Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D)
185
—
Déclarations écrites
ES
Nécessité de surmonter l'impasse, au sein du Conseil, sur la directive relative aux travailleurs des plateformes (débat)
Ce débat a porté sur l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le Conseil en ce qui concerne l’accord sur la directive relative aux travailleurs des plateformes. L’objectif principal de cette directive, défendue par les socialistes depuis des années, est de protéger tous les travailleurs dans un marché de plus en plus changeant et numérisé. De même, lutter contre la concurrence déloyale au sein du marché unique. La proposition vise à déterminer le statut professionnel réel des travailleurs, ainsi que l’utilisation que les entreprises font des algorithmes et de l’intelligence artificielle, afin de surveiller et d’évaluer leurs employés. Si elle était lancée, cette directive empêcherait les plateformes numériques de traiter leurs travailleurs comme de faux indépendants, au cas où il existerait réellement une relation de travail en tant que salarié. Elle garantirait également l'amélioration des conditions de santé et de sécurité au travail dans le secteur. Le groupe S&D continuera à défendre la nécessité de respecter le modèle social européen et la lutte contre la précarité et les abus en matière d'emploi. Nous espérons qu'en mars, un accord pourra être conclu au sein d'EPSCO, afin de reprendre l'approbation d'une proposition réglementaire, nécessaire à une transition numérique juste et véritablement durable.
Droits, soutien et protection des victimes de la criminalité (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, merci aux rapporteurs, Lucia Yar et Javier Zarzalejos, parce qu'aujourd'hui, nous marquons la réforme la plus importante de la protection des victimes dans l'UE depuis plus d'une décennie, et une réforme très importante pour les femmes et les filles, car derrière cette directive, il y a des chiffres qui devraient nous secouer. Une femme européenne sur trois a été confrontée à la violence et une sur six a survécu à la violence sexuelle. Pourtant, la grande majorité ne font pas de rapport parce qu'ils veulent éviter la revictimisation, parce qu'ils ne font pas confiance aux institutions ou à la justice, ou parce qu'ils pensent que personne ne les croira. Mais nous sommes ici pour changer cela et nous continuerons à faire pression en faveur d'une législation européenne sur le viol fondée sur le consentement. Mais pour l'instant, nous brisons les murs de la peur en garantissant des signalements plus sûrs, des lignes d'assistance téléphonique à l'échelle de l'UE et un soutien psychologique gratuit tenant compte des traumatismes. Il est essentiel pour notre commission, la commission FEMM, de veiller à ce que cette directive traite explicitement de l'accès aux informations sur les soins de santé sexuelle et génésique, y compris les soins d'avortement, pour les victimes de viol. Merci beaucoup de continuer à travailler pour les victimes.
Progresser vers une société du soin: aborder l’écart entre les femmes et les hommes en matière de prise en charge des responsabilités familiales (débat)
Monsieur le Président, personne ici ne conteste certainement l'importance des soins, qui sont essentiels au maintien et à la reproduction de nos vies, en particulier ceux dont la vie est incompatible avec l'absence de soins ou qui ne pourraient pas vivre dignement sans ces soins. Cependant, quand nous nous demandons qui assume ce travail, avec quel coût et de quelle manière, la chose change un peu, parce qu'il est inutile de parler de soins si les conditions fiscales, de travail, de politique économique, d'égalité ne sont pas mises, afin que ces soins ne tombent pas d'une manière naturalisée, non reconnue, non évaluée, chez les femmes, comme cela se produit maintenant, parce que sinon à la fin, nous ne rejoignons pas le marché du travail avec égalité. Et tout cela, nous parlons de compétitivité et d'autres choses, parce que c'est inutile. Les socialistes appellent donc à un véritable pacte européen pour les soins, avec des congés égaux, non transférables et payés à 100 %, avec des services sociaux décents, mais aussi en soutenant les aidants formels et informels avec un travail décent. Nous demandons également que 20 milliards d’euros soient consacrés à la garantie pour l’enfance et qu’au moins 2 % du PIB de l’UE et des États membres soient consacrés à la garde d’enfants, à l’éducation et aux services à long terme d’ici à 2030. Si nous le comparons au débat sur la sécurité et la défense, il n'en va pas de même et cela soutient nos vies.
Perspectives et défis présentés par une stratégie globale en matière d'intelligence artificielle pour le commerce de l'Union (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je voudrais tout d'abord féliciter le rapporteur Brando Benifei pour cet excellent rapport opportun, car nous sommes à un tournant où l'intelligence artificielle n'est pas seulement une technologie stratégique, mais un moteur qui transforme déjà la compétitivité, les chaînes d'approvisionnement et la gouvernance commerciale mondiale. Ainsi, du groupe S&D, nous défendons une approche fermement intégrée, car nous devons renforcer l'intelligence artificielle dans le commerce en tant qu'outil facilitateur pour nos PME, capable de réduire les coûts de mise en conformité, d'optimiser la logistique et de rationaliser les contrôles douaniers. Mais en même temps, l'IA est un outil crucial pour la mise en œuvre de nos normes fondamentales, aidant les entreprises et les autorités à garantir le respect de réglementations clés telles que la directive sur le devoir de diligence ou le règlement sur l'interdiction du travail forcé. Cependant, l'intégration de l'intelligence artificielle dans le commerce nécessite la sauvegarde de notre modèle social, des droits des travailleurs et de l'environnement. Pour être compétitifs à l’échelle mondiale sans perdre notre essence, nous avons besoin d’une autonomie stratégique ouverte sur les chaînes de valeur critiques et d’une coopération internationale fondée sur des règles. Cela implique de coordonner rigoureusement nos outils de défense commerciale contre les risques géopolitiques, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et d’éviter les dépendances, par exemple à l’égard des semi-conducteurs, qui sont essentielles pour garantir notre souveraineté technologique. Nous défendons également les accords commerciaux numériques tels que celui qui sera signé immédiatement avec la Corée du Sud et dont j'ai le privilège d'être le rapporteur de ce Parlement. Des accords, comme je l'ai dit, qui facilitent les flux de données à caractère non personnel, mais qui, de manière non négociable, préservent l'autonomie réglementaire de l'Union européenne. Enfin, nous soutenons fermement la promotion de solutions d’IA open source, car ces alternatives réduisent les coûts, améliorent la confidentialité des données grâce au déploiement local, favorisent une concurrence saine et atténuent notre dépendance à l’égard des fournisseurs en dehors de l’UE.
Recommandation concernant la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies (débat)
Monsieur le Président, les recommandations de ce Parlement pour la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies comprennent, sur un pied d'égalité, la nomination d'une femme au poste de secrétaire général. Ce n'est pas une ballade. Si vous vous souvenez il y a quelques jours d'une photographie où trente des personnes les plus puissantes du monde étaient assises autour d'une table au sommet sino-américain, ils étaient tous des hommes. Mais ici, en Europe, nous sommes ailleurs ou, du moins, nous voulons une autre photo. Et en 80 ans, il n'y a pas eu de femme Secrétaire générale des Nations Unies. Les femmes continuent d'être jugées différemment, nous continuons d'être sous-évaluées, on nous demande plus, nous sommes déshumanisés, nous sommes disciplinés pour ne pas arriver ou rester au pouvoir. Et surtout maintenant, plus que jamais, parce qu'il y a un revers précisément dans l'engagement en faveur de l'égalité des sexes, nous devons soutenir qu'il y a une femme, que le nouveau Secrétaire général des Nations Unies est une femme. Certains gouvernements comme celui de Pedro Sánchez l'ont déjà fait. J'espère que d'autres gouvernements - ainsi que l'Union européenne - suivront la recommandation de ce Parlement. Nous aurons certainement moins de guerres et plus de paix s'il y a un secrétaire général des Nations Unies. Non à la guerre.
Entrepreneuriat féminin dans les zones rurales et insulaires et les régions ultrapériphériques (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, le taux d'activité des femmes dans les zones rurales est inférieur de 20 points à celui des femmes dans les zones urbaines. Et ce n'est pas par manque de talent, mais par manque d'opportunités, ce qui conduit de nombreuses femmes à chercher une alternative pour entreprendre et le font souvent dans des conditions très précaires. Par exemple, dans mon pays, en Andalousie, les villages sont masculinisés, parce que les femmes, en particulier les plus instruites, ne peuvent pas développer un projet de vie et que les zones rurales sont dépeuplées, non seulement en raison d’un manque de possibilités d’emploi, mais aussi parce que le gouvernement Moreno Bonilla est en train de démanteler les services publics. Face à ce modèle de démantèlement et de privatisation de la droite, nous, socialistes, défendons le public. Une garantie qu'un véritable entrepreneur d'une ville a les mêmes droits et opportunités que n'importe quel entrepreneur dans les villes et, bien sûr, n'importe quel homme. Parce que les mots ou les statuts ne suffisent pas, nous avons besoin de politiques actives adaptées, de formation financière, de protection sociale et aussi de fonds. Le Groupe S&D promeut donc un fonds de cohésion rural et un système de crédits et de garanties publiques pour éliminer les barrières qui aujourd'hui retiennent les femmes rurales. Parce que lorsqu'une femme andalouse crée une entreprise sur ses terres, elle construit également une Europe meilleure, plus juste et plus vivante.
Rapport intérimaire sur la proposition de cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, en tant que rapporteur de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres, je tiens à souligner l'importance d'envoyer un message fort, ambitieux et uni sur le prochain CFP qui, après tout, façonnera non seulement notre travail parlementaire dans les années à venir, mais aussi l'Union européenne elle-même. Il est également essentiel que nous nous rappelions pourquoi nous faisons cela: quels sont les principes et les objectifs? Pour ces raisons, je suis très reconnaissant aux rapporteurs qui ont intégré bon nombre de nos propositions clés dans leur avis. L'égalité des sexes n'est pas seulement un droit, mais un moyen de nourrir une société plus juste où chacun peut réaliser son potentiel. Et je voudrais également nous rappeler qu'elle est inscrite dans nos traités. Pour ce faire, nous devons lutter contre le fléau de la violence sexiste à ‑ et soutenir pleinement la santé et les services sexuels et reproductifs, non seulement avec des mots aimables, mais avec des ressources. Nous devons disposer de budgets à tous les niveaux, depuis le CFP lui-même jusqu'aux programmes qui reflètent pleinement les valeurs et les ambitions de l'Union européenne, en reconnaissant que le budget n'a jamais été neutre sur le plan du genre et qu'il doit être élaboré en gardant à l'esprit la lutte contre la discrimination dès le début et tout au long du processus. Des objectifs spécifiques et quantifiables sont nécessaires, ainsi que des données solides et ventilées par sexe ‑ comparables. Enfin, nous devons soutenir pleinement les organisations basées à ‑, y compris celles qui soutiennent les droits des femmes.
Législation sur le viol fondée sur la notion de consentement dans l’Union européenne (débat)
(EN) Madame la Présidente, une femme européenne sur cinq subit des agressions sexuelles, y compris des viols, ce qui est un crime répandu. Mais sa plainte ne l'est pas, car la honte continue de nous tomber dessus, il n'a pas changé de camp, comme l'a demandé Gisèle Pelicot. La société nous blâme, les lois ne nous protègent pas et les institutions nous revictimisent. L'absence de résistance n'équivaut pas au consentement, mais à la peur, à la paralysie. En ignorant cela, nos réglementations européennes perpétuent l'impunité de l'agresseur et blâment la victime. Seul oui est oui. En Espagne, chère Irene, ce principe a été mené en 2022 et au niveau européen, cher Evin, nous avons essayé de le mettre dans la directive sur la violence fondée sur le genre, sans succès en raison de l'absence de majorité au Conseil. Monsieur le Commissaire, nous devons terminer le travail. La Commission européenne devrait présenter une proposition législative harmonisant la définition de la violation sur la seule base de l’absence de consentement. Nous devons envoyer un message fort: les violences sexuelles ne seront pas tolérées. Il est temps que les lois nous restituent notre autonomie, que les agresseurs soient tenus responsables et que les droits des femmes soient garantis dans tous les pays européens.
Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 70e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (débat)
Madam President, thank you, colleagues, for your support and commitment. Thank you very much, Commissioner Kos, thank you for your commitment. I hope you support us in front of the Council so that we bring a strong and united position from the European Union, because the European Parliament is not a symbolic participant. We have championed ambitious standards to combat gender-based violence, including sexual violence and now also digital violence as well; eliminate all discrimination and strengthen victims' rights; promote economic independence for women; sexual and reproductive health rights and also access to justice – which today is more important than ever, as we are seeing what is happening with the Epstein files. United States justice and institutions choose not to believe the victims. This is why it is so important that we advance here in Europe in a consent-based definition of rape. We need to believe the victims. And regarding the ones against women's rights and gender equality, I would like to remind you that, contrary to what you have been saying, that equality is an idea coming from abroad: please read, study – it is a healthy practice. I really promise, because these ideas of equality were born here in Europe, are enshrined in our Treaties, are part of our fundamental values. And please, please, please, stop using women's rights, stop instrumentalising gender equality for other ends that are racism and Islamophobia. Please fight for women's rights and for gender equality. And just to finish, I was complaining before when this debate started that there were not many male MEPs, colleagues, here for the debate. However, after listening to you say that women only serve to be mothers, for maternity, that we are not human beings in and of ourselves, after being called hysterical twice, and even being accused of going to New York to take a Prosecco – the college that said that just escaped after talking, probably he's the one taking a Prosecco – please, please, don't instrumentalise our fight. Because it is a very serious fight. So vote in favour of our position, of this resolution. Bring the CSW to Europe and please fight really for human rights.
Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 70e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (débat)
Mr President, colleagues, the theme of the 70th session of the UN Commission on the Status of Women this year is 'ensuring and strengthening access to justice for all women and girls'. This could not be more urgent, nor more fundamental. Access to justice is not an abstract principle. It is the difference between protection and impunity; between equality on paper and equality in reality; between rights promised and rights delivered. Around the world, millions of women and girls still face discriminatory laws, structural barriers and institutional practices that deny them equal protection under the law. Legal systems often fail survivors of gender-based violence, including sexual violence. We are seeing this now with the Epstein papers that are showing things that happened and were reported almost four decades ago. So, in addition, economic inequality limits women's ability to seek justice. Harmful social norms silence victims before they even enter the courtroom. If we are serious about equality, we must be serious about justice. The European Union has long positioned itself as a global leader in gender equality and human rights. Our credibility on the international stage depends on the strength, coherence and ambition of the position we bring to the CSW. That is why the European Parliament – and in particular the Gender Equality and Women's Rights Committee, the FEMM Committee that I chair – must be closely and meaningfully involved in shaping the European Union's position for this next session. In fact, the FEMM Committee participates in the CSW every year. We bring legislative expertise and democratic legitimacy. And we bring into the international arena the voices of European citizens, especially women and girls, but also men that are committed – though today there are not many MEPs here. Shameful. But never mind. That's normal in our debates. Early involvement of Parliament in the formulation of the European Union position is not a procedural step – it is a democratic necessity. Enhanced and sustained interinstitutional cooperation between the Parliament, the Presidency and the Commission is essential to ensuring a strong, unified European Union position. An inclusive approach strengthens policy coherence across institutions and legitimacy, and increases the effectiveness of our engagement at international level. When we speak with one voice, a voice shaped through today's democratic debate, that voice carries greater weight. Access to justice must be inclusive. It must reach migrant women, women with disabilities, women in rural areas, LGBTQI persons, and those facing multiple and intersecting forms of discrimination that is normally the case. Justice cannot be selective. Equality cannot be partial. Our draft recommendation from the Parliament urges the Council to, first, increase the European Union aid to compensate US aid cuts and ensure sustained funding for United Nations Women and gender equality, including sexual and reproductive health and rights. We must stop the backlash. Second, to tackle violence offline and online, including the non-consensual sharing of images, deepfakes, cyber-harassment and hate crimes, and push for stronger European Union and global action. Third, to promote women's leadership, participation and representation in the judiciary. Fourth, to advocate for a consent-based definition of rape, as a universal standard worldwide. Five, strongly condemned rape and sexual violence as weapons of war, and call for international prosecution and accountability. Six, to call for recognising gender apartheid as a crime against humanity under the Rome Statute, using the United Nations definition. As we adopt our recommendation today and prepare for the 70th CSW session, we must send a clear message. The European Union stands firmly for an inclusive and equitable legal system. We stand for the elimination of discriminatory laws, policies, and practices. We stand for dismantling structural barriers that prevent women and girls from fully exercising their rights. And we stand against the gender backlash. I hope that this House will support the FEMM Committee recommendation.
Élaboration d’une nouvelle stratégie de l’Union pour lutter contre la pauvreté (débat)
Madame la Présidente, Madame la Vice-présidente, merci au rapporteur pour son excellent travail, mais je voudrais maintenant me concentrer sur une réalité: La pauvreté en Europe a le visage d'une femme. Les données pour 2025 sont très claires: plus de 65 millions de femmes sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Et ce n'est pas une coïncidence, mais le résultat d'une inégalité structurelle. Non seulement les femmes sont moins intégrées sur le marché du travail et ont des salaires plus bas, mais nous avons aussi le fardeau des soins, ce qui limite considérablement notre autonomie et notre bien-être. Et donc, il s'agit de la retraite, des retraites, où il y a un écart de plus de 25% en moyenne. Éradiquer la pauvreté des femmes n'est donc pas seulement une question de justice sociale, ce n'est pas seulement une question économique, c'est aussi une question d'avenir en raison de sa proximité avec la pauvreté des enfants. Mon appel est donc d'agir immédiatement. Nous avons besoin de politiques économiques qui permettent une meilleure répartition, de politiques budgétaires qui permettent une meilleure répartition, de véritables politiques de réconciliation, d'une égalité salariale effective, de services publics universels et d'une garantie universelle pour l'enfance, car une Europe juste, prospère et compétitive est impossible si nous laissons plus de la moitié de la population derrière nous et les enfants qui en dépendent.
Les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2025 (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Haut Représentant, de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres, que je préside, je voudrais dire que nous condamnons l'augmentation des violations des droits de l'homme dans le monde et, en particulier, la répression sans précédent des droits des femmes, des filles et de la communauté LGBTI. L’année 2026 se poursuit avec la régression systématique de nos droits – ceux des femmes – en Iraq et en Afghanistan, bien sûr, et nous devons les condamner et agir en conséquence. Mais pas seulement cela, parce que nous condamnons également l'instrumentalisation des droits des femmes pour encourager les discours de haine, comme c'est le cas ici avec la migration. Soyons cohérents. Les droits sexuels et reproductifs sont des droits humains fondamentaux. Refuser l'accès à des soins de santé sexuelle et reproductive complets, y compris l'avortement, est une forme de violence sexiste. Nous exigeons également que l’Europe veille au bon déploiement de l’intelligence artificielle et des technologies numériques, à leur contrôle démocratique et à l’évaluation de leur incidence sur les droits de l’homme, en particulier en ce qui concerne ce qui se passe pour les femmes et les filles.
Présentation du règlement sur la cybersécurité (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'état actuel du monde montre à quel point nous sommes interdépendants et vulnérables en matière de cybersécurité. C'est pourquoi nous apprécions beaucoup cette initiative, Monsieur le Commissaire. Au cours du mandat précédent, j’ai eu l’honneur d’être rapporteure pour le règlement sur la cybersolidarité, qui était une initiative clé pour répondre à un besoin urgent de renforcer la capacité de l’Union européenne à détecter, prévenir et réagir aux menaces et incidents de cybersécurité. C’est pourquoi nous nous félicitons de la révision aujourd’hui du règlement sur la cybersécurité, qui vise à moderniser le cadre européen face à l’évolution rapide du paysage des menaces et à un environnement réglementaire de plus en plus complexe. C’est pourquoi nous avons besoin de plus de souveraineté numérique, de plus d’Europe, de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement, d’harmoniser les règles afin d’éviter la fragmentation du marché, de mettre davantage l’accent sur la protection des services publics, des infrastructures critiques et des PME, ainsi que de mettre l’accent sur la formation et la recherche et le développement. Nous savons que les cybermenaces ne connaissent pas de frontières et croissent de manière exponentielle. C'est pourquoi nous devons mettre à jour nos outils, renforcer la coopération et certainement unir nos efforts pour devenir plus résilients.
Aide humanitaire face à une polycrise – réaffirmer nos principes pour réagir de manière plus efficace et ambitieuse aux crises humanitaires (brève présentation)
Madame le Président, je voudrais tout d'abord adresser mes condoléances à toutes les victimes de l'accident de train fatal qui s'est produit sur mon territoire, en Andalousie. Nous sommes en deuil et je remercie le commissaire, l'Union européenne et ce Parlement de s'être souvenus de nous. En tant que présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres, qui a émis un avis pour ce rapport, je voudrais tout d'abord remercier la rapporteure, ma collègue Leire Pajín, d'avoir introduit tous les problèmes et aspects liés en particulier aux femmes et à l'égalité des sexes, car dans ce contexte de polycrise, les femmes souffrent d'une plus grande vulnérabilité, liée à l'augmentation de la pauvreté, des déplacements, de l'insécurité et de l'accès limité à l'alimentation, à l'éducation, à l'emploi, à la santé ainsi qu'à la santé sexuelle et génésique. Et surtout, nous subissons une augmentation de la violence et de la violence sexuelle. Et tout cela, en outre, est intensifié par des coupes dans l'aide des États-Unis. L'Europe doit donc être là, et nous devons le faire plus que jamais parce que les femmes du monde entier en ont besoin.
Bouclier européen de la démocratie – algorithmes des très grandes plateformes en ligne, ingérence étrangère et propagation de la désinformation (débat)
Prévention du harcèlement sexuel dans les institutions publiques: dernières révélations et démissions en Espagne et réponses institutionnelles (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, nous, socialistes, avons toujours été - et continuons d'être - du côté des femmes et de leurs droits, en respectant et en accompagnant les victimes. Pouvez-vous en dire autant, mesdames et messieurs du PP et de Vox? Madame Montserrat, vous n'êtes pas intéressée par la lutte contre le harcèlement sexuel, vous voulez juste instrumentaliser un problème très grave. Parce que, s'ils étaient intéressés, ils auraient soutenu ce débat ayant une dimension européenne, d'une part parce que nous sommes au Parlement européen et, d'autre part, parce qu'une femme européenne sur trois a été victime de harcèlement sexuel, et la moitié d'entre elles au travail. Si vous étiez intéressé, lorsque le MeToo s'est produit - et je voudrais que vous me laissiez parler - dans ce Parlement, vous auriez voté en faveur de l'audit externe tel que proposé par les socialistes. Au lieu de cela, vous avez voté contre. Moi aussi, je pourrais entrer dans le "et vous plus", Mme Montserrat. Ce sont des listes de cas, du célèbre cas de Nevenka à celui que nous avons appris aujourd'hui d'un conseiller du maire d'Algésiras, Landaluce, qui est un dirigeant du PP de Malaga et qui faisait pression sur un ancien conseiller de la ville d'Algésiras pour qu'il dise qu'il souffrait de troubles mentaux afin de défendre le maire contre l'accusation de harcèlement. Mais nous ne devons pas entrer dans le "et vous plus", parce que les victimes n'ont pas besoin de cela, ce dont elles ont besoin, c'est que nous les soutenons, elles ont besoin de protocoles. Lorsque les fenêtres sont ouvertes, comme nous l'avons fait, vous voyez des choses que vous n'aimez peut-être pas et la maison est ventilée. Le PSOE ne protège pas, ne dissimule pas ou ne dissimule pas les comportements ou les crimes sexistes. Nous faisons des erreurs, oui, mais nous les faisons parce que nous avons des protocoles que vous n'avez pas. Le harcèlement et la dénonciation n'ont pas d'acronyme, mais la contre-attaque en a, et ils sont l'acronyme du Parti socialiste ouvrier espagnol.
Incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan «ReArm Europe» (débat)
Monsieur le Président, la recherche et l'innovation sont des piliers essentiels pour la sécurité et l'autonomie de l'Europe. Dans un environnement de menaces croissantes, nous devons donner la priorité aux technologies critiques telles que la technologie quantique, l’intelligence artificielle ou la cybersécurité, qui non seulement renforceront notre défense, mais stimuleront également la compétitivité européenne. L’Europe ne peut se permettre de retarder l’adoption de technologies de rupture ou de financer cet investissement. C’est pourquoi cet accord appelle à davantage de garanties contre les ingérences étrangères et les menaces hybrides dans la sphère numérique, ce qui est essentiel pour protéger notre souveraineté technologique, et renforce la collaboration et l’innovation transfrontières dans les PME et les jeunes pousses. Je tiens à souligner que cet accord constitue une réponse exceptionnelle justifiée par le moment présent et qu’il indique clairement qu’il ne remet pas en cause l’approche civile du programme de recherche et d’innovation Horizon Europe. Je vous exhorte à exploiter le potentiel du plan Rearm Europe pour construire une Europe sûre, autonome, innovante, unie et, surtout, pacifique.
Stratégie en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Vice-présidente, nous réaffirmons aujourd'hui notre engagement en faveur d'une Europe plus juste et plus égalitaire, où les droits des femmes sont une réalité tangible, et nous le faisons en exigeant que la Commission progresse non seulement dans la mise en œuvre de la merveilleuse législation que nous avons adoptée au cours de la législature précédente, mais aussi avec de nouvelles propositions législatives. Dans le contexte historique de régression et d’atteinte aux droits des femmes et à l’égalité entre les hommes et les femmes que nous connaissons, y compris au sein de ce Parlement, la simple mise en œuvre de ce qui a déjà été approuvé ne suffit pas, car face aux défis que nous avons déjà rencontrés en matière de violence fondée sur le genre, y compris la violence numérique, les écarts de salaires, les écarts de revenus et la pauvreté, nous devons ajouter de nouveaux défis ou certains de ceux dont nous sommes maintenant plus conscients, tels que la négligence concernant notre santé, notre participation limitée à la révolution numérique ou au programme de sécurité et en particulier les attaques contre le féminisme et les femmes dans le cadre de l’énorme revers démocratique que nous connaissons. Les socialistes l'ont dit clairement, très clairement: Nous faisons avancer cette stratégie parce qu'à mesure que les femmes progressent, l'Europe progresse, et nous attendons de la Commission qu'elle nous écoute et je suis sûr qu'elle le fera.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, le plan européen pour vaincre le cancer souligne l'importance du dépistage et de la santé préventive dans une maladie où un diagnostic précoce sauve des vies. Et c'est ce dont les femmes andalouses ont été dépouillées: sauver leur vie sans cancer et métastases, sauver leurs seins, leur corps, leur vie. Plus de 2 000 femmes ont subi des retards allant jusqu'à deux ans dans le diagnostic du cancer du sein. Le gouvernement de Moreno Bonilla a abandonné les femmes et les a ensuite blâmées pour saper le prestige du système de santé andalou. Et, M. Moreno Bonilla, est-il plus important de comparaître et de conserver les votes que la vie des femmes? Parce qu'on ne sait toujours pas ce qui s'est passé aujourd'hui. Ils ont donné plusieurs versions, changé les diagnostics, supprimé les noms des radiologues dans les dossiers. Il y a un manque d'information, de transparence et de respect pour les victimes et leurs familles. C'est pourquoi nous exigeons des responsabilités du gouvernement de Moreno Bonilla. Arrêtez de mentir, expliquez clairement ce qui s'est passé, écoutez les associations des personnes touchées, agissez avec un plan efficace. Et je le dis en tant qu'eurodéputée socialiste, en tant que présidente de la commission des droits de la femme de ce Parlement et en tant qu'Andalouse qui est dans le système de dépistage, qui a subi une mammographie l'année dernière et qui n'a toujours pas les résultats. C'est de l'anxiété, M. Moreno Bonilla. Aucun gouvernement ne peut violer les droits fondamentaux à la santé et à l'information. Qu'est-ce qu'ils ont à cacher? Quels intérêts privés sont au-dessus de la santé? Parce que les privatisations dans les soins de santé coûtent des vies. Le vôtre aussi, M. Moreno Bonilla.
Budget général de l'Union européenne pour l'exercice 2026 – toutes sections (débat)
Madam President, gender mainstreaming and gender budgeting are not a luxury, but an essential tool in the Union's arsenal to show our political priorities. A way for us to make our money go further. We have made progress in gender budgeting over the last few years, but we still need to effectively monitor the application to ensure the budget works for all. I am pleased that the importance of items such as the European Social Fund Plus or the Daphne Programme are recognised and have their budget increased to some extent at least. Let me remind you that gender-based violence has an estimated economic cost of billions per year. This is why the FEMM Committee has repeatedly called for Daphne to become an autonomous programme with its own separate budget line. Finally, I would like to highlight the importance and valuable role the European Institute for Gender Equality plays in helping the Union achieve its objectives. Yes, EIGE has had its budget increase, but it still needs more resources and staff to deal with its increased tasks, especially now that there is orchestrated attacks against the gender-equality agenda.
Mise en oeuvre de l’accord commercial UE-États-Unis et perspective d’accords commerciaux plus larges de l’Union (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le président de la Commission européenne a déclaré aujourd'hui que l'Union européenne doit rester libre et indépendante, mais cet accord commercial avec les États-Unis ne semble pas le faciliter. Les socialistes sont bien conscients de l'importance d'éviter une guerre commerciale et nous allons certainement travailler à améliorer cet accord, mais nous ne sommes pas sûrs que l'acceptation de conditions asymétriques l'empêche, ni ne garantit la stabilité ou la sécurité, comme cela a été démontré quelques jours plus tard, lorsque les droits de douane ont été relevés sur 407 articles européens. En outre, cet accord peut provoquer une contraction économique qui peut provoquer une vague politique réactionnaire, déstabilisant les démocraties libérales européennes et l'Union européenne elle-même, ce qui est peut-être ce que veut le trumpisme. C'est pourquoi sa mise en œuvre ne peut affaiblir la législation européenne qui est la clé de notre autonomie. L'Union européenne doit préserver l'unité tout en se défendant contre la coercition excessive et en protégeant des secteurs clés tels que la sécurité, l'industrie, l'énergie, la technologie ou l'agriculture. Nous avons les ressources pour le faire, nous avons un poids économique, une influence réglementaire et des outils commerciaux à utiliser: Faisons-le et continuons à défendre le système multilatéral fondé sur des règles, notre souveraineté, nos emplois et à renforcer les accords commerciaux avec nos partenaires.
Après 10 ans, il est temps de mettre un terme maintenant à la migration de masse - protégeons nos femmes et nos enfants (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'identification de l'extrême droite de l'immigration avec la violence à l'égard des femmes et des filles est tout simplement fausse. Il n'est basé sur aucune preuve et de nombreuses études le nient. Ne pensez qu'à Pelicot et à ses collègues, qu'ils soient venus ou non en bateau. Mais bien sûr, l'ignorance est la base du racisme. Votre discours génère de la désinformation et est un discours de haine nauséabond, incitant à la peur de la violence contre les femmes que vous niez vous-même. Vous niez qu'il y ait une violence structurelle contre les femmes, vous dissimulez votre propre violence sexiste. Vous avez été très habile à attirer une partie de l'électorat masculin, mais, bien sûr, la femme leur résiste et donc ils essaient de nous conquérir avec ces choses. Ils ont besoin de nous effrayer avec l'étranger, parce qu'ils ont besoin de nous pour réaliser leur plan raciste, leur plan xénophobe, pour attiser la fable du « grand remplacement », leur plan d'ingénierie socio-économique autoritaire qui veut juste contrôler nos corps et nos vies. Cessez de nous utiliser à d'autres fins et joignez-vous à nous pour réaliser les droits des femmes sur un pied d'égalité.
Gouvernance de l’internet – renouvellement du mandat du Forum sur la gouvernance de l’internet (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, du groupe S&D, nous soutenons le renouvellement du mandat du Forum sur la gouvernance de l'internet, qui est essentiel au dialogue multilatéral et multisectoriel sur la durabilité, la stabilité et le développement de l'internet. Nous demandons également qu'il devienne un mandat permanent pour assurer la continuité de ses travaux et que l'internet soit libre, ouvert et sécurisé: doit être un bien public mondial. Ce forum est particulièrement important pour assurer la force de nos démocraties et faciliter l'innovation. Le Parlement européen a démontré son soutien et son engagement en participant à ses conférences annuelles - auxquelles j'ai eu l'honneur de participer depuis 2019 - et nous exhortons maintenant les États membres et la Commission à intensifier leurs efforts pour parvenir à une résolution favorable concernant l'avenir de ce forum, car l'avenir de nos démocraties est avant tout en jeu sur cet internet dont nous avons besoin pour être libres et un bien public mondial.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, à un moment où, d'une part, l'Europe doit améliorer sa compétitivité, mais où, d'autre part, la liberté académique et la science sont également remises en question dans d'autres parties du monde, l'initiative Choisir l'Europe pour la science est plus importante que jamais. L'Europe doit se positionner comme un refuge pour les chercheurs qui cherchent à développer leurs idées dans un environnement de liberté et de respect de la diversité, pour la pensée critique qui inspire la méthode scientifique elle-même, et Choisir l'Europe pour la science est un pas dans la bonne direction, mais il doit s'agir d'un projet véritablement européen pour éviter de créer des inégalités. Nous ne pouvons pas permettre que cette mesure ne profite qu'à certains territoires: Ce n'est pas l'Europe que nous voulons. Nous voulons que l'Europe soit un endroit où ils peuvent librement faire des recherches et relever les défis mondiaux, où ils peuvent collaborer avec des experts du monde entier et où les possibilités de financement peuvent être bien saisies. Et pour cela, nous devons garantir, principalement, deux choses: d'une part, un budget solide et, d'autre part, un programme européen autonome pour la science et l'innovation. Heureusement, le président de la Commission a annoncé l'autre jour que ce serait le cas. Nous devons nous convaincre que, sans science, il n'y a pas de compétitivité, pas de démocratie, pas de projet européen.