L'escalade de violence au Moyen-Orient et la situation au Liban (débat)
Je n'aimerais pas être à votre place et à celle qui sera retenue pour vous dans les livres d'histoire. La vérité, c'est que cette spirale de violence qui fait tant de victimes civiles, effectivement, à Gaza, mais qui est aussi à l'origine du plus grand pogrom antisémite du XXIᵉ siècle, tout cela a été déclenché par le Hamas, c'est-à-dire par la force politique que vous êtes incapable de dénoncer parce que votre voisine de banc, Mme Hassan, était à une manifestation de soutien à Ismail Haniyeh, au dirigeant du Hamas, à Amman, en Jordanie cet été. C'est ça la vérité, Monsieur Smith. Et la vérité, c'est qu'aujourd'hui, dans nos pays, ceux qui sont menacés, ce sont nos concitoyens de confession juive qui sont pris à partie tous les jours par cet antisémitisme sur lequel vous refusez d'ouvrir les yeux. La faute est de votre côté et nous sauverons l'Europe et sa dignité à votre place et contre vous malheureusement, Monsieur Smith.
L'escalade de violence au Moyen-Orient et la situation au Liban (débat)
Madame la Présidente, depuis près de 40 ans maintenant, le Hezbollah a pris en otage le Liban et l'Europe n'a que trop tardé à entendre le courage des forces politiques libanaises qui dénonçaient cette menace, qui nous concerne pourtant directement, à travers le terrorisme, le trafic de drogue et la corruption à grande échelle. Quelle honte! Quelle honte que des dirigeants politiques dans nos pays, comme Jean-Luc Mélenchon, aient osé déplorer la mort de Hassan Nasrallah, sans même un mot pour tous les peuples qui avaient subi ce bourreau. La vérité, chers collègues, c'est que la guerre qu'il a lancée contre Israël, cette guerre qu'a voulue l'Iran, n'est pas celle du peuple libanais, et tout doit être fait pour empêcher que des civils en soient les victimes de part et d'autre des frontières. Dans ce moment crucial, nous avons notre rôle à jouer: dénoncer enfin toute complaisance envers cette milice islamiste armée, qui n'est pas et ne sera jamais une force politique légitime, soutenir le déblocage des institutions libanaises et l'élection d'un président, mettre fin au financement qui alimente la crise des réfugiés syriens, rendre au Liban sa liberté et sa souveraineté, et soutenir la présence chrétienne qui fait l'identité de ce pays et l'équilibre du Moyen-Orient. C'est la responsabilité singulière de l'Europe et de nos pays. Nous n'avons pas le droit de la déserter aujourd'hui.
Madame la Présidente, merci à Mario Draghi d'être venu présenter son rapport ici, devant nous. Une lente agonie, voilà ce qu'il promet à notre continent, sur le plan économique mais aussi politique, bien sûr, si nous ne parvenons pas à sortir de la torpeur dans laquelle nous nous trouvons, au regard de la vitesse à laquelle avancent nos principaux compétiteurs. Une lente agonie, c'est aussi le sentiment avec lequel je reviens de ces mois de campagne et de tant de rencontres et d'échanges. Les chefs d'entreprises, avec lesquels nous partageons les difficultés qu'ils rencontrent, me font penser qu'aujourd'hui, sans que personne ne l'ait dit, l'Europe a changé de système économique. Nous sommes passés d'un système économique, celui de l'économie de marché, dans lequel le principal défi d'une entreprise, c'est de satisfaire ses clients en gérant ses fournisseurs, à un système économique dans lequel le premier défi d'un entrepreneur, c'est de gérer la réglementation en allant chercher des subventions pour y parvenir. Chers amis, la mauvaise nouvelle, c'est que tout cela nous met dans une situation extraordinairement dangereuse. Parce que si nous ne sommes plus capables de produire en Europe ce dont nous avons besoin, demain, c'est nos souverainetés qui seront directement menacées. Mais la bonne nouvelle, c'est que le problème est entre nos mains. Pour reconstruire la compétitivité de l'Europe, le but premier est de faire avec nos atouts, et notamment avec cette énergie nucléaire que Mario Draghi a choisi de soutenir dans son rapport d'une manière enfin claire, mais aussi de sortir de cette situation absurde dans laquelle nous ne cessons de mettre des boulets aux pieds de nos propres acteurs économiques alors qu'ils sont capables de produire ce qui nous est le plus nécessaire pour la prospérité de demain. Le destin de l'Europe se jouera dans nos décisions dans les années qui viendront. Nos problèmes et les solutions sont également dans nos mains et sous nos doigts, chers amis, sur les boutons de vote par lesquels nous arbitrerons les textes qui nous seront soumis. Supprimer plus de règles que d'en créer, c'est le défi et le bilan que nous devons être capables d'assurer à nos concitoyens demain.
Nécessité de prévenir les menaces pour la sécurité telles que l'attaque de Solingen par la lutte contre la migration clandestine et par des retours effectifs (débat)
Monsieur le Président, tout à l'heure, Mme Strada nous a dit: «Comment faire le lien entre immigration et insécurité?». La vraie question est: comment ne pas faire le lien entre l'immigration et la violence qui monte dans nos pays? L'immigration illégale qui est en cause à Solingen, car nous parlons de Solingen. Et que s'y est-il passé? C'est un islamiste entré illégalement sur le sol de nos pays, débouté du droit d'asile en Allemagne et qui pourtant, comme tant d'autres, n'a jamais été reconduit. Trois morts. Comme toujours, l'impuissance politique prépare la voie de la tragédie très concrète. Cette impuissance a été organisée par le déni. Madame la Commissaire, vous nous avez dit tout à l'heure qu'il était temps de remettre de l'ordre dans la maison et qu'il fallait protéger nos frontières de l'immigration illégale. Pourtant, il y a trois ans, douze États membres vous ont écrit pour demander de les aider à financer les infrastructures physiques de protection des frontières extérieures de l'Europe. Vous leur avez répondu, à ce courrier qui vous était adressé, que l'Europe ne saurait devenir une forteresse entre des barbelés. Ce mépris, ce silence, ce déni de réalité, c'est celui qui nous conduit à l'impuissance d'aujourd'hui. Il faudra plus que des paroles, maintenant. Il est temps d'agir enfin, pour éviter à l'Europe de sombrer dans cette situation de crise durable dans laquelle nous nous trouvons.
Offensive contre le climat et la nature: tentatives de l'extrême droite et des conservateurs de détruire le pacte vert et d'empêcher l'investissement dans notre avenir (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Madame Roose, je partage votre sentiment. Aujourd’hui, dans ce débat aberrant, nous voilà attaqués parce que nous avons réussi à obtenir que l’Europe soutienne enfin nos agriculteurs. Nous voilà mis en accusation parce que nous attaquerions le climat. La vérité, chers collègues des Verts, chers collègues de la gauche, chers collègues macronistes, c’est que l’attaque vient de vous: attaque contre nos emplois, qui ont été fragilisés directement par les choix industriels désastreux que vous aurez portés; attaque contre notre souveraineté et notre indépendance, avec votre obsession contre le nucléaire; attaque contre notre prospérité, avec le programme de décroissance économique et agricole que vous n’aurez cessé de mener, malgré nos avertissements; attaque enfin contre le climat lui-même, parce que le climat n’est pas mis en danger, aujourd’hui, par ceux qui travaillent et qui produisent en Europe et qui respectent les règles environnementales les plus exigeantes au monde. Les deux tiers des émissions mondiales sont faites par dix pays, dont un seul est européen. La vérité, c’est que tout ce que nous avons fait, tout ce que vous avez porté pour empêcher les Européens de produire chez eux ce dont nous avons besoin, vous l’avez fait pour offrir des parts de marché sur notre continent à ces modèles de production qui détruisent le plus la planète. Il faut revenir à la rationalité. Votre responsabilité sera immense. Le 9 juin, les électeurs voteront et nous remettrons l’Europe à l’endroit.
Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, même si se confirme la désescalade que nous espérons tous, il n’en reste pas moins que l’Iran est une menace et le restera. Une menace existentielle pour Israël qu’il a juré de rayer de la carte. Une menace pour le Liban qu’il prend en otage à travers le Hezbollah. Une menace pour nos pays, parce que oui, nos pays sont ciblés aussi par le terrorisme islamiste financé par l’Iran. Et bien sûr, une menace pour son propre peuple, le peuple iranien qui se bat avec courage. Mais face à cette menace, en réalité, tout le monde en Europe n’a pas les yeux ouverts. Nous avons entendu, ce matin encore, l’extrême gauche chercher des excuses à l’Iran, comme elle trouvait des excuses au 7 octobre. Plus insidieux encore, le 6 avril dernier, le Parti socialiste français publiait un communiqué demandant à la France de suspendre, par un embargo immédiat, toute livraison d’armes et de munitions à Israël. Priver Israël de se défendre, c’était rendre Israël vulnérable face à l’attaque qui l’a frappé le 13 avril, une semaine plus tard. Et je demande à M. Glucksmann, puisque ce sont les mêmes armes qui ont servi à attaquer l’Ukraine: nous devons défendre l’Ukraine, devons-nous désarmer Israël? C’est votre responsabilité de dire aujourd’hui si vous soutenez ou non... (Le Président retire la parole à l'orateur)
Performance énergétique des bâtiments (refonte) (débat)
Monsieur le Président, entre 2015 et 2021, les prix de l’immobilier en Europe ont augmenté de 40 %, et, selon Oxfam, cette accélération est quatre fois plus rapide que celle du revenu des ménages. Cette situation terrible que traverse le logement en Europe, elle touche d’abord les plus vulnérables. La Fondation Abbé Pierre alerte sur le fait que la part des foyers modestes qui n’arrivent plus à payer leur loyer ou leur emprunt a augmenté de 20 % lors des trois dernières années. Maintenant, pour beaucoup de familles en Europe, il faut choisir entre son toit et son alimentation. C’est dans ce contexte qu’arrive notre débat sur la performance énergétique des bâtiments. Derrière ces quelques mots, il y a une nouvelle norme, une idée simple: tout le bâti européen devra être neutre en carbone en 2050. Sur le papier, une belle intention, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ce que veut dire cette nouvelle règle, c’est qu’il faudra rénover 35 millions de bâtiments d’ici 2030 – dans les six prochaines années. Madame le Commissaire, 275 milliards d’euros par an: c’est l’étude d’impact de la Commission elle-même qui fait le chiffre du coût immense de ces travaux de rénovation – quand la Commission a réussi à trouver dans les fonds déjà existants 100 milliards à fournir sur dix ans. De nouvelles normes ont déjà touché, en France, le parc locatif, et l’effet a été immédiat. Depuis leur introduction, l’offre de logements en location a été quasiment divisée par deux. Cette fois-ci, les normes vont toucher aussi les propriétaires occupants, avec, au-delà des contraintes d’isolation et de changement de chauffage, des normes improbables sur les mètres carrés de parkings de vélos ou sur les câbles de rechargement de voitures électriques. Évidemment, nous avons réussi à gagner une bataille importante en déposant un amendement pour protéger le patrimoine, mais cela ne suffira pas à éviter un contresens environnemental majeur. Toutes les études, en effet, montrent que les programmes massifs de rénovation énergétique n’ont jamais servi à rien. La vraie clé, si nous voulons décarboner le logement, c’est d’électrifier le chauffage et de produire massivement de l’électricité décarbonée, mais les mêmes écologistes qui veulent imposer ce programme sont ceux qui votent contre l’énergie nucléaire, et il faut chercher très loin la cohérence dans tout cela. Le fait est que, à la fin, miser sur le «tout-isolation» est aberrant. C’est un désastre économique et social qui se profile. Mais c’est aussi un contresens politique majeur. Rappelons-nous que l’Europe s’est construite sur l’Odyssée, sur l’aventure, racontée par Homère, d’Ulysse qui voulait retrouver son toit. Si, demain, nous n’offrons pas aux Européens la demeure à laquelle ils ont droit, c’est l’idée même de l’Europe qui s’en trouvera menacée.
Reprendre l'avantage dans la concurrence - une UE prospère dans une économie mondiale fragmentée (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, en 2023, le PIB américain a augmenté cinq fois plus vite que le PIB européen. Nous partions de la même situation en 1980. Aujourd’hui, le PIB par habitant en France, dans mon pays, est 40 % inférieur à celui des États-Unis. Nous voyons bien que l’Europe s’enlise dans le décrochage économique et les causes sont très faciles à connaître. Elles sont simples. Première d’entre elles, la fragilité démographique, mais aussi le décrochage de notre éducation, le faible investissement dans la recherche et l’innovation et le coût de l’énergie pour des choix industriels désastreux que nous payons aujourd’hui. Mais plus grave que tout encore, le coût écrasant de la complexité normative asphyxie nos entreprises. Nous ne sommes pas aujourd’hui en Europe en train de décrocher parce que nous aurions trouvé plus fort que nous devons nous. Nous sommes en train de décrocher parce que ceux qui travaillent en Europe, ceux qui produisent en Europe, savent que la contrainte publique, le poids des charges, le poids de la fiscalité sont devenus leur premier problème et leur premier danger. C’est le scandale majeur. La politique doit soutenir ceux qui travaillent, mais elle est devenue leur obstacle. Pour sortir du déclin, nous avons besoin de retrouver cette sagesse simple, celle de la liberté. Et tant que nous continuerons de rendre la vie impossible à ceux qui travaillent dans nos pays, nous continuerons de trouver le chemin de la pauvreté et de la sortie de l’histoire.
Liens plus étroits entre l'UE et l'Arménie et nécessité d'un accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie (débat)
Monsieur le Président, hier, le 26 février, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan auprès de l’Union européenne, Vaqif Sadiqov, a écrit: «Depuis 1992, l’Arménie est gouvernée par des fascistes assoiffés de sang. Ils resteront fascistes jusqu’à finir à Erablur». Erablur, c’est le cimetière militaire arménien auquel la violence azérie a condamné des milliers de jeunes de 20 ans ces dernières années. Ils ne demandaient rien d’autre que de vivre en paix sur la terre de leur peuple. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan menace, après le Haut-Karabakh, le territoire de la République d’Arménie. Erablur nous regarde aussi. Si Aliev se sent tout permis, c’est qu’après avoir assiégé une population civile, après un déplacement et un nettoyage ethnique, après l’agression, les bombes à sous munitions, la Commission européenne l’a déclaré un partenaire fiable et lui a acheté plus de gaz. Pourquoi ne se sentirait-il pas tout permis? Chers collègues, il est temps d’agir enfin et de comprendre que l’Europe n’a plus le droit au silence. Il est temps de dire à M. Sadiqov que l’Europe n’est pas à Bakou, qu’elle est du côté de la démocratie et de la liberté, du côté de la civilisation que nous partageons avec l’Arménie, qu’elle est dans ce lieu où je suis allé et dont je ne suis pas revenu le même. L’Europe est à Erablur.
Donner aux agriculteurs et aux communautés rurales des moyens d'action - dialogue pour une agriculture européenne qui soit durable et correctement rémunérée (débat)
Cher collègue, vous dites opportunément maintenant qu’il ne faut pas polariser le sujet de l’agriculture, mais vous souvenez-vous du moment où vous votiez pour la loi sur la restauration de la nature? Et nous étions critiqués au PPE par vous ou par vos collègues parce que nous alertions sur le fait que ce texte allait faire baisser de 10 % la surface agricole utile en Europe? Vous rappelez-vous le moment où notre délégation avait alerté sur la stratégie «De la ferme à la table», que vous avez votée? Vous dites qu’il ne faut pas importer l’agriculture que nous ne voulons pas produire. Mais vous rappelez-vous avoir voté pour l’accord avec la Nouvelle-Zélande, que nous n’avons pas voté, parce qu’il va contribuer à faire venir sur notre sol des tonnes de produits que nous ne produisons pas chez nous: 30 000 tonnes d’agneau, 20 000 tonnes de lait en poudre, développés avec des techniques que nous refusons à nos propres agriculteurs? Il est temps aussi de faire le bilan de ce que chacun assume et de regarder en face les responsabilités de nos groupes respectifs. Si nous voulons vraiment défendre l’agriculture, nous lui devons la vérité.
Plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, c’est peut-être l’un des derniers débats que nous aurons sur la pêche au cours de ce mandat. Triste moment. Partout en Europe, les pêcheurs, comme les agriculteurs d’ailleurs, disent qu’ils ne peuvent plus travailler du fait des contraintes qui s’imposent aujourd’hui, de l’avalanche de complexité qui leur a été imposée. Mais la Commission, qui refuse d’écouter, continue toujours dans la même direction, alors que dans trois jours le Golfe de Gascogne sera intégralement fermé à la pêche. Vous présentez un plan d’action qui interdirait des techniques de pêche pourtant courantes et nécessaires dans un très grand nombre de zones maritimes. En France, par exemple, un tiers de la zone maritime serait concerné. Tout cela s’ajoute à la politique commune de la pêche. Tout cela s’ajoute aux règlements sur le contrôle des pêches que nous aurons travaillés au cours de ce mandat. Où est la cohérence réglementaire? Où est la base scientifique? Où est l’étude d’impact? La vérité, Monsieur le Commissaire, c’est que nous importons déjà trois quarts des produits de la mer que nous consommons. Tout ce que nous ferons contre les pêcheurs européens, nous le ferons contre la cause de l’environnement et contre la cause de la protection des océans. Et nous le disons dans ce rapport grâce à notre collègue Niclas Herbst, il est absolument fondamental que le mandat qui vient change radicalement de direction. Nous ne sauverons les océans qu’avec les pêcheurs européens et jamais, jamais contre eux.
Conclusions du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2023 et préparation du Conseil européen extraordinaire du 1er février 2024 - Situation en Hongrie et gel des fonds de l’Union européenne (discussion commune - Réunions du Conseil européen)
Monsieur le Président, je voudrais revenir au fond, puisque les conclusions du Conseil évoquent la réforme des traités effectivement indispensable. Revenons sur le vote que notre Parlement a vécu il y a quelques semaines sur un projet portant réforme des traités de l'Union européenne. Le fait est que nous nous engageons, je le crois, exactement, dans la mauvaise direction, en voulant d'abord transférer toujours plus de compétences à l'Union européenne, comme une compétence exclusive sur l'environnement, en voulant créer la possibilité pour la Commission européenne de lever de la fiscalité à la majorité qualifiée, c'est-à-dire sans l'accord de tous les États membres – nous nous y sommes opposés, nos collègues de Renew et de la gauche l'ont soutenu – ou bien en voulant retirer aux États leur souveraineté sur leur mix énergétique qui est aujourd'hui garanti par les traités. C'est au fond un affaiblissement général des États membres qui se dessine avec l'idée de passer un grand nombre de décisions de la majorité qualifiée à la majorité simple, ou bien avec le fait que le Conseil ne pourrait même pas prendre part à la décision sur la composition du Parlement européen, ce qui ne se fait dans aucune démocratie du monde. Chers collègues, nous ne sommes pas ici les représentants d'un État fédéral. Nous sommes une association de démocraties et le but de l'Europe est de renforcer nos démocraties pour les rendre plus souveraines. S'engager dans la bonne direction, c'est sans doute ce que les citoyens attendent.
Un an après le Moroccogate et le Qatargate – bilan des mesures pour renforcer la transparence et la responsabilité dans les institutions européennes (débat)
Monsieur le Président, je prends la parole parce que, suivant ce débat sur le «Qatargate», je suis stupéfait d’entendre notre collègue M. Engerer, du groupe socialiste, attaquer bille en tête le PPE, la droite européenne. Je voudrais simplement poser quelques questions à M. Engerer, qui est opportunément parti de l’hémicycle: à quel groupe appartenaient ou ont appartenu toutes les personnes aujourd’hui citées dans l’enquête juridique touchant au «Qatargate»? Au groupe socialiste. À quel parti politique appartenait le Premier ministre du Portugal, qui, le mois dernier, a dû démissionner pour une affaire de corruption? Au Parti socialiste. À quel parti appartenait le Premier ministre maltais, sous le gouvernement duquel une journaliste a été assassinée pour avoir enquêté de trop près sur les affaires de corruption qui le touchaient, lui et ses proches? Au Parti socialiste! À quel parti appartient le Premier ministre espagnol, qui est venu ce matin, dans des attaques scandaleuses, essayer de rendre raison de la corruption par laquelle il tente de se maintenir au pouvoir en cédant les principes fondamentaux du droit de son propre pays pour pouvoir garder la majorité fragile sur laquelle il s’appuie? Encore au Parti socialiste. Chers collègues, ne faites pas de leçons de morale. Posons-nous ensemble les vraies questions, et notamment celle de la transparence des ONG, question qui n’est toujours pas posée parce que votre groupe s’y oppose. C’est pourtant par-là que nos institutions sont aujourd’hui vulnérables.
Menace pour l'état de droit à la suite de l'accord de gouvernement en Espagne (débat)
Monsieur le Président, quelle tristesse absolue de voir aujourd'hui l'Espagne, un si grand pays otage de manœuvres aussi misérables et dangereuses. Dans mon pays aussi, en France, nous avons eu une loi d'amnistie après des divisions historiques immensément douloureuses. Mais il a été annoncé avant les élections, pas improvisé après. Il a été débattu en public avec les citoyens, pas convenu en secret avec les condamnés. C'était pour l'avenir du pays, pas pour la survie d'un gouvernement faible. J'ai une question très simple à poser aux collègues socialistes ici présents, aux amis de Pedro Sánchez. Quelqu'un d'entre vous a-t-il défendu cette rupture d'inégalité entre les Espagnols avant le vote du peuple espagnol? C'est une question très simple. Et pourquoi les socialistes répètent-ils toujours qu'il ne s'agit que d'une question interne et que rien ne concerne l'Europe? Vous avez toujours été si bruyant et si insistant lorsque vous critiquiez la Hongrie ou la Pologne au sujet de l'État de droit. Et en effet, il s'agit de l'état de droit dont nous parlons en ce moment. Le fait que le droit gouverne la politique et non les intérêts politiques à court terme sur l'ordre juridique confirmé par le peuple, est la base même de la démocratie puisqu'elle a été fondée à la naissance de l'esprit européen il y a 25 siècles. Et nous sommes ici à cause de cela. Ceux d'entre nous qui écrivent la loi n'ont aucun droit de la détruire. Cela aurait un nom, c'est ce qu'on appelle la corruption. Un dernier mot à tout le peuple espagnol qui défend maintenant cet état de droit et de liberté, Queridos amigos españoles, ánimo. España no se rinde.
Cadre de mesures en vue de renforcer l’écosystème européen de la fabrication de produits de technologie «zéro net» (règlement pour une industrie «zéro net») (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, c’est un grand jour, parce qu’enfin l’Union européenne, qui s’était longtemps concentrée sur la question de la concurrence et de la régulation du marché intérieur, s’engage dans une stratégie industrielle commune en direction de la décarbonation de notre continent. Je crois que ce vote sera un moment important et un moment, permettez-moi de le dire, assez révélateur aussi. Nous avons entendu notre collègue du groupe des Verts expliquer que le vice de ce texte était qu’il misait sur des énergies du passé après nous avoir alerté sur l’urgence que représente le réchauffement climatique. Bien sûr, nous sommes d’accord pour la décarbonation, bien sûr, nous croyons à la nécessité de sortir de modèles de production qui ont abîmé notre environnement. Mais je crois que nous pouvons affirmer ensemble que nos collègues écologistes ne sont pas sincères quand ils parlent du réchauffement climatique. Ils ne sont plus là pour répondre – j’en suis désolé, peut-être d’autres collègues s’exprimeront-ils à leur tour – mais quand le groupe des Verts a pour priorité sur ce texte de déposer un amendement pour exclure le nucléaire, peut-être est-ce cette énergie que notre collègue désignait comme l’énergie du passé, pour exclure le nucléaire de cette stratégie européenne pour la décarbonation. Le nucléaire n’est pas une énergie du passé. Chers collègues, sans doute le savez-vous: le nucléaire représente aujourd’hui 25 % de toute l’électricité produite dans l’Union européenne, et c’est aujourd’hui la première source d’énergie décarbonée en Europe. Tirer sur le nucléaire quand on prétend défendre le climat, c’est en réalité démontrer qu’on ne croit pas réellement à l’urgence climatique. C’est montrer qu’en réalité, ce qu’on défend, c’est d’abord la décroissance de notre continent, C’est d’abord l’appauvrissement de toute l’Europe, c’est la fin de la production industrielle dans nos pays européens. Et malheureusement, vous aurez trouvé au cours de ce mandat bien des alliés dans votre cause d’arrière-garde. Je crois qu’enfin la bataille est gagnée – elle sera gagnée, je n’en doute pas – à l’occasion du vote de cette semaine. Nous avons le devoir de faire en sorte de défendre le climat avec la science, avec la technologie, avec nos ingénieurs, nos techniciens, avec tous ceux qui savent que c’est dans le progrès de la connaissance que l’on sauvera le climat, que l’on préserve l’environnement et non pas dans la régression et dans la décroissance.
Les attaques terroristes abjectes du Hamas contre Israël, le droit d'Israël à se défendre conformément au droit humanitaire et international et la situation humanitaire à Gaza (débat)
Chère collègue, ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question. Demandez aux collègues de votre groupe pourquoi ils refusent de dire que le Hamas est une organisation terroriste, pourquoi ils refusent de dire, ce matin encore, que, le 7 octobre, ce à quoi nous avons assisté, révoltés, c’est une attaque terroriste de grande ampleur. Pourquoi ne pas dire ce mot? Pourquoi refuser de dire ce qui est pourtant l’évidence, à savoir que, quand nous voyons aujourd’hui des juifs ciblés parce qu’ils sont juifs, nous devrions tous ensemble, sans nuance, sans concession, le dénoncer d’une seule voix? Pourquoi ne pas le faire ensemble aujourd’hui?
Les attaques terroristes abjectes du Hamas contre Israël, le droit d'Israël à se défendre conformément au droit humanitaire et international et la situation humanitaire à Gaza (débat)
Monsieur le Président, Israël a été touché en plein cœur. Les attentats à répétition endeuillent notre continent et, ce matin encore, il y a des pudeurs d’expression qui font froid dans le dos. Nous avons entendu, ce matin encore, nos collègues de La France insoumise parler des crimes du Hamas comme de «crimes de guerre». Mais les mots ont un sens, chers collègues: si nous parlons de «crimes de guerre», c’est, alors, que le Hamas est une armée régulière et que ses victimes sont des victimes collatérales. Bien sûr que non! Les morts du 7 octobre ont été ciblés par un attentat terroriste, organisé par une organisation terroriste islamiste, dont le seul but était de tuer le maximum de civils et de tuer des Israéliens parce qu’ils étaient israéliens, de tuer des Juifs parce qu’ils étaient juifs. Est-ce si difficile de dire cela? Ceux qui veulent défendre ici les Palestiniens de Gaza doivent commencer par condamner le Hamas, qui projette des civils innocents dans cette tragédie sans fin. Chers collègues, ce qui fait froid dans le dos, c’est qu’il est manifeste maintenant que des forces politiques, à gauche, ont choisi de fermer les yeux sur la haine de tout ce que nous devrions défendre ensemble. De fermer les yeux, par électoralisme, sur cette haine qui monte dans nos pays et qui frappe dans nos pays. Et si nous ne sommes pas capables de la nommer ensemble et de la combattre ensemble, sans «mais», sans nuance, sans concession, alors cette haine emportera ce qui fait notre responsabilité historique. (L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Pénurie d'eau et investissements structurels dans l'accès à l'eau dans l'UE (débat)
Monsieur le Président, Mayotte a soif. Dans un département français, un département d’Europe, il y a, aujourd’hui, des habitants qui ne peuvent pas ouvrir le robinet plusieurs heures par jour, ni plusieurs jours par semaine. Des habitants qui ne peuvent pas boire l’eau qui coule du robinet sans craindre pour leur santé. Il y a, aujourd’hui, un département français où les enfants doivent être soignés parce qu’ils sont tombés malades pour avoir bu de l’eau supposée potable. C’est la réalité de la situation que vivent aujourd’hui nos concitoyens. Chers collègues, ce ne sont pas seulement les Mahorais qui sont dans cette situation, mais ce sont aussi les habitants de la Guadeloupe, de la Martinique, de nos outre-mer. C’est aujourd’hui, dans de nombreux territoires de nos pays, un véritable défi que celui qui consiste à faire en sorte que tous les citoyens aient accès à ce qui n’est pas un bien parmi d’autres, mais le bien le plus essentiel: l’eau, le bien plus nécessaire à la vie. L’Union européenne verse des aides au développement qui sont massives, y compris dans cette région du monde. Mais où sont passés les fonds européens qui étaient supposés offrir à Mayotte les moyens de désaliniser l’eau? À la fin du mois d’octobre, les réserves en eau de Mayotte pourraient être complètement vides, et les habitants doivent payer une eau hors de prix en s’acquittant simultanément de leurs factures, plutôt que de pouvoir compter sur l’eau qu’ils pourraient produire. Cher collègue Rougé, nous n’avons pas attendu pour nous saisir de cette question. Depuis plusieurs semaines, le Parlement alerte sur ce sujet, mais nous attendons maintenant des actes de nos gouvernements, de l’Union européenne, pour sortir de cette situation intenable.
Madame la Présidente, il y a trois ans aujourd’hui, Samuel Paty était assassiné. Il y a quelques jours encore, un professeur a été tué dans son lycée pour ce qu’il incarnait: le travail de la transmission d’une culture, d’un héritage, qui nous oblige aujourd’hui. Ces assassinats n’ont pas eu lieu par accident. Ils sont motivés par une idéologie, et cette idéologie, nous devons la nommer. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé une modification du titre de ce débat, pour bien signaler que ce à quoi nous sommes confrontés, c’est l’idéologie islamiste. Parce que l’islamisme tue aujourd’hui, dans nos pays, et tue d’abord les professeurs, qu’il veut réduire au silence en leur inspirant la peur. Si nous ne savons pas nommer l’ennemi, alors nous ne saurons pas le combattre. C’est la raison pour laquelle je remercie nos collègues d’avoir, effectivement, accepté cette modification du titre du débat. Ce combat est devant nous et il nous engage tous.
Nécessité d'adopter rapidement le paquet «asile et migration» (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le 13 septembre dernier, 120 bateaux débarquent à Lampedusa; en quelques heures, des milliers de personnes entrent sans droit sur le sol européen. Le 21 septembre, la Cour de justice de l’Union européenne répond au Conseil d’État français: un État membre n’a pas le droit de refouler hors de ses frontières une personne qui cherche à les franchir illégalement. Avant d’envisager une éventuelle expulsion, tenez-vous bien, il faut laisser un délai à l’intéressé pour qu’il quitte volontairement le territoire national. Le seul droit qui reste à nos États est donc de prier poliment les gens de ne pas violer leurs frontières. Et quand ils les franchissent par milliers – 330 000 l’an dernier, selon Frontex – il nous reste la possibilité de les inviter à ne pas rester. Chers collègues, tout cela n’est qu’une preuve de plus que le droit européen s’est retourné contre le droit. «Summum jus, summa injuria»: le maximum de la procédure, le maximum de la complexité, le maximum de la jurisprudence atteint le maximum de l’injustice. Injustice contre les victimes des réseaux de passeurs, qui ont fait de l’impuissance européenne la clé de leur business sordide. Injustice contre les citoyens de nos pays, dont les démocraties sont privées de tout moyen de décider de qui elles accueillent ou non et de maîtriser leur destin. Injustice contre la loi elle-même, parce que cette impuissance publique en matière migratoire fait du monde entier une zone de non-droit. Chers collègues, Monsieur le Commissaire, il est urgent de remettre le droit à l’endroit.
La situation au Haut-Karabakh après l'attaque menée par l'Azerbaïdjan et les menaces continues contre l'Arménie (débat)
Monsieur le Président, est-ce que la Commission européenne comprend enfin maintenant pourquoi nous ne cessions d'alerter sur la gravité de la menace dans le Haut-Karabakh? Est-ce que les dirigeants de nos pays mesurent que l'inaction, les mots creux, le «nous appelons chaque partie», les prétextes toujours nouveaux pour toujours fermer les yeux, que tout cela a laissé un dictateur renverser le droit international aux portes de l'Europe, imposer un fait accompli qui nous menacera demain et détruire des vies. Que répondra la Commission européenne aux parents de Nver et Mikaèl, dix et huit ans, abattus par l'Azerbaïdjan, aux familles des centaines d'Arméniens tués en quelques jours dans cette opération antiterroriste? Est-ce que vous croyez vous aussi que c'est être terroriste ou séparatiste que de vouloir simplement demeurer en paix chez soi? Est-ce que vous savez que le peuple arménien n'est pas une minorité en Artsakh, où il vit depuis plus de 2 000 ans? Est-ce que vous laisserez ainsi se rétablir partout les frontières dictées par Staline? Pourquoi? Pourquoi le moindre début de sanctions n'a-t-il pas encore été appliqué aujourd'hui, après des mois de siège inhumain au milieu de cette épuration ethnique assumée par Aliyev? Est-ce qu'acheter du gaz à Bakou est moins coupable que d'en acheter à Moscou? Et d'ailleurs, est-ce que ce n'est pas le même gaz? Que pensez-vous du fait que la première mesure des vainqueurs a été de donner à la rue principale de Stepanakert le nom d'Enver Pacha, organisateur du génocide des Arméniens en 1915? Est-ce que ce camp-là est toujours le partenaire fiable de l'Europe? Est-ce que cette Europe-là se souvient encore qu'elle est née pour que plus jamais ne se répète un génocide? Ces questions appellent des réponses.
Madame la Présidente, en évoquant le bilan de la Commission, vous parlez de la force de l’Europe et de son efficacité, mais la réalité semble parfois bien éloignée de cet hémicycle. Au moment où nous parlons, le Secours populaire annonce que 20 % des Français vivent à découvert. Dans toute l’Europe, une personne sur trois se prive d’un repas pour tenir. Des millions de foyers, d’artisans, d’entreprises n’arrivent plus à payer leur énergie. Malgré ce retour de la pauvreté, la Commission n’aura cessé de multiplier les contraintes sur ceux qui travaillent et produisent en Europe. La directive énergétique sur les bâtiments aggravera la crise du logement. La stratégie «de la ferme à la fourchette» fait baisser la production alimentaire. La taxonomie accélère encore le décrochage industriel. Vous avez longuement parlé d’électricité pour accélérer l’implantation des éoliennes, mais toujours pas un mot sur le nucléaire, pourtant première source d’énergie décarbonée et accessible en Europe. Vous promettez de réduire les normes, mais elles n’auront cessé de s’empiler ces dernières années. La multiplication des contraintes ne protège pas l’environnement. Elle nous rend seulement dépendants des autres pays du monde qui n’assument pas les mêmes coûts. Nous ne sauverons pas la planète en achetant des voitures électriques en Chine. De même, nous ne relancerons pas notre économie en augmentant une immigration qualifiée, comme vous l’avez dit, mais en qualifiant ces millions de jeunes dont vous avez parlé, qui sont encore aujourd’hui si loin de l’emploi. La seule réponse à l’hiver démographique en Europe, c’est de soutenir les familles et non de déstabiliser encore plus nos pays, en nous appuyant sur elles, sur les talents de nos pays, sur le savoir, la culture des citoyens en Europe. Oui, nous pouvons retrouver la prospérité et l’élan de notre continent, mais cela suppose d’ouvrir les yeux sur la réalité.
Réalisation des objectifs du pacte vert: le risque de compromettre la trajectoire de l'Union sur la voie de la transition écologique ainsi que ses engagements internationaux (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, oui, il faut le dire clairement, pour reprendre le titre que les Verts ont voulu donner à ce débat, l’Europe risque de compromettre la protection de l’environnement et de manquer à ses engagements internationaux en la matière. Mais ce n’est pas du tout parce que le PPE s’opposerait à la protection de l’environnement, chers collègues. C’est parce qu’à douze voix près, ce Parlement a choisi aujourd’hui de poursuivre dans le déni de réalité. Le vote de la loi dite «restauration de la nature» est une nouvelle très inquiétante, pas seulement pour tous ceux qui travaillent, produisent et vivent dans nos pays, mais pour la nature elle-même que cette loi promet de restaurer. L’équation est assez simple. En leur imposant encore plus de contraintes, de normes, de complexité administrative, cette loi va contribuer à faire baisser en Europe la production de ce dont nous avons besoin. Contrairement aux fausses informations diffusées par beaucoup de ceux qui l’ont défendu, ce texte exige bien – et oui, c’est un fait – que 10 % des surfaces cultivées en Europe soient mises en friche, par exemple. Il conduira donc à interdire une partie de la production agricole. Il conduira aussi à interdire des espaces maritimes à nos pêcheurs et fera ainsi mécaniquement baisser la production alimentaire dans nos pays. Et l’étude d’impact de la Commission européenne elle-même le confirme, Monsieur le Commissaire. Est-ce que ce Parlement n’a rien appris des derniers événements? Nous avons vécu la pénurie de masques pendant la crise de la COVID-19, la pénurie d’énergie pendant la guerre en Ukraine. Est-ce qu’il faut que les citoyens de nos pays ne puissent plus s’alimenter pour que nos institutions réalisent que la décroissance alimentaire est une faute lourde? Les tensions sur la production agricole comptent déjà pour beaucoup dans l’inflation des prix alimentaires, qui pèse lourd sur tant de foyers. Mais le plus aberrant derrière cela, le plus aberrant, c’est qu’en réalité, lorsque nous aurons cessé de produire en Europe, nous n’aurons pas rendu service à l’environnement. Nous avons les producteurs qui respectent les règles les plus exigeantes en la matière du point de vue environnemental et tout ce que nous ferons pour faire baisser la production dans nos pays, nous le ferons pour offrir des avantages compétitifs à une production extra-européenne qui, elle, dévaste l’environnement. Faut-il que nous fassions mieux? Oui. Faut-il que nous fassions moins? Non. Et faire moins aujourd’hui, c’est mettre en danger exactement la nature que nous prétendons servir. Ce défi est global. Nous ne le résoudrons pas seulement en sabordant notre économie.
GPA dans l'Union - risques d'exploitation et de commercialisation (débat d'actualité)
Madame la Présidente, mes chers collègues, merci pour ce débat. Je crois qu’il aura été essentiel, notamment parce qu’il a permis de montrer que de tous bords viennent des voix qui tentent d’alerter sur cette mise en cause très grave de la dignité humaine que constitue la GPA. Certains collègues ont parlé, je ne doute pas de leur sincérité, de la possibilité d’une gestation pour autrui éthique. Cependant, la réalité cruelle de la GPA aujourd’hui, chers collègues, ce sont des milliers de femmes – c’est à elles que je pense – exploitées aujourd’hui par des entreprises sans scrupule, qui viennent démarcher les plus riches dans de grands hôtels à Paris et dans toutes les capitales occidentales. Ce sont des enfants achetés sur catalogue, devenus objet d’un contrat et même abandonnés parfois à l’aberration d’une situation commerciale, comme ces enfants d’Ukraine bloqués pendant la crise de la COVID-19, parce que leurs commanditaires ne pouvaient pas venir les chercher. C’est la réalité, chers collègues, et cette réalité, quel que soit le degré de consentement exprimé, correspond à une situation de traite d’êtres humains. Oui, dans notre droit, aujourd’hui, un adulte consentant peut se trouver victime d’une situation de traite d’êtres humains, lorsqu’il est manifeste que c’est d’abord une situation de vulnérabilité exploitée par des plus forts qui est en train de se jouer. Nous avons la possibilité d’interdire la gestation pour autrui, et ce Parlement européen doit le faire dans le cadre de notre directive contre la traite d’êtres humains. J’espère que nous serons unis et je voudrais remercier tous les collègues de gauche et tous les collègues écologistes qui, fidèles à leur combat, sont aujourd’hui capables de dénoncer le faux progrès que constitue cette technique.
Monsieur le Président, tous les collègues l’ont dit: le Liban traverse aujourd’hui une situation d’effondrement majeur. L’économie est en faillite, les institutions sont paralysées, l’épargne des Libanais est confisquée par des institutions bancaires qui ont manqué à leur mission, la santé est inaccessible, et la crise des réfugiés syriens menace de déstabiliser tout le fragile tissu social du pays. Toutefois, une fois que nous avons dit cela, il faut passer du constat à la dénonciation de ceux qui organisent cette situation, car elle a un responsable. Ce responsable, chers collègues, c’est le Hezbollah. Qui bloque aujourd’hui l’élection du président libanais, empêchant les institutions d’exercer loyalement leurs activités au service du peuple libanais? Qui empêche la justice de punir enfin les criminels qui sont responsables de l’explosion du port de Beyrouth? C’est le Hezbollah, qui agit aujourd’hui pour détruire la souveraineté du peuple libanais, au service d’intérêts étrangers, armé de sa milice, organisation terroriste et criminelle qui menace tous nos pays. Soutenir aujourd’hui le candidat du Hezbollah, c’est évidemment confondre la solution et le problème. Nous devons absolument sanctionner ceux qui sont responsables de cette situation, pour pouvoir libérer enfin le peuple libanais.