Incidence, sur le budget 2024 de l’Union, de l’augmentation des coûts d’emprunt de l’instrument de l’Union européenne pour la relance - Ressources propres: un nouveau départ pour les finances de l’UE, un nouveau départ pour l’Europe (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, taxe carbone pour les ménages, chauffage, essence, taxer les gens, ça semble un peu la nouvelle spécialité de l'Union européenne. Mais il y a une catégorie qui, bizarrement, échappe toujours tout le temps à vos taxes, et ce sont les grandes multinationales, les milliardaires comme Bernard Arnault et LVMH – qu'est-ce qu'il pèse maintenant, 239 milliards d'euros? Ils disposent d'une fortune plus importante que le PIB de toute une série de pays européens, la Grèce, la Slovaquie, l'Estonie, c'est inimaginable. Mais bizarrement, dans les propositions, à ces riches-là, à leurs superprofits vous ne touchez jamais. Vous avez peur? Peut-être que vous êtes trop proches d'eux. Je sais que, Monsieur le Commissaire, on vous a reproché d'être trop proche du milliardaire Bernard Arnault. Eh bien, vous ne voulez pas, mais nous allons le mettre au programme. Effectivement, nous avons des amendements pour faire payer les riches pour finalement taxer les riches et faire payer ces grandes multinationales en Europe.
«C’est l’Europe» - Débat avec Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, bonjour, bienvenue. Nous appartenons à des camps politiques différents. Nous défendons le camp de la classe travailleuse. Vous êtes plutôt du côté de l’évasion fiscale des banquiers, mais vous avez donné une leçon importante, je pense, à la Commission européenne et à certains de mes collègues, et je vous en remercie. Parce que vous savez que la Commission européenne a parlé d’interdire TikTok, qui «collecte des données» ont-ils dit. Bon, c’est sans doute vrai, on n’a aucune confiance dans cette multinationale, mais Google, Facebook ne font pas mieux. Moi, hier soir, j’ai essayé d’acheter des chaussures sur Google. Ce matin, je me suis retrouvé avec un fil d’actu rempli de pubs pour les nouvelles chaussures. Bon voilà, on ne peut pas non plus faire confiance à ces gens-là. Mais, bizarrement, la Commission européenne n’appelle pas à interdire Facebook, Google et autres. En fait, soyons honnêtes, quand la Commission appelle à interdire TikTok, elle obéit aux États-Unis. Les États-Unis ont peur de TikTok parce que beaucoup de gens, notamment des jeunes, préfèrent aujourd’hui TikTok à Facebook et autres. Et les États-Unis aimeraient bien que nous nous limitions à utiliser des produits américains, que nous nous limitions à consommer de l’information américaine pour nous rendre complètement dépendants d’eux. Or, dans une vision d’autonomie stratégique européenne, cette vision-là n’a effectivement pas sa place. La Commission obéit, mais vous, vous avez dit, je n’interdis pas TikTok juste parce que c’est chinois. Vous avez raison, il faut protéger nos données de tous les réseaux sociaux. On ne va pas se faire donner la leçon par des boomers américains qui ne savent pas si TikTok se connecte ou pas à un WiFi. Franchement, l’Europe vaut mieux que cela.
Orientations pour le budget 2024 – Section III (débat)
Monsieur le Président, presque 20 millions d’enfants grandissent dans la pauvreté, au sein de l’Union européenne. Cela fait plus ou moins un sur quatre qui risque une boîte à tartines vide tous les jours. Or c’est à cela que devrait servir le budget européen. Mais plein d’entre nous viennent ici raconter: «Ah, désolé, y a pas d’argent.» Pourtant il y a de l’argent. Depuis 2020, 1 % des riches a empoché environ 45 % de toute la richesse produite en Europe – 45 %! En Belgique, mon pays, entre-temps, le 1 % le plus riche possède autant que 70 % de la population. Alors l’argent est là. Mais je vois une hypocrisie de la part de ceux qui disent: «On n’a pas d’argent» – des larmes de crocodile! –, parce que, hier, lors d’un vote dans ce même Parlement, vous avez refusé une proposition pour encourager une taxe sur les millionnaires, qui aurait enfin taxé les riches. Alors c’est quoi? On se plaint qu’il n’y a pas d’argent, mais en même temps on ne veut pas taxer ses potes? C’est inacceptable! Vous savez très bien où il y a de l’argent. Allez le chercher! C’est le moment d’aller le chercher. Parce que les gens ne vont plus accepter que les millionnaires, les milliardaires d’Europe empochent, encaissent, tandis que c’est toujours aux gens de payer et de travailler sans qu’ils soient rémunérés comme ils devraient l’être.
Plus d'Europe, plus d'emplois: nous construisons l'économie compétitive de demain au profit de tous (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Madame la Présidente en exercice du Conseil: «J'ai travaillé chez Delhaize pendant 41 ans et aujourd'hui on nous vend comme des produits soldés», c'est le témoignage d'une travailleuse de chez Delhaize, supermarché dans mon pays en Belgique. Delhaize, qui fait 2 milliards de profits, veut faire passer tous ses magasins en franchise. Pourquoi: faire travailler les travailleurs plus longtemps pour jusqu'à moins 30 % de salaire. 30 % de salaire en moins! L'objectif: économiser un milliard d'euros sur les travailleurs pour filer un milliard d'euros de plus aux actionnaires comme BlackRock et Goldman Sachs, ces vautours. C'est ça l'économie de demain, l'emploi de qualité, l'emploi de l'avenir, l'Europe que vous voulez? Des contrats précaires, toujours plus de flexibilité. Des burn-out à gogo sans contrepouvoir syndical. Parce qu'évidemment, dans ces franchises, la représentation syndicale n'est pas garantie. On ne va pas vous permettre d'imposer ce modèle, ce modèle européen, ni en Europe, ni en Belgique! On sera du côté des travailleurs, chez Delhaize, mais aussi partout dans les autres secteurs de l'économie, pour garantir effectivement une économie à la mesure des gens.
Détérioration de la démocratie en Israël et conséquences pour les territoires occupés (débat)
Monsieur le président, Monsieur le Ministre des affaires étrangères de l'Europe, oui, effectivement, l'Union européenne se fait critiquer partout dans le monde pour ses deux poids deux mesures. D'une part parce qu'on ne critique jamais, par exemple, les crimes de guerre américains, mais effectivement aussi sur Israël et pour l'association de l'Union européenne avec Israël. Alors là, j'ai du mal à comprendre et j'ai du mal à comprendre parce qu'effectivement nous avons un gouvernement israélien aujourd'hui qui déclare, qui avoue ouvertement violer le droit international, qui veut annexer les territoires palestiniens. On voit un ministre qui appelle à effacer et raser un village comme Huwara. Et cela s'ajoute effectivement aux bulldozers qui détruisent les maisons palestiniennes, aux assassinats d'enfants, etc. Moi je me dis que si un autre État avait fait la moitié du quart de ce que fait Israël, nous aurions déjà appelé à des sanctions. Nous n'aurions certainement pas conclu un accord d'association avec cet État. Mais ici, pour Israël, déjà vous avez l'air de vous excuser d'une déclaration un peu forte. Alors, aujourd'hui, soyons cohérents, prenons des sanctions ou suspendons pour le moins l'accord d'association. On ne peut pas rester associé à un tel gouvernement quand même!
Heure des questions (VPC/HR) - Renforcer les liens transatlantiques dans un monde multilatéral aux défis constants
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre des affaires étrangères européen, voici une question. Vous savez que la crédibilité de l’Union européenne dans le monde dépend non seulement de la façon dont nous traitons d’autres pays, mais surtout de quelles interactions nous avons avec nos alliés. Vous avez été un grand défenseur, justement, du fait de ne pas laisser impunis les crimes de guerre russes en Ukraine. Mais aujourd’hui, nous sommes 20 ans après la guerre américaine contre l’Iraq, une guerre criminelle, en violation du droit international, qui a fait environ un demi-million de morts, et toujours aucun responsable gouvernemental américain n’a été tenu pour responsable. Alors, dans nos relations transatlantiques et pour la crédibilité de l’Union européenne, pour ne pas avoir une Union européenne qui a deux poids et deux mesures, comme nous le reprochent souvent l’Amérique latine, l’Afrique, etc., allez-vous mettre cette question sur la table, et comment?
Un plan industriel du pacte vert pour l'ère de la neutralité carbone (débat)
Madame la Présidente, je pense que, quand on parle d’industrie, il faut aller voir les travailleurs. Et les travailleurs, quand vous irez discuter avec eux, Madame la Commissaire, vous allez voir qu’ils vont vous dire que la danse du ventre, devant les multinationales, ça ne marche pas. La danse du ventre, cela veut dire: essayer de les séduire avec des aides d’État, des avantages fiscaux, tout ce que vous voulez. Parce que, partout en Europe – on peut aller en Belgique, en France, en Italie –, il y a des entreprises qui ont reçu des aides d’État et qui ont quand même fermé ou licencié des travailleurs. Alors, ça ne marche pas: Il faut rompre avec cette logique-là et aller vers une logique publique. Une logique publique où on donne des investissements publics à des entreprises publiques et où on retire certains secteurs du marché. Parce que, aujourd’hui, qu’est-ce qui est un obstacle massif pour l’industrie? C’est la différence des prix de l’énergie entre les États-Unis et l’Union européenne. Alors qu’en prenant en main le secteur de l’énergie, on peut baisser les prix pour les industries et pour les citoyens et, effectivement, garantir ici, publiquement, la transition écologique, comme l’a d’ailleurs fait le Danemark grâce à une entreprise publique, Ørsted.
Tensions entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Kitchanga, Bambo, Rutshuru, Kishishe, Nyiragongo: combien de territoires de la République démocratique du Congo doivent encore être frappés, occupés ou asphyxiés – comme Goma, actuellement – avant que l’Union européenne ne réagisse? Quand la Russie a envahi l’Ukraine, l’Union européenne et les États-Unis se sont mobilisés. L’Ukraine reçoit des armes, des chars, bientôt des avions de chasse sans doute, et la Russie est gravement sanctionnée, avec comme objectif l’effondrement total de son économie. Mais quand la République démocratique du Congo se fait agresser – depuis des années – par le mouvement M23, rien. Quelques belles paroles pour tromper, pour enfumer, mais aucune sanction réelle contre le Rwanda, qui soutient ce mouvement. Alors la vie d’un Congolais, chers collègues, vaut-elle moins que la vie d’un Ukrainien? Pire: le Rwanda reste un partenaire de la facilité européenne pour la paix, cet instrument qui sert en réalité à livrer des armes. Vingt millions pour le Rwanda! Mais quelle hypocrisie! Quel décalage entre les paroles et les actes, ici! Pourquoi l’Europe agit-elle de la sorte? Clairement, il y a des intérêts derrière: l’Europe a besoin du cobalt, du coltan, des ressources, des richesses, des matières premières que l’on trouve en République démocratique du Congo. Dès lors, un Congo affaibli, voire balkanisé, convient très bien à certains gouvernements européens. Le Rwanda fait ainsi le jeu des Occidentaux en facilitant le pillage du Congo, notamment dans l’Est. Il faut que cela cesse maintenant.
Une stratégie industrielle de l'UE pour stimuler la compétitivité industrielle, les échanges commerciaux et la création d'emplois de qualité (débat)
Monsieur le Président, nous risquons une nouvelle désindustrialisation en Europe. Ce risque est aggravé aujourd'hui par la politique des États-Unis qui, à travers toutes sortes de subventions, tentent de délocaliser l'industrie européenne et ajoutent également des appels téléphoniques pour dire: «Venez investir avec nous et non plus en Europe.» Nous sommes donc en crise et les États-Unis tentent de nous pousser encore plus loin. Les États-Unis n’ont ni amis ni alliés, ils n’ont que des intérêts. Et si nous voulons construire une Europe autonome, nous ferions bien de ne plus être aussi naïfs et aussi suivistes vis-à-vis des États-Unis. Alors, quelle sera la réponse européenne? Pour l’instant, je vois surtout des vieilles recettes qui ont échoué et des avantages fiscaux et des subsides pour les multinationales dans l’espoir que celles-ci seront gentilles avec nous et qu’il restera des miettes aux travailleurs. Ce modèle a échoué. Nous avons besoin d’un changement de cap public pour vraiment reprendre en main les rênes de la politique industrielle en Europe. Osons penser à la renationalisation de certains secteurs et obligeons les entreprises à intervenir, à investir dans l’énergie verte.
Faire face à la crise du coût de la vie: augmenter les salaires, imposer les bénéfices, faire cesser la spéculation (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, la revue The Economist – votre revue, la revue libérale et capitaliste de l’Union européenne et de l’Europe, que vous lisez tous – a calculé que, cet hiver, jusqu’à 185 000 personnes de plus pourraient mourir de froid, non pas uniquement à cause du froid, mais aussi à cause de votre inaction. Votre inaction sur le blocage des prix de l’énergie: on vous demande un blocage du prix du gaz depuis un an. Comment est-ce que vous voulez que les gens fassent confiance à l’Union européenne, s’ils doivent attendre un an et potentiellement crever à la maison parce qu’ils ne savent pas payer la facture? Votre inaction sur les surprofits des multinationales: ah, taxer vos potes les multinationales, c’est toujours trop compliqué, même quand ils font des surprofits et même quand les gens ne s’en sortent plus. Mais est-ce que vous n’avez pas honte de laisser faire cela? Ne soyez pas surpris quand les gens sortent dans la rue, font grève et se mobilisent pour vous mettre devant vos responsabilités. Parce que c’est cela qu’il faut faire aujourd’hui, vous mettre la pression, sinon vous n’écouterez jamais.
Perspectives d'une solution fondée sur la coexistence de deux États pour Israël et la Palestine (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, ce week-end, une jeune fille de 16 ans était assise chez elle à Jénine, en Palestine. Quand elle a entendu les gens crier dehors, elle est allée sur le toit pour voir ce qui se passait. Et sur le toit de sa propre maison, un soldat israélien a tiré sur elle et l'a tuée; deux balles au visage, une au cou, une à l'épaule. Jana Zakarneh, une enfant innocente, une autre tuée. Cette année, les forces israéliennes ont assassiné plusieurs dizaines d'enfants palestiniens, continuent de détruire des écoles et des maisons palestiniennes, et volent, occupent toujours plus de terres. Mais que fait l'Union européenne? Rien! Pire encore, cela intensifie les relations avec Israël. Vous parlez des droits de l'homme, mais vous laissez Israël tuer en toute impunité. Cette hypocrisie me dégoûte!
Soupçons de corruption de la part du Qatar et nécessité, plus largement, de transparence et de responsabilité au sein des institutions européennes (débat) (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, un million et demi d’euros récupérés et de nombreux bureaux perquisitionnés, sous scellés, dans ce Parlement – probablement la partie émergée de l’iceberg. En effet, le problème est structurel. Je me rappelle qu’à chaque fois que nous proposions de réduire les revenus des députés, vous nous répondiez: «Non, les députés, il faut bien les payer, parce que sinon, ils se feront corrompre.» Vous me l’avez chanté en boucle pendant des années, et clairement, cela n’a pas marché. Des eurodéputés corrompus illégalement par le Qatar, ce serait extrêmement grave. Mais des députés influencés légalement par des lobbies, des multinationales, des portes tournantes et des mandats dans des conseils d’administration, c’est grave aussi. En dat is een probleem hier met de geldcultuur. Te weinig, nauwelijks, geen transparantie, een cultuur van totale straffeloosheid: daar spreekt Transparency International over. Met die hoge lonen verliezen parlementsleden hun realiteitszin. De meesten flirten liever met de bourgeoisie dan te leven zoals de gewone mensen. Het is hoog tijd dat politici het volk leren dienen in plaats van hun eigen zak of de multinationals.
C’est l’Europe - Débat avec Robert Golob, Premier ministre slovène (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, bienvenue à un PDG, à un patron d’entreprise qui devient directement Premier ministre. C’est évidemment quelque chose! De ce fait, je vais aborder avec vous un élément qui a été absent de votre intervention, c’est la question du dumping social. Mijnheer de eerste minister, kent u het concept van sociale dumping? Dat gaat over werknemers, vakmensen, die – vaak via ellenlange onderaannemingsketens, via detachering, interimagentschappen, nepbedrijven – naar een ander land gestuurd worden om daar vaak aan slechtere voorwaarden, minder brutoloon, tewerkgesteld te worden. Dat kadert allemaal in wat men in de Europese Unie het “vrij verkeer van diensten” noemt. Et ce dumping social, aujourd’hui, passe notamment par des différences de cotisations sociales et de salaire brut. Les cotisations sociales sont alors payées dans le pays où le contrat a été signé, plutôt que dans le pays où le travail est effectué. Voor bedrijven is dat vaak interessant, want zij krijgen veel hogere winsten en ze betalen lagere socialezekerheidsbijdragen. Voor werknemers is dat een drama. Het Borealis-schandaal in Antwerpen toont dat dit ook steeds vaker gaat over niet-Europese werknemers, werkkrachten die schaamteloos worden uitgebuit, die dan via Hongarije naar Portugal worden gestuurd om in Antwerpen of België terecht te komen. Il y a du dumping social, vous le savez, dans différents secteurs: transports, construction… Beaucoup trop de secteurs. En uw land speelt daar vaak een grote rol in, zodanig zelfs dat een Europese vakbondsfederatie klacht indiende tegen Slovenië. Misschien gebeurt dat onder druk van grotere landen of andere landen die de Sloveense regering daartoe aanzetten, maar toch. J’ai regardé les chiffres. Près d’un tiers des travailleurs de la construction en Slovénie sont envoyés à l’étranger, pourcentage le plus élevé de l’Union européenne. Six travailleurs détachés de Slovénie sur dix sont des ressortissants de pays non européens, ou pour le moins non membres de l’Union européenne. C’est-à-dire que les entreprises établies en Slovénie vont chercher des travailleurs à l’étranger, non pas parce qu’elles en ont besoin, mais pour les envoyer tout de suite dans d’autres États membres, les exploiter à fond et faire plus de profit, tout simplement – et au passage, détruire le droit du travail. Ce système exonère un montant de 128 millions d’euros de cotisations sociales. C’est un véritable hold-up sur la sécurité sociale, soyons honnêtes, et on ne parle encore que d’un pays. Ik was in uw land, in Slovenië, ongeveer een jaar geleden, onder de vorige regering. Ik had daar een ontmoeting met Sloveense vakbonden en zij toonden mij iets dat mij serieus geschokt heeft. In een gebouw van een ministerie – hetzelfde gebouw als een ministerie – had je een lijst met postbusbedrijven. Dat wou zeggen dat je dus één postbus hebt met een ellenlange lijst van bedrijven die daar officieel gevestigd zijn, maar die natuurlijk niet daar werken, maar wel elders hun activiteiten ontwikkelen. Dus in het gebouw van een ministerie! Alors, Monsieur le Premier Ministre, le dumping social, que ce soit par le détachement ou par la sous-traitance, est un problème aujourd’hui en Europe. Les solutions existent, nous le savons. Il s’agit notamment de conditionner la libre circulation des services à des garanties sur les conditions de travail, au principe «à travail égal, salaire égal», au refus de toute discrimination entre salariés selon l’endroit où a été signé le contrat, et, je pense aussi, à l’élaboration d’une directive européenne sur la limitation des chaînes de sous-traitance, qui ne servent qu’au dumping social. Alors une question, Monsieur le Premier Ministre: que va faire votre gouvernement pour changer le rôle fondamental que joue la Slovénie dans le dumping social?
Déplacement forcé de personnes en raison de l'escalade du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo
Monsieur le Président, il est avéré maintenant, depuis des années, même par les Nations unies, que le gouvernement rwandais soutient les rebelles du M23 au Rwanda. Des rebelles qui sèment la terreur et la mort en République démocratique du Congo, notamment à l’est, où ce conflit a déjà fait des millions de morts. Nous savons donc toute la responsabilité du gouvernement rwandais. Et alors, que fait l’Union européenne? Que font les pays européens? On s’attendrait à des sanctions. C’est la réponse que l’Union européenne a souvent quand on voit ce genre d’action de la part d’un pays contre un autre. Mais non, non. Les gouvernements européens décident aujourd’hui de renforcer leur coopération militaire avec le Rwanda. La France, notamment, annonce un renforcement de sa coopération militaire. L’Union européenne va donner 20 millions au Rwanda pour sa participation au Mozambique. Et les États-Unis, vous le savez depuis longtemps, sont un partenaire très important du Rwanda. Tandis que vous savez qu’aujourd’hui, si un État veut vendre des armes à la République démocratique du Congo, il doit le notifier aux Nations unies, ce qui ralentit, voire empêche évidemment la livraison des armes à un pays trop souvent et si souvent agressé. Cette politique – où on dit en mots, en paroles que nous respectons la souveraineté congolaise, mais en réalité, notre politique l’entrave et la sape – est inacceptable. Il faut cesser ça tout de suite parce que nous avons besoin, et les Congolais ont besoin, de paix aujourd’hui.
Préparation du Conseil européen des 20 et 21 octobre 2022 (débat)
Monsieur le Président, à Anvers, une mère et sa fille sont mortes d'un empoisonnement au CO parce qu'elles avaient chauffé leur maison avec un barbecue. Toujours à Bruxelles, capitale de l'Union européenne, une mère et deux enfants empoisonnés au CO ont été emmenés à l'hôpital parce qu'ils utilisaient un barbecue pour se chauffer en raison des prix élevés à l'intérieur. Qu'entends-je des institutions européennes, des représentants du Conseil, de la Commission? Que nous ne devrions pas laisser les prix chuter trop, parce que sinon cela pourrait encourager les gens à consommer trop, à consommer plus. Non, ce n'est pas le cas! Dans quel monde vivez-vous? Sérieusement, qu'est-ce que c'est? Ces salaires de 32 000 euros vous font-ils oublier ce qui se passe dans le monde? Fermer les boulangeries, les boucheries... Les gens sont désespérés! Nous devons maintenant faire baisser les prix et faire payer les multinationales, qui paient pour vos multinationales sacrées. C'est le problème maintenant!
Madame la Présidente, très vite, chers collègues, quelle est la différence entre un jardin et une jungle? Un jardin est un endroit agréable où les êtres humains civilisés se promènent. Une jungle est le cœur de l'obscurité où vivent les animaux sauvages. Maintenant, beaucoup de gens en Afrique, en Asie, en Amérique latine se souviennent très bien comment, au nom de la civilisation, le colonialisme européen les traitait comme des animaux sauvages, les asservissant, les torturant et même les exposant dans des zoos humains. Par conséquent, lorsque le plus haut diplomate de l'Union européenne compare l'Europe à un jardin, mais surtout au reste du monde, à une jungle, le message que ces gens entendent est que l'Europe est toujours animée par le néocolonialisme. Nous ne pouvons pas laisser passer ce message. Par conséquent, je vous demande d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour de la discussion de mercredi.
La situation au Burkina Faso à la suite du coup d'État (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, 2021: deux coups d’État au Mali; 2022: deux coups d’État au Burkina Faso. Le gouvernement militaire n’est évidemment jamais une solution, mais ces coups d’État dans la région du Sahel ne tombent pas non plus du ciel. Et c’est vraiment, je trouve, trop facile de dire que tout est la faute des Russes. Il faudrait alors expliquer pourquoi cette propagande russe, bien réelle, a autant de succès et séduit. Ces coups d’État, et cela il faut le dire, surviennent sur fond de colère populaire profonde. Une colère directement liée aux conséquences désastreuses de l’intervention militaire en Libye, qui a déstabilisé toute la région. Une colère qui aussi découle des interventions militaires européennes, qui, de Barkhane à Takuba, ont toutes échoué. Une colère liée au fait d’être pauvre dans des pays qui sont riches, mais qui se font dépouiller par les multinationales européennes. Une colère, enfin, liée à l’impact du franc CFA sur les conditions de vie et sur la dimension sociale de ces pays. En somme, la colère face au néocolonialisme européen. Après le blocage d’un convoi militaire français il y a de cela quelques mois, un étudiant burkinabé l’expliquait bien – et je lis: «La population burkinabée et la jeunesse ne sont pas contre la France, mais contre le système français. On nous parle d’accords gagnant-gagnant, mais nous, ce qu’on voit, c’est une relation de maître à esclave, même si c’est un langage un peu abusif, en tous cas de patron à prolétaire.» C’est cette attitude-là que les peuples africains n’acceptent plus, et c’est avec cela que nous devons rompre. Il est vraiment temps d’écouter les Africains eux-mêmes.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, la semaine dernière, j'étais à Anvers et j'y ai rencontré des travailleurs qui y ont construit une nouvelle usine à Borealis. Ils ont été recrutés par une société italienne, IREM. Ce sont des gens fiers, des gens qualifiés avec de l'expérience et des gens qui aident à construire notre pays et notre continent. Ils venaient du Bangladesh, de Turquie, d'Ukraine. Avant de venir ici, ils ont été séduits par toutes sortes de fausses promesses et parfois même par de faux contrats à travers une chaîne de sous-traitants; ils sont ensuite passés par la Hongrie – sans emploi, sans salaire – pour se rendre au Portugal. Pas de travail, pas de salaire, presque pas d'argent à manger. Puis à Anvers: exploités et menacés. Onze heures par jour, six jours par semaine! Oui, tout à fait inconcevable que cela puisse se faire au sein de l'Union européenne, et certaines règles au sein de l'Union européenne facilitent cela! Par exemple, pourquoi ne pas limiter le nombre de niveaux de sous-traitance à un seul niveau? Ou pourquoi ne rendons-nous pas le principal responsable des salaires et des conditions de travail? Tu devrais pouvoir le faire maintenant, non?
Mise en œuvre de la nouvelle stratégie industrielle actualisée pour l’Europe: aligner les dépenses sur les politiques (débat)
Madame la Présidente, ce que je remarque, chers collègues, c’est que vous avez réussi la prouesse ce matin de parler d’industrie sans parler des travailleurs. Pourtant, ce sont les travailleurs qui créent la richesse et sans travailleurs, il n’y a simplement pas d’industrie. Mais d’ailleurs, c’est votre jour de chance parce qu’à travers l’Europe, les travailleurs, les syndicats offrent des alternatives à la politique industrielle européenne actuelle. Parce que cette politique industrielle européenne actuelle, elle fait quoi? En gros, sa philosophie, c’est de donner un maximum d’incitants, de soutiens, de subsides aux grandes multinationales en priant, en espérant qu’en échange elles investissent, elles maintiennent l’emploi, etc. Espoir souvent déçu parce que les multinationales empochent et puis ferment, elles s’en vont quand même et délocalisent au nom du marché et de la compétitivité. Dat kan anders, collega’s, laten we even naar Nederland kijken, naar IJmuiden. De fabriek van Tata Steel, waar de vakbond er dankzij een 24 dagen lange staking in geslaagd is om het bedrijf te dwingen niet alleen jobs te behouden, maar ook te investeren in de klimaattransitie door te zeggen: “We gaan bijvoorbeeld kool vervangen door groene waterstof voor de productie van ijzer en staal.” Goed voor het klimaat, goed voor de jobs én voor de toekomst van de industrie in Europa. En dat soort voorbeelden zijn er in heel Europa. Het gaat om krachtverhoudingen. Alors plutôt qu’à chaque fois céder aux caprices du patronat qui ne pense qu’à inonder de milliards ses actionnaires, plutôt que de vendre pour politique industrielle ce qui est en réalité une politique de subsides du grand patronat, essayons de prendre ça en main publiquement et sérieusement et reprenons les rênes de la politique industrielle en Europe.
Réponse de l’UE à la hausse des prix de l’énergie en Europe (débat)
Madame la Présidente, un an que les prix explosent! Un an que les gens ont peur de voir arriver chez eux leurs factures et un an que ça blablate à l’Union européenne sans que ça ne change absolument rien aux factures des gens. Et même aujourd’hui, vous n’êtes pas prêts à proposer un blocage du prix du gaz, vous n’êtes pas prêts à bloquer les factures des gens et vous proposez un plafond pour les prix de l’électricité qui est tellement élevé que les entreprises multinationales vont continuer à faire des surprofits. C’est quand même trop dingue! Clairement, vous ne captez pas l’urgence des gens. Et je comprends: vous, vous gagnez quoi? De 10 à 20 000 euros par mois? Pour vous, une facture c’est rien, mais pour les gens, c’est un cauchemar au quotidien. Et il ne faut pas essayer de nier la responsabilité du monde politique européen parce que tous, de la droite aux écologistes, ont dit: «Nous devons donner tout ce pouvoir à quelques multinationales». Donc on a libéralisé le marché, ça allait garantir des prix bas, ça allait garantir tout ce qu’on voulait. Eh bien à la fin, aujourd’hui, on le voit: votre marché est un échec et les gens en paient la facture tous les jours. Alors revenons, reprenons le contrôle public sur ce secteur.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chers collègues, en un seul mois, Israël s’est rendu responsable de 46 morts à Gaza, dont 16 enfants, et de 360 blessés. De la situation de 1 200 personnes à Masafer Yatta, en Cisjordanie, qui sont menacées d’expulsion, d’êtres chassées de leur maison. De cette ONG à Ramallah, qui a été attaquée et fermée alors qu’elle défend, entre autres, les droits des enfants. D’attaques aériennes, de bombardements sur les aéroports des villes syriennes de Damas et Alep, et des aveux de violations répétées de l’espace aérien iranien. Et comment réagit ce Parlement? Silence, il se tait. Pourtant, il aime tellement parler du droit international, des droits humains, etc. Rien, quand il s’agit d’Israël. Les crimes israéliens ne sont même pas à l’ordre du jour, imaginez-vous! Tandis que si un autre pays avait fait la moitié du quart de ce qu’a fait Israël, on aurait demandé des sanctions tout de suite. Alors, chers collègues, une question: jusqu’où doit aller Israël avant que vous ayez le courage de condamner et de sanctionner ces actes et ces violations du droit international?
Taxation des bénéfices exceptionnels des entreprises du secteur de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, ma question est simple: pouvons-nous dire aux gens les choses telles qu’elles sont? Parce que ce à quoi nous assistons aujourd’hui, il faut le dire, c’est un braquage, un hold-up sur le portefeuille. Le portefeuille se vide, les prix explosent, mais où va cet argent? Où va-t-on le trouver? On va le trouver dans les caisses des multinationales qui font des surprofits, c’est-à-dire des profits supplémentaires en plus des profits qu’elles font déjà normalement. Donc elles font évidemment des surprofits sur l’énergie, mais aussi sur nos caddies, sur la bouffe, et cetera. Ça, c’est des milliards de surprofits dans la poche. Bingo, comme à chaque crise. C’est ça, le capitalisme! Face au désastre, il y a les gens qui douillent et il y a les multinationales qui nous dépouillent. Et là, ça suffit, basta! Rendons cet argent aux gens, taxons ces surprofits. Et la Commission européenne ne doit pas venir avec une proposition Canada Dry ou Coca Light: tout surprofit est inacceptable. On ne peut pas accepter de profiter de la misère de la crise. On ne laissera plus passer.
Monsieur le Président, merci à la Commission européenne. En fait, ce rapport se plaint d’une perte d’influence, d’une érosion d’influence des pays européens et de l’Union européenne dans le monde. Je pense qu’il sera applaudi au sein de la maison, mais je pense qu’en dehors, il fera un peu rire. Premièrement, quand je lis que l’Union européenne devrait avoir un siège permanent en plus des sièges qu’ont déjà les pays européens au Conseil de sécurité des Nations unies, je me dis que l’Inde, qui compte 1 milliard d’habitants, va un peu rigoler en se disant «pourquoi pas nous?». Deuxièmement, quand vous parlez d’une perte d’influence et du fait qu’on n’a pas assez d’influence dans le monde, je pense aux gens en Afrique de l’Ouest qui se battent contre l’impérialisme français ou l’impérialisme des pays européens pour se libérer. Ils riront aussi un peu jaune en lisant ce rapport. Je pense que plutôt que de parler d’influence, il faudrait parler de respect, il faudrait écouter l’autre: c’est ça, le multilatéralisme. Ce n’est pas imposer sa volonté aux autres, mais écouter l’autre et avoir des relations d’égal à égal. C’est comme ça qu’on construira un monde de paix, de solidarité et de coopération, et non pas en imposant notre influence et notre rôle.
Vers une action européenne commune en matière de soins (débat)
Monsieur le Président! Vous parlez de l'état d'urgence et de l'importance des soins en Europe. Et c'est vrai, bien sûr. Mais ne soyons pas aveugles, ne soyons pas silencieux ici sur le fait que c'est le résultat d'une politique concrète. Tout d'abord, les politiques d'austérité que vous imposez aux États membres depuis des années. Et aujourd'hui, les forces du marché sont de plus en plus introduites dans les soins de santé. Les forces du marché sont en contradiction avec une bonne prise en charge publique, car il s'agit d'économiser des coûts et de maximiser les profits. Ensuite, le personnel doit le faire avec de moins en moins de ressources et avec de moins en moins de personnel. Et puis les gens qui ont besoin d'être soignés ne peuvent prendre une douche qu'une fois par semaine et ils ne reçoivent pas assez de matériel hygiénique et ainsi de suite. Nous devons donc rompre avec ce marché. La solution consiste à accroître les investissements publics et à rompre clairement avec la politique que vous avez menée jusqu'à présent. C’est ce que j’attends de chaque stratégie européenne en matière de soins: rompre avec la logique de privatisation et assurer une prise en charge publique massivement bonne.
Conclusions du Conseil européen extraordinaire des 30 et 31 mai 2022 (débat)
Monsieur le Président, je vais poser une question au président du Conseil européen, Charles Michel, et à la présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen. Les prix montent en flèche. Les gens ne peuvent plus payer leurs factures. La nourriture, en effet, mais aussi l'électricité. Et depuis octobre, vous jouez au ping-pong entre les différentes institutions sur qui va bloquer quand les prix, parce que c'est ce que les gens veulent. Les gens disent: «Ces prix sont trop élevés. Bloquez-les.» En octobre, la Commission a déclaré aux États membres: "Vous pourriez bloquer les prix." Ensuite, il y aura un sommet à Versailles de tous les chefs de gouvernement et ils joueront le ballon de retour à la Commission, en disant: «Faites une proposition!» La Commission joue à nouveau le jeu: «Vous pourriez faire quelque chose à propos de ces prix.» Quand allez-vous bloquer ces prix? Quand cela arrivera-t-il enfin? Les gens attendent ça. Quand il s'agit d'aider les multinationales, c'est toujours rapide. Mais pour les gens, ça attend... Ping, pong, ping, pong! J'aimerais une réponse à cela.