Révision du système d’échange de quotas d’émission afin de soutenir la compétitivité européenne (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ETS. Quand ce système a été créé pour faire payer les entreprises pour le carbone qu'elles émettent, il y a maintenant plus de vingt ans, c'était dans l'esprit de créer un marché mondial du carbone qui n'a jamais été constitué. C'était pour donner un signal-prix qui imposerait la décarbonation. Mais le signal-prix, aujourd'hui, existe déjà. Nous voyons ce qui se joue dans le monde qui nous entoure et il suffit de regarder les prix à la pompe pour comprendre que, déjà aujourd'hui, utiliser de l'énergie fossile coûte très cher. Est-ce que les collègues, ici, entendent tous le même cri de détresse qui nous vient des familles en Europe qui peinent à vivre, à assurer les moyens de leur subsistance quotidienne, qui, pour beaucoup d'entre elles, devront renoncer à partir en vacances cet été ou à se retrouver? Est-ce que tous les collègues entendent le cri de détresse de l'industrie européenne, qui est sur le point, dans bien des régions, de mettre la clé sous la porte, faute d'avoir les moyens de continuer à produire? Nous avons entendu qu'il n'y a pas de planète B, mais à entendre ce débat, je me demande si certains collègues ne vivent pas déjà sur une planète B. Dans la réalité de la planète A, dans la réalité de cette planète, l'Europe est déjà le continent qui a fait les efforts les plus importants pour la décarbonation. Tout ce que nous ferons contre les entreprises européennes, nous le ferons contre la cause du climat. L'Europe a tous les moyens aujourd'hui pour réussir à retrouver la prospérité et à assurer sa responsabilité à l'égard du climat. Pour cela, il suffit qu'on la laisse produire, qu'on laisse les entreprises, qu'on laisse les savoir-faire, qu'on laisse les compétences, qu'on laisse notre énergie nucléaire, que les mêmes écologistes ont attaquée avec férocité alors qu'elle produit l'électricité la plus décarbonée d'Europe, qu'on laisse tous ces atouts de l'Europe se déployer pour permettre à notre continent de retrouver sa capacité de produire, de rayonner et d'assurer sa responsabilité pour l'avenir.
Situation au Liban: mise en œuvre du cessez-le-feu et soutien aux efforts de paix et à l'accès humanitaire (débat)
Monsieur le député, vous pouvez crier tant que vous voudrez, la vérité c'est que chaque victime civile est évidemment une tragédie. La seule chose étonnante, c'est que vous ne voyez pas de crimes de guerre là où pourtant le droit international humanitaire les condamne de manière parfaitement explicite. Quand le Hezbollah – comme le Hamas, que vous avez également couvert – va se cacher au milieu des populations civiles, précisément pour en faire des boucliers humains, ça, c'est un crime de guerre, Monsieur le député. Pour le reste, vous savez, vous pouvez vouloir semer la guerre. Mais, aujourd'hui, le Liban est en train de discuter avec Israël dans un processus de paix historique dont nous pouvons espérer qu'il ira jusqu'à son terme. Vous couvrez le Hezbollah, vous couvrez la guerre qu'il lance; nous voulons la paix et la sécurité pour le peuple libanais. C'est peut-être ce qui nous différencie ici.
Situation au Liban: mise en œuvre du cessez-le-feu et soutien aux efforts de paix et à l'accès humanitaire (débat)
Israël n'a aucune revendication territoriale au Liban, aucune. Israël n'aurait pas mis un pied au Liban et n'aurait pas fait un seul tir vers le territoire libanais si le Hezbollah n'avait pas décidé d'attaquer Israël. Reconnaissez la réalité, cher collègue; vous refusez de la voir, mais c'est la réalité. Je me permets de dire une chose toute simple, cher collègue: toutes les victimes civiles que vous déplorez, elles sont liées à cette milice islamiste que, curieusement, jamais vous ne critiquez et que jamais vous n'attaquez, que jamais vous ne condamnez, alors qu'elle est la cause du malheur du peuple libanais aujourd'hui, et que c'est de cette cause-là qu'il faut libérer le Liban le plus rapidement possible.
Situation au Liban: mise en œuvre du cessez-le-feu et soutien aux efforts de paix et à l'accès humanitaire (débat)
Monsieur le Président, Florian Montorio, Anicet Girardin, deux soldats français morts il y a quelques jours sous le drapeau français et sous le casque bleu pour défendre le peuple libanais. Quelques jours plus tard seulement, le gouvernement français met sur le même plan Israël et le Hezbollah, en déclarant qu'il ne peut accepter ni Tsahal ni le Hezbollah. Quel symptôme plus inquiétant de la myopie française et européenne, quand il s'agit de comprendre ce qui est en train de se jouer aujourd'hui au Liban? On peut critiquer autant qu'on voudra le gouvernement israélien, mais rien n'empêchera ce fait simple, absolument incontestable: le Liban serait en paix et en sécurité, aucune victime civile ne serait à déplorer, si le Hezbollah n'avait pas lancé le Liban dans sa guerre suicidaire contre Israël pour obéir à l'Iran, dont il n'est que le proxy. Mettre sur le même plan l'armée d'un gouvernement démocratique avec une milice islamiste qui mène ses assassinats jusque sur le sol de nos propres pays, aujourd'hui, au profit du régime iranien; mettre sur le même plan Israël, attaqué par des centaines de tirs de roquettes depuis seulement quelques semaines, avec cette milice qui contrôle une grande partie du trafic de cocaïne mondial et est mêlée à toutes les mafias du crime organisé du monde, c'est de toute évidence manquer la réalité du mal qui gangrène le Liban aujourd'hui. Il n'y a qu'une seule chance pour le peuple libanais de retrouver la paix, la sécurité, de retrouver sa souveraineté et sa pleine démocratie: c'est le désarmement du Hezbollah dans le respect des décisions de la communauté internationale et des résolutions de l'ONU. C'est à cela que l'Europe et que la France doivent concourir aujourd'hui, concrètement, sur le terrain, par tous les moyens possibles.
La montée de la violence politique, notamment de la part des organisations d’extrême gauche (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Quentin Deranque avait 23 ans. Il a été assassiné. Sa mort n'est pas un accident – elle est une tragédie, bien sûr, et nous pensons aujourd'hui à sa famille, à ses amis –, mais sa mort est surtout un symptôme, le signe d'un mal plus grand. Ce mal, c'est celui que propage une extrême gauche qui n'a jamais renoncé à la pulsion totalitaire et qui considère toujours qu'il est finalement légitime de tuer quand c'est pour faire disparaître les vérités qu'elle n'aime pas qu'on lui rappelle. «Il l'avait bien cherché»: un professeur de Sciences Po a publié ce message la semaine dernière en parlant de Quentin Deranque. Il devra assumer cette phrase. Il devrait assumer aussi le slogan tagué cette semaine en France, d'une façade de Lyon jusqu'aux murs de la Sorbonne: «Sauve un copain, bute un Quentin.» Ce mal, tant d'étudiants le connaissent bien, qui subissent tous les jours, dans leurs amphis, insultes, pressions, intimidations. Et des professeurs aussi: Fabrice Balanche, menacé pendant son propre cours à Lyon II pour avoir décrit l'entrisme islamiste; Iannis Roder, du Mémorial de la Shoah, pourchassé dans Sciences Po Lyon aux cris de «sioniste»; Klaus Kinzler, protégé après que son nom a été pris pour cible sur la façade de Sciences Po Grenoble. Partout, la violence verbale et physique de ces milices qui se disent «antifas» mais qui sont le fascisme aujourd'hui. Le fascisme. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit. Quand une étudiante est empêchée d'aller en cours parce qu'elle porte un nom juif, de quoi s'agit-il? Quand tout près d'ici, en octobre dernier, la porte de Sciences Po Strasbourg porte en grandes lettres rouges «Gloire au Hamas», de quoi s'agit-il? Madame Hassan, quand vous relayez le message du Comité Palestine de la Sorbonne qui appelle à «dissoudre à l'acide» les militantes féministes de Némésis, de quoi s'agit-il? Il s'agit d'un permis de tuer. Et quand, après qu'elle a tué Quentin, Jean-Luc Mélenchon redit son affection pour la milice dont il a fait élire le chef à l'Assemblée, il s'agit d'un permis de récidiver. Maintenant, c'est terminé. Nous ne laisserons plus un pouce de terrain. Et c'est à vous que je voudrais parler ce soir, élus socialistes, élus verts. Quand George Floyd est mort, vous avez fait voter une résolution qui dénonçait au passage le racisme structurel des forces de police en Europe, qui n'y étaient pourtant pour rien. Est-ce que vous êtes capables aujourd'hui de rompre définitivement avec cette extrême gauche? Vous avez voté contre la tenue de ce débat ce soir. Vous devriez pourtant être avec nous pour dénoncer cette violence qui monte. Parce que le danger pour la démocratie, il est là, aujourd'hui.
Le Conseil européen et la situation au Moyen-Orient (discussion commune)
Monsieur le Président, à l'occasion de la guerre en Iran, la gauche se découvre une grande passion pour la défense du droit international. Mes chers collègues, qui parle du droit international? Qui parle des droits fondamentaux du peuple iranien opprimé par ce régime qui aujourd'hui tue pour survivre? Qui parle du droit de ces citoyens qui sont écrasés par la théocratie islamiste qui cherche à tout faire, y compris assassiner des enfants, torturer des manifestants pour pouvoir continuer de s'imposer au monde entier? M. Sánchez parle du droit international pour condamner les États-Unis, mais M. Sánchez condamnait-il les milices islamistes de l'Iran, celles du Hezbollah, qui a pris en otage le Liban pendant si longtemps, y compris par la mort et la destruction, organisant une guerre civile pour pouvoir s'imposer partout? M. Sánchez et le gouvernement socialiste espagnol ont-ils condamné les Houthis, condamné tous ceux qui, partout autour de l'Iran, organisaient la subversion pour empêcher ces pays de rester libres et de décider de leur destin? Chers collègues, ne soyons pas victimes de cette myopie qu'on voudrait nous imposer. Lorsqu'il y a quelques années, en mémoire de Mahsa Amini, nous tentions de faire interdire ces communications scandaleuses qui disaient «la liberté est dans le hidjab», c'est malheureusement à gauche que beaucoup tentaient de nous en empêcher. Le droit international commence d'abord par respecter la vérité. Et la vérité, c'est que le peuple iranien ne peut pas se libérer par lui-même, qu'il a besoin de notre aide pour pouvoir se libérer. Que le peuple libanais, que le peuple du Yémen, que même Israël et les civils palestiniens ont besoin que l'Iran voie enfin la liberté se réaliser pour pouvoir se libérer à leur tour. Et c'est cela qui devrait être la cause commune de l'Europe aujourd'hui.
La politique espagnole de régularisation à grande échelle et ses conséquences pour l'espace Schengen et la politique de l'UE en matière de migration (débat)
Monsieur le Président, aujourd'hui, Monsieur le Commissaire, nous venons de remporter une victoire essentielle pour protéger enfin l'Europe face à l'immigration illégale. Et que fait pourtant le gouvernement socialiste espagnol, montrant qu'il n'a rien compris de ce qu'attendent les citoyens dans tous nos pays? Il constitue un appel d'air monumental en décidant de régulariser publiquement au moins un demi-million d'immigrés illégaux en Espagne. Peut-être 800 000, qui le sait? Qui peut savoir qui sont ces personnes? Les vérifications de sécurité ne seront pas faites. Nous ne saurons pas s'ils sont auteurs de crimes ou proches du terrorisme et s'ils sont les vecteurs de l'islam politique qui menace nos pays demain. Ce n'est pas un danger seulement pour l'Espagne, même si la gauche se réjouit aujourd'hui qu'il s'agisse là de bras supplémentaires pour faire tourner l'économie, dans une vision parfaitement cynique de ce qu'est l'homme et de ce qu'est la société; ce n'est pas un danger seulement pour l'Espagne, c'est un danger pour toute l'Europe, car ces personnes entrées illégalement sur le sol espagnol pourront demain voyager dans tous nos pays. Amis espagnols, nous avons besoin de vous. Le vrai problème n'est pas de s'attaquer, je le dis à nos collègues de Vox, au Parti populaire (homonymie) qui lutte contre la politique de Sanchez. Le vrai problème, c'est la politique de Pedro Sanchez. Alors que Pedro Sanchez sera Premier ministre en Espagne, toute l'Europe sera en danger face à l'immigration illégale. Amis espagnols, aidez-nous. Amis espagnols, aidez-nous. Amis espagnols, aidez-nous, merci beaucoup.
Rétablir le contrôle des migrations: retours, politiques en matière de visas et coopération avec des pays tiers (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, chers collègues, j’aimerais répondre à M. Carême, qui vient d’interpeller le PPE et les Républicains sur l’effrayant agenda de droite radicale que représenterait le fait de vouloir mettre en œuvre une politique de retour enfin efficace en Europe. Monsieur Carême, je voudrais vous raconter l’échange que nous avons eu avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, avec notre collègue Malik Azmani, qui réunissait tous les représentants des groupes sur le texte dont nous parlons. Les représentants des Nations unies nous ont dit: «Nous avons besoin d’une politique de retour efficace en Europe, parce que, si nous voulons protéger les réfugiés, alors, il faut que ceux qui ne sont pas réfugiés s’en aillent. Et la vérité, Monsieur Carême, c’est que, à force de vouloir fermer les yeux sur l’impuissance de nos États à mettre en œuvre une politique efficace d’expulsion des personnes en situation irrégulière sur le sol de nos pays, vous avez en fait, à la fin, détruit le droit d’asile. Il y a aujourd’hui dans toute l’Europe 20 % des étrangers en situation irrégulière ayant reçu un ordre de retour qui repartent effectivement – 20 %! Que vaut un droit qui n’est respecté que par 20 % des gens? Que vaut une loi qui ne s’applique que dans 20 % des cas? La vérité, c’est que l’état de droit suppose que nous en finissions avec cette forme de non-droit qui a fini par s’imposer à coups d’application impossible des jurisprudences existantes. Nous avons le devoir de reprendre ensemble une politique efficace de retour pour faire en sorte que ceux qui sont irrégulièrement sur le sol de nos pays, ceux qui ont été déboutés du droit d’asile une fois, deux fois, trois fois finissent enfin par repartir. Sans cela, il n’y a plus de droit d’asile, et plus de droit du tout, en Europe.
La violente répression des manifestants en Iran (débat)
La question, Monsieur Botenga, c'est, en effet, «est-ce que nous sommes réellement solidaires du peuple iranien?» Soutenir ce régime, c'est effectivement mettre en danger le peuple iranien. Mais vous avez soutenu tous ses alliés, Monsieur Botenga. Vous avez soutenu le Hamas qui est l'allié de l'Iran. Vous soutenez le Hezbollah qui est l'allié de l'Iran au Liban. Vous avez soutenu toutes les milices qui, aujourd'hui, pilotées depuis l'Iran, oppriment et détruisent le Moyen-Orient. Vouloir la paix, c'est lutter contre l'islam politique et c'est ce que, malheureusement, l'extrême gauche ne sait pas faire.
La violente répression des manifestants en Iran (débat)
Monsieur le Président, Madame la Haute représentante, combien sont-ils? Des milliers, des milliers d'Iraniens morts assassinés. Des hommes désarmés, des femmes, des enfants trop nombreux, morts seulement parce que le régime qui les opprime a décidé qu'il ne survivait que par la terreur. Par la terreur et avec un mélange de complaisance et d'impuissance européenne. Complaisance d'une partie des forces politiques d'Europe. Je pense à l'extrême gauche qui, depuis le début de la révolution islamique, aura été du côté des bourreaux du peuple iranien et qui, aujourd'hui encore, s'émeut de ce que la présidente du Parlement ait interdit aux diplomates iraniens d'entrer dans ce Parlement. C'est Rima Hassan, de l'extrême gauche, qui aujourd'hui prend fait et cause pour les gardiens de la révolution. Impuissance aussi, parce qu'il y a maintenant trois ans, ce Parlement, à une écrasante majorité, a demandé que ces gardiens de la révolution soient classés comme une organisation terroriste. Aujourd'hui, des pays s'y opposent encore: la France, l'Espagne, l'Italie. Pourquoi? C'est évidemment d'une organisation terroriste que nous parlons, qui opprime non seulement le peuple iranien, mais aussi toute la région. Si ce régime tombe, chers collègues, ce sera l'équivalent, pour toute la région, pour tout le Moyen-Orient et pour tous nos pays, d'une nouvelle chute du mur de Berlin. Notre devoir est d'y travailler avec le peuple iranien.
Assassinat de Mehdi Kessaci: nécessité urgente d'une action ambitieuse à l'échelon européen contre le narcotrafic (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l’assassinat de Mehdi Kessaci n’est pas un fait divers. Ce n’est même pas seulement un crime de plus commis par le narcotrafic. Ce n’est même pas seulement une victime innocente de trop. C’est le signal d’alarme qui devrait réveiller toute la France et toute l’Europe. Mehdi Kessaci n’avait rien à voir avec la drogue. Il voulait devenir policier. Il est mort pour une seule raison: il était le frère d’Amine, qui combat ces réseaux criminels depuis des années après avoir perdu un autre frère, assassiné. Le courage d’Amine, présent ici ce soir, force l’admiration. Il a décidé de ne pas se taire et de ne pas faire comme si: comme si tout était normal quand les guetteurs vous accueillent en bas des tours, quand les criminels détournent une génération, quand les points de deal se gagnent à l’arme de guerre, quand les gangs s’affrontent devant des salles de classe au point qu’une école doit déménager – comme à Saint-Ouen – ou qu’un collège brûle – à Dijon, le week-end dernier. Amine a refusé le silence, et je l’admire pour cela – quoique nous ne soyons pas du même bord. Face à ce déchaînement de violence, la même résistance doit nous lier, parce que l’essentiel est en jeu. Quand les mafias sont prêtes à tuer pour faire taire, c’est que la peur commence d’installer un autre pouvoir que celui de nos États. L’argent de la drogue ne se contente pas du luxe mal acquis, de la corruption, du profit: il veut le pouvoir, par la terreur. Il suffit d’écouter le silence pesant qu’a suscité la mort de Mehdi Kessaci. J’étais à Marseille pour marcher à sa mémoire avec Marie Toussaint, avec des milliers de Français, d’élus de tous bords, de tous ceux qui refusent de se résigner. Mais où sont les grandes voix, les grandes figures de Marseille et du pays? L’argent de la drogue veut remplacer nos États. Il a déjà pris le contrôle de territoires entiers, d’une économie parallèle. Dans des quartiers, en France, il assure l’ordre, il livre à domicile, il délivre des cartes de fidélité, il assure les services sociaux, il paye les loyers. Demain, il prendra le contrôle de nos institutions plus vite que nous ne le pensons, Pour augmenter ses gains, il détruira nos démocraties. Il est temps de réaliser enfin le danger et d’agir, surtout, avant qu’il ne soit trop tard; d’empêcher de nuire ceux qui dirigent les réseaux, jusque depuis leur prison parfois; de faire appliquer enfin la loi pour que chaque consommateur comprenne qu’il se rend complice du pire; de reprendre le contrôle de nos ports, portes ouvertes à tout le poison qui se répand sur l’Europe; de rendre aux forces de l’ordre, aux armées, à la justice les moyens légaux et humains pour combattre des réseaux qui n’ont aucune limite, ni matérielle ni morale. C’est un défi pour la souveraineté de nos pays, mais c’est un défi que nous n'affronterons qu’à l’échelle du continent européen. Nous le devons à Amine. Nous le devons à Mehdi. Nous le devons à toutes les vies détruites, blessées, à tous ceux qui refusent de renoncer à la liberté.
La situation des communautés chrétiennes et des minorités religieuses au Nigeria et au Moyen-Orient, et la responsabilité de l'Europe de les protéger et de garantir la liberté de conscience (débat d'actualité)
Madame la Présidente, au moment même où nous nous parlons, des centaines d'enfants sont retenus aujourd'hui au Nigeria parce qu'ils sont chrétiens, prisonniers, menacés dans leur intégrité et dans leurs vies. Au moment où nous nous parlons, des millions de personnes dans le monde sont menacées, volées, violées, attaquées, assassinées parce qu'elles ont pour seul et unique tort d'appartenir à la foi chrétienne. Nous avons entendu sur ces bancs que ceux qui, pendant des mois, n'ont cessé d'essayer de retourner nos institutions pour ce qui se passait à Gaza refusent aujourd'hui de regarder en face la réalité de ce drame immense, de ce crime immense dont nous sommes pourtant responsables. Oui, nous en sommes responsables. Parce que dans toute cette région du monde, dans le Moyen-Orient, en Afrique, chaque communauté religieuse a le pays et la puissance qui la sponsorise. Les chiites ont l'Iran, les sunnites ont l'Arabie saoudite. Mais qui défend les chrétiens? L'Europe refuse d'assumer sa responsabilité. Au nom d'un universalisme galvaudé, elle croit qu'elle n'a pas le droit de se reconnaître héritière de cette civilisation qui nous lie à ces communautés persécutées de par le monde. Et pourtant, si les chrétiens quittent le Moyen-Orient, si les chrétiens disparaissent d'Afrique, c'est l'âme de ces pays, ce sont les communautés les plus anciennes de ces sociétés qui finiront par disparaître. Il est de notre devoir de mettre en œuvre tout ce que nous pouvons et que la Commission européenne, que nos institutions mettent tout leur poids dans la balance pour obtenir enfin la protection de ces communautés persécutées. C'est notre responsabilité. Et tant que nous n'y serons pas parvenus, l'Europe faillira à sa mission et manquera à sa vocation.
Protection des consommateurs de l’Union contre les pratiques de certaines plateformes de commerce électronique: le cas des poupées sexuelles d’apparence enfantine, des armes et d’autres produits et matériels illégaux (B10-0496/2025, B10-0500/2025, B10-0504/2025, B10-0507/2025) (vote)
Madame la Présidente, au moment où nous votons cette résolution sur le cas de Shein, nous apprenons ce matin même que le gouvernement français va porter plainte contre deux plateformes qui auraient disséminé également des poupées pédopornographiques. Ceci montre qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. Ce n'est pas un accident. Ces plateformes menacent de manière systématique la protection de nos enfants, mais aussi le commerce dans nos pays européens, qui doit faire face à cette concurrence qui ne respecte aucune règle. C'est la raison pour laquelle nous vous proposons de citer les plateformes concernées en ajoutant ce considérant: «considérant que le 26 novembre 2025, les autorités françaises ont annoncé porter plainte contre AliExpress et Joom, également impliqués dans la vente de poupées pédopornographiques, témoignant de l'ampleur et de la gravité de ce phénomène;»
Programme pour l’industrie européenne de la défense et cadre de mesures visant à assurer la disponibilité et la fourniture en temps utile des produits de défense (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, oui, sans doute faut-il le rappeler aujourd'hui, nos pays sont menacés. Oui, l'histoire est tragique et, oui, la guerre fait son retour dans le monde dangereux qui est en train de se dessiner sous nos yeux, et c'est notre devoir de le regarder en face. Il est stupéfiant qu'au cours de cette discussion nous ayons entendu le déni de réalité qui continue de s'afficher avec fierté. Je pense en particulier, cher collègue, à vous qui déclariez: «L'Europe devrait faire du logement social plutôt que des munitions.» Vous pouvez construire autant de logements que vous voudrez, cher collègue, le jour où vous aurez désarmé nos pays, ces logements, ces maisons, ces demeures seront toutes en danger. Parce qu'aujourd'hui, comme hier, la seule vraie manière de garantir la paix, c'est de se préparer à la guerre. Cela ne veut pas dire que nous voulons la guerre, bien au contraire. Et refuser le déni de réalité ne veut pas dire céder à des déclarations angoissantes et angoissées. Nous ne voulons pas la guerre, nous voulons protéger la paix. Mais la seule manière de protéger la paix, c'est d'appliquer ce conseil qui vient de l'origine même de notre civilisation, «Si vis pacem, para bellum»: si tu veux la paix, tu dois être prêt à la guerre. Pour l'avoir oublié trop longtemps, les Européens sont entrés dans une dépendance coupable qui les met, qui nous met, aujourd'hui tous en danger. L'an dernier, nos pays ont acheté collectivement 79 % de leur armement en dehors de l'Union européenne. Cette dépendance, nous le savons très bien, chers collègues, c'était le signe du pari que les pays européens avaient fait collectivement, celui de sous-investir dans leur propre sécurité pour s'abriter sous le parapluie d'un autre. Cette dépendance aujourd'hui met en danger la souveraineté de nos États, la liberté de nos démocraties et la sécurité de chacun des citoyens sur le continent européen, et c'est de cela dont nous devons sortir. Le mot «historique», chers amis, est souvent galvaudé, mais aujourd'hui je crois qu'il peut être employé à raison. De ce choix de la dépendance – 79 % d'armement acheté en dehors de l'Europe –, nous faisons aujourd'hui le choix de renverser la logique. Avec le programme pour l'industrie européenne de la défense, l'Union européenne, pour la première fois, va contribuer au financement des besoins de nos États en matière d'armement, en renversant ce paradigme. Désormais, un armement sera financé si, et seulement si, il est constitué à au moins 65 % de composants européens; si, et seulement si, il est conçu dans l'Union européenne par des entreprises de nos pays; et, troisièmement, s'il n'est affecté d'aucune licence juridique qui empêcherait nos États de l'employer de manière souveraine pour pouvoir se défendre demain. Ce choix fondamental, c'est notre Parlement qui l'a porté avec la Commission, et je voudrais vous remercier, Monsieur le Commissaire, pour ces longs mois de travail. Bien sûr, le chemin a été long, mais nous sommes aujourd'hui arrivés à ce résultat déterminant. J'entends bien sûr certains collègues dire «Ce n'est pas assez, ce n'est pas suffisant, ça ne va pas encore assez loin» et certains y trouveront peut-être le prétexte pour ne pas voter ce texte, dont ils savent pourtant qu'il est l'occasion d'exprimer le véritable patriotisme dont ils voudraient se revendiquer. Si nous sommes patriotes, nous avons le devoir de soutenir cette nouvelle direction créée par ce texte, parce que cette nouvelle direction – le monde entier l'a compris et en Europe tous les acteurs industriels l'ont compris – est déterminante pour la souveraineté et l'avenir de nos démocraties. Aujourd'hui, nous faisons paisiblement, calmement, avec détermination, notre travail. Nous assumons notre responsabilité politique, non celle d'agiter des déclarations qui font peur, mais celle de produire les solutions pour garantir la paix demain. Avec ce texte, nous offrons à tous ceux qui travaillent dans nos pays – vous parliez des travailleurs, cher collègue, mais vous êtes en train de les priver de ce texte et des moyens qu'il va leur donner – les moyens de produire dans nos États ce dont nous avons besoin: soutenir les travailleurs, soutenir l'industrie de nos pays européens, soutenir les ingénieurs, les techniciens, soutenir les chercheurs qui ont dans leurs mains une partie déterminante de notre sécurité pour demain. Car la bataille se joue là. Elle se joue d'abord dans nos usines, dans notre capacité à produire. Elle se joue dans nos laboratoires, dans notre capacité à inventer les technologies stratégiques pour garantir notre souveraineté. Et nous donnons enfin aujourd'hui – et c'est à eux que je voudrais penser avec vous, chers collègues, ce matin –, nous donnons aujourd'hui à ceux qui portent les armes en notre nom les moyens de leur mission. Je voudrais avoir un mot pour tous ceux qui, militaires des forces armées engagés sous les drapeaux de chacun de nos États, portent aujourd'hui la protection de nos pays en engageant leur propre vie pour notre sécurité. Avec ce texte, nous voulons qu'ils puissent compter demain sur les moyens d'agir, sur les moyens de mener à bien leur mission et de vaincre dans toutes les batailles où ils seront engagés pour le succès des armes de nos pays et pour défendre ce que nous avons en commun, les principes mêmes de notre civilisation et de cet esprit de liberté qui est aujourd'hui menacé partout dans le monde, et en particulier partout dans nos pays et contre nos pays. C'est en donnant à nos forces armées les moyens d'assumer leur mission que nous faisons notre travail et que nous assumons notre responsabilité politique. Ce matin, le choix est très clair, chers collègues, pour tous ceux qui vont devoir voter: choisir de soutenir ou non nos soldats, choisir d'être avec eux, derrière eux, en soutien de leur mission, ou choisir au contraire de leur faire défaut au moment le plus décisif. Je voudrais remercier tous les collègues qui ont contribué, de tous les groupes politiques, à ce travail déterminant, remercier en particulier mon corapporteur, Raphaël Glucksmann, pour le travail que nous avons mené à bien dans une relation de confiance au service de cette cause commune qui dépasse tous les clivages. J'espère que notre Parlement aujourd'hui témoignera de cette unité au service de notre avenir.
Commémoration du dixième anniversaire des attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris (débat)
Madame la Présidente, il y a dix ans, le terrorisme islamiste faisait plus de 130 victimes innocentes dans Paris. Nous avons le devoir de nous souvenir, bien sûr, et de penser à tous ceux qui portent encore aujourd’hui un deuil que rien ne pourra réparer. Mais il ne suffit pas de se souvenir, il faut encore regarder le chemin parcouru et tout ce qui n’a pas été fait. La menace existe encore contre nos pays, et toutes les vulnérabilités des frontières européennes qui avaient permis au terrorisme de frapper au cœur de l’Europe n'ont pas été réparées. Bien sûr, grâce au courage et à l’engagement de tous ceux qui l'ont combattu – policiers, gendarmes, militaires, venus notamment de tous nos pays - l’État islamique a été détruit. Mais l’islamisme existe encore, et il menace encore. Il sème la terreur dans bien d’autres pays du monde, et il menace encore de détruire tout ce sur quoi nos pays sont construits. Notre devoir est de continuer à combattre. Nous n’avons pas seulement le droit de nous souvenir aujourd'hui, nous avons aussi le devoir d’agir. Parce que la naïveté de l’Europe doit prendre fin une fois pour toutes, nous avons le devoir de nous engager aujourd’hui en pensant à tous ceux qui ont payé de leur vie pour cet islamisme qui frappait au cœur de l’Europe. Nnous avons le devoir d’agir pour faire en sorte que plus jamais un tel drame ne se répète. Chers collègues, que chacun d’entre nous se pose cette question aujourd’hui: quelle action est entre nos mains, qui sera décisive demain, pour que l’Europe vive et survive en étant libérée enfin de cette menace qu’est l’islamisme?
L'avenir automobile de l'Europe - annulation de l'interdiction de vente des véhicules à combustion dans l'UE (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je n’oublierai jamais ce jour où a été votée dans cet hémicycle, il y a quelques années, l’interdiction des moteurs thermiques en 2035. Je n’oublierai jamais la célébration de tant d’élus à qui j’objectais – comme l’a fait le groupe PPE, qui s’est opposé à cette mesure délétère – que l’Europe venait de faire le plus grand cadeau à la Chine et de commettre le plus grand crime contre sa propre compétitivité. Quelques années plus tard, le résultat est là. Nous voyons les voitures chinoises inonder désormais nos marchés, et des dizaines de milliers d’emplois sont détruits dans les usines de nos pays; des millions d’Européens ne peuvent plus acheter de voiture neuve ni circuler librement. Ce tort immense causé à l’industrie automobile est précisément dû au choix d’une seule technologie, qui détruit le principe même de notre responsabilité. Le rôle des responsables politiques n’est pas de décider de la bonne technologie; leur rôle est de fixer la finalité en laissant la liberté aux industriels, aux chercheurs et aux techniciens de développer les moyens d’atteindre cet objectif. Oui, nous voulons décarboner, mais décarboner ne veut pas dire se mettre à l’école de la Chine, qui est aujourd’hui le premier pollueur du monde. Notre devoir est de sauver la neutralité technologique et, pour cela, d’abroger cette norme absurde qui a fixé le 100 % de véhicules électriques en 2035, afin de rendre à ceux qui produisent dans nos pays et à ceux qui veulent se déplacer la liberté à laquelle ils ont droit et la prospérité que nous devons retrouver.
Solidarité avec la Pologne à la suite de la violation délibérée de l'espace aérien polonais par des drones russes (débat)
Cher collègue, je crois que je vous avais déjà répondu: l'Europe occidentale a trop longtemps fermé les yeux sur la réalité du danger. Je n'ai aucun problème pour le dire devant vous aujourd'hui. Mais je voudrais, à mon tour, vous lancer une alerte, cher collègue: ce que cherchent aujourd'hui ceux qui veulent attaquer l'Europe – quel que soit leur nom dans le monde du retour des empires que nous avons sous les yeux – c'est à nous diviser. Or, le spectacle qui consiste à nous jeter les uns aux autres des accusations absurdes est précisément ce qu'ils attendent. En rentrant dans ce jeu de la division, vous faites le jeu de ceux qui veulent, aujourd'hui, mettre l'Europe à terre.
Solidarité avec la Pologne à la suite de la violation délibérée de l'espace aérien polonais par des drones russes (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, quand ouvrirons-nous les yeux? L'attaque récente contre la Pologne, lancée par la Russie de Vladimir Poutine, montre à quel point ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est l'ébranlement des fondations du monde dans lequel nous avions cru pouvoir vivre pour l'avenir. Nous n'aurons pas de sécurité sans assumer les moyens de notre défense. La faiblesse est aujourd'hui, comme hier, le plus sûr chemin vers la guerre. Il est urgent pour l'Europe de se réarmer aujourd'hui, de reconstruire une industrie de défense qui soit capable d'assurer de manière autonome les moyens confiés à nos forces armées. Il faut accélérer sur le programme SAFE, sur EDIP. Il faut accélérer sur la montée en puissance de nos capacités de production. Car ce qui est en jeu, c'est notre capacité de garantir la paix pour les générations qui viennent. Plus jamais l'Europe occidentale – et je le dis en venant de France – ne doit oublier que ce qui se joue, c'est notre sécurité à tous, pas seulement celle de la Pologne, notre sécurité à tous. La Seconde Guerre mondiale, qui a dévasté nos pays, a commencé quand l'Europe de l'Ouest a accepté, à travers le pacte germano-soviétique, le dépeçage de la Pologne, avec le soutien de tant de partis communistes d'Europe. Nous n'avons plus le droit à cet abandon parce qu'il dévastera l'Europe demain, comme hier, si nous n'y prenons pas garde.
Après 10 ans, il est temps de mettre un terme maintenant à la migration de masse - protégeons nos femmes et nos enfants (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, pour essayer de revenir à la raison, revenons aussi aux faits. Certains contestent depuis tout à l'heure le titre même de ce débat. Mais le lien entre l'immigration et la délinquance, si nous regardons les faits, ne fait aucun doute. Prenez quelques grandes villes de France. À Paris, 14 % de la population est d'origine étrangère, 48 % des mis en cause dans les faits de délinquance sont d'origine étrangère. À Marseille, 11 % d'étrangers, 55 % d'étrangers parmi ceux qui sont mis en cause pour des faits de délinquance. Et c'est vrai en particulier quand on parle des violences sexuelles: en Île-de-France, 63 % des agressions sexuelles dans les transports sont le fait d'étrangers. Depuis tout à l'heure, j'entends des collègues qui disent que c'est un scandale que de faire ce lien et qui ont préféré même expliquer que, pour ce qui concerne les violences sexuelles, tous les hommes étaient coupables, plutôt que de regarder la réalité en face. Je crois qu'il faut revenir à la raison. Le sujet n'est pas seulement le constat. Le sujet c'est d'apporter une réponse à cette situation que les citoyens dans nos pays vivent tous les jours dans leur chair. Pour cela, nous avons devant nous l'opportunité de la révision du règlement sur les retours qui permettra enfin d'expulser, en dehors d'Europe, les étrangers en situation irrégulière. J'espère que tous les groupes politiques ici seront capables de se saisir de cette occasion déterminante.
Cher collègue, je partage entièrement votre point de vue et j'ai été d'ailleurs marqué d'entendre ce matin dans votre discours, Madame la Présidente, que l'Europe devait défendre la liberté de prier. Je crois que la liberté de conscience est au cœur de l'héritage européen et cette liberté-là, elle suppose d'être défendue à travers la nomination de ce représentant. Nous comptons sur vous pour avancer rapidement sur cette nomination essentielle.
Madame la Présidente, quel est l'état de l'Union? L'Europe est menacée de sortir de l'histoire. Fragilisée, divisée. Tous ceux qui travaillent et qui font vivre nos pays vivent la réalité d'un appauvrissement qui frappe partout, d'un décrochage qui déjà nous fait perdre la maîtrise de notre destin. Il est urgent de réagir. Ce matin, dans votre discours, vous avez annoncé beaucoup de nouveaux plans, d'initiatives, de textes. Mais l'essentiel reste sans aucun doute de commencer par corriger les erreurs et les dénis qui nous ont conduits jusqu'ici. Vous avez parlé de sécurité. Commençons d'abord par cesser de financer massivement des armements achetés à l'étranger. Ne plus dépendre militairement des États-Unis sera la condition pour ne plus subir le chantage commercial qu'ils nous imposent aujourd'hui. Vous parlez des prix de l'énergie, mais continuer de financer massivement les renouvelables ne fera qu'augmenter nos dépendances. Cessons enfin d'exclure des budgets européens le nucléaire, qui, malgré ce qu'en ont dit pendant longtemps les Verts, est souverain et décarboné. La Cour de justice a confirmé ce matin même le combat que nous menons depuis des années pour cela. Nous n'avons pas besoin d'un plan pour rendre les petites voitures abordables. Nous avons besoin d'abandonner d'abord la règle qui impose de n'acheter que des voitures électriques. Et, ensuite, laissons nos constructeurs innover. Vous voulez faire de la publicité pour les agriculteurs européens. Mais commençons par abandonner les coupes massives prévues par la Commission dans les budgets qui leur sont dus, et par leur garantir qu'ils ne seront pas la variable d'ajustement du Mercosur. Vous parlez de lutte contre l'immigration illégale. Nous ferons bien sûr le travail au Parlement pour faciliter enfin, par le règlement sur le retour, les expulsions. Mais il faudra aller bien plus loin. Après des années passées à alerter, pendant la dernière législature, sur une politique largement dictée par la gauche, qui se préoccupait bien peu à l'époque de ce que pensait la majorité centrale dans ce Parlement comme dans nos pays, nous avons fait un choix clair, mais maintenant il faut des résultats.
Sauvegarde de l'état de droit en Espagne, en garantissant l'indépendance et l'autonomie du Parquet pour lutter contre la criminalité et la corruption (débat)
Pardonnez-moi cher collègue, ma question ne s'adresse pas à vous, elle s'adresse aux députés socialistes qui, depuis tout à l'heure, font tout pour fuir les questions que nous voulons...
Sauvegarde de l'état de droit en Espagne, en garantissant l'indépendance et l'autonomie du Parquet pour lutter contre la criminalité et la corruption (débat)
Monsieur le Président, un simple rappel au règlement pour dire que, depuis tout à l'heure, nos collègues socialistes – les électeurs socialistes et les citoyens espagnols ont le droit de le savoir – défilent à cette tribune pour diffamer sans aucune raison...
Lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que contre les matériels relatifs à des abus sexuels sur enfants, et remplaçant la décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil (refonte) (débat)
Il me semble que la protection des enfants contre les abus sexuels est un sujet trop important pour pouvoir être travesti dans des clivages absurdes. C'est un sujet qui doit tous nous réunir. Et je voudrais dire simplement que, sur cette question majeure de l'exposition des enfants à la pornographie, il n'y a pas de clivage politique qui tienne. Aujourd'hui, nous avons une occasion historique de contraindre enfin les plateformes pornographiques à sortir de leur déni de réalité, à sortir évidemment des profits qu'elles font pour pouvoir continuer de prospérer sur la vie de nos enfants. Notre devoir, c'est d'agir ensemble et tous ceux qui chercheront des excuses pour ne pas s'y engager, je le crois malheureusement, fragiliseront cette cause qui devrait nous rassembler.
Lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que contre les matériels relatifs à des abus sexuels sur enfants, et remplaçant la décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil (refonte) (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, aujourd'hui nous allons voter ce texte essentiel pour la protection des enfants contre les abus sexuels, une cause qui dépasse tous les clivages dans cet hémicycle. Notre devoir est de garantir leur intégrité, et une menace pèse sur cette intégrité que nous proposons d'ajouter aujourd'hui à ce texte: c'est celle de l'exposition aux contenus pornographiques, qui, aujourd'hui, représente une réalité pour des millions d'enfants dans nos pays. En Europe, l'âge moyen de la première exposition se situe entre neuf et onze ans. Des enfants qui sont aujourd'hui exposés à ces images sont blessés pour leur vie entière, traumatisés pour beaucoup, empêchés de construire normalement leur vie affective et leur image d'eux-mêmes. Il s'agit bien d'un accélérateur de toutes les violences sexuelles commises contre des enfants, de toutes les violences parfois commises par des mineurs sur des mineurs. Il s'agit aussi, en tant que telle, d'une violence sexuelle, d'une atteinte à l'intégrité de ces enfants, à leur intégrité psychique, affective, et toutes les données de la science, de la médecine, de la psychologie et de la psychiatrie convergent aujourd'hui pour le montrer. Nous devons faire en sorte que les plateformes qui, aujourd'hui, font leurs affaires sur l'absence de protection des enfants soient enfin contraintes d'agir. Des années ont été passées à négocier avec ces plateformes sur la base d'un droit commercial qui, en réalité, n'est pas pertinent pour traiter de ce sujet. Il s'agit bien d'un cas de droit pénal. Nous devons agir ensemble. Votons ensemble, chers collègues, pour rendre une enfance aux enfants.