sur votre visage. Aujourd’hui, l’Union européenne reste complice parce qu’elle reste liée à Israël par un accord d’association. Elle continue de faire passer des armes à Israël, des armes qui, ensuite, effectivement, tueront des innocents à Gaza. Arrêtons cette complicité!
Le rôle de la politique fiscale en temps de crise (débat)
Madame la Présidente, l’Union européenne se prépare à vous dire à nouveau qu’il faut se serrer la ceinture, qu’il n’y a pas d’argent pour la santé ni pour les écoles. Eh oui, il faudra se serrer la ceinture, sauf que ce sera aux travailleurs de le faire, parce que les multinationales, franchement, elles, elles profitent. On parle de «la crise», mais ce n’est pas la crise pour tout le monde. Ce n’est pas la crise pour les multinationales du secteur pharmaceutique, qui ont fait le plein de profits pendant la COVID-19. Ce n’est pas la crise pour les multinationales du secteur de l’armement, guerre oblige. Et en ces temps de crise énergétique, les grosses multinationales de l’énergie se sont évidemment rempli les poches. Comment se fait-il que, quand on parle dans ce Parlement de taxer les multinationales, ce soit toujours à reculons? La Commission européenne ne veut jamais le faire, et le Parlement n’y parvient jamais («Mais faisons ça de manière temporaire!…»). Les travailleurs, eux, ne sont pas taxés de manière temporaire; eux, ils sont taxés tout le temps. Alors il faut arrêter avec cette histoire, comme quoi les multinationales seraient trop grandes pour être taxées! Non, non, non! Il faut taxer ces surprofits! Deuxièmement, une petite histoire – parce que, à la tête de ces multinationales, il y a des riches. L’homme le plus riche de Belgique, c’est Éric Wittouck, qui vaut environ 10 ou 11 milliards d’euros. À titre de comparaison, le travailleur belge moyen devrait bosser et épargner l’entièreté de son salaire pendant 2 355 siècles. On remonte bien avant Jésus—Christ et avant l’Empire romain: c’est presque au moment de l’apparition de l’homo sapiens. Alors pourquoi n’arrive-t-on pas à instaurer une taxe des millionnaires? Qu’est-ce qui vous bloque? Eh bien, ce qui vous bloque, c’est que vous avez choisi votre camp. Vous êtes du côté des millionnaires. Nous, nous sommes du côté des travailleurs.