23
Nov
2021
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Procédure budgétaire 2022: projet commun (débat)
Monsieur le Président, pour la troisième année consécutive, j'ai été enfermé un week-end pluvieux de novembre avec mes collègues et les diplomates nationaux pour me battre sur le budget annuel, tout en survivant avec de très mauvais sandwichs et du mauvais café. Pour la troisième année consécutive, j'ai quitté ces négociations avec une curieuse réalisation. Certaines capitales de l'UE réduisent fondamentalement ces négociations au montant qu'elles doivent payer et semblent très souvent ignorer ce qu'elles obtiennent réellement pour cela, leur retour sur investissement. À la lumière de cela, il peut être utile de revenir à la raison pour laquelle nous avons réellement un budget de l'Union européenne. Nous l'avons parce que, il y a quelque temps, les présidents et les premiers ministres ont fait des aveux, collectivement, rationnellement et par intérêt politique. Ils ont fait l'aveu que, dans le passé, des intérêts nationaux contradictoires nous ont conduits à la radicalisation et, finalement, à la guerre. Ils ont fait la confession que chaque nation, aussi grande et historiquement puissante soit-elle, est trop petite pour s'attaquer seule aux problèmes de notre temps. Je dirais qu’ils ont avoué que toutes nos nations ont perdu une partie de leur souveraineté précisément parce que, seules, elles ne peuvent pas protéger ou représenter les droits de leurs citoyens en ce qui concerne le changement climatique, les soins de santé, la hausse des prix de l’énergie, le leadership et la recherche, le commerce mondial, la sécurité nationale et tant d’autres domaines que nous voyons représentés dans notre budget. C'est pourquoi nous avons un budget européen commun, et c'est pourquoi nous avons une institution européenne commune qui nous aide à prospérer et à retrouver une partie de la souveraineté que nos États-nations individuels ont perdue. Mais revenons au contenu du budget de l’année prochaine. Du côté du Parlement, le résultat final, comme l’a dit Karlo Ressler, est un succès. Nous avons à peine vu un budget aussi ciblé souligner nos priorités, que ce soit dans la lutte contre le changement climatique, dans notre solidarité par le biais de campagnes de vaccination et dans le soutien à notre excellence en matière de recherche, pour ne citer que quelques exemples. Toutes nos félicitations à Karlo et à tous ses collègues et rapporteurs fictifs pour l'excellent travail accompli. De mon côté, en ce qui concerne le renforcement des institutions de l'Union européenne, je pense que nous avons également accompli beaucoup de choses. Tout d'abord, cela est vrai pour la Cour de justice de l'Union européenne. La justice est toujours du côté des faibles et des persécutés. Renforcer la Cour avec du personnel et des fonds supplémentaires signifie donc protéger les plus faibles de nos sociétés contre ceux qui abusent des positions de pouvoir, et cela en vaut toujours la peine. Deuxièmement, nous avons été en mesure de renforcer la Cour des comptes afin qu’elle puisse contrôler les dépenses correctes des milliards qui proviennent de l’instrument européen pour la relance. Une responsabilité commune exige des freins et des contrepoids, et la Cour est cruciale à cet égard. Troisièmement, je suis également très heureux que nous ayons pu renforcer les capacités du Parlement, de cette Assemblée. Après des années de charge de travail accrue, nous sommes finalement parvenus à renforcer nos capacités législatives essentielles, ce qui améliorera la qualité de la législation pour tous les citoyens européens. Permettez-moi de terminer en remerciant la présidence du Conseil pour leurs négociations équitables et le commissaire pour les solutions très créatives, Karlo pour la grande collaboration, Johan pour les conseils calmes, et mes ombres pour le soutien continu tout au long des négociations, mais aussi à mon équipe – Caroline, Zita et Johannes – pour leur travail acharné au cours de l’année écoulée.