14
Déc
2022
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Défendre l'Union européenne contre l'abus des vetos nationaux (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l’Europe des vetos, c’est l’Europe de l’inaction, des retards, des chantages et des déceptions. C’est grotesque. Encore récemment, lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe, les citoyens ont demandé une défense européenne, une union de l’énergie et une puissance globale. Tout cela est aujourd’hui nié par les vetos des uns et l’hypocrisie des autres. La Hongrie d’Orbán en est l’exemple criant, bien sûr – Budapest en use et abuse –, mais ce n’est pas le seul. Le problème est bien plus profond, car la pratique du veto pollue les esprits et dérègle les systèmes. Cette dérive se joue notamment au Conseil européen, qui absorbe toutes les décisions importantes et étend de facto la pratique du consensus, et donc du veto, bien au-delà de la lettre des traités. L’immigration en est l’exemple flagrant. On pourrait prendre pas mal de décisions à la majorité, mais on s’enfonce depuis plusieurs années dans une impasse. Moins d’efficacité, moins de démocratie et moins de transparence. Si vous lisez les traités, chers collègues, le rôle des ministres – il n’est pas là – est considérable. Si vous regardez la pratique, depuis que le président du Conseil européen est permanent, c’est la «sherpacratie» qui dispose. Ce sont les sherpas, et pas les ministres. Ce devrait donc être un problème aussi pour le Conseil des ministres. Cette année, nous célébrons les trente ans du marché unique. Eh bien, si nous avions gardé les vetos, nous serions encore en train d’attendre la première décision sur la liberté de circulation. Je l’ai dit au Conseil: vous ignorez toutes nos demandes; vous ignorez la demande sur la loi électorale européenne; vous ignorez la demande sur la modification des traités; vous ignorez la demande sur l’activation des clauses-passerelles; vous ignorez la demande sur la révision du principe des partis politiques européens. Vous devez apprendre à respecter un peu plus le Parlement européen et avoir le courage de dire oui ou non à nos demandes. (l'orateur accepte de répondre à une intervention "carton bleu")