Un plan industriel du pacte vert pour l'ère de la neutralité carbone (débat)
Madame la Présidente, je pense que, quand on parle d’industrie, il faut aller voir les travailleurs. Et les travailleurs, quand vous irez discuter avec eux, Madame la Commissaire, vous allez voir qu’ils vont vous dire que la danse du ventre, devant les multinationales, ça ne marche pas. La danse du ventre, cela veut dire: essayer de les séduire avec des aides d’État, des avantages fiscaux, tout ce que vous voulez. Parce que, partout en Europe – on peut aller en Belgique, en France, en Italie –, il y a des entreprises qui ont reçu des aides d’État et qui ont quand même fermé ou licencié des travailleurs. Alors, ça ne marche pas: Il faut rompre avec cette logique-là et aller vers une logique publique. Une logique publique où on donne des investissements publics à des entreprises publiques et où on retire certains secteurs du marché. Parce que, aujourd’hui, qu’est-ce qui est un obstacle massif pour l’industrie? C’est la différence des prix de l’énergie entre les États-Unis et l’Union européenne. Alors qu’en prenant en main le secteur de l’énergie, on peut baisser les prix pour les industries et pour les citoyens et, effectivement, garantir ici, publiquement, la transition écologique, comme l’a d’ailleurs fait le Danemark grâce à une entreprise publique, Ørsted.
Tensions entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Kitchanga, Bambo, Rutshuru, Kishishe, Nyiragongo: combien de territoires de la République démocratique du Congo doivent encore être frappés, occupés ou asphyxiés – comme Goma, actuellement – avant que l’Union européenne ne réagisse? Quand la Russie a envahi l’Ukraine, l’Union européenne et les États-Unis se sont mobilisés. L’Ukraine reçoit des armes, des chars, bientôt des avions de chasse sans doute, et la Russie est gravement sanctionnée, avec comme objectif l’effondrement total de son économie. Mais quand la République démocratique du Congo se fait agresser – depuis des années – par le mouvement M23, rien. Quelques belles paroles pour tromper, pour enfumer, mais aucune sanction réelle contre le Rwanda, qui soutient ce mouvement. Alors la vie d’un Congolais, chers collègues, vaut-elle moins que la vie d’un Ukrainien? Pire: le Rwanda reste un partenaire de la facilité européenne pour la paix, cet instrument qui sert en réalité à livrer des armes. Vingt millions pour le Rwanda! Mais quelle hypocrisie! Quel décalage entre les paroles et les actes, ici! Pourquoi l’Europe agit-elle de la sorte? Clairement, il y a des intérêts derrière: l’Europe a besoin du cobalt, du coltan, des ressources, des richesses, des matières premières que l’on trouve en République démocratique du Congo. Dès lors, un Congo affaibli, voire balkanisé, convient très bien à certains gouvernements européens. Le Rwanda fait ainsi le jeu des Occidentaux en facilitant le pillage du Congo, notamment dans l’Est. Il faut que cela cesse maintenant.
Une stratégie industrielle de l'UE pour stimuler la compétitivité industrielle, les échanges commerciaux et la création d'emplois de qualité (débat)
Monsieur le Président, nous risquons une nouvelle désindustrialisation en Europe. Ce risque est aggravé aujourd'hui par la politique des États-Unis qui, à travers toutes sortes de subventions, tentent de délocaliser l'industrie européenne et ajoutent également des appels téléphoniques pour dire: «Venez investir avec nous et non plus en Europe.» Nous sommes donc en crise et les États-Unis tentent de nous pousser encore plus loin. Les États-Unis n’ont ni amis ni alliés, ils n’ont que des intérêts. Et si nous voulons construire une Europe autonome, nous ferions bien de ne plus être aussi naïfs et aussi suivistes vis-à-vis des États-Unis. Alors, quelle sera la réponse européenne? Pour l’instant, je vois surtout des vieilles recettes qui ont échoué et des avantages fiscaux et des subsides pour les multinationales dans l’espoir que celles-ci seront gentilles avec nous et qu’il restera des miettes aux travailleurs. Ce modèle a échoué. Nous avons besoin d’un changement de cap public pour vraiment reprendre en main les rênes de la politique industrielle en Europe. Osons penser à la renationalisation de certains secteurs et obligeons les entreprises à intervenir, à investir dans l’énergie verte.
Faire face à la crise du coût de la vie: augmenter les salaires, imposer les bénéfices, faire cesser la spéculation (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, la revue The Economist – votre revue, la revue libérale et capitaliste de l’Union européenne et de l’Europe, que vous lisez tous – a calculé que, cet hiver, jusqu’à 185 000 personnes de plus pourraient mourir de froid, non pas uniquement à cause du froid, mais aussi à cause de votre inaction. Votre inaction sur le blocage des prix de l’énergie: on vous demande un blocage du prix du gaz depuis un an. Comment est-ce que vous voulez que les gens fassent confiance à l’Union européenne, s’ils doivent attendre un an et potentiellement crever à la maison parce qu’ils ne savent pas payer la facture? Votre inaction sur les surprofits des multinationales: ah, taxer vos potes les multinationales, c’est toujours trop compliqué, même quand ils font des surprofits et même quand les gens ne s’en sortent plus. Mais est-ce que vous n’avez pas honte de laisser faire cela? Ne soyez pas surpris quand les gens sortent dans la rue, font grève et se mobilisent pour vous mettre devant vos responsabilités. Parce que c’est cela qu’il faut faire aujourd’hui, vous mettre la pression, sinon vous n’écouterez jamais.
Perspectives d'une solution fondée sur la coexistence de deux États pour Israël et la Palestine (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, ce week-end, une jeune fille de 16 ans était assise chez elle à Jénine, en Palestine. Quand elle a entendu les gens crier dehors, elle est allée sur le toit pour voir ce qui se passait. Et sur le toit de sa propre maison, un soldat israélien a tiré sur elle et l'a tuée; deux balles au visage, une au cou, une à l'épaule. Jana Zakarneh, une enfant innocente, une autre tuée. Cette année, les forces israéliennes ont assassiné plusieurs dizaines d'enfants palestiniens, continuent de détruire des écoles et des maisons palestiniennes, et volent, occupent toujours plus de terres. Mais que fait l'Union européenne? Rien! Pire encore, cela intensifie les relations avec Israël. Vous parlez des droits de l'homme, mais vous laissez Israël tuer en toute impunité. Cette hypocrisie me dégoûte!
Soupçons de corruption de la part du Qatar et nécessité, plus largement, de transparence et de responsabilité au sein des institutions européennes (débat) (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, un million et demi d’euros récupérés et de nombreux bureaux perquisitionnés, sous scellés, dans ce Parlement – probablement la partie émergée de l’iceberg. En effet, le problème est structurel. Je me rappelle qu’à chaque fois que nous proposions de réduire les revenus des députés, vous nous répondiez: «Non, les députés, il faut bien les payer, parce que sinon, ils se feront corrompre.» Vous me l’avez chanté en boucle pendant des années, et clairement, cela n’a pas marché. Des eurodéputés corrompus illégalement par le Qatar, ce serait extrêmement grave. Mais des députés influencés légalement par des lobbies, des multinationales, des portes tournantes et des mandats dans des conseils d’administration, c’est grave aussi. En dat is een probleem hier met de geldcultuur. Te weinig, nauwelijks, geen transparantie, een cultuur van totale straffeloosheid: daar spreekt Transparency International over. Met die hoge lonen verliezen parlementsleden hun realiteitszin. De meesten flirten liever met de bourgeoisie dan te leven zoals de gewone mensen. Het is hoog tijd dat politici het volk leren dienen in plaats van hun eigen zak of de multinationals.
C’est l’Europe - Débat avec Robert Golob, Premier ministre slovène (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, bienvenue à un PDG, à un patron d’entreprise qui devient directement Premier ministre. C’est évidemment quelque chose! De ce fait, je vais aborder avec vous un élément qui a été absent de votre intervention, c’est la question du dumping social. Mijnheer de eerste minister, kent u het concept van sociale dumping? Dat gaat over werknemers, vakmensen, die – vaak via ellenlange onderaannemingsketens, via detachering, interimagentschappen, nepbedrijven – naar een ander land gestuurd worden om daar vaak aan slechtere voorwaarden, minder brutoloon, tewerkgesteld te worden. Dat kadert allemaal in wat men in de Europese Unie het “vrij verkeer van diensten” noemt. Et ce dumping social, aujourd’hui, passe notamment par des différences de cotisations sociales et de salaire brut. Les cotisations sociales sont alors payées dans le pays où le contrat a été signé, plutôt que dans le pays où le travail est effectué. Voor bedrijven is dat vaak interessant, want zij krijgen veel hogere winsten en ze betalen lagere socialezekerheidsbijdragen. Voor werknemers is dat een drama. Het Borealis-schandaal in Antwerpen toont dat dit ook steeds vaker gaat over niet-Europese werknemers, werkkrachten die schaamteloos worden uitgebuit, die dan via Hongarije naar Portugal worden gestuurd om in Antwerpen of België terecht te komen. Il y a du dumping social, vous le savez, dans différents secteurs: transports, construction… Beaucoup trop de secteurs. En uw land speelt daar vaak een grote rol in, zodanig zelfs dat een Europese vakbondsfederatie klacht indiende tegen Slovenië. Misschien gebeurt dat onder druk van grotere landen of andere landen die de Sloveense regering daartoe aanzetten, maar toch. J’ai regardé les chiffres. Près d’un tiers des travailleurs de la construction en Slovénie sont envoyés à l’étranger, pourcentage le plus élevé de l’Union européenne. Six travailleurs détachés de Slovénie sur dix sont des ressortissants de pays non européens, ou pour le moins non membres de l’Union européenne. C’est-à-dire que les entreprises établies en Slovénie vont chercher des travailleurs à l’étranger, non pas parce qu’elles en ont besoin, mais pour les envoyer tout de suite dans d’autres États membres, les exploiter à fond et faire plus de profit, tout simplement – et au passage, détruire le droit du travail. Ce système exonère un montant de 128 millions d’euros de cotisations sociales. C’est un véritable hold-up sur la sécurité sociale, soyons honnêtes, et on ne parle encore que d’un pays. Ik was in uw land, in Slovenië, ongeveer een jaar geleden, onder de vorige regering. Ik had daar een ontmoeting met Sloveense vakbonden en zij toonden mij iets dat mij serieus geschokt heeft. In een gebouw van een ministerie – hetzelfde gebouw als een ministerie – had je een lijst met postbusbedrijven. Dat wou zeggen dat je dus één postbus hebt met een ellenlange lijst van bedrijven die daar officieel gevestigd zijn, maar die natuurlijk niet daar werken, maar wel elders hun activiteiten ontwikkelen. Dus in het gebouw van een ministerie! Alors, Monsieur le Premier Ministre, le dumping social, que ce soit par le détachement ou par la sous-traitance, est un problème aujourd’hui en Europe. Les solutions existent, nous le savons. Il s’agit notamment de conditionner la libre circulation des services à des garanties sur les conditions de travail, au principe «à travail égal, salaire égal», au refus de toute discrimination entre salariés selon l’endroit où a été signé le contrat, et, je pense aussi, à l’élaboration d’une directive européenne sur la limitation des chaînes de sous-traitance, qui ne servent qu’au dumping social. Alors une question, Monsieur le Premier Ministre: que va faire votre gouvernement pour changer le rôle fondamental que joue la Slovénie dans le dumping social?
Déplacement forcé de personnes en raison de l'escalade du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo
Monsieur le Président, il est avéré maintenant, depuis des années, même par les Nations unies, que le gouvernement rwandais soutient les rebelles du M23 au Rwanda. Des rebelles qui sèment la terreur et la mort en République démocratique du Congo, notamment à l’est, où ce conflit a déjà fait des millions de morts. Nous savons donc toute la responsabilité du gouvernement rwandais. Et alors, que fait l’Union européenne? Que font les pays européens? On s’attendrait à des sanctions. C’est la réponse que l’Union européenne a souvent quand on voit ce genre d’action de la part d’un pays contre un autre. Mais non, non. Les gouvernements européens décident aujourd’hui de renforcer leur coopération militaire avec le Rwanda. La France, notamment, annonce un renforcement de sa coopération militaire. L’Union européenne va donner 20 millions au Rwanda pour sa participation au Mozambique. Et les États-Unis, vous le savez depuis longtemps, sont un partenaire très important du Rwanda. Tandis que vous savez qu’aujourd’hui, si un État veut vendre des armes à la République démocratique du Congo, il doit le notifier aux Nations unies, ce qui ralentit, voire empêche évidemment la livraison des armes à un pays trop souvent et si souvent agressé. Cette politique – où on dit en mots, en paroles que nous respectons la souveraineté congolaise, mais en réalité, notre politique l’entrave et la sape – est inacceptable. Il faut cesser ça tout de suite parce que nous avons besoin, et les Congolais ont besoin, de paix aujourd’hui.
Préparation du Conseil européen des 20 et 21 octobre 2022 (débat)
Monsieur le Président, à Anvers, une mère et sa fille sont mortes d'un empoisonnement au CO parce qu'elles avaient chauffé leur maison avec un barbecue. Toujours à Bruxelles, capitale de l'Union européenne, une mère et deux enfants empoisonnés au CO ont été emmenés à l'hôpital parce qu'ils utilisaient un barbecue pour se chauffer en raison des prix élevés à l'intérieur. Qu'entends-je des institutions européennes, des représentants du Conseil, de la Commission? Que nous ne devrions pas laisser les prix chuter trop, parce que sinon cela pourrait encourager les gens à consommer trop, à consommer plus. Non, ce n'est pas le cas! Dans quel monde vivez-vous? Sérieusement, qu'est-ce que c'est? Ces salaires de 32 000 euros vous font-ils oublier ce qui se passe dans le monde? Fermer les boulangeries, les boucheries... Les gens sont désespérés! Nous devons maintenant faire baisser les prix et faire payer les multinationales, qui paient pour vos multinationales sacrées. C'est le problème maintenant!
Madame la Présidente, très vite, chers collègues, quelle est la différence entre un jardin et une jungle? Un jardin est un endroit agréable où les êtres humains civilisés se promènent. Une jungle est le cœur de l'obscurité où vivent les animaux sauvages. Maintenant, beaucoup de gens en Afrique, en Asie, en Amérique latine se souviennent très bien comment, au nom de la civilisation, le colonialisme européen les traitait comme des animaux sauvages, les asservissant, les torturant et même les exposant dans des zoos humains. Par conséquent, lorsque le plus haut diplomate de l'Union européenne compare l'Europe à un jardin, mais surtout au reste du monde, à une jungle, le message que ces gens entendent est que l'Europe est toujours animée par le néocolonialisme. Nous ne pouvons pas laisser passer ce message. Par conséquent, je vous demande d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour de la discussion de mercredi.
La situation au Burkina Faso à la suite du coup d'État (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, 2021: deux coups d’État au Mali; 2022: deux coups d’État au Burkina Faso. Le gouvernement militaire n’est évidemment jamais une solution, mais ces coups d’État dans la région du Sahel ne tombent pas non plus du ciel. Et c’est vraiment, je trouve, trop facile de dire que tout est la faute des Russes. Il faudrait alors expliquer pourquoi cette propagande russe, bien réelle, a autant de succès et séduit. Ces coups d’État, et cela il faut le dire, surviennent sur fond de colère populaire profonde. Une colère directement liée aux conséquences désastreuses de l’intervention militaire en Libye, qui a déstabilisé toute la région. Une colère qui aussi découle des interventions militaires européennes, qui, de Barkhane à Takuba, ont toutes échoué. Une colère liée au fait d’être pauvre dans des pays qui sont riches, mais qui se font dépouiller par les multinationales européennes. Une colère, enfin, liée à l’impact du franc CFA sur les conditions de vie et sur la dimension sociale de ces pays. En somme, la colère face au néocolonialisme européen. Après le blocage d’un convoi militaire français il y a de cela quelques mois, un étudiant burkinabé l’expliquait bien – et je lis: «La population burkinabée et la jeunesse ne sont pas contre la France, mais contre le système français. On nous parle d’accords gagnant-gagnant, mais nous, ce qu’on voit, c’est une relation de maître à esclave, même si c’est un langage un peu abusif, en tous cas de patron à prolétaire.» C’est cette attitude-là que les peuples africains n’acceptent plus, et c’est avec cela que nous devons rompre. Il est vraiment temps d’écouter les Africains eux-mêmes.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, la semaine dernière, j'étais à Anvers et j'y ai rencontré des travailleurs qui y ont construit une nouvelle usine à Borealis. Ils ont été recrutés par une société italienne, IREM. Ce sont des gens fiers, des gens qualifiés avec de l'expérience et des gens qui aident à construire notre pays et notre continent. Ils venaient du Bangladesh, de Turquie, d'Ukraine. Avant de venir ici, ils ont été séduits par toutes sortes de fausses promesses et parfois même par de faux contrats à travers une chaîne de sous-traitants; ils sont ensuite passés par la Hongrie – sans emploi, sans salaire – pour se rendre au Portugal. Pas de travail, pas de salaire, presque pas d'argent à manger. Puis à Anvers: exploités et menacés. Onze heures par jour, six jours par semaine! Oui, tout à fait inconcevable que cela puisse se faire au sein de l'Union européenne, et certaines règles au sein de l'Union européenne facilitent cela! Par exemple, pourquoi ne pas limiter le nombre de niveaux de sous-traitance à un seul niveau? Ou pourquoi ne rendons-nous pas le principal responsable des salaires et des conditions de travail? Tu devrais pouvoir le faire maintenant, non?
Mise en œuvre de la nouvelle stratégie industrielle actualisée pour l’Europe: aligner les dépenses sur les politiques (débat)
Madame la Présidente, ce que je remarque, chers collègues, c’est que vous avez réussi la prouesse ce matin de parler d’industrie sans parler des travailleurs. Pourtant, ce sont les travailleurs qui créent la richesse et sans travailleurs, il n’y a simplement pas d’industrie. Mais d’ailleurs, c’est votre jour de chance parce qu’à travers l’Europe, les travailleurs, les syndicats offrent des alternatives à la politique industrielle européenne actuelle. Parce que cette politique industrielle européenne actuelle, elle fait quoi? En gros, sa philosophie, c’est de donner un maximum d’incitants, de soutiens, de subsides aux grandes multinationales en priant, en espérant qu’en échange elles investissent, elles maintiennent l’emploi, etc. Espoir souvent déçu parce que les multinationales empochent et puis ferment, elles s’en vont quand même et délocalisent au nom du marché et de la compétitivité. Dat kan anders, collega’s, laten we even naar Nederland kijken, naar IJmuiden. De fabriek van Tata Steel, waar de vakbond er dankzij een 24 dagen lange staking in geslaagd is om het bedrijf te dwingen niet alleen jobs te behouden, maar ook te investeren in de klimaattransitie door te zeggen: “We gaan bijvoorbeeld kool vervangen door groene waterstof voor de productie van ijzer en staal.” Goed voor het klimaat, goed voor de jobs én voor de toekomst van de industrie in Europa. En dat soort voorbeelden zijn er in heel Europa. Het gaat om krachtverhoudingen. Alors plutôt qu’à chaque fois céder aux caprices du patronat qui ne pense qu’à inonder de milliards ses actionnaires, plutôt que de vendre pour politique industrielle ce qui est en réalité une politique de subsides du grand patronat, essayons de prendre ça en main publiquement et sérieusement et reprenons les rênes de la politique industrielle en Europe.
Réponse de l’UE à la hausse des prix de l’énergie en Europe (débat)
Madame la Présidente, un an que les prix explosent! Un an que les gens ont peur de voir arriver chez eux leurs factures et un an que ça blablate à l’Union européenne sans que ça ne change absolument rien aux factures des gens. Et même aujourd’hui, vous n’êtes pas prêts à proposer un blocage du prix du gaz, vous n’êtes pas prêts à bloquer les factures des gens et vous proposez un plafond pour les prix de l’électricité qui est tellement élevé que les entreprises multinationales vont continuer à faire des surprofits. C’est quand même trop dingue! Clairement, vous ne captez pas l’urgence des gens. Et je comprends: vous, vous gagnez quoi? De 10 à 20 000 euros par mois? Pour vous, une facture c’est rien, mais pour les gens, c’est un cauchemar au quotidien. Et il ne faut pas essayer de nier la responsabilité du monde politique européen parce que tous, de la droite aux écologistes, ont dit: «Nous devons donner tout ce pouvoir à quelques multinationales». Donc on a libéralisé le marché, ça allait garantir des prix bas, ça allait garantir tout ce qu’on voulait. Eh bien à la fin, aujourd’hui, on le voit: votre marché est un échec et les gens en paient la facture tous les jours. Alors revenons, reprenons le contrôle public sur ce secteur.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chers collègues, en un seul mois, Israël s’est rendu responsable de 46 morts à Gaza, dont 16 enfants, et de 360 blessés. De la situation de 1 200 personnes à Masafer Yatta, en Cisjordanie, qui sont menacées d’expulsion, d’êtres chassées de leur maison. De cette ONG à Ramallah, qui a été attaquée et fermée alors qu’elle défend, entre autres, les droits des enfants. D’attaques aériennes, de bombardements sur les aéroports des villes syriennes de Damas et Alep, et des aveux de violations répétées de l’espace aérien iranien. Et comment réagit ce Parlement? Silence, il se tait. Pourtant, il aime tellement parler du droit international, des droits humains, etc. Rien, quand il s’agit d’Israël. Les crimes israéliens ne sont même pas à l’ordre du jour, imaginez-vous! Tandis que si un autre pays avait fait la moitié du quart de ce qu’a fait Israël, on aurait demandé des sanctions tout de suite. Alors, chers collègues, une question: jusqu’où doit aller Israël avant que vous ayez le courage de condamner et de sanctionner ces actes et ces violations du droit international?
Taxation des bénéfices exceptionnels des entreprises du secteur de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, ma question est simple: pouvons-nous dire aux gens les choses telles qu’elles sont? Parce que ce à quoi nous assistons aujourd’hui, il faut le dire, c’est un braquage, un hold-up sur le portefeuille. Le portefeuille se vide, les prix explosent, mais où va cet argent? Où va-t-on le trouver? On va le trouver dans les caisses des multinationales qui font des surprofits, c’est-à-dire des profits supplémentaires en plus des profits qu’elles font déjà normalement. Donc elles font évidemment des surprofits sur l’énergie, mais aussi sur nos caddies, sur la bouffe, et cetera. Ça, c’est des milliards de surprofits dans la poche. Bingo, comme à chaque crise. C’est ça, le capitalisme! Face au désastre, il y a les gens qui douillent et il y a les multinationales qui nous dépouillent. Et là, ça suffit, basta! Rendons cet argent aux gens, taxons ces surprofits. Et la Commission européenne ne doit pas venir avec une proposition Canada Dry ou Coca Light: tout surprofit est inacceptable. On ne peut pas accepter de profiter de la misère de la crise. On ne laissera plus passer.
Monsieur le Président, merci à la Commission européenne. En fait, ce rapport se plaint d’une perte d’influence, d’une érosion d’influence des pays européens et de l’Union européenne dans le monde. Je pense qu’il sera applaudi au sein de la maison, mais je pense qu’en dehors, il fera un peu rire. Premièrement, quand je lis que l’Union européenne devrait avoir un siège permanent en plus des sièges qu’ont déjà les pays européens au Conseil de sécurité des Nations unies, je me dis que l’Inde, qui compte 1 milliard d’habitants, va un peu rigoler en se disant «pourquoi pas nous?». Deuxièmement, quand vous parlez d’une perte d’influence et du fait qu’on n’a pas assez d’influence dans le monde, je pense aux gens en Afrique de l’Ouest qui se battent contre l’impérialisme français ou l’impérialisme des pays européens pour se libérer. Ils riront aussi un peu jaune en lisant ce rapport. Je pense que plutôt que de parler d’influence, il faudrait parler de respect, il faudrait écouter l’autre: c’est ça, le multilatéralisme. Ce n’est pas imposer sa volonté aux autres, mais écouter l’autre et avoir des relations d’égal à égal. C’est comme ça qu’on construira un monde de paix, de solidarité et de coopération, et non pas en imposant notre influence et notre rôle.
Vers une action européenne commune en matière de soins (débat)
Monsieur le Président! Vous parlez de l'état d'urgence et de l'importance des soins en Europe. Et c'est vrai, bien sûr. Mais ne soyons pas aveugles, ne soyons pas silencieux ici sur le fait que c'est le résultat d'une politique concrète. Tout d'abord, les politiques d'austérité que vous imposez aux États membres depuis des années. Et aujourd'hui, les forces du marché sont de plus en plus introduites dans les soins de santé. Les forces du marché sont en contradiction avec une bonne prise en charge publique, car il s'agit d'économiser des coûts et de maximiser les profits. Ensuite, le personnel doit le faire avec de moins en moins de ressources et avec de moins en moins de personnel. Et puis les gens qui ont besoin d'être soignés ne peuvent prendre une douche qu'une fois par semaine et ils ne reçoivent pas assez de matériel hygiénique et ainsi de suite. Nous devons donc rompre avec ce marché. La solution consiste à accroître les investissements publics et à rompre clairement avec la politique que vous avez menée jusqu'à présent. C’est ce que j’attends de chaque stratégie européenne en matière de soins: rompre avec la logique de privatisation et assurer une prise en charge publique massivement bonne.
Conclusions du Conseil européen extraordinaire des 30 et 31 mai 2022 (débat)
Monsieur le Président, je vais poser une question au président du Conseil européen, Charles Michel, et à la présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen. Les prix montent en flèche. Les gens ne peuvent plus payer leurs factures. La nourriture, en effet, mais aussi l'électricité. Et depuis octobre, vous jouez au ping-pong entre les différentes institutions sur qui va bloquer quand les prix, parce que c'est ce que les gens veulent. Les gens disent: «Ces prix sont trop élevés. Bloquez-les.» En octobre, la Commission a déclaré aux États membres: "Vous pourriez bloquer les prix." Ensuite, il y aura un sommet à Versailles de tous les chefs de gouvernement et ils joueront le ballon de retour à la Commission, en disant: «Faites une proposition!» La Commission joue à nouveau le jeu: «Vous pourriez faire quelque chose à propos de ces prix.» Quand allez-vous bloquer ces prix? Quand cela arrivera-t-il enfin? Les gens attendent ça. Quand il s'agit d'aider les multinationales, c'est toujours rapide. Mais pour les gens, ça attend... Ping, pong, ping, pong! J'aimerais une réponse à cela.
La politique étrangère, de sécurité et de défense de l’Union après l’invasion de l’Ukraine par la Russie (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, selon vous, les Africains n’ont rien compris, les Indiens sont à la ramasse et les Chinois n’en parlons pas! Ce que vous voulez voter, c'est un texte qui, en fait, infantilise la moitié du monde. Vous constatez qu’une bonne partie du monde n’est pas d’accord avec la politique européenne en matière d’Ukraine et de Russie, et du coup vous dites que vous allez leur expliquer que la guerre russe en Ukraine, c’est vraiment grave. Non, mais… expliquer… comme si c’étaient des enfants. Non, ils ont bien compris. C’est juste que, sur certains points, ils ne sont pas d’accord. Ils vous reprochent notamment votre manque d’efforts diplomatiques pour arrêter la guerre, ils vous reprochent l’impact négatif des sanctions sur les travailleurs partout dans le monde, et, finalement, ils reprochent à l’Europe le «deux poids, deux mesures». Quand la Russie attaque l’Ukraine, l’Europe sanctionne, évidemment. Mais quand les États-Unis bombardent l’Irak, pas de sanctions, quand l’Arabie saoudite bombarde le Yémen, pas de sanctions, quand nous-mêmes, l’Union européenne, bombardons et détruisons la Libye, pas de sanctions, et quand Israël colonise la Palestine, pas de sanctions. C’est deux poids, deux mesures. Cette hypocrisie-là, c’est ce que les peuples du monde vous reprochent. Si, justement, vous voulez leur soutien, écoutez-les, tout simplement. Ça, ce serait une alternative.
Le plan REPowerEU: solidarité européenne et sécurité énergétique face à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et à l'arrêt récent de l'approvisionnement en gaz de la Pologne et de la Bulgarie (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, un grand plan européen pour l’énergie, et qui est oublié? Les travailleurs. Encore une fois, pas une mesure forte pour faire baisser les prix – pas une mesure forte! Pas de grand blocage des prix, pas de levée des minimas sur les accises ou la TVA… non, rien. Au contraire, vous dites même que votre politique va faire augmenter encore les prix de l’énergie. Mais ce n’est pas possible, les travailleurs n’en peuvent plus. Et pourquoi? Parce que vous dites ne plus vouloir financer la guerre russe en Ukraine. OK, mais ça ne vous dérange pas de financer l’occupation israélienne de la Palestine en achetant du gaz israélien ou de financer la guerre saoudienne au Yémen en achetant du pétrole saoudien? Ce n’est pas une politique. Vous sacrifiez les travailleurs pour des objectifs géopolitiques. En plus, vous sacrifiez le climat. Vous avez décidé de relâcher des millions de tonnes de CO2 dans le cadre du marché de carbone. Cela revient à sacrifier et le social et le climat. Au nom de quoi? Pour quel résultat? Le moment est venu de changer le cours des choses. Il faut vraiment que nous investissions massivement et publiquement dans les renouvelables, sinon nous n’y arriverons pas. Il faut en outre bloquer les prix à leur niveau d’avant la crise.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chaque fois que le Parlement européen se réunit, nous parlons des droits de l'homme, nous votons des résolutions, souvent assorties de sanctions. La Russie, bien sûr, la Chine, la Biélorussie, et ainsi de suite. Mais ce qui me frappe, c'est que depuis que je suis devenu membre du Parlement européen, nous n'avons pas encore voté une seule résolution condamnant Israël. Pas une seule fois une résolution sur les sanctions contre Israël. Même maintenant, après le meurtre de ce journaliste palestinien, l'attaque des funérailles, la prise de maisons palestiniennes par des colons israéliens, l'enfermement d'enfants: Même alors, aucun groupe traditionnel n'appelle à des sanctions contre Israël. C'est tabou ici, s'attaquer à Israël. Cela signifie bien sûr que l'Union européenne perd sa crédibilité dans la lutte pour les droits de l'homme. C'est tout à fait incroyable, parce que nous disons alors que si un pays ne fait pas ce que nous voulons, nous nous plaindrons des droits de l'homme, de la démocratie. Mais si un pays fait ce que nous voulons, si un pays nous suit aveuglément et sert nos intérêts géopolitiques, alors nous sommes silencieux et ce pays peut tout se permettre. Ce n'est pas défendre les droits de l'homme, c'est abuser des droits de l'homme pour notre propre agenda géopolitique. Et c'est inacceptable.
Orientations pour le budget 2023 – Section III (débat)
Ça ne m’étonne pas qu’il y ait des députés qui s’inquiètent eux-mêmes pour leurs sous. Et je vais vous dire, Monsieur le député, c’est très facile: moi, depuis le début de mon mandat, je vis avec un salaire moyen de travailleur belge. Vous devriez peut-être prendre exemple et vous voteriez de meilleurs textes. Deuxièmement, par rapport à votre insinuation absolument honteuse, vous savez que nous n’avons rien à voir avec Poutine. Nous sommes de l’autre côté de l’Assemblée. Vous devriez avoir honte de cette insinuation.
Orientations pour le budget 2023 – Section III (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ce qui est dingue, dans cette Europe, c'est que quand c'est pour trouver de l'argent pour la guerre, on en trouve tout de suite, partout. Quand c'est pour filer de l'argent, de la thune, aux multinationales et aux banques, aucun problème: on n'en manque jamais. Mais quand c'est pour les gens, pour les travailleurs, alors c'est «tranquillou bilou». Facture impayable: «tranquillou bilou». Taxe injuste, c’est pareil: «tranquillou bilou». Mais les gens ne sortent plus la tête de l'eau, il faut s'en rendre compte. Mais vous ne vous en rendez pas compte. Monsieur le Commissaire, vous gagnez combien par mois? 25 000 euros par mois? La présidente de la Commission européenne, c’est 30 000 euros par mois. 30 000 euros! Vous avez déconné. Hors sol, totalement. Je pense qu'il est franchement temps qu'on vous remette un peu les pieds sur terre, qu'on coupe dans vos salaires pour que vous compreniez un rien de ce que vivent les travailleurs en Europe aujourd'hui et que vous changiez fondamentalement les priorités, parce qu'on n'en peut plus. (L’orateur accepte de répondre à une question « carton bleu »)
Transparence et normes administratives - Le traitement des demandes d'accès du public sur la base du règlement (CE) nº 1049/2001 (débat)
Monsieur le Président, nous avons tous entendu la médiatrice parler de mauvaise gouvernance. Et nous avons découvert autre chose: non seulement pendant les négociations entre «Big Pharma», Pfizer et la Commission européenne, la présidente de la Commission européenne envoyait des petits SMS au PDG de Pfizer, mais en plus, plus elle envoyait des SMS, plus le prix augmentait. En effet, on paye maintenant plus cher la troisième dose que la première dose. Ça, c’est quand même louche. Vous envoyez des SMS pendant les négociations et le prix augmente. L’objectif devrait quand même être le contraire. On s’est donc demandé est-ce que, potentiellement, la Commission européenne n’était pas en train de nous arnaquer, est-ce qu’elle n’était pas en train d’organiser un hold-up sur la sécurité sociale en filant ses sous à des amis de Big Pharma, de Pfizer, etc. Des citoyens se sont alors souvenus – effectivement, cela a été dit –, de ce règlement qui permet de demander l’accès public aux documents (c’est-à-dire que chacun des citoyens que vous êtes censés représenter peut demander l’accès à des documents, quel qu’en soit le support, qu’ils soient sur papier ou stockés sous forme électronique), et c’est ce que des citoyens ont fait. Et vous, vous avez répondu. Et vous avez répondu quoi? Non, désolé, on a effacé peut-être, parce que cet accès du public ne vaut pas pour des messages qui sont éphémères ou de courte durée. Je le concède, c’est bien trouvé. C’est cyniquement brillant: en effaçant une information, elle devient éphémère, et puisqu’elle est éphémère, vous avez le droit de l’effacer. Écoutez, c’est bien trouvé. C’est, quelque part, une master class de mauvaise foi que vous avez donnée. Nous ne saurons probablement jamais ce qu’il y a dedans. Nous devons revoir les règles, bien sûr, mais les meilleures règles ne servent à rien si vous n’avez pas l’intention de les appliquer, d’en respecter l’âme et la finalité. En fait, ce que vous dites aux gens – et je trouve que c’est grave –, c’est qu’on ne peut peut-être pas vous faire confiance et que les institutions européennes vont finalement trouver l’entourloupe pour éviter toute transparence. Et ça, ça va se payer cash.