La mésinformation et la désinformation sur les plateformes de médias sociaux telles que TikTok, ainsi que les risques connexes pour l'intégrité des élections en Europe (débat)
Madame la Présidente, quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde TikTok. Il y offre son temps de cerveau disponible à toutes les manipulations. Protection des données personnelles? Aucune! Respect du règlement sur les services numériques? Nenni. Liberté d’expression? Ça dépend pour qui. Comme l’a montré l’élection présidentielle en Roumanie, TikTok est capable du pire, comme le fait de créer de toutes pièces un candidat d’extrême droite, complotiste et fan de Poutine. Malheureusement, en Roumanie, TikTok n’est pas seul en cause. Des influenceurs tellement douteux qu’ils sont aujourd’hui en fuite ont sévi sur d’autres plateformes au service du même mauvais génie. En Moldavie, la Russie a dépensé 1 % du PNB moldave pour acheter 10 % des voix au référendum. Ce sont les boucles Telegram qui ont le plus servi, mais des trucages vidéo hyperréalistes ont circulé partout sans être arrêtés nulle part. En Europe, Elon Musk sature X de ses appréciations douteuses sur la politique intérieure britannique ou sur l’avenir de l’Ukraine. X manie à sa guise la visibilité de ce que nous postons. En clair, notre espace public de débat démocratique est aujourd’hui manipulé. C’est pourquoi je vous demande, chers collègues, de soutenir sans hésiter la création d’une commission spéciale sur le bouclier démocratique. Il est plus que temps!
Répression des manifestants pro-européens pacifiques en Géorgie (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, sommes-nous devenus sourds? N’entendons-nous pas ce que crient chaque soir les manifestants à Tbilissi et partout en Géorgie? Je vais vous le dire, ce qu’ils crient! Je suis allée à leur rencontre. On leur a volé les élections. Elles ont été truquées. On est en train de leur voler leur avenir. Ils rêvent d’Europe, et le parti au pouvoir, le bien mal nommé Rêve géorgien, n’a d’yeux que pour la Russie. Ils le répètent sans se lasser: la Géorgie est européenne, la Géorgie n’est pas la Russie. Chers collègues, sommes‑nous devenus aveugles? Ne voyons‑nous pas la répression qui s’abat sur des manifestants pacifiques, les arrestations, les coups, les journalistes et les opposants emprisonnés? Ne voyons‑nous pas que le pouvoir géorgien veut faire tomber une chape de plomb sur le pays et s’aligner sur Moscou? Sommes‑nous devenus impuissants? Qu’attendons‑nous pour sanctionner la poignée de donneurs d’ordres de Rêve géorgien, qui veulent mettre le pays à leur botte et à celle de Vladimir Poutine? Roberta Metsola a invité la présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, comme nous avons été nombreux à le lui avoir demandé. Salomé Zourabichvili défend de toutes ses forces l’avenir démocratique et européen de son pays. Elle a toute sa place dans notre maison de la démocratie européenne. Elle doit s’exprimer en plénière. Les manifestants de Roustavéli croient au pouvoir de l’Europe. Pour eux, comme pour nous, prouvons‑leur qu’ils ont raison!
La chute du régime syrien, ses conséquences géopolitiques et la situation humanitaire dans la région (débat)
Monsieur le Président, Madame la Haute-Représentante, Bachar el-Assad est tombé. Le message est fort et il vaut pour tous les dictateurs: aucun n’est éternel. Il vaut aussi pour tous les régimes qui s’appuient sur une alliance avec la Russie. Vladimir Poutine n’est pas un allié fiable. Bachar el-Assad est tombé, et on est saisis d’effroi à la vue des prisonniers libérés de ces mouroirs. Nous savions, mais aujourd’hui, nous voyons ce qu’était la barbarie du régime de Bachar el-Assad. Tous ceux – y compris ici, y compris du Rassemblement national – qui ont serré la main du boucher de Damas, nous font honte. Une nouvelle Syrie est en train de naître. L’espérance se mêle à l’incertitude. Que des rebelles islamistes aient pris Damas inquiète légitimement, notamment les chrétiens de Syrie. Toutes les composantes de la nation syrienne doivent trouver leur place dans la nouvelle Syrie. Que la Turquie s’arroge des pans entiers du pays et bombarde les Kurdes menace la lutte que ces derniers mènent avec nous contre Daech. La lutte contre le terrorisme doit impérativement se poursuivre. Nous devons engager cette nouvelle Syrie, être prêts à revoir les sanctions et à aider à sa reconstruction en rappelant nos priorités: lutte contre le terrorisme, destruction des armes chimiques, respect des pays voisins, fin de l’alliance avec la Russie, protection des minorités, place des femmes. À ces conditions, la naissance d’une nouvelle Syrie peut être une bonne nouvelle pour le Proche-Orient.
L'aggravation de la crise démocratique en Géorgie à la suite des récentes élections législatives et des allégations de fraude électorale (débat)
Monsieur le Président, bourrages d'urnes, absence de secret du vote, confiscation de papiers d'identité, intimidation des électeurs, achats de voix, violences, incertitude sur le comptage. C'est la panoplie complète de la fraude électorale que j'ai vue en Géorgie, où j'étais en mission d'observation officielle. Depuis, les manifestations se suivent et se ressemblent. Les Géorgiens protestent qu'on leur a volé leur élection. Ils manifestent pacifiquement en brandissant des drapeaux géorgiens, mais aussi européens. Ils croient en nous. Ils espèrent que nous ne les abandonnerons pas alors que le parti au pouvoir s'est transformé en cauchemar géorgien, courtise Vladimir Poutine et envisage d'interdire les partis d'opposition. À ce jour, la réponse européenne est à la fois forte et inadaptée. Nous avons en effet suspendu la candidature de la Géorgie. Cela s'entend, mais doit réjouir la Russie et désespérer les populations. Nous appelons les autorités géorgiennes à enquêter sur les fraudes, alors qu'il reste très peu d'institutions indépendantes, hormis la présidente dont je salue le courage et la droiture. Au dernier Conseil européen, nos dirigeants n'ont pas eu le temps de parler de la Géorgie et aujourd'hui, Charles Michel n'a pas le temps d'être dans cet hémicycle. Ne nous y trompons pas, c'est de la Géorgie qu'est partie la révolution des roses. C'est là que Poutine a testé militairement ce qu'il allait tenter en Ukraine et nous n'avons pas su lui faire rebrousser chemin. Le sort de la Géorgie sera le symbole soit de notre faiblesse, soit de notre droiture et de notre détermination.
Relations entre l'Union et les États-Unis à la lumière du résultat des élections présidentielles américaines (débat)
Madame la Présidente, mercredi dernier l'Europe s'est réveillée avec inquiétude quand elle a appris que le 47ᵉ président des États-Unis serait le même que le 45ᵉ président. Depuis, les Européens sont passés par plusieurs phases. Stupeur et tremblements d'abord, comme si l'hypothèse d'un retour de Donald Trump n'avait été ni envisagée ni anticipée. Déni et relativisme ensuite, entre ceux qui essaient de se convaincre que l'Europe a déjà survécu à un premier mandat de Trump sans voir que la situation n'a rien de comparable. Et ceux qui se prennent pour de petits Trump européens, on en a entendu ici, et qui sont indifférents au risque d'une présidence Trump pour nos concitoyens. Sauve qui peut et chacun pour soi, enfin, certains cherchant déjà comment plaire à Donald Trump. En réalité, l'Europe aurait intérêt à se réveiller tout court. Pour une fois, Georgia Meloni et Donald Trump ont raison: à nous de prendre en main notre destin si nous voulons décider par nous-mêmes. C'est le moment de l'affirmation de l'Europe et ce moment ne reviendra pas. Soit nous sommes à la table des grands acteurs géopolitiques du monde d'aujourd'hui sans attendre, soit nous serons demain au menu. Le choix est simple: si nous ne voulons pas subir, il nous faut agir et bâtir notre autonomie stratégique.
Madame la Présidente, j'ai participé, comme six autres collègues, à la mission d'observation des élections en Géorgie et nous y avons constaté des fraudes et des intimidations nombreuses. Je me réjouis donc qu'il y ait un débat sur ce sujet, ici au Parlement. Mais ce qui se passe en ce moment en Géorgie, ce sont tous les jours des manifestations des Géorgiens qui descendent dans la rue avec des drapeaux géorgiens et des drapeaux européens. Ils attendent beaucoup de l'Union européenne. Malheureusement, le Conseil européen n'a pas trouvé le temps d'en parler la dernière fois. Nous sommes la maison de la démocratie en Europe et nous devons trouver le temps non seulement de débattre de ce qui se passe en Géorgie, mais aussi d'adopter formellement notre position au travers d'une résolution. C'est la raison pour laquelle nous demandons, en vertu de l'article 164 de notre règlement, l'ajout d'une résolution à l'ordre du jour de la prochaine session.
Situation en Azerbaïdjan, violation des droits de l’homme et du droit international, et relations avec l'Arménie (débat)
Monsieur le Président, en accueillant la COP 29 à Bakou, l’Azerbaïdjan a souhaité faire parler de lui. Eh bien, exauçons-le et parlons-en. Je voudrais remercier ceux qui, avec moi, ont préparé le texte que nous soumettrons à votre vote, c’est-à-dire tous les groupes à l’exception des Patriotes pour l’Europe et de l’Europe des nations souveraines, qui n’ont pas pris la peine de travailler sur cette résolution. Passons sur l’écoblanchiment offert à un pays qui n’exporte pratiquement que des hydrocarbures. Arrêtons-nous un instant sur une bizarrerie: Bakou importe des hydrocarbures, depuis la Russie, et de plus en plus. Quand nous signons avec Aliyev et que nous lui achetons du gaz, nous aidons indirectement Poutine. Bel exemple d’incohérence. Il faudrait plus d’une minute pour faire la liste complète des violations des droits de l’homme dont le régime d’Ilham Aliyev est coupable. Je voudrais simplement citer deux personnes, pour saluer leur courage et les protéger de la vindicte de Bakou: Goubad Ibadoghlou, dont nous avons fait à juste titre un finaliste du prix Sakharov, et Mahammad Mirzali, réfugié en Europe, et qui a pourtant subi trois tentatives d’assassinat. Il est présent avec nous aujourd’hui, et je voudrais le saluer. Nous devons tenir Ilham Aliyev personnellement responsable de leur sort. Permettez-moi d’insister encore sur les 100 000 Arméniens du Haut-Karabakh, à qui l’Azerbaïdjan a imposé un nettoyage ethnique en règle, sur les prisonniers de guerre toujours détenus, sur le patrimoine arménien détruit et sur les prétextes que ne cesse d’invoquer Bakou pour repousser la paix avec l’Arménie. Non, l’Azerbaïdjan n’a décidément rien d’un partenaire fiable. Et oui, il faut boycotter la COP 29 à Bakou.
Iraq, notamment la situation des droits des femmes et la récente proposition de modification de la loi sur le statut personnel
Madame la Présidente, la légende raconte qu'une femme, Sémiramis, fut reine de Mésopotamie et qu'elle fonda Babylone. Aujourd'hui, c'est un défi quotidien que d'être une femme en Iraq. On croyait que le temps où Daech commettait un génocide contre les Yézidis et mettait leurs femmes en esclavage était révolu. On croyait disparu le temps où Saddam Hussein cajolait la secte iranienne des moudjahidines du peuple et la laissait procéder en Iraq à des mariages forcés. C'était sans compter sur les parlementaires iraquiens d'aujourd'hui, qui se préparent en 2024 à légaliser le mariage de fillettes dès 9 ans et à bafouer les droits des femmes en matière de divorce et d'héritage. Il y a deux enseignements à tirer à ce qui se passe en Iraq. Le premier, c'est l'échec des États-Unis à y imposer une démocratie et le prix que paient les femmes, comme en Afghanistan, pour cet échec. Le deuxième, c'est que, de Kaboul à Bagdad en passant par Téhéran, une version dévoyée d'un islam des ténèbres s'acharne contre les femmes. Quiconque en Europe se prétend progressiste et soutient l'islamisme politique insulte toutes les femmes, et d'abord les femmes musulmanes.
Madame la Présidente, on savait le régime de Recep Tayyip Erdoğan fâché avec les droits de l'homme. On connaissait déjà le sort réservé à nombre d'opposants politiques, de représentants kurdes, de juristes, de fonctionnaires, d'intellectuels, de mécènes et de journalistes. Le cas de Bülent Mumay nous éclaire sur un autre aspect du régime de Recep Tayyip Erdoğan: c'est son aspect affairiste. Quel est le crime qui a valu à Bülent Mumay d'être condamné par une justice aux ordres? Avoir révélé un vaste système de corruption et de blanchiment d'argent, mis en place à Istanbul par le parti du président turc. Jusque-là, Bülent Mumay n'avait pas été tendre avec le régime d'Erdoğan, dénonçant les suites du putsch manqué de 2016 ou le soutien apporté par Ankara au Hamas. C'est quand il a touché au nerf de la guerre, à des soupçons de corruption, qu'il a été poursuivi et condamné et que ses articles ont été censurés. Cela dit quelque chose de la Turquie d'Erdoğan. Le régime d'Ankara ne cesse de démontrer que les valeurs d'état de droit et de respect des droits de l'homme, qui sont au cœur de la construction européenne, ne sont pas les siennes. Il devrait aller au bout de la logique et assumer de retirer sa candidature à l'adhésion à notre Union.
Madame la Présidente, il y a exactement un an aujourd'hui, l'Azerbaïdjan lançait une offensive militaire sur le Haut-Karabakh après avoir organisé son blocus. Cent mille Arméniens ont été contraints de fuir en laissant tout derrière eux, dans ce qui est le premier nettoyage ethnique du XXIᵉ siècle. Un an plus tard, aucun n'a pu rentrer chez lui. Des Arméniens du Haut-Karabakh sont toujours détenus en Azerbaïdjan, des prisonniers de guerre du conflit de 2020 aussi, des corps n'ont pas été restitués. Le patrimoine culturel arménien du Haut-Karabakh est menacé, quand il n'est pas déjà détruit. Le président de l'Azerbaïdjan multiplie les prétextes pour ne pas signer un traité de paix avec l'Arménie. Dans quelques semaines, la COP 29 se tiendra à Bakou. Ceux qui s'y rendront ont le devoir moral de réclamer le retour des cent mille Arméniens du Haut-Karabakh et la libération des détenus. Le combat pour la planète ne peut pas aller à l'encontre du combat pour les droits de ceux qui l'habitent.
La détérioration de la situation des femmes en Afghanistan du fait de l'adoption récente de la loi sur "la promotion de la vertu et la prévention du vice"
Monsieur le Président, chers collègues, les Jeux olympiques et paralympiques viennent de se terminer. Laissez-moi vous parler de Zakia Khudadadi. Née handicapée en Afghanistan, elle a fui le régime des talibans avec l'aide de la France. Elle est aujourd'hui médaille de bronze de taekwondo avec l'équipe des réfugiés, ceux que certains dans cet hémicycle ne voudraient pas accueillir en Europe. Elle dit combattre pour toutes les femmes en Afghanistan. Elle est extraordinaire. Je suis fière de ce que mon pays a fait pour elle. Laissez-moi vous parler, moi aussi, de Marzieh Hamidi. Elle est aussi réfugiée en France, heureusement. Elle est aussi championne de taekwondo. Fin août, elle a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'apartheid de genre imposé aux femmes en Afghanistan. Depuis, elle est menacée, harcelée, vit sous protection policière. Les appels de haine qu'elle reçoit viennent notamment de Belgique, d'Allemagne, des Pays-Bas. J'ai honte que cela se passe en Europe. Elle a décidé de continuer à se battre pour les femmes afghanes. J'ai honte de l'indifférence de certaines féministes autoproclamées, incapables de briser le silence imposé aux femmes afghanes. J'ai honte de tous ceux qui nous ont vanté le retour de talibans modérés à Kaboul. J'ai honte de l'ONU qui veut renouer avec le régime des talibans. Si nos valeurs universelles ont un sens, c'est à la défense des femmes afghanes que nous devons les appliquer.
La guerre dans la bande de Gaza et la situation au Moyen-Orient (débat)
Madame la Présidente, je reviens de Jordanie où les Frères musulmans ont fait une percée historique. Pourquoi? Parce que les images de Gaza inondent le monde et brisent le cœur. Au même moment, nous avons tous vu les manifestations en Israël. À l'heure actuelle, il n'y a aucune libération d'otages, il n'y a que des morts d'otages et cela aussi brise le cœur. Soutenir Israël, et c'est mon cas, c'est ne rien céder sur sa sécurité, mais ce n'est pas soutenir la fuite en avant aveugle de Benyamin Netanyahou et de ses alliés d'extrême droite qui mettent le feu à la Cisjordanie en même temps qu'ils détruisent Gaza. Soutenir les Palestiniens, et c'est aussi mon cas, ce n'est pas prendre le parti des terroristes du Hamas ou des alliés de l'Iran qui sèment le chaos dans toute la région. Ce n'est pas non plus fermer les yeux sur les insuffisances de l'Autorité palestinienne qui n'a d'autorité que le nom. Soutenir la paix, et j'espère que c'est notre cas à tous, c'est être capable de parler aux Israéliens comme aux Palestiniens le langage de la vérité. Nous, Européens, devons en être capables sans attendre que les États-Unis décident à notre place, parce que le Proche-Orient est à notre porte et que le malheur qui le frappe résonnera toujours plus fort chez nous que partout ailleurs.
Pérennité du soutien financier et militaire des États membres de l'Union à l'Ukraine (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, je voudrais m'adresser à tous les responsables politiques occidentaux et leur dire sans détour: vous n'êtes pas à la hauteur. Aider l'Ukraine, ce n'est pas faire des selfies à Kiev ou répéter des discours creux. Aider l'Ukraine, c'est lui fournir ce dont elle a besoin, quand elle en a besoin, sans restriction et sans retard. Les restrictions que l'on impose à l'Ukraine pour se défendre n'ont pas de sens. On l'oblige à se battre une main attachée dans le dos. Pourquoi l'empêcher de frapper là d'où partent les tirs qui la visent? À quoi pense Joe Biden? Pourquoi lui refuser des missiles à longue portée? À quoi joue Olaf Scholz? Pourquoi fermer les yeux sur les contournements de sanctions? À quoi jouons-nous tous? Pendant ce temps, Moscou s'approvisionne sans compter en Corée du Nord et en Iran. Nous ne sommes même pas à la hauteur de la Corée du Nord et de l'Iran. Est-ce que nous nous rendons compte de ce que cela veut dire? Nous avons choisi d'aider l'Ukraine. Nous avons bien fait. Ce choix nous oblige à réussir, sans quoi nous offrirons à la Russie non seulement une victoire, mais notre propre effacement.
Problèmes persistants d'antisémitisme en Europe et d'autres formes de discours de haine et de crimes haineux (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, rendons-nous compte. Ici à Strasbourg, dans ce Parlement que Simone Veil a présidé, nous devons nous rendre à l'évidence: l'antisémitisme n'a pas été vaincu en Europe. Pire, il repart en flèche. Dans mon pays, la France, les actes antisémites sont en hausse de 73 % pour les six premiers mois de l'année. C'est ce qu'on appelle l'effet «7 octobre», comme si le pogrom le plus sanglant de l'histoire récente avait déverrouillé les instincts les plus bas. Pour lutter sans faiblesse contre le retour de ce poison, on devrait pouvoir compter sur tous les partis politiques, sans exception. Malheureusement, il n'en est rien. À l'extrême gauche, certains jouent avec les allumettes par leur propos autant que par leur silence. Le soutien aux Palestiniens vire à l'antisionisme assumé et à l'antisémitisme masqué. L'extrême gauche croit qu'aider les musulmans, c'est haïr les juifs. L'extrême droite veut faire oublier son passé alors que le présent reste parsemé de casquettes SS ou de déguisements antisémites chez des militants ou chez ceux qu'on n'ose pas appeler des responsables. L'extrême droite ne soutient les juifs que pour s'en prendre aux musulmans. Lutter contre l'antisémitisme, c'est tout le contraire. C'est défendre l'universalisme et la concorde contre le sectarisme et la discorde. C'est mon combat et je ne le lâcherai jamais.
Communication de la Présidente - Élection du Médiateur européen
Madame la Présidente, le 24 juillet dernier, l'une de nos collègues, Rima Hassan, a menacé un autre de nos collègues, François-Xavier Bellamy, sur les réseaux sociaux. Je cite: «Pour le moment, François-Xavier Bellamy et ses petits copains proches du régime génocidaire israélien dorment bien la nuit. Ça ne va pas durer.» Fin de citation. Ces menaces sont à la fois inacceptables et irresponsables. On peut avoir tous les désaccords du monde dans ce Parlement, mais l'éthique et l'exemplarité qu'on attend de nous exigent que l'on se respecte. Ce Parlement, cet hémicycle, n'est pas un octogone, et nous avons une responsabilité dans une société de plus en plus traversée par la violence: celle de ne pas y participer, de ne pas l'encourager. Par ses propos, Rima Hassan a mis une cible dans le dos de notre collègue. François-Xavier Bellamy n'est pas du même groupe politique que moi. Je n'adhère pas nécessairement à ses idées, mais je refuse qu'il soit menacé. Madame la Présidente, je vous enjoins de sanctionner sans tarder et sans trembler Rima Hassan, et ainsi de dissuader quiconque dans ce Parlement de suivre son piteux exemple.
La nécessité d'un soutien continu de l'Union à l'Ukraine (débat)
Madame la Présidente, nous l’avons dit, le vol MH17 a été abattu il y a exactement dix ans. Cela fait dix ans que la Russie mène une guerre contre l’Ukraine. Et nous, ici, dans les institutions européennes, nous nous payons de mots. Alors il y a tous les mots dans nos discours, mais il n’y a pas les armes, il n’y a pas les munitions suffisantes pour permettre à l’Ukraine de l’emporter. Il n’y a pas la volonté politique suffisante. Il n’y a pas les moyens financiers suffisants pour permettre à l’Ukraine de l’emporter. Pourtant, depuis dix ans, nous savons que l’attitude de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine est un risque de sécurité pour l’Union européenne, pour nos concitoyens. Et maintenant nous savons que Donald Trump peut être à nouveau le président des États-Unis et qu’il choisit comme candidat à la vice-présidence quelqu’un qui veut abandonner l’Ukraine et qui veut abandonner l’Europe. Il n’a jamais été aussi urgent de bâtir l’Union européenne de la défense.
Madame la Présidente, le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l’Empire ottoman, 600 Arméniens furent raflés et assassinés sur ordre du gouvernement. Ce fut le début d’un génocide, au cours duquel les trois quarts de la population arménienne de l’époque ont péri. La communauté internationale n’a pas réagi. Il y a quelques mois, l’Azerbaïdjan a chassé par la force 100 000 Arméniens du Haut-Karabakh. Le peuple arménien a le triste privilège d’avoir connu à la fois le premier génocide du XXᵉ siècle et le premier nettoyage ethnique du XXIᵉ siècle. Une fois encore, notre réaction n’a pas été à la hauteur. Alors, en ce jour de commémoration du génocide arménien, Madame la Présidente, je ne vous demande pas une minute de silence; je demande au contraire à tous les Européens de parler et d’agir pour que le peuple arménien ne soit plus jamais menacé.
Attaque sans précédent lancée par l'Iran contre Israël, nécessité d'une désescalade et d'une réaction de l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, il y a un paradoxe auquel je ne peux me résoudre et auquel je vous demande de ne plus laisser libre cours. À entendre certains discours politiques, tous les pays du monde auraient droit à la légitime défense – tous sauf Israël. Le 7 octobre, les terroristes du Hamas ont tué, mutilé, violé et pris en otages des civils parce qu’ils étaient juifs. On a pourtant entendu une députée de la France insoumise parler d’actes de résistance. Le 13 avril, l’Iran a bombardé Israël à coups de missiles et de drones. On a pourtant vu le Parti socialiste français appeler à un embargo sur les armes vis-à-vis d’Israël. Depuis toujours, la Syrie de Bachar el-Assad est hostile à Israël. Pourtant, le Rassemblement national soutient aveuglément le régime de Damas. Qu’ont en commun le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites iraquiennes et la Syrie? Leur soumission à l’Iran, leur rôle systématiquement déstabilisateur et leur haine d’Israël. Téhéran et ses auxiliaires multiplient les provocations. Aujourd’hui, éviter l’escalade au Moyen-Orient, c’est passer un message de fermeté à Téhéran. Les Gardiens de la révolution doivent être désignés comme entité terroriste et des sanctions sévères doivent être prises contre les fabricants de drones et de missiles qui sèment la peur en Israël. (Le Président retire la parole à l'oratrice)
Nouvelles allégations d’ingérence russe au Parlement européen, dans les prochaines élections européennes, et incidence sur l’Union (débat)
Monsieur le Président, en ce moment, pour savoir ce qu’il se passe dans notre Parlement, il faut lire la presse. On y apprend que les services tchèques ont démantelé un réseau d’influence russe en Europe. «Un de plus», direz-vous? Pas tout à fait. On apprend du premier ministre belge, qui s’exprimait devant son Parlement, que (je le cite): «La Russie a approché des parlementaires européens, mais les a aussi payés pour la promotion de la propagande russe. Il s’agit bien de parlementaires qui reçoivent de l’argent.» Le Premier ministre belge se réfère à la sécurité d’État de son pays et n’utilise pas le conditionnel ni de quelconques précautions de langage. Qu’à l’extrême droite de cet hémicycle, on se fasse sans honte les porte-parole de Vladimir Poutine, on l’avait constaté. Que plusieurs de ses élus aient collaboré avec un média obscur appartenant à un ami très proche de Vladimir Poutine et spécialisé dans la désinformation, on le découvre et on s’étonne. Mais que des élus européens aient accepté de l’argent d’un régime qui nous est hostile, c’est bien autre chose et on est estomaqué. Madame Metsola doit nous dire tout ce qu’elle sait. Les services doivent rendre public tout ce qu’ils savent. Dans deux mois, nos concitoyens seront appelés à renouveler ce Parlement: ils ont le droit de savoir s’ils votent pour des candidats honnêtes ou pour des candidats achetés; ils ont le droit de savoir qui d’entre nous agit par conviction et qui cède à la corruption.
Heure des questions aux commissaires - Préparation des gouvernements de l'UE à lutter contre l'ingérence étrangère, notamment de la Russie
Monsieur le Président, s’il y a bien un domaine dans lequel l’Europe est une passoire, c’est face aux ingérences de ses adversaires – la Russie la première. Bizarrement, cette passoire-là, ni le RN ni l’AfD ne la dénoncent jamais. Il est vrai que, dans ce domaine, ils sont en tête des réseaux de passeurs. L’Europe doit mieux se défendre, et pour cela, elle doit s’en donner les moyens. Aux États-Unis, au Royaume—Uni et en Australie, on exige la transparence pour tous les représentants d’intérêts étrangers. Je salue le projet de directive présenté par la Commission, mais je déplore l’angle qui a été choisi, celui du marché intérieur. Cela n’a pas de sens. Ni notre Parlement ni le Conseil ne doivent traiter l’empoisonnement de nos démocraties comme un simple problème d’harmonisation du lobbying. La transparence doit s’imposer pour tous les relais d’influence, et nous devons apprendre à protéger nos citoyens autant que nous protégeons nos consommateurs. Où en sont les discussions au Conseil, et peut-on élargir le champ de la directive pour éviter de taper à côté de la cible?
Déclarations du Conseil et de la Commission – Préparation du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024 (débat)
Monsieur le Président, dans quelques jours le Conseil va se réunir et il a une priorité plus urgente que toutes les autres: la défense européenne. L’heure n’est plus aux tergiversations et elle n’est certainement pas à la désunion européenne, dont le seul à profiter serait Vladimir Poutine. Non, l’heure est à l’action résolue pour défendre l’Ukraine. Parce que défendre l’Ukraine, c’est défendre les Européens. Nous ne sommes pas en sécurité tant que l’Ukraine est attaquée. Mais, pour défendre l’Ukraine, arrêtons d’être impressionnés par nos propres audaces et par les grognements de la Russie. Il est temps que la peur change de camp. N’ayons pas peur de Poutine, c’est lui qui doit avoir peur de nous. L’Ukraine manque de munitions? Achetons-les, partout où elles sont à vendre. Le président tchèque a raison. L’Europe cherche des financements pour ses efforts de défense? Inventons-les, lançons un emprunt en commun. La première ministre estonienne a raison. Utilisons les intérêts des avoirs gelés russes. Ursula von der Leyen a raison. L’Europe s’est fixé trop de lignes rouges alors que le Kremlin n’en a aucune. Apprenons à dire un peu moins ce que nous ne ferons pas et un peu plus ce que nous n’excluons plus. Emmanuel Macron a raison. L’ambiguïté stratégique n’a rien d’une course en avant, c’est un moyen pour paralyser et faire reculer l’agresseur. C’est le seul moyen d’aller vers la paix.
Renforcement de la défense européenne dans un environnement géopolitique instable - Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune - rapport annuel 2023 - Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune - rapport annuel 2023 (discussion commune - Sécurité et défense européennes)
Madame la Présidente, notre continent est aujourd’hui à un moment de bascule. La guerre y sévit par le choix d’un homme, Vladimir Poutine, qui veut la capitulation de l’Ukraine et notre asservissement. Les États-Unis pourraient faire en novembre un choix isolationniste et funeste. Aujourd’hui, c’est à nous de choisir. Ou bien nous prenons le risque de voir la Russie gagner en Ukraine et les États-Unis nous tourner le dos, et ce risque serait considérable pour notre sécurité. Ou bien nous faisons sans attendre le choix d’une vraie défense européenne. Ce qui nous manque aujourd’hui, ce ne sont ni les idées, ni les initiatives. Et je veux saluer ici la conférence réunie à Paris pour accélérer et renforcer le soutien à l’Ukraine. Ce qui nous manque, ce sont les financements pour produire les armes qui feront reculer Vladimir Poutine et le dissuaderont de nous attaquer. Alors n’attendons plus! Kaja Kallas a proposé un emprunt de défense commun, faisons-le! La BEI pourrait investir dans la défense, donnons-lui le mandat pour le faire! Si nous voulons rester en paix, il nous faut bâtir sans plus tarder l’Union européenne de la défense dans les faits, et plus seulement dans les mots.
Recommandation au Conseil, à la Commission et au SEAE sur la situation en Syrie (débat)
Monsieur le Président, treize ans de bain de sang, un demi-million de morts, 14 millions de civils déplacés ou réfugiés, un pays entier en urgence humanitaire. Cette tragédie a un nom: la Syrie, et elle a un coupable: Bachar el-Assad. Elle a des complices, la Russie et l’Iran. Elle a des conséquences, le chaos syrien a rendu possible la montée du terrorisme de Daech, un terrorisme qui a aussi frappé l’Europe. Ce même chaos a transformé la Syrie en narco-État qui inonde ses voisins du Captagon qu’il produit en masse. Aujourd’hui encore, Bachar Al-Assad ne contrôle pas grand-chose dans son pays, si ce n’est les trafics les plus lucratifs et les prisons les plus effroyables. Il aurait pu être un chef d’État, il a choisi d’être un chef de gang et un boucher. Face à cette tragédie, où sont les bonnes consciences, les défenseurs acharnés des droits humains, les chantres de la liberté des peuples? Pour dénoncer les horreurs du régime de Damas, la complicité de celui de Téhéran et de celui de Moscou dans ses souffrances interminables, l’usage des armes chimiques, de la torture, des assassinats, des détentions arbitraires, où sont les manifestations, les pétitions, les demandes d’action immédiate de la communauté internationale? Quand la Syrie menace Israël, qu’elle laisse transiter par son territoire les armes à destination du Hamas et du Hezbollah, quand la Turquie occupe une partie du territoire et bombarde les Kurdes, qui s’en soucie? Qui tente de mettre fin à cette litanie d’horreurs? Pas grand monde en vérité! Pire, il y en a ici et là, dans le monde arabe, et même en Europe, et même dans cet hémicycle, chers collègues, qui plaident pour la normalisation avec un régime bourreau de son peuple. Mais de quelle normalisation s’agirait-il, de quel renoncement à tout ce à quoi nous croyons – la dignité humaine, le respect des valeurs fondamentales — et quels bénéfices espérer? Que le trafic des stupéfiants s’arrête? Les pays arabes qui en ont fait le pari n’ont rien vu de tel. Que le terrorisme soit mieux combattu qu’il ne l’est aujourd’hui? Bachar Al-Assad est le premier à avoir vidé ses prisons des terroristes qu’elles renfermaient quand il a cru son pouvoir menacé. Que les réfugiés syriens rentrent chez eux, alors qu’il n’existe pas un endroit en Syrie où ils seraient aujourd’hui en sécurité, à l’abri de la répression du régime ou des violences des groupes armés? Ceux qui, en Europe, prétendent qu’il existe en Syrie des zones sûres n’ont pas dû s’intéresser beaucoup à ce sujet. Personne ne retient les populations syriennes réfugiées à l’étranger de rentrer chez elles, hormis la peur, une peur immense et légitime que leur inspire le régime de Bachar Al-Assad, coupable à la fois de ses excès et de ses insuffisances. Pire, il y a en Europe, il y a dans cette salle des gens qui se sont rendus en Syrie à l’invitation du régime et qui en ont chanté les louanges. Ils sont connus, on sait où ils siègent: à l’extrême-droite et à l’extrême-gauche de cet hémicycle, pour la plupart. Ils affirment aujourd’hui leur soutien à Israël, à l’extrême-droite dans sa guerre contre le Hamas, mais ils se couchent devant l’un des pires ennemis d’Israël, qui ne reconnaît même pas le droit à l’existence de l’État hébreu. Chers collègues, après treize ans de bain de sang, la recommandation que je vous présente aujourd’hui est simple et claire. Elle nous propose de ne pas normaliser nos relations avec le régime syrien tant qu’il ne respecte pas les résolutions du Conseil de sécurité et plus largement, tant qu’il ne respecte pas son peuple. Elle nous propose de continuer à progresser, comme l’ont fait plusieurs États européens dans la lutte contre l’impunité dont bénéficient les responsables de la tragédie syrienne. Elle nous enjoint d’œuvrer pour que l’aide humanitaire que nous envoyons puisse accéder à tous et ne pas être prise en main et contrôlée par le régime. Elle nous appelle à nos devoirs pour rapatrier les enfants perdus de fous de Dieu qui croupissent encore à Al-Hol, avant qu’ils ne deviennent les lionceaux d’un nouveau califat. Cette recommandation n’a pas de solution miracle à la tragédie syrienne. Elle demande seulement à l’Europe de faire ce qui est en son pouvoir et ce qui relève de son devoir. Je remercie mes corapporteurs qui ont bien voulu travailler avec moi sur ce drame oublié à nos portes, et je dis au groupe politique qui ne s’est pas associé à nos travaux et qui a montré son indifférence et sa complicité avec le régime de Damas, avec l’Iran et avec la Russie, qu’il est né avant la honte.
Liens plus étroits entre l'UE et l'Arménie et nécessité d'un accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie (débat)
Je ne sais pas si le bonheur sera complet, Monsieur le député Lacapelle, mais je vous ai entendu défendre l’Arménie avec des accents vibrants. Je vous ai entendu critiquer l’Azerbaïdjan. Alors je me demande comment se passent les réunions de délégations du Rassemblement national et s’il vous arrive d’échanger avec Thierry Mariani, qui s’est en permanence et encore récemment illustré par son soutien sans faille au régime de Bakou, ses nombreux voyages, l’intérêt très particulier qu’il porte au régime de Bakou, à l’économie azerbaïdjanaise, le fait qu’en déplacement avec une délégation du Parlement européen, il a embarrassé le Parlement européen en critiquant l’Arménie et en saluant le régime de M. Aliev. Tout cela pour dire que je me demande comment se passent les réunions de délégation du Rassemblement national.
Liens plus étroits entre l'UE et l'Arménie et nécessité d'un accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie (débat)
Monsieur le Président, je reviens d’Arménie. J’y ai vu un peuple qui n’aspire qu’à vivre en paix avec ses voisins et des dirigeants qui savent leur pays menacé. L’appétit de l’Azerbaïdjan n’a pas été assouvi par sa prise brutale du Haut-Karabakh. Son armée occupe des parcelles de territoire arménien et Bakou revendique plus, toujours plus. L’abandon de l’Arménie par la Russie ne fait plus de doute pour personne, pas plus que l’envie de Moscou de s’en prendre à un gouvernement qui a commis l’impensable aux yeux de Vladimir Poutine, à savoir démocratiser le pays, le réformer, soutenir la Cour pénale internationale et geler sa participation à l’organisation de sécurité dominée par la Russie et qui ne lui a rien apporté. Je reviens d’Arménie fière de ce que mon pays, la France, a décidé de faire pour rassurer Erevan et l’aider à se défendre. Formations, conseils et livraisons d’équipements militaires, voilà ce que la France a choisi d’apporter à l’Arménie pour prévenir toute nouvelle tentative d’agression et rétablir un rapport de force. Ce que la France a fait, d’autres Européens doivent le faire, et vite! Pour ramener la paix dans le Caucase du Sud, il ne faut pas seulement des négociations — elles sont en cours et elles s’éternisent —, il faut convaincre Bakou et Moscou de respecter enfin la démocratie et le peuple arménien. Ils comptent sur nous, ne les décevons pas!