Présentation du collège des commissaires et de leur programme par la présidente élue de la Commission (débat)
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, nous ne vous soutiendrons jamais. Jamais, parce que dans votre Europe, travailler ne suffit plus pour vivre: plus d'un tiers des actifs européens, aujourd'hui, disent que leurs revenus ne suffisent plus pour payer les factures. Plus d'un tiers des Européens a dû renoncer à des soins de santé, près d'un tiers, renoncer même à des repas, et plus de deux parents sur trois, aujourd'hui, renoncent aux sorties en famille. Dans ce contexte, vous prônez l'austérité pour les travailleurs, vous qui gagnez 30 000 euros par mois. C'est facile, évidemment! Pendant que vous refusez de taxer les millionnaires, vous refusez de tacler les superprofits des grandes multinationales. Mais quelle honte! Et parlons de l'international, où personne n'a oublié votre voyage à Tel-Aviv, pour aller encourager le criminel de guerre Netanyahou. Je me demande si, un jour, ce soutien, votre voyage peut-être, vous vaudra aussi un billet pour La Haye. Madame von der Leyen, pour sauver votre place, vous avez pactisé avec l'extrême droite, vous avez acheté les écologistes, humilié les socialistes, mais nous, nous ne céderons rien. Nous serons l'opposition sociale pendant les cinq ans à venir. Comptez sur nous pour nous opposer à vous.
Poursuite de l’escalade au Proche-Orient: la crise humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, le rôle essentiel de l’UNRWA dans la région, la nécessité de libérer tous les otages et les récents mandats d’arrêt de la CPI (débat)
Monsieur le Président, quel embarras pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, alors qu'aujourd'hui la Cour pénale internationale dit de Netanyahou – l'homme qu'elle a rencontré à Tel-Aviv, à qui elle a serré la main avec un grand sourire, à qui elle a promis tout son soutien, l'homme à qui l'Europe vend encore des armes, à qui on donne des fonds publics européens – qu'il faut l'arrêter pour crimes contre l'humanité, pour crimes de guerre! L'embarras de Mme von der Leyen, qui n'arrive pas à poster un tweet pour dire: «Ah ben oui, Poutine, oui oui, je veux qu'il soit arrêté, mais M. Netanyahou, mon allié, mon ami, doit être arrêté aussi!», est palpable partout dans le monde. Et, partout dans le monde, on voit que cette Union européenne a deux poids, deux mesures et – même si elle prétend le contraire – que les vies palestiniennes ne valent pas, pour cette Union européenne, ce que valent les vies ukrainiennes. Que même dans ce Parlement, on n'arrive pas à voter une résolution pour condamner les crimes de guerre israéliens. C'est inacceptable! Alors aujourd'hui, dans ce monde, l'Europe a un choix à faire: est-on du côté de la justice ou du côté du colonialisme, illégal, israélien? Faisons ce choix et faisons-le maintenant.
Renforcer le soutien indéfectible de l’UE à l’Ukraine contre la guerre d’agression menée par la Russie et la coopération militaire croissante entre la Corée du Nord et la Russie (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, il y en a toujours, ici, qui parlent de victoire totale, mais, dans la vraie vie, on s'approche de plus en plus d'un échec total de votre politique. Contre l'avis d'experts militaires, vous avez dit que, face à l'agression russe, il suffisait de livrer des armes pour que l'Ukraine reconquière militairement tout son territoire. Mais aujourd'hui, plutôt que de libérer ce territoire, l'Ukraine en perd chaque jour. Kiev se trouverait d'ailleurs aujourd'hui dans une position de négociation moins favorable qu'en 2022, lorsque la Russie aurait été forcée de se retirer des territoires occupés depuis le début de la guerre. Votre politique a coûté cher à l'Ukraine, mais a aussi coûté cher aux Européens: hausse des prix de l'énergie, fermetures d'usines un peu partout en Europe, dépenses massives pour acheter des armes. Aujourd'hui, tout le monde sait qu'il faudra négocier. Cela n'appelle aucune question. Et, pour très vite améliorer sa position sur le champ de bataille, c'est l'escalade: les Russes utilisent les Nord-Coréens, les Américains engagent leurs missiles longue portée, et la Russie lance des missiles balistiques contre Dnipro. Une escalade dangereuse! Alors, aujourd'hui, prenons une initiative diplomatique. Il y en a qui disent: «Non, il faut aller plus loin! Il faut envoyer des soldats européens, français, britanniques!» Qui allez-vous envoyer à la guerre? Vos enfants? Vos fils? Vos filles? Mourir? Non, ce seront les enfants de la classe travailleuse que vous allez envoyer à la mort. Vous, vous serez au chaud, tranquillement, avec vos gros salaires. Aujourd'hui, prenons l'initiative diplomatique. N'attendons pas 2025. Pourquoi laisser mourir encore des gens quand on peut arrêter cette guerre aujourd'hui, maintenant? Allez négocier!
Renforcement de la capacité de réaction et de l'état de préparation de l'Europe dans le domaine civil et militaire (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, chaque fois que j'entends qu'avec les budgets de défense qu'on a aujourd'hui, on n'est pas capables de se défendre, je me demande ce qu'on fait de cet argent. Parce qu'on dépense plus en défense que la Russie, que l'Inde, que l'Afrique du Sud, que le Brésil. Apparemment, avec ça, nous, on n'est pas capables de se défendre. C'est quand même assez hallucinant. Un point sur lequel on est d'accord, c'est qu'aujourd'hui les autorités publiques en Europe ne sont pas capables de protéger leurs citoyens. Et on le voit à chaque fois qu'il y a un problème, qu'il y a un désastre climatique ou environnemental. On le voit en été quand il y a des incendies de forêts partout dans le sud de l'Europe et qu'on ne dispose pas des avions bombardiers d'eau pour éteindre justement cet incendie. Mais ce n'est apparemment pas une priorité. On préfère produire de nouveaux avions de chasse. À Valence, on a vu les dégâts de l'austérité. En Belgique, quand il y a eu les inondations, le gouvernement précédent il avait fait quoi? Il avait supprimé quatre des six casernes de la protection civile. Évidemment qu'on ne peut pas protéger nos citoyens si nous n'investissons pas dans notre protection civile, dans nos hôpitaux. C'est ça la priorité. Pas de nouveau la militarisation.
Relations entre l'Union et les États-Unis à la lumière du résultat des élections présidentielles américaines (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, il y a un conte de La Fontaine qui s'intitule «Le cocu, battu et content». Et parfois j'ai l'impression que Jean de La Fontaine parlait de l'Europe face aux États-Unis aujourd'hui. Déjà avant Trump, ils utilisaient leurs services secrets pour nous espionner et nous pousser à faire la guerre, notamment au Moyen Orient, ce qui a détruit une région voisine de notre continent. Et en pleine crise énergétique, ils nous vendaient leur gaz de schiste bien cher pour ensuite utiliser les prix de l'énergie plus bas chez eux pour attirer nos industries chez eux. Bon, aujourd'hui, Trump dit qu'il y aura des tarifs douaniers contre notre industrie, on aura des algorithmes qui vont définir nos infos. Et Musk, nouveau ministre de Trump, veut même nous dire quels juges on doit avoir, quels commissaires européens et quelles lois adopter ou abolir. Mais comment est-ce qu'on fait accepter ça? De quels autres pays est ce que vous l'accepteriez? D'aucun autre pays! Pourtant, j'entends ici des gens qui disent qu'il faut intensifier les relations avec les États-Unis. Non, cherchons des alternatives. Plutôt que de permettre la mainmise des multinationales américaines sur notre économie, développons des alternatives européennes publiques et allons regarder le reste du monde parce que les États-Unis ne sont plus le seul pays au monde.
Interprétation erronée de la résolution 2758 des Nations unies par la République populaire de Chine, et les provocations militaires constantes de celle-ci autour de Taïwan (débat)
Monsieur le Président, je vous remercie, Monsieur le Commissaire. Je pense que dans cette Assemblée, nous devons choisir les titres de nos débats et de nos résolutions avec plus de soin, parce que nous parlons d'une résolution d'il y a plus de 50 ans, il y a plus d'un demi-siècle. Et pour autant que je sache, l'interprétation de cette résolution par la République populaire de Chine n'a pas changé. Cela a toujours été la même chose qu'aujourd'hui. Dans cette optique, l’UE a développé sa politique «Une seule Chine». Donc, si nous débattons aujourd'hui de cette question, cela n'a pas grand-chose à voir avec l'interprétation d'une résolution. Et en effet, si cette résolution est mal interprétée par qui que ce soit, cela devrait être évalué par l'ONU. Cela a, bien sûr, à voir avec ce qui se passe vraiment là-bas. Et cela a à voir, en effet, je le crains, avec certains d'entre vous attisant les tensions, parce que c'est pourquoi nous envoyons des navires de guerre. Pourquoi les pays européens envoient-ils des navires de guerre à l'autre bout du monde? Ne faisons pas ça. Insistons sur le droit international, le dialogue, la diplomatie. C'est de ça qu'il s'agit. Nous n'avons pas besoin d'un autre conflit. Nous n'avons pas besoin d'envoyer nos armées à l'autre bout du monde. Il y a suffisamment de problèmes en Europe.
Budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2025 - toutes sections (débat)
Madame la Présidente, je veux quand même réagir à la perfidie de certaines propositions formulées ici. Certains collègues voient Israël effectuer un génocide à Gaza, un nettoyage ethnique en Cisjordanie, ils voient Israël attaquer le Liban et, malgré tout cela, ils ne demandent pas de sanctions, ils continuent de soutenir les livraisons d’armes à Netanyahou, rendant par là même l’Union européenne complice de crimes de guerre. Aujourd’hui ces mêmes collègues proposent, après plus de un an de génocide, de sanctionner les Palestiniens, de sanctionner les Nations unies, de demander à ce que l’on retire les fonds de l’Autorité palestinienne et que l’on s’en prenne à l’agence qui gère les réfugiés dans cinq pays. Non mais vous n’avez pas honte? Vous n’avez plus aucune limite! Alors quoi, même l’aide humanitaire est un problème? Vous voulez vraiment aider Israël à parachever le nettoyage ethnique de la Palestine? Ayez honte, franchement, de venir ici avec ce genre de proposition, avec ce genre d’amendement! Cela ne doit pas passer!
Signature d'actes adoptés conformément à la procédure législative ordinaire (article 81 du règlement)
Madame la Présidente, vous savez que, sur la base de l’article 188, les députés européens gagnent facilement 14 000 euros par mois. Pourtant, chaque année, notre groupe demande de baisser ces salaires pour que les députés soient un tout petit peu plus en phase avec la réalité des travailleurs, qui, eux, peinent à boucler les fins de mois. Chaque année, ce vote permet de démasquer les députés qui, d’une part, prêchent l’austérité et la misère pour les travailleurs, mais, d’autre part, s’octroient, eux, un salaire généreux de 14 000 euros par mois. Mais aujourd’hui, en coulisses, vous nous dites que ce n’est plus acceptable et vous voulez empêcher ce vote – je sais bien, chers collègues, que vous ne voulez pas que l’on touche à vos privilèges. Vous nous dites que ces revenus sont garantis par d’autres textes. Mais justement, en refusant aujourd’hui de voter le budget nécessaire, nous pouvons ouvrir cette porte pour faire le premier pas et revoir tout cela. L’année dernière, vous aviez permis ces amendements. Qu’est-ce qui a changé, qui ne serait plus vrai aujourd’hui? Serait-ce parce que la campagne électorale est terminée? Madame la Présidente, je vous prie, revoyez cette décision. La politique sert à servir et non à se servir.
Taxer les super-riches pour mettre un terme à la pauvreté et réduire les inégalités: adhésion de l'UE à la proposition de la présidence du G20 (débat d'actualité)
Monsieur le Président, chers collègues, quelle merveille! Après des années de mobilisation, vous êtes obligés d'admettre qu'effectivement, il serait peut-être temps que les riches payent un peu d'impôts. Franchement, ce n'est pas trop tard – enfin, pas trop tôt plutôt. Il faut quand même m'expliquer: vous êtes tous pour, mais dans les gouvernements dont vous faites partie, il n'y a quasiment personne d'entre vous qui l'applique effectivement. Pourtant, la question se pose en Europe. Oxfam a calculé que les cinq milliardaires les plus riches en Europe ont vu leur fortune augmenter d'un peu plus de 5 millions d'euros par heure ces dernières années. En gros, ces gens s'installent sur leur canapé, regardent un match de football et, chi-ching, 10 millions de plus sur leur compte. Sans surprise, en parallèle, plus ou moins 99 % des Européens ont vu leur fortune diminuer et se sont appauvris. Les riches nous ont pris notre thune. Cela, c'est grâce au système que vous avez installé en Europe. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il faut taxer les multimillionnaires et les milliardaires. Il ne faut pas attendre demain, faisons-le aujourd'hui. Qu'attendez-vous?
La crise de l'industrie automobile de l'Union, les fermetures potentielles d'usines et la nécessité de renforcer la compétitivité et de maintenir les emplois en Europe (débat)
Monsieur le Président, dans mon pays, dans ma ville, à Bruxelles, Audi risque de fermer une usine et de renvoyer des milliers de travailleurs bien formés, mais qui, aujourd'hui, sont victimes. Victimes de quoi? Certains disent que c'est de la faute de la Chine ou du pacte vert. Non, aujourd'hui, ils sont victimes d'un manque de stratégie industrielle. C'est qu'on a permis à Audi ou à d'autres constructeurs de dire: «Nous allons préférer les grosses voitures et les voitures sur lesquelles on peut se faire une belle marge, plutôt que d'investir dans des voitures abordables.» Vous vous rappelez, il y a des travailleurs qui me disent qu'à l'époque, tous les travailleurs conduisaient la voiture de leur usine. Aujourd'hui, ce n'est plus imaginable. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, tout d'abord, c'est un moratoire sur ces fermetures d'usines dont nous avons besoin pour la transition. C'est imposer effectivement le maintien de l'emploi, obliger ces constructeurs à construire des voitures que les gens peuvent vraiment se permettre, et investir fortement dans les infrastructures, parce que, sinon, il n'y aura jamais d'industrie compétitive de quelque sorte que ce soit en Europe.
L'escalade de violence au Moyen-Orient et la situation au Liban (débat)
Madame la Présidente, ce que nous voyons aujourd'hui au Liban n'est rien d'autre que l'exportation de la logique génocidaire qu'Israël applique déjà à Gaza, et qu'il veut maintenant appliquer au Liban. Des tapis de bombes sur Beyrouth, que Netanyahou a justifiés par l'absurdité de dire «ils ont placé un missile dans chaque cuisine, une fusée dans chaque garage» et cela lui donne, selon lui, le droit de viser n'importe qui, n'importe quelle maison et de tuer en masse au Liban comme il le fait à Gaza et comme il le fait dans le reste de la Palestine. Le pire dans tout cela, chers collègues, c'est que rien de tout cela ne serait possible sans le soutien actif des puissances occidentales et de l'Union européenne. Parce qu'après un an de guerre et de génocide, on ne voit toujours aucune mesure, aucune sanction contre Israël. Au contraire, vous continuez à livrer des armes à cet État qui aujourd'hui est un État voyou au Moyen-Orient, disons-le. Arrêtons cela! Embargo sur les armes maintenant.
Un an après les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Haut Représentant, cet hommage aux plus de 1 200 victimes de l'assaut meurtrier du Hamas le 7 octobre est important. Il est de notre devoir de commémorer les victimes innocentes. Une centaine d'otages sont d'ailleurs toujours détenus à Gaza à l'heure actuelle. Aujourd'hui est une journée importante. La question que je veux soumettre à cette assemblée est celle-ci: quand allons-nous organiser ici une journée d'hommage aux plus de 40 000 Palestiniens tués par Israël? N'y a-t-il pas aujourd'hui des dizaines de milliers de Palestiniens, de civils tués, des centaines de milliers de blessés, des millions de déplacés? Quand est-ce que cette assemblée va leur accorder un hommage? La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, insinue que sans l'attaque du Hamas, Israël n'aurait pas agi de la sorte. Mais Israël avait déjà tué, bien avant le 7 octobre, des milliers de Palestiniens. Le 7 octobre est certes un point de bascule, mais l'histoire n'a effectivement pas commencé ce jour-là. En 1948, Israël a chassé de leurs maisons plus de 700 000 Palestiniens et, depuis 1967, Israël occupe illégalement le reste de la Palestine. Si nous voulons, et nous le voulons, que la violence cesse, il faut, comme le demande aujourd'hui la Cour internationale de justice, démanteler la colonisation israélienne illégale et imposer un embargo militaire.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je ne vous comprends vraiment pas. Vous dites que vous êtes préoccupé par les droits de l'homme à Cuba et les conditions de détention d'un détenu. D'accord, mais pourquoi ne pas parler de la violation massive, flagrante et systématique des droits de l'homme de l'ensemble du peuple cubain, qui est le blocus américain? Au moment où nous parlons, ce blocus prive le peuple cubain de médicaments essentiels, de nourriture ou de technologies. Les familles cubaines ne peuvent pas envoyer d'argent à leurs proches parce que les États-Unis ont arbitrairement inscrit Cuba sur la liste des pays qui parrainent le terrorisme. Cependant, Cuba n'exporte pas de bombes, Cuba exporte des médecins, partout dans le monde, même en Europe, par solidarité. Mais ici, certains députés osent invoquer les droits de l'homme pour renforcer un blocus qui viole massivement les droits de l'homme du peuple cubain. Quelle contradiction et quelle hypocrisie! Ils devraient faire exactement le contraire. S'ils se soucient vraiment des droits de l'homme à Cuba, ils devront défendre deux mesures: la levée du blocus américain et le retrait de Cuba de la liste des États qui promeuvent le terrorisme.
La guerre dans la bande de Gaza et la situation au Moyen-Orient (débat)
Madame la Présidente, vous savez, à l'école, quand j'étais gamin, on me racontait l'histoire que l'Europe, c'était les droits humains, le droit international, la démocratie. C'est la même histoire, d'ailleurs, que les diplomates et les politiciens européens un peu partout dans le monde vont raconter: nous, c'est le bien, c'est les droits humains. Et alors on voit ce qui se passe en Palestine et à Gaza, et on voit que l'Union européenne soutient. Parce que, soyons très clairs, le massacre et le génocide en cours là bas seraient impossible sans le soutien des Occidentaux. Ceci est un génocide perpétré par Israël avec le plein soutien des pays et des gouvernements européens. La Cour pénale internationale devrait lancer un mandat d'arrêt contre Netanyahou. La Cour internationale de justice utilise le mot «génocide», déclare illégale la colonisation de la Palestine par Israël, mais ici, dans ce Parlement, vous défendez cette politique. Vous crachez sur les morts comme s'ils n'avaient aucune valeur. Pourquoi? Parce que quand c'est vos alliés qui commettent les crimes, c'est bien? Vous fermez un œil. C'est ça l'Europe? C'est ça vos valeurs? Comment est-ce que le soir, quand vous rentrez chez vous, vous arrivez encore à regardez vos enfants et à leur souhaiter bonne nuit? Je ne comprends pas. Ayez honte.
Pérennité du soutien financier et militaire des États membres de l'Union à l'Ukraine (débat)
Tout d'abord, il faudrait faire la différence entre la France et la Belgique: moi, je suis Belge, c'est un autre pays. C'est un peu la géographie européenne. Deuxièmement, toute initiative européenne, toute initiative diplomatique qui peut ramener la paix, qui peut arrêter les massacres, qui peut permettre aux Européens et aux Ukrainiens de vivre en paix, nous allons la soutenir, si elle est basée sur le droit international, sur la souveraineté. Et nous le faisons partout. Nous n'avons pas deux poids, deux mesures comme vous qui applaudissez peut-être le massacre israélien à Gaza, mais qui en même temps dites qu'en Ukraine, le droit international vous importe. Cette hypocrisie, c'est la vôtre, pas la nôtre!
Pérennité du soutien financier et militaire des États membres de l'Union à l'Ukraine (débat)
Monsieur le Président, je voudrais tout d'abord répondre aux propos de Kathleen Van Brempt, qui affirme que nous soutiendrons Poutine. Mme Van Brempt sait que ce n'est absolument pas vrai et que nous avons fermement condamné la guerre dès le départ. Elle devrait être gênée de raconter de tels mensonges. Il est vrai qu'après deux ans et demi de guerre, nous nous posons des questions par rapport aux politiques européennes et aux réactions européennes. Et nous ne sommes pas seuls, parce que le général allemand Harald Kujat, ancien chef de l'état major des armées allemandes, ancien président du Comité militaire de l'OTAN, donc vraiment pas un pacifiste naïf, vient de tirer ce bilan. Que vient-il de dire? Il dit que l'Ukraine continue de s'affaiblir, de perdre du territoire, et que les sanctions n'ont pas mis la Russie à genoux. Nous le voyons, c'est quand même un double échec de la politique européenne. Si on y ajoute le nombre croissant de victimes, les conséquences négatives des sanctions sur l'économie européenne, sur l'économie allemande aussi, et l'argent gaspillé en armes qui aurait pu servir à nos écoles, à nos hôpitaux et à nos pensions, l'échec est flagrant. Il l'est aussi quand il s'agit de ramener la paix sur le territoire européen. Si nos armées vont maintenant leur apporter soutien pour frapper des défenses nucléaires russes, par exemple, nous risquons de passer un point de non retour, dit toujours le général allemand. Alors, Mesdames et Messieurs, voulez-vous risquer une troisième guerre mondiale? Moi non, surtout qu'une alternative existe. Et avril 2022, il y a plus deux ans, un accord entre la Russie et l'Ukraine était proche, et apparemment selon la presse, ce sont des Occidentaux qui ont voulu torpiller cet accord. Imaginez-vous les victimes qu'on aurait pu éviter? La responsabilité est grave, alors ramenons la paix, reprenons maintenant la voie de la diplomatie.
Cadre de mesures en vue de renforcer l’écosystème européen de la fabrication de produits de technologie «zéro net» (règlement pour une industrie «zéro net») (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, permettez-moi de parler aujourd’hui de l’usine Audi à Bruxelles, ma ville natale. Cette usine devrait fabriquer des voitures électriques, mais les travailleurs craignent aujourd’hui la fermeture. Ce n’est pas votre sacro-sainte compétitivité qui est le problème. Le coût du travail à Bruxelles n’est pas plus élevé qu’en Allemagne, l’usine a un bon bilan financier, la productivité est énorme et les travailleurs bossent dur. Non, un des problèmes, c’est que la Belgique risque de devenir l’un des seuls pays en Europe de l’Ouest avec des usines automobiles, mais sans la production de cellules de batteries sur son sol. Cela nuit évidemment à des usines, comme celle d’Audi à Bruxelles, qui en ont besoin. Alors la question que me posent les travailleurs, c’est: «Est-ce que ces nouvelles lois européennes vont résoudre notre problème? Vont-elles garantir une solution?» La réponse, malheureusement, est non. Non, parce que ce texte permet toujours aux multinationales de décider où investir, quand et quoi produire. Il n’y a aucune garantie de production locale, même aucune préférence ni aucun choix stratégique sur les technologies considérées comme réellement stratégiques. Il y a en revanche des aides et des cadeaux aux multinationales, dans l’espoir qu’elles seront gentilles avec nous et qu’elles voudront bien investir. Il faut inverser cette logique, sinon nous allons droit dans le mur, vraiment.
Déclaration de La Hulpe sur l'avenir de l'Europe sociale (débat)
Monsieur le Président, ce à quoi les gens sont vraiment allergiques, c'est quand les politiciens promettent une chose, puis font le contraire. Et cela risque de se reproduire ici. En effet, d’une part, il y a de bonnes promesses du château de Terhulpen – de meilleurs salaires, de meilleures retraites – et d’autre part, en même temps, il y a un vote pour des objectifs d’austérité qui garantissent qu’il y aura bientôt des attaques sur nos salaires, sur notre indexation des salaires, sur nos retraites. Tu ne peux pas, les gens ne sont pas stupides. C'est pourquoi, dans les mesures que nous prenons, nous devons écouter un peu plus le travailleur, c'est pourquoi je suis également fier que nous essayions bientôt d'envoyer un travailleur, un syndicaliste de Flandre, au Parlement européen avec le PVDA, mon camarade Rudi Kennes. Mais il faut vraiment arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. Vous ne pouvez pas à la fois dire «L’Europe va vous garantir des pensions, des salaires de qualité» et, d’autre part, dire «Ah, il y a l’austérité, vous devez vous serrer la ceinture. L’indexation, c’est un problème. Les chambres d'hôtes, ça ne marchea plus. Les services publics, les transports en commun, désolé, il faut faire des coupés.» Ça, les gens ne le laisseront pas passer. Vous serez punis pour ça. Il faut une rupture le 9 juin.
Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
C’est là la différence fondamentale entre vous et moi. Quand le Hamas commet des actes terroristes ou des crimes de guerre, je n’ai aucun problème à condamner cela. Mais quand Israël commet des crimes de guerre ou des actes terroristes, vous n’arrivez pas à condamner. C’est ça, votre hypocrisie. Vous parlez justement de la libération des otages israéliens, mais vous vous taisez sur les enfants palestiniens pris en otage dans les prisons israéliennes. Vous condamnez les crimes de guerre de ceux que vous n’aimez pas, mais du côté israélien, vous soutenez à fond. C’est ça, votre hypocrisie. Et c’est très facile de votre part. Vous avez une hypocrisie fondamentale, à savoir le soutien aux crimes de guerre israéliens.
Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, vous demandez de nouvelles sanctions contre l’Iran parce que l’Iran a clairement violé le droit international en répliquant à la destruction de son consulat par Israël. Mais pourquoi alors n’appelez-vous pas à des sanctions contre Israël quand celui-ci bombarde la Syrie et le Liban, des hôpitaux à Gaza, un consulat iranien ou quand des missiles israéliens tombent même en Iraq? Vous appelez terroriste une partie de l’armée iranienne, mais parlerez-vous aussi de terrorisme d’état de la part de l’armée israélienne? Vous avez envoyé des jets, des avions de chasse européens, pour protéger les bases militaires israéliennes. Mais en six mois, aucun enfant palestinien n’a mérité votre protection. Aucun. Est-ce qu’une base militaire israélienne vaut plus que la vie de 15 000 enfants palestiniens? Alors soit le droit international vaut pour tous de la même façon, soit nous sombrons dans un monde où règne la loi du plus fort et le chaos. Nous n’avons rien à gagner là-dedans. Et votre «deux poids, deux mesures» est en train de torpiller à une vitesse inouïe le peu de crédibilité qui restait encore à l’Union européenne sur la scène internationale. Franchement, nous ne pouvons pas continuer comme cela. (L'orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Retrait de l'Union du traité sur la Charte de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, aujourd’hui, nous sommes tous d’accord pour mettre fin à cette absurdité, mais soyons clairs: ce n’est qu’un traité et ce n’est qu’une règle. Je le considère comme un pied de biche, un pied dans la porte, avec lequel il faut ouvrir le débat sur toute la politique commerciale et la politique socio-économique de l’Union européenne, pour laquelle effectivement il faut inverser la logique et dire qu’aujourd’hui, ce qui est prioritaire, c’est le social et c’est le climat. Nous avons besoin de beaucoup d’investissements publics parce que sinon, cette transition ne sera ni sociale ni suffisante pour le climat. Cela veut dire qu’à un certain moment, il faudra aussi poser la question: pourquoi est-ce que dans l’Union européenne, les libertés économiques ont priorité sur les droits sociaux ou sur les investissements publics, y compris en matière environnementale? Nous ne lâcherons rien. Nous sommes encouragés et renforcés par cette victoire, qui est la victoire d’une grande mobilisation, de beaucoup de pression et de beaucoup de travail. Croyez-moi, on va continuer à mener ce combat sur toute la politique de l’Union européenne, toute la politique commerciale et toute la politique socio-économique. Permettez-moi aussi de renforcer le message de remerciement, tout d’abord à Anna Cavazzini et à toute l’équipe de la commission INTA, qui a travaillé là-dessus, à mes collègues de la commission ITRE – aux rapporteurs fictifs, mais aussi au président de la commission, M. Buşoi – et évidemment aussi à la Commission européenne, qui a mis sur la table ce qui était devenu absolument inévitable grâce à la pression des gens et de la mobilisation. Merci beaucoup et bon vote demain.
Retrait de l'Union du traité sur la Charte de l'énergie (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, l’année passée, une multinationale de l’énergie fossile, Klesch, décide d’attaquer en justice l’État allemand, le Danemark et l’Union européenne. Pourquoi? Parce que ces autorités avaient discuté et voulu instaurer, potentiellement, des taxes sur les surprofits. On se dit qu’on marche quand même sur la tête. Comment est-ce possible? Nous vivons aujourd’hui dans une Union européenne où des multinationales peuvent attaquer en justice et demander des dédommagements et des compensations financières parce que des États prennent des mesures d’intérêt public, que ce soit pour favoriser l’énergie renouvelable ou pour avoir un peu d’argent, récupérer un peu de ces surprofits et les investir ailleurs. C’est quand même absolument dingue que des multinationales aient le droit de se plaindre du fait que cela diminuera peut-être leurs profits, ou qu’elles gagneront moins. Franchement, personne en dehors de cette assemblée ne pourrait comprendre ça. Vous sortez de cette assemblée, vous allez expliquer ça aux gens, ils vont vous dire: «mais qu’est-ce qu’ils font là, l’Europe?» Effectivement, c’est complètement absurde. Je me suis intéressé à la question de savoir comment il est possible de signer ce genre de traité en tant qu’Union européenne. Mais c’est qu’en fait, même dans le traité européen, à la base, il y a un peu la même logique: comme on donne la priorité absolue aux marchés, aux grands et à la concurrence, forcément, on doit donner des droits aux multinationales. Alors, on se retrouve avec des choses comme en Belgique, par exemple, où à un certain moment, il y avait Femarbel, propriétaire de maisons de repos, à qui on avait demandé un minimum de soignants et un plafonnement des coûts. La Cour européenne de justice est carrément intervenue pour dire qu’il fallait ouvrir tout ce secteur à la concurrence, au détriment donc des résidents, au niveau, au moins, du prix. Aux Pays-Bas, on a eu des promoteurs immobiliers qui ont estimé que les loyers plafonnés de logements sociaux représentaient une menace pour leurs profits. En Slovaquie, la Commission européenne a jugé qu’interdire à des assureurs privés de distribuer des profits à des actionnaires, plutôt que d’utiliser ces profits pour les investir dans les soins de santé, était contraire à la libre circulation des capitaux. C’est quand même dingue. Donc on a une logique, au sein de l’Union européenne, qui est de donner le droit à des grandes entreprises d’attaquer des États quand ils prennent des mesures sociales ou environnementales. Et on va exporter au niveau international, au niveau de la politique commerciale de l’Union européenne, la même logique. On va dire qu’on va conclure un traité ou une charte sur l’énergie qui fait qu’en fait, pendant qu’on parle tous de Pacte vert, pendant qu’on parle tous d’énergies renouvelables, ce seront potentiellement les travailleurs qui, à travers l’argent public, devront payer pour garantir les profits des multinationales. Alors, logiquement et heureusement, une grande partie des citoyens européens et de la société civile s’est mobilisée, et se mobilise toujours, pour que l’on rompe avec cette logique et pour qu’on sorte de ce traité. Aujourd’hui, c’est un premier pas. Finalement, ça a pris des années et des années de lutte, mais ça montre qu’on peut gagner et qu’on peut imposer une autre voie pour reprendre le volant, publiquement, de notre politique énergétique pour sortir de ce traité.
Réaction de l'Union face aux cas répétés de travailleurs humanitaires, de journalistes et de civils tués par l'armée israélienne dans la bande de Gaza (débat)
Madame la Présidente, écoutez, aujourd’hui, à Gaza, tous les jours, on découvre des charniers et des fosses communes, qui sont le symbole de tout génocide. Des centaines de corps, parfois en uniforme médical, parfois apparemment menottés, exécutés de manière sommaire. On voit des images d’enfants déchiquetés autour d’un babyfoot. Que fait l’Union européenne par rapport à cela? Il y a des collègues ici qui ont le courage de soutenir Israël. Franchement, ayez honte, rentrez chez vous et ne sortez plus. Mais surtout, l’Union européenne, que fait-elle? Elle a promis des millions additionnels à Israël. Elle n’a pas imposé d’embargo sur les armes. Pourtant, elle peut le faire, parce que ces dernières années, on a imposé des embargos et des sanctions militaires à la Biélorussie, à la République centrafricaine, à la Chine, à l’Iran, à la Libye, au Myanmar, à la Corée du Nord, à la Russie, à la Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud, à la Syrie, au Venezuela, à la Turquie, au Yémen, au Zimbabwe. Mais à Israël, non. Eux, ils sont immunisés. Pourquoi sont-ils immunisés? Parce que leur projet colonial est soutenu par l’impérialisme européen – il faut le dire, dans les faits – avec des armes et avec des millions. C’est pour cela que le massacre des Palestiniens, qui ne serait pas possible sans la complicité européenne, continue.
Conclusions des dernières réunions du Conseil européen, en particulier sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne et le programme stratégique de l’Union pour la période 2024-2029 (débat)
Madame la Présidente, mais quel mépris! Franchement, ce matin, la présidente de la Commission européenne, madame von der Leyen, a dû être là pendant une heure, une heure et demie. C’est la dernière séance du Parlement européen, elle doit présenter son bilan pendant une heure et elle se barre au milieu. Déjà, le Conseil n’est pas là, Charles Michel n’en a rien à faire, et en plus, madame von der Leyen nous méprise comme cela. N’importe quoi! Pourtant, quelqu’un qui est accusé – parce que j’ai croisé pas mal de gens ces derniers temps – donc on accuse madame von der Leyen de conflit d’intérêt par rapport à l’achat des vaccins qu’on aurait achetés trop cher, même de népotisme – elle est accusée pour la nomination d’un haut fonctionnaire – mais elle se barre. Ce que les gens détestent le plus dans cette Union européenne, dans cette Commission européenne, c’est ce mépris-là: ce Pacte vert qu’on impose, mais qu’on fait payer aux travailleurs; ces multinationales qui reçoivent des aides tandis que les salaires ne suffisent pas. Ce mépris pour les travailleurs, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, les gens demandent une rupture. Et cette rupture-là, on va vous l’imposer le 9 juin.