15
Sept
2021
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État de l'Union (débat)
Monsieur le Président, Madame la Présidente, vous avez dessiné un diagnostic lucide et une feuille de route ambitieuse, mais qui exigera des ruptures urgentes. Vous avez évoqué la dépendance de nos pays à l’égard de l’Asie, mise en évidence par la crise sanitaire, et vous voulez garantir une meilleure protection de la santé. Mais le danger, ce serait de nous préparer pour la crise passée. Celle de demain viendra là où nous ne l’attendons pas. Au moment où vous décrivez cette vulnérabilité, la multiplication des normes climatiques européennes va augmenter nos importations depuis la Chine; la taxonomie pourrait nous rendre dépendants de manière définitive du gaz russe et américain; et une étude de la Commission révèle que sa propre stratégie agricole aboutira à une baisse massive de la production alimentaire. Détresse pour l’agriculture européenne qui, je le regrette aujourd’hui encore, n’aura pas eu droit à un mot, insécurité alimentaire accrue pour nos pays et nouvelles dépendances. C’est par la cohérence des actes que la parole publique prend son sens. Vous voulez empêcher que tout produit du travail forcé soit commercialisé en Europe. Mais pourquoi alors signer en même temps un accord économique avec la Chine, qui n’a toujours pas ratifié son interdiction? Vous refusez l’impuissance face aux flux migratoires incontrôlés et nous aussi. Il faut renvoyer, dites-vous, les personnes qui n’ont pas le droit de rester en Europe. Mais alors, pourquoi la commissaire Johansson met-elle en accusation l’agence Frontex parce qu’elle assume cette mission? Vous assurez de votre soutien les pays soumis à un chantage migratoire. Mais M. Erdoğan, qui ne cesse d’en jouer, reçoit des milliards d’euros. Et quand la Lituanie a demandé de l’aide face à une quasi-invasion, Mme Johansson a répondu que la Commission ne finançait ni murs ni barrières. Vous affirmez, et nous aussi, que les pays européens doivent s’engager pour leur sécurité, et nous entendons avec intérêt votre proposition d’exonérer de TVA l’industrie de la défense. Mais dans le même temps, les règlements financiers européens sont en train de créer des difficultés sévères pour le financement de ce secteur pourtant crucial. Et la directive européenne sur le temps de travail crée une insécurité juridique majeure pour les opérations de toutes les forces armées européennes. Enfin, un dernier mot pour la jeunesse si éprouvée, comme vous l’avez dit, au cours de ces derniers mois. Il est un peu triste de lui consacrer l’année 2022 comme année de la jeunesse, après lui avoir laissé, en 2021, 750 milliards d’euros de dettes qui ne sont pas financées. Plutôt que les artifices de la communication, offrons à la génération qui vient une Europe enfin réveillée qui puisse garantir à nos pays les moyens de maîtriser leur destin.