18
Juin
2025
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Prochain sommet de l’OTAN, du 24 au 26 juin 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Haute représentante, chère Kaja, chers collègues, nous devons une vérité aux Européens. L'équilibre mondial entre grandes puissances repose souvent non pas sur l'entente, mais sur la peur. Et en droit international, cette peur, elle a un nom, la dissuasion. Pour citer Raymond Aron, la dissuasion repose sur la certitude pour l'adversaire que les risques qu'il prend sont supérieurs aux avantages qu'il pourrait espérer. La dissuasion, chers collègues, c'est la paix, c'est la garantie de l'équilibre des puissances. Or, pendant des décennies, l'Europe a nié cette réalité, Elle l'a même sous traitée aux États-Unis, à l'OTAN, avec une forme de naïveté stratégique coupable. L'article cinq, cette promesse de la défense collective, c'était toujours les autres, ce n'était jamais nous. Aujourd'hui, chers collègues, les conséquences de cette attitude nous rattrapent. Nous n'avons pas seulement sous-investi dans notre défense, nous avons occulté la possibilité d'être de nouveau sous la menace d'une armée étrangère. Et nous y sommes. Nous avons vécu dans la certitude que les dividendes de la paix ne cesseraient jamais. Le 24 février 2022 a été un choc intégral. Nous n'étions pas prêts, pas prêts pour aider militairement l'Ukraine, pas prêts pour nous défendre, pas prêts pour produire, pour fournir, pour dissuader. L'OTAN, chers collègues, est le pilier le plus puissant dont les alliés disposent aujourd'hui, avec sa posture double de réassurance et de dissuasion. Or, le partage du fardeau a été déséquilibré depuis la fondation de l'alliance. Et ce partage ne peut plus rester une promesse sur papier. Il doit devenir enfin une réalité. Pas pour faire plaisir à Donald Trump, non, pour notre indépendance, pour notre sécurité, pour la sécurité des Européens. Et fixer un chiffre, c'est un pas évidemment important. Aller vers les 5 %, c'est la bonne direction. Mais disons-le clairement, cela ne répond pas encore à la question de notre stratégie. Cela ne dit pas comment créer enfin un marché militaire unique dont l'Europe a besoin urgemment. Cela ne répond pas à la question stratégique de l'adhésion de l'Ukraine. Chers collègues, après trois ans de guerre sur le sol européen, nous devons décider et agir. Que faisons-nous, nous Européens, pour notre propre sécurité? Mon groupe, chers collègues, Renew Europe, appelle à des mesures concrètes pour doter l'Europe de véritables capacités de défense. Le Parlement européen a adopté un programme concret pour l'industrie européenne de défense. Nous appelons le Conseil à le mettre en œuvre sans délai, pour combler le fossé stratégique actuel, pour créer un véritable marché unique de la défense, pour rationaliser les achats et pour renforcer la coopération industrielle en Europe. Il est aussi grand temps de faire progresser les discussions sur la dissuasion européenne. Fini les tabous! Nous plaidons pour un parapluie nucléaire français élargi. Nous plaidons pour le développement d'une culture militaire entre Européens avec une académie militaire européenne. Nous plaidons pour un Conseil de sécurité européen pour cette nouvelle matrice de défense. Voilà les enjeux du prochain sommet de l'OTAN.