Comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE compte tenu de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire et la résilience des agriculteurs et de répondre aux défis posés par les maladies animales? (débat)
Tout d'abord, avec plaisir, je vous enverrai les chiffres récents sur le végétarisme et les personnes qui mangent de la viande. Et je suis persuadé – et ce n’est pas seulement moi – que pour survivre en tant qu’agriculteurs, nous devons nous lancer dans la diversification. Également en ce qui concerne la production de protéines: c'est l'avenir et c'est le seul qui soit durable. Avez-vous les chiffres pour combien d'agriculteurs doivent aujourd'hui abandonner sous la pression d'un système économique parce qu'ils étaient beaucoup trop spécialisés dans l'élevage, par exemple, et aussi sur les conséquences, les coûts qui sont là, de l'élevage intensif? L'avenir est une transition, une transition écologique...
Comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE compte tenu de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire et la résilience des agriculteurs et de répondre aux défis posés par les maladies animales? (débat)
Monsieur le Président, cher commissaire, cher Christophe, regardez-moi: Oui, je suis végétarienne, et je le suis depuis de nombreuses années – et pourtant, je suis une femme en bonne santé. Et dans ce rapport sur l'avenir du bétail en Europe, les conservateurs se sont associés à des politiciens d'extrême droite pour dénigrer le végétarisme et le véganisme, affirmant que ce ne serait pas sain. L'élevage intensif nuit à l'environnement, entraînant la pollution et le changement climatique. La viande transformée et rouge augmente le risque de cancer. Est-ce sain pour nous? Si nous voulons prévenir les maladies chez l'homme et chez les animaux, garantir la sécurité alimentaire et investir véritablement dans l'avenir de l'Europe, nous devons passer de l'élevage intensif à des systèmes extensifs et respectueux du bien-être animal et, oui, également à des régimes alimentaires moins lourds en produits animaux. Et aux conservateurs: pourquoi s'en prendre aux ONG de protection des animaux alors que 84 % des citoyens de l'UE affirment que les normes en matière de bien-être animal sont insuffisantes? Aidons plutôt les agriculteurs à passer à des systèmes durables et à des protéines diversifiées pour leur avenir, pour l’indépendance de l’Europe, pour notre santé et pour les animaux.
Mise en œuvre de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires et risques pour la sécurité de l’approvisionnement en médicaments (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ce que nous entendons de nombreux collègues ce soir est le résultat d'un lobbying soutenu et agressif. Il est profondément honteux qu'une mesure visant à fournir de l'eau potable et à protéger la santé publique soit délibérément déformée, simplement pour protéger les marges bénéficiaires des entreprises qui continuent de générer des milliards chaque année. L'industrie a exigé une réévaluation du coût prévu de la politique. La réévaluation a été effectuée et elle a confirmé que l'analyse de la Commission était solide. Mais l'industrie a choisi de l'ignorer et de pousser à plus de retard. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que les collègues de cette Assemblée – PPE et ECR – répètent à présent ces fausses allégations. C'est un choix politique de leur part au côté de l'industrie plutôt que de l'intérêt public. Pendant ce temps, ceux qui sont confrontés à des conséquences environnementales et économiques – nos villes, les opérateurs de traitement des eaux usées, les prestataires de soins de santé et la société civile – exigent une mise en œuvre rapide de cette directive et ce sont là les voix que nous devons vraiment écouter.
Madame la Présidente, dear Commissioner, au Luxembourg, près d'un adulte sur cinq est atteint d'obésité. Ce chiffre a augmenté ces dernières années et continue d'augmenter. On dit souvent que la volonté suffit pour lutter contre l'obésité. Eh bien non, ce n'est pas le cas. Il s'agit d'un véritable défi de santé publique. L'obésité est liée au diabète, aux maladies cardiovasculaires et aux inégalités sociales. Et nous devons nous concentrer sur ce qui fait réellement la différence: l'accès à une alimentation saine, des régimes équilibrés, l'activité physique et des politiques de prévention qui atteignent tout le monde. Nous ne pouvons pas attendre que des médicaments comme l'Ozempic résolvent le problème pour tout le monde. L'accès aux médicaments contre l'obésité devrait être réservé aux personnes qui en ont vraiment besoin pour des raisons médicales. La solution consiste à créer des environnements où les choix sains sont les plus faciles d'accès et abordables pour tous. Cela signifie aussi faire en sorte que l'alimentation soit au service de la santé. C'est aussi prévenir un marketing agressif des produits malsains et offrir des options saines dans les écoles. L'obésité et les maladies associées doivent devenir des problématiques que nous prévenons, et pas seulement que nous traitons.
Orientations pour le budget 2027 - Section III (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, au nom de la commission de la santé publique, je voudrais vous rappeler que les objectifs de l'Europe en matière de santé ne peuvent être atteints que si nous fournissons le budget nécessaire. La Commission ne doit en aucun cas abaisser le niveau des crédits pour les lignes budgétaires relatives à la santé dans le budget 2027. Les défis pour la santé publique sont énormes. Nous sommes d'accord sur ce point entre les comités et à l'échelle de la Chambre. Les citoyens veulent que l'Europe fasse davantage dans le domaine de la santé. Le renforcement de notre système de santé profite à tous. La résilience des systèmes de santé est la pierre angulaire de la cohésion sociale, de la démocratie et de la stabilité économique. Nous avons besoin de ressources pour mettre en œuvre la préparation, les médicaments critiques, les plans pour vaincre le cancer et la sécurité des cœurs et la crise du personnel de santé. La société civile est un bon partenaire dans ce travail. Il est faux que la Commission ait décidé de mettre fin aux subventions de fonctionnement accordées aux organisations de la société civile dans le domaine de la santé. Les coupes opérées dans le cadre de l’initiative «L’UE pour la santé» menacent la capacité de l’UE à relever ces défis. Nous vous demandons donc instamment: le Parlement est prêt à prendre des mesures au niveau de l’Union pour soutenir les systèmes de soins de santé de nos États membres. Veuillez fournir les moyens de le faire. Ne les coupez pas.
Coopération entre les autorités chargées de faire appliquer la législation en ce qui concerne les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire (débat)
Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 70e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (débat)
Mr President, we must be serious about gender equality. It is a fundamental principle of the European Union, and I want to believe it is a principle we all share. Being serious about gender equality also means being serious about the health of half of the population. Universal access to sexual and reproductive healthcare, access to safe abortion without discrimination and without exceptions is key. Yet today's healthcare and medicine are not delivering for women. Lesbian and trans women face discrimination in care. Refugee women struggle to access even basic services. Health research excluded pregnant women. This means delayed diagnosis, worse health and preventable deaths. Our European and global commitments must include all women in all their diversity. Only then can we ensure social justice for all.
Nouveau plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, seule l'Europe sociale est une Europe forte. La force et l'avantage concurrentiel de l'Europe résident dans des politiques sociales fortes. Il s'agit d'un emploi de qualité. C'est une question de protection sociale. C'est une question de santé. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas perdre ce que nous avons accompli au fil des décennies. Il y a une tentative croissante de la droite et de l'extrême droite de démanteler la protection sociale et le progrès social, souvent parce qu'ils comparent l'Europe aux États-Unis, souvent parce qu'ils n'écoutent que les grandes entreprises. Mais nous ne devons pas changer de cap et nous devons renouveler notre plan d'action. Parce que tout n'est pas rose. Nous sommes toujours aux prises avec la pauvreté, le logement et l'inclusion des personnes handicapées. Nous devons garantir un accès égal et rapide aux soins de santé pour tous. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas perdre le progrès. Nous devons faire mieux. Rendre l'Europe forte signifie moins de pauvreté et plus d'inclusion. Rendre l'Europe forte, c'est aussi montrer que l'Europe s'en soucie vraiment.
Cadre visant à renforcer la disponibilité et la sécurité de l’approvisionnement en médicaments critiques ainsi que la disponibilité et l’accessibilité des médicaments d’intérêt commun (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la loi sur les médicaments critiques signifie plus d'indépendance, plus de sécurité et plus de coopération européenne. Elle rendra les médicaments génériques disponibles et les médicaments innovants moins chers. Nous produirons plus de médicaments en Europe, nous éviterons la dépendance et nous le ferons ensemble. La législation sur les médicaments critiques concerne plus d’Europe, exactement là où les citoyens en ont le plus besoin. Dans un monde plein d'instabilité et de tensions géopolitiques, nous avons décidé de nous intensifier et de faire un choix clair: le choix de l'indépendance, de la sécurité, de la solidarité. Chers collègues, aujourd'hui, nous montrons que l'Europe s'en soucie. L'Europe se soucie de ses citoyens. Les médicaments doivent être disponibles rapidement lorsque nous en avons besoin. Et les médicaments doivent être abordables pour tous. Je suis fier de dire qu'avec la Loi sur les médicaments essentiels, nous protégeons la chose la plus précieuse que nous ayons tous: notre santé.
Présentation du plan de l’Union pour la santé cardiovasculaire (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, les citoyens européens se soucient de leur santé – de leur propre santé et de celle de leurs proches. C’est pourquoi je me réjouis particulièrement que nous ayons l’ambition de nous attaquer de front aux maladies cardiovasculaires. La lutte contre les maladies cardiovasculaires est toujours plus efficace lorsque nous mettons l’accent sur la prévention. Aujourd’hui, nous savons pertinemment quels sont les facteurs de risque et ce qui nous rend malade. Ce qu’il nous faut, c’est du courage. Le courage de nous engager, de lutter enfin contre les facteurs commerciaux. En particulier, vous l’avez dit, en ce qui concerne les aliments ultra-transformés, riches en graisses, en sucre et en sel. L’alcool bon marché sans avertissement adéquat va également à l’encontre de la santé. Le tabac, les cigarettes électroniques, les produits de tabac chauffé et même les snus vont à l’encontre de tout plan pour la santé cardiaque. La pollution de l’eau, de l’air et des sols va également à l’encontre de l’ambition que nous avons d’améliorer la santé des Européens. Ce plan doit aussi tenir compte des inégalités de santé entre les femmes et les hommes, car les femmes sont souvent sous-diagnostiquées, insuffisamment traitées et sous-représentées dans la recherche. Tout cela doit être au cœur de notre plan pour la santé cardiovasculaire.
Conséquences de la situation géopolitique sur les patients européens et leur accès aux médicaments (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le monde qui nous entoure est en train de changer, souvent rapidement et souvent pas pour le mieux. Alors que l'Europe mène ses grandes batailles économiques et fait face à des défis émanant d'autres puissances mondiales, souvent ceux qui sont négligés ou sacrifiés sont des patients. Du risque de droits de douane à la dépendance mondiale dans les chaînes d'approvisionnement en passant par l'impact dévastateur du changement climatique, les changements mondiaux ont un impact très tangible pour les patients. L’Europe doit être forte, préparée et résiliente, tout en faisant preuve de solidarité avec les personnes les plus vulnérables, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe. La semaine dernière, nous avons conclu un accord historique sur la révision de la législation pharmaceutique générale. Bientôt, nous aurons une loi sur les médicaments critiques. Nous devons encore renforcer le système européen de soins de santé. Mais soyons honnêtes, compter presque exclusivement sur des sociétés pharmaceutiques privées a des limites. Ce même Parlement a commandé une étude qui a montré un moyen de construire des infrastructures de médecine publique. Au lieu de cela, la seule solution de l'UE reste de s'appuyer sur les grandes entreprises pharmaceutiques, qui décideront toujours en fonction de qui peut payer plus et de la taille du marché. L’Europe a besoin d’un modèle différent d’innovation et de production de médicaments, qui accorde la priorité aux besoins de santé publique et aux patients.
Élevage d’animaux à fourrure et mise sur le marché de produits en fourrure provenant d’animaux d’élevage (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, cher commissaire, même un animal tué pour la fourrure est un animal de trop. Mais le débat d'aujourd'hui ne porte pas uniquement sur le bien-être animal: il s'agit de santé publique; il s'agit de l'environnement; C'est une question d'économie. Cette industrie est déjà en train de s'effondrer. Les citoyens demandent que des mesures soient prises d’urgence, et 22 États membres ont déjà pris des mesures au moyen d’interdictions ou d’une suppression progressive. Dans le même temps, l’industrie n’emploie que 2 048 travailleurs à temps plein dans l’ensemble de l’UE, soit une moyenne de 1,8 par exploitation, souvent saisonniers, faiblement rémunérés et précaires. L'avis scientifique le plus récent de l'EFSA n'a pas pu être plus clair. Les besoins comportementaux des visons, des renards, des chiens ratons laveurs et des chinchillas ne peuvent tout simplement pas être satisfaits dans des systèmes de cages métalliques – ni avec enrichissement, ni avec des cages plus grandes. Ces animaux vivent dans des conditions qui entraînent une peur chronique, un comportement stéréotypé et de graves troubles du stress. Même si des normes plus strictes étaient introduites, cette industrie est fondamentalement incompatible avec le bien-être animal. Les élevages d’animaux à fourrure ont également été liés à d’importantes épidémies de COVID-19, entraînant l’abattage de millions d’animaux – à un coût public énorme – pour un secteur totalement non essentiel. Ce sont des points chauds à haut risque pour les maladies zoonotiques. Les incidences sur l’environnement sont tout aussi graves: une forte pollution par l’ammoniac, de grands volumes de déchets et la fuite d’espèces envahissantes – comme les chiens-raconniers – qui nécessitent alors un contrôle coûteux et à long terme, tout en nuisant à la biodiversité. La pollution et l'utilisation des ressources coûtent à elles seules 143 millions d'euros par an à la société, alors comment la Commission peut-elle encore hésiter? Chers collègues, le secteur de la fourrure est désuet, non rentable et socialement injustifiable. J'exhorte la Commission à interdire enfin l'agriculture en Europe. Mettons fin à cette cruauté et à toute la misère qu'elle provoque, une fois pour toutes!
Stratégie de l’UE en faveur des droits des personnes handicapées après 2024 (débat)
Madam President, dear Commissioner, what does it say of our society when 1 in 4 Europeans lives with a disability, yet millions still face discrimination – when fundamental rights like independent living, voting, equal access to healthcare or simply moving freely are still not guaranteed? They are our family members, they are our friends, our colleagues, our neighbours, or just us. Yet, too often they remain excluded from the society they help to build. But in 2025, we have no excuses left. We know what needs to be done. We have the UN convention and we must finally implement it fully: the right to personal assistance, the right to self-determination, the right to family and social life, the right to accessible information and political participation, and mobility and social rights that apply immediately and everywhere in Europe. Let's fight for a Europe where accessibility is universal, where schools really include, where workplaces open opportunities, where decision-making bodies include persons with disabilities at every stage, and where violence and discrimination are met with zero tolerance.
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, une femme sur huit en Europe sera confrontée au cancer du sein au cours de sa vie, mais une détection précoce peut sauver des vies. Le dépistage doit être accessible et abordable pour toutes les femmes, non seulement pour celles qui vivent dans les villes, mais aussi dans les zones rurales; non seulement pour ceux qui peuvent payer pour cela, mais aussi pour ceux qui vivent dans des conditions vulnérables. Bien que le dépistage devrait être disponible pour tout le monde, quel que soit le revenu, le dépistage excessif n'est pas non plus la solution. La raison doit mener les tests, pas la peur. Et soyons clairs: Aucune femme ne devrait jamais avoir à faire le choix entre son portefeuille et sa santé. Le dépistage universel, bien réparti et responsable est une question d'équité mais aussi de santé publique. Enfin, rappelons-nous également que la meilleure prévention que nous puissions obtenir est de réduire le risque à la source. Nous savons que la pollution affecte directement la santé des femmes, c’est pourquoi agir pour la planète, c’est aussi agir pour la santé humaine, en particulier pour les femmes.
Objectifs clés en vue de la 20e réunion de la Conférence des parties à la CITES en Ouzbékistan (débat)
Mr President, dear colleagues, dear Commissioner, almost 300 000 hunting trophies of wild animals listed under the Convention of International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora (CITES) were imported globally between 2013 and 2023, with hunters killing animals simply for personal glory and the sale of their remains. Let me remind you that in 2022, this Parliament clearly demanded a ban on the import of hunting trophies. I therefore urge all my colleagues to support tomorrow strong wording against this practice. The use and trade of wildlife is not only a matter of animal welfare and biodiversity preservation, but also a major threat to public health, due to the risk of future zoonotic diseases. So a One Health approach must be a priority at the upcoming CoP20 meeting in Uzbekistan. This is closely linked to the urgent need for the EU-wide positive list. Last but not least, let me say that I am deeply concerned about EU exports of wild animals, including certain species, to the Vantara zoological complex in India. And yet, I call on the Commission to suspend exports to Vantara and push for stricter CITES enforcement at the CoP20.
Journée mondiale de la santé mentale - lutter contre les facteurs socio-économiques (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, la santé mentale est aujourd'hui l'un des plus grands défis de santé publique en Europe, et il faut agir d'urgence. La santé mentale est également extrêmement politique, et elle a besoin de solutions politiques courageuses. Soixante-quinze pour cent des jeunes pensent que l'avenir est effrayant. Imaginez que vous êtes une jeune personne dans le monde aujourd'hui. Votre avenir est plein d'incertitude. Vous avez du mal à trouver un logement abordable. Votre avenir professionnel, même si vous faites de votre mieux, est un grand point d'interrogation. Et vous voyez de plus en plus de catastrophes naturelles. Vous voyez que les conflits armés et le génocide sont une réalité proche. Chaque jour, vous êtes exposé à des algorithmes de médias sociaux nuisibles pleins de normes et de contenu d'automutilation. Il est donc très difficile de contrôler votre santé mentale. Il est très difficile de rester résilient. Nos jeunes méritent plus que la résilience. Ils méritent la justice. Ils méritent d'être protégés. Ils méritent des soins, et ils l'obtiendront si nous agissons ensemble. Cessons donc de leur demander de s'adapter à un monde brisé. Réparons le monde à la place.
C'est l'Europe - Débat avec Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Commissaire, c'est un plaisir de vous accueillir ici au Parlement européen. Aujourd'hui, il a beaucoup été question de compétitivité et de simplification administrative pour les entreprises. Oui, parlons de compétitivité, mais dans le cadre d'une transition socialement juste et écologiquement responsable. C'est essentiel pour le bien-être des citoyens et fondamental pour les générations futures. Prenons le logement: pour faire baisser les factures d'énergie, il faut des logements bien isolés pour toutes et tous, pas uniquement pour les plus aisés. Sans justice sociale, sans équité et, j'insiste, sans empathie, nos sociétés s'effondrent. Pour cela, nous avons besoin de dirigeants courageux, humains et dotés de sagesse, qui défendent un modèle européen basé sur la solidarité et la bienveillance. L'actualité en France nous le rappelle: on ne gouverne pas un pays comme on gère une entreprise privée. Cela ne fonctionne pas. Faire preuve de véritable leadership, ce n'est pas être au service des actionnaires, des banques ou des lobbies; c'est écouter les gens. Voilà ce qui fait un bon dirigeant au Luxembourg et en Europe. Oui à la simplification, mais non à la dérégulation qui nuit au citoyen et à la planète. Ma question est donc simple: comment allez-vous renforcer l'État et les services publics pour mieux protéger les plus vulnérables, les travailleurs et le climat? Vous venez du secteur privé et vous savez que l'inaction en la matière coûte bien plus cher. En tant que Premier ministre, vous êtes responsable non seulement de ce que vous faites, mais aussi de ce que vous décidez de ne pas faire.
Stratégie européenne de lutte contre la maladie d’Alzheimer et les autres types de démence (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, lorsque nous parlons de démence, nous entendons souvent les chiffres - 9,1 millions de personnes en Europe vivant avec la maladie, qui devraient atteindre plus de 14 millions d'ici 2040. C'est la troisième cause de mortalité en Europe. Mais la démence n'est pas seulement une question de statistiques, c'est une question de personnes. C'est un grand-père qui oublie le visage de ses petits-enfants, quelqu'un qui ne reconnaît plus le partenaire qu'il aimait depuis des décennies. Une fille forcée d'abandonner sa carrière pour s'occuper d'un parent. Ce sont les familles tendues émotionnellement et financièrement, et les soignants qui sont souvent laissés sans soutien. Nous ne pouvons pas détourner le regard; L'Europe ne peut pas détourner le regard. Malgré nos promesses, les objectifs du Plan d'action mondial de l'OMS n'ont pas été atteints. Les personnes atteintes de démence et leurs soignants attendent toujours. Et avec le vieillissement de la population, le besoin ne fera que croître. C’est pourquoi j’appelle à l’action, pas demain, pas dans dix ans, mais maintenant. Nous devons reconnaître la maladie d'Alzheimer et les autres démences comme une priorité. Les missions de recherche sur la démence financées par l'UE doivent aller au-delà de ce qui se fait dans les laboratoires et porter également sur les soins, la prévention et la qualité de vie. De plus en plus de preuves montrent également les liens entre la pollution atmosphérique, les métaux lourds et d'autres expositions toxiques et la démence. Réduire la pollution et l'exposition peut réduire le risque de démence. L’UE doit veiller à ce que chaque personne atteinte de démence, où qu’elle vive en Europe, ait accès en temps utile à un diagnostic, à un traitement abordable et à des soins dignes. Cela m'amène à l'une des questions clés: le prochain budget de l’UE dans le domaine de la santé, non pas dans le cadre du programme pour la compétitivité, mais dans le cadre d’une vision forte d’une Europe sociale et bienveillante. Nous devons écouter les voix de ceux qui vivent avec la démence et de leurs soignants parce qu'ils sont les vrais experts. Je crois que l'Europe peut et doit relever le défi de la maladie d'Alzheimer et de la démence. L'UE peut apporter de l'espoir et apporter un changement.
Vagues de chaleur estivales dans l’Union: lutter contre les causes et assurer un logement et des politiques sanitaires adéquats pour faire face aux températures records (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, les vagues de chaleur sont causées par le changement climatique. Ils perturbent nos vies, notre sommeil, ils sont dangereux et souvent mortels. Parmi les inondations, les sécheresses et les incendies, ce sont les vagues de chaleur qui sont les plus dangereuses. Je pense à beaucoup de gens ici: des enfants, des personnes âgées, des personnes atteintes de maladies chroniques, des personnes vivant dans des appartements surchauffés. Ils ne peuvent pas échapper aux vagues de chaleur. Les vagues de chaleur ne chauffent pas de manière égale, mais les politiques doivent protéger de manière égale. Lorsque les riches achètent la climatisation et paient des factures d'énergie élevées, les plus vulnérables souffrent et finissent dans les hôpitaux. Les politiques de santé et les politiques climatiques vont de pair. Vous pourriez dire: «Oui, mais maintenant la chaleur est terminée.» Mais elle reviendra l'année prochaine et elle causera de la souffrance, elle provoquera la fermeture des écoles, elle ralentira notre économie et affectera la santé des gens. Mais nous pouvons faire quelque chose: nous pouvons agir. Si nous avons le courage d'agir, nous devons le faire. Le déni du changement climatique coûte des vies. Protéger et investir dans la nature est la seule solution.
Endométriose: un signal d'alarme pour l’Europe sur les disparités en matière de santé entre les femmes et les hommes (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, je suis ici aujourd'hui pour parler au nom de millions de femmes à travers l'Europe. Les femmes qui ont été ignorées, mal diagnostiquées et renvoyées depuis trop longtemps. Ils sont appelés hypocondriaques, poppers de pilule, hystériques ou chercheurs d'attention simplement parce qu'ils sont dans la douleur. Douleur réelle, chronique, paralysante. On dit aux femmes atteintes d'endométriose que c'est comme ça que vous êtes. On leur dit que la douleur fait partie du fait d'être une femme. On leur dit de continuer parce que la souffrance a été normalisée comme féminine, mais l'endométriose n'est pas un problème à endurer. C'est une maladie, une maladie qui touche une femme sur dix dans l'UE, une maladie qui peut prendre jusqu'à une décennie à diagnostiquer, une maladie qui a détruit des organes, des carrières, des relations et des vies. Nous sommes confrontés à un écart de santé entre les sexes qui tue la confiance, retarde le traitement et viole les droits des femmes. La douleur des femmes a été sous-estimée, pathologisée et ignorée simplement parce qu'elle est ressentie par les femmes. Il n'y a pas assez d'attention pour l'endométriose. Les fonds alloués à la recherche sur la santé des femmes en général sont insuffisants. Pendant trop longtemps, la recherche s'est concentrée sur les corps masculins. Nous devons changer cela. Il change déjà, mais pas assez vite. Nous appelons à investir dans la recherche à la fois sur le diagnostic et le traitement, mais aussi sur la sensibilisation à la santé des femmes.
De l'institutionnalisation à l'inclusion: un plan d’action de l’UE sur la désinstitutionnalisation et une prise en charge familiale ou de proximité (débat)
Madame la Présidente, cher commissaire, chers collègues, dans l'ensemble de l'UE, les enfants, les personnes handicapées et les personnes souffrant de problèmes de santé mentale sont toujours dans de grandes institutions, isolés de la famille, de la communauté et de leurs droits. Parce que dans les institutions, il n'est souvent pas possible de respecter le simple droit de décider comment passer sa journée, où vivre ou même comment décorer sa chambre. Ce n'est pas ce à quoi ressemble la dignité humaine. La convention relative aux droits des personnes handicapées, que l’UE a ratifiée, affirme le droit de vivre de manière indépendante et d’être inclus dans la société. Pourtant, les fonds de l’UE sont toujours utilisés pour rénover ou construire de nouvelles institutions. Au lieu de démanteler les systèmes nuisibles, nous les renforçons. Permettez-moi d'être clair: la désinstitutionnalisation ne consiste pas à fermer les portes. Il s’agit d’ouvrir des possibilités plus respectueuses et de soutenir l’assistance personnelle, l’éducation inclusive et les soins familiaux. Nous avons besoin d'un plan de l'UE qui soutienne les droits et donne de l'espoir. Soyons assez courageux pour construire des communautés, pas des institutions.
Protection des abeilles: faire progresser le nouveau pacte de l'UE en faveur des pollinisateurs (débat)
Madame la Présidente! La protection des abeilles et des autres pollinisateurs doit être une priorité pour l’UE. 78 % des espèces végétales indigènes et 84 % des cultures dépendent partiellement ou totalement des insectes pour la pollinisation, mais si nous continuons comme avant, nous promouvons massivement le déclin spectaculaire des insectes sauvages pollinisateurs. L'opinion publique est claire. La réussite de l’initiative citoyenne européenne Save bees and farmers appellent les citoyens à une agriculture respectueuse des abeilles, exempte de pesticides toxiques, non seulement à cause des abeilles, mais aussi à cause de l’avenir des agriculteurs qui dépendent d’un écosystème fonctionnel. Le changement climatique, la perte et la détérioration des habitats, les effets massifs des pesticides sur l’environnement et sur notre santé sont autant de phénomènes auxquels il est impossible de remédier par des politiques conservatrices et une réticence à agir. Nous avons besoin d’un pacte européen pour les pollinisateurs tourné vers l’avenir, d’une politique agricole commune qui fonctionne pour les agriculteurs et l’environnement et de règles claires en matière de réduction des pesticides.
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, la situation actuelle est dramatique. Les nouvelles formes d'emploi de plus en plus courantes en Europe entraînent également de nouveaux risques pour la santé mentale des citoyens et des citoyennes. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous contenter du seul droit à la déconnexion pour protéger la santé mentale. Bien sûr, c'est une avancée importante que je soutiens pleinement, mais ce n'est pas suffisant. Les professionnels de santé, les enseignants, tous sont surchargés faute de ressources humaines suffisantes. Les travailleurs et travailleuses de plateforme, les indépendants voient leurs droits bien trop mal protégés. Les personnes en situation de handicap, qu'il soit physique ou cognitif, ont besoin de conditions de travail réellement adaptées. Tous les travailleurs et travailleuses doivent être protégés de manière équitable. Nous avons besoin d'une protection renforcée contre les risques psychosociaux et d'une législation européenne plus ambitieuse en matière de santé et de sécurité au travail.
Action de l'Union européenne pour soigner et prévenir des maladies dont le cancer, les maladies cardiovasculaires et neurologiques et la rougeole (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, lorsque nous parlons de maladies telles que le cancer, les maladies cardiaques, les troubles neurologiques ou la rougeole, nous ne parlons pas en termes abstraits: nous parlons de nos voisins, de nos parents, de nos enfants. Chacun de nous a une histoire. Chacun d'entre nous connaît quelqu'un affecté. C'est pourquoi notre réponse doit être humaine, audacieuse et tournée vers l'avenir. Commençons par l'évidence: la prévention fonctionne, et pourtant c'est toujours la partie la plus négligée de notre système de santé. Nous dépensons des milliards pour le traitement, mais beaucoup trop peu pour arrêter la maladie avant qu'elle ne commence. Nous devons investir dans les conditions qui maintiennent les gens en bonne santé: air pur, eau propre, nourriture abordable et saine, logement décent. C’est pourquoi des politiques telles que le pacte vert pour l’Europe et la politique agricole commune jouent un rôle crucial. Ce ne sont pas des luxes environnementaux; ils sont des outils essentiels à la protection de la santé publique. Nous devons également nous adresser à l'un des éléphants dans la pièce: tabac. C'est toujours l'une des principales causes de décès évitables en Europe. Il est temps d'arrêter de danser autour de cette question. Nous devons de toute urgence réviser la législation de l'UE sur le tabac, y compris les règles fiscales. Récemment, 16 États membres ont demandé une révision: des taxes plus élevées, un emballage neutre, une interdiction totale de la publicité, y compris pour les nouveaux produits tels que le tabac chauffé ou les cigarettes électroniques. Notre législation doit rattraper la réalité. Chers collègues, la prévention seule ne suffit pas. Nous devons garantir un accès abordable et rapide à un traitement efficace pour tous, indépendamment du revenu ou de la géographie. Cela implique de subordonner la législation pharmaceutique et l'innovation au caractère abordable. Cela signifie exiger la transparence des prix et des coûts de recherche et développement. Oui, cela signifie également repenser la façon dont nous récompensons l'innovation médicale afin que l'investissement public conduise à l'intérêt public. Enfin, nous devons cesser de réagir uniquement aux crises et commencer à planifier à l'avance. L’Europe a donc besoin d’une stratégie globale sur les maladies non transmissibles – nous devons cesser de penser en vase clos – qui porte sur les systèmes de santé, l’environnement, l’agriculture, l’éducation et la politique sociale. La prévention et le traitement doivent également inclure la protection de la santé des femmes. C'est un autre aspect; une approche tenant compte de la dimension de genre est nécessaire. Agissons donc avec courage, agissons avec soin et agissons maintenant, car les vies en dépendent.
Stratégie européenne de résilience pour l’eau (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'état de l'eau en Europe est un signal d'alarme pour une action urgente parce que, oui, l'eau c'est la vie, l'eau c'est la santé, l'eau c'est la nourriture. Sans eau, il n'y a pas d'économie, pas de stabilité, pas d'avenir. Ne soyons pas naïfs. Notre approche actuelle nous a conduits à un point où une personne sur trois dans le monde n’a pas accès à l’eau potable et où près de 40 % de l’UE est confrontée à une pénurie permanente d’eau. Notre eau est empoisonnée par des produits chimiques, des pesticides, des microplastiques, des PFAS. Ça devient inutilisable, ça nous rend malades. Il est temps de prendre un chemin différent, de faire plus d'espace pour la nature et la restauration, parce que la nature ne peut pas être trompée. Plus de béton, plus de tuyaux, plus de solutions artificielles ne nous protégeront pas des impacts du changement climatique, des sécheresses et des inondations. Au lieu de solutions fondées sur la nature, il est déjà prouvé qu’elles fonctionnent, elles améliorent la disponibilité de l’eau, amortissent les chocs climatiques et renforcent la résilience de nos systèmes alimentaires, de notre santé et de nos économies. Nous devons agir maintenant. Protégeons l'eau que nous avons et prévenons d'autres dommages.