Protéger la sécurité et la santé mentale des enfants face aux risques que posent les médias sociaux – notre devoir d’agir maintenant (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, nos enfants sont en danger, et ce danger, ce sont les réseaux sociaux. Pendant longtemps, nous avons regardé leur développement avec fascination; aujourd’hui, nous devons regarder la réalité en face. Troubles anxieux, dépression, addiction, cyberharcèlement, altération du sommeil et de l’estime de soi: les risques pour la santé mentale et le développement des enfants sont désormais documentés. Nous savons; et, quand on sait, l’inaction n’est plus une option. La Grande-Bretagne vient d’annoncer l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans; d’autres pays dans le monde ont déjà pris leurs responsabilités; l’Union européenne doit agir. C’est ce que demande le groupe Renew: la protection de nos enfants. Alors, j’entends: il y a ceux qui refusent toute régulation au nom d’une prétendue liberté. Mais quelle liberté défendent-ils, exactement? La liberté pour les algorithmes? La liberté pour les pédophiles? La liberté pour les harceleurs? La véritable liberté, c’est celle d’un enfant qui grandit sans dépendance, sans manipulation et sans exposition à des risques dont nous connaissons désormais les conséquences. Notre responsabilité, c’est d’agir maintenant.
Préparation du Conseil européen (discussion commune)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Madame la Ministre, chers collègues, ce sommet européen se tient alors que les États-Unis et l'Iran vont signer un accord de paix. Cette guerre absurde, aux conséquences désastreuses pour la sécurité du monde et le pouvoir d'achat des Européens, est venue rappeler les enjeux qui attendent l'Europe. Parce que, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui dans le monde? Qu'est-ce qui explique les agissements de Trump ou de Xi Jinping? Ce qui se passe, c'est une guerre froide qui ne dit pas son nom. Deux puissances, la Chine et les États-Unis, qui se disputent le contrôle du monde. Eh bien, chers collègues, je refuse que l'Europe s'aligne sur l'une ou l'autre de ces puissances. Je refuse que l'Europe serve des intérêts qui ne sont pas d'abord les siens. Notre destin, c'est la voie de notre indépendance. Indépendance énergétique, mais aussi indépendance économique, technologique et donc indépendance géopolitique. Chers collègues, le prochain sommet nécessite de la hauteur de vue et de la vision. L'Europe fait face à elle-même et elle a encore le choix. Mais le temps presse. Et quand je parle d'indépendance, voici ce que j'attends de ce sommet. Premièrement, la fin de notre vassalité heureuse. Alors oui, bien sûr, on doit travailler avec la Chine et les États-Unis. Oui, on doit commercer avec eux. Oui, on doit se retrouver sur la défense d'intérêts que nous pouvons avoir en commun. Les terres rares, par exemple. Mais on ne doit pas être à leur botte. Jamais. Pas aujourd'hui et pas demain. Deuxièmement, la poursuite de notre soutien à l'Ukraine parce qu'il y va de notre propre sécurité. Troisièmement, l'accélération de notre agenda de compétitivité et d'innovation. C'est un point central qu'a montré l'affaire Anthropic ce week-end. L'accès aux technologies de pointe est une nouvelle forme de guerre économique que nous livrent les États-Unis et la Chine. Et pour y répondre, on n'a pas 36 solutions. On doit compter sur nous-mêmes, sur notre souveraineté technologique, avec des entreprises européennes de pointe dans l'intelligence artificielle et dans des secteurs d'avenir. Et pour que cela soit possible, c'est ma quatrième demande, il faut de l'argent, du financement. Il nous faut un budget européen à la hauteur de nos ambitions et une vraie politique de libération des capitaux européens. Alors, vous l'avez compris, chers collègues, pour être respectée dans le monde d'aujourd'hui, il est temps pour l'Europe d'assumer le langage de la puissance. Mais une puissance qui nous ressemble, ferme sur nos principes, lucide quant aux rapports de force, jamais brutale.
De l’urgence que le marché unique produise des résultats, en garantissant sécurité et prévisibilité aux entreprises de l’Union, ainsi que des emplois de qualité (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Vice-président, chers collègues, il y a quelques jours, j'écoutais ce que déclarait Arthur Mensch, le cofondateur de l'entreprise Mistral, notre seul géant de l'intelligence artificielle en Europe. Il nous expliquait qu'aujourd'hui, les talents européens, qui sont très nombreux, partent à l'étranger pour fonder des entreprises. Parce que l'Union européenne est trop complexe et parce que son marché est trop fragmenté. Chers collègues, Arthur Mensch a raison. Et ce qui est vrai pour les start-ups, c'est vrai pour toutes nos entreprises. Une PME italienne, une scale-up polonaise, une industrie allemande. Elles doivent toutes naviguer dans 27 systèmes réglementaires différents. 27 systèmes, c'est l'équivalent de 110 % de droits de douane internes sur les services. Cela veut dire qu'on s'impose à nous-mêmes des barrières qu'on n'accepterait jamais de la part de nos concurrents. Et pendant ce temps, aux États-Unis, une entreprise, elle s'appuie sur un seul cadre réglementaire. En Chine, l'État met tout son poids derrière ses champions nationaux. Et nous, qu'est-ce qu'on fait en Europe? Eh bien, on perd chaque année 500 milliards d'euros de croissance. 500 milliards, c'est le prix de notre fragmentation. Alors oui, on a signé la feuille de route «Une Europe, un marché», c'est une étape. Mais une feuille de route, ça ne crée pas d'emplois. Des actes, oui. Et ce que Renew Europe demande, c'est du concret. Alors voici nos cinq priorités. Un, la sécurité et la prévisibilité pour nos entreprises. Une entreprise qui ne sait pas à quelles règles elle sera soumise dans six mois, eh bien, elle n'investit pas. Elle attend. Ou même elle part. Et le 28ᵉ régime, c'est la bonne réponse. Un cadre juridique unique, une création d'entreprise en 48 heures dans tous les États membres pour moins de 100 euros. Alors oui, on doit accélérer dans sa mise en œuvre. Deux, des marchés sectoriels véritablement intégrés. Finance, énergie, télécommunications, services numériques. C'est là que la fragmentation nous coûte le plus cher. Un opérateur télécom européen, il n'a pas la taille pour investir face à ses concurrents américains ou chinois. Alors il faut des règles communes, il faut une consolidation possible et il faut des acteurs qui puissent grandir à l'échelle du continent. Trois, la mobilisation des financements privés. Il y a 10 000 milliards d'euros d'épargne des ménages européens qui dorment dans des dépôts bancaires à faible rendement. 10 000 milliards, c'est ça notre carburant. L'union de l'épargne et de l'investissement doit permettre de les orienter vers nos entreprises, vers notre innovation, de soutenir les entreprises européennes et la production européenne. Les textes avancent et il faut évidemment qu'ils soient conclus le plus rapidement possible. Quatre, stop à la surtransposition. Les États membres qui ajoutent des couches nationales par-dessus nos règlements européens, cela doit être terminé. Un règlement européen, cela s'applique de la même manière à Varsovie, à Madrid ou à Amsterdam. Et cinq, des emplois de qualité. Parce qu'un marché intégré sans protection des travailleurs, ce n'est pas notre vision. La compétitivité par le bas, c'est non. La compétitivité par l'innovation, par la montée en gamme, par des salaires décents, c'est oui. Alors, chers collègues, nous avons la feuille de route, nous avons les propositions. Ce qui manque aujourd'hui, c'est la volonté politique. Alors oui, je sais que le marché unique n'est pas l'idée la plus romantique de l'Union européenne. Comme le disait Jacques Delors – vous l'avez cité, Madame la Présidente, je vais compléter la citation –, on ne tombe pas amoureux d'un grand marché. Mais ce marché unique, ce sont les emplois des Européens, c'est la réussite des entreprises dans tous nos territoires, c'est leur capacité de grandir et de créer de la richesse, c'est le ressort le plus efficace de notre compétitivité. Alors, chers collègues, les mois qui viennent doivent être ceux de l'action et non des reculs. C'est maintenant ou jamais.
Débat d’actualité demandé par un groupe politique (PfE) (article 169 du règlement intérieur) - Ingérence de la Commission dans le processus démocratique et les élections (débat d'actualité)
Monsieur le Président, chers collègues, si je parle aujourd'hui dans ce débat, c'est pour dénoncer l'hypocrisie de l'extrême droite. Parce que la voilà qui ose dénoncer, je cite, les «ingérences de la Commission européenne dans le processus démocratique et les élections». Les ingérences de la Commission européenne? Sérieusement? Vous en êtes là dans ce niveau d'indécence? Parce que, si on doit parler d'ingérences – des vraies –, évidemment, j'ai plutôt envie de parler de celles de vos amis, vous les soi-disant patriotes. Vous, le RN, et votre prêt de 9 millions d'euros accordé par une banque russe en 2014; comme par hasard, le refus constant, depuis, de sanctionner Poutine et de soutenir l'Ukraine — c'était le cas encore à la dernière plénière. Vous, le Fidesz, et votre ministre des Affaires étrangères, rattrapé pour avoir transmis des données au Kremlin sur des discussions dans nos institutions. Vous, l'AfD, avec vos assistants parlementaires liés aux renseignements russes et vos liens financiers plus que douteux avec Moscou. Puisqu'on parle des élections, regardons la seule année 2024: présidentielles annulées en Roumanie à cause des ingérences russes; achat massif de voix en Moldavie; révélations sur le réseau Voice of Europe, financé par la Russie pour influencer les élections européennes. Et vous osez encore parler d'ingérence de la Commission? Vous n'êtes pas mieux que Vladimir Poutine, qui dénonce les atteintes de l'Europe aux droits de l'homme, alors qu'il massacre tous les jours des civils en Ukraine. Moi, ce que je voudrais dire ici, à cette tribune, aujourd'hui, c'est qu'on ne vous laissera pas détourner les mots de leur sens, parce que c'est ce que vous faites sur la liberté d'expression. C'est ce que vous voulez faire aujourd'hui en parlant d'ingérence. Alors, vous voulez vraiment nous faire croire que vous défendez la liberté d'expression? Mais qu'est-ce que vous avez fait quand vous étiez au pouvoir en Pologne, en Hongrie? Vous avez fait taire les journalistes, vous avez mis les juges au pas, vous vous êtes attaqués aux droits des femmes, vous avez encouragé l'homophobie. Vous dénoncez les ingérences, très bien. Mais commencez par vous regarder et parlez à vos amis qui veulent la mort de l'Europe.
Stratégie de l'Union face à la crise actuelle au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les prix de l'énergie, ainsi que sur la disponibilité des engrais (discussion commune)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Commission, le pouvoir d'achat des Européens est en souffrance. Alors, bien sûr, on peut blâmer Donald Trump. Bien sûr, on peut parler du détroit d'Ormuz. Mais, à la fin, c'est nous qui faisons nos propres choix, et ce qui se passe en Iran aujourd'hui n'est en aucun cas une excuse, parce que ça fait plus de 50 ans que les Européens dépendent d'une énergie produite à l'extérieur de l'Europe; plus de 50 ans que nous sommes en faute politique par nos retards à agir: l'Iran aujourd'hui, la guerre en Ukraine depuis 2022 et la pandémie de COVID-19. On le sait tous: la question n'est pas de savoir s'il y aura une prochaine crise, mais quand elle arrivera. Or, chaque année, l'Union européenne dépense plus de 400 milliards d'euros dans l'importation de combustibles fossiles, 400 milliards qu'on envoie à l'étranger et qu'on aurait pu dépenser ici, chez nous, en Europe. Alors, chers collègues, il est temps de dire stop. Il est temps de défendre aujourd'hui notre indépendance énergétique. Il est temps de mettre fin à un système qui affaiblit notre pouvoir d'achat, qui détruit la planète et qui enrichit des dictateurs. Il est temps de dire stop à une logique qui nourrit les populismes et les extrêmes partout en Europe. Mes chers collègues, l'indépendance européenne, il ne suffit pas de la prôner; il faut la faire. C'est ce que Renew soutient depuis 2019. C'est ce que la Commission met en œuvre, Madame la Présidente: le pacte vert, REPowerEU, AccelerateEU, que vous avez présenté la semaine dernière, c'est aussi la préférence européenne, l'industrie propre, le soutien au nucléaire et aux renouvelables. Chers collègues, la voie de notre indépendance, c'est la décarbonation de notre économie, c'est l'électrification et on doit y aller vraiment, faire les réformes qui s'imposent sur nos infrastructures, sur nos marchés et sur les aides aux ménages, penser notre politique énergétique à l'échelle européenne et agir sur le long terme, financer tout cela, évidemment, changer l'intégralité de notre modèle productif et nos façons de consommer, de nous loger et de nous déplacer. Ces choix, avec Renew, on les a faits, en conscience et avec responsabilité. Mais si on doit rendre des comptes aux électeurs, la vérité, c'est que tout le monde n'a pas fait les mêmes choix. Encore aujourd'hui, malgré l'évidence, malgré tout ce que disent les experts, malgré les demandes de nos citoyens, une partie de cet hémicycle, à ma droite, veut abattre le pacte vert. L'extrême droite continue même de dénoncer, je cite, ce qui serait une «idéologie verte» et un «pacte de décroissance». Mais qui fait de l'idéologie ici? Qui ça? Ceux qui voient la réalité du monde aujourd'hui et qui agissent? Ou bien ceux qui préfèrent, par dogmatisme et intérêt, continuer de financer les pétromonarchies et importer du gaz russe? Parce que ce pacte vert, c'est bien plus qu'une politique écologique, aussi vitale qu'elle soit; c'est un pacte de compétitivité, c'est un pacte d'indépendance de l'Europe, c'est la politique que nous aurions dû mener depuis 50 ans et qu'aujourd'hui la science et les technologies nous permettent d'accomplir. Chers collègues, permettez-moi de conclure par un autre principe de réalité: accélérer dans la mise en œuvre du pacte vert et accélérer sur notre indépendance énergétique, cela ne pourra se faire qu'en s'appuyant sur une majorité pro-européenne.
Conclusions de la réunion du Conseil européen du 19 mars 2026 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Président, vous avez rappelé les avancées majeures sur la feuille de route «compétitivité». Je veux vous dire, et même vous redire, le soutien plein et entier du groupe Renew sur cette question. Mais ce soir, je voudrais me concentrer sur le fait marquant de ce Conseil. Ce Conseil européen aurait dû être celui de la clarté, de la fermeté et de l'unité. Face à nos défis géopolitiques, face à la guerre en Ukraine, face aux pressions extérieures, l'Europe devait parler d'une seule voix. Mais une fois encore, ce n'est pas ce que nous avons vu. Parce qu'au sein même de notre Union, un État membre choisit délibérément de bloquer notre réponse collective, de marchander son ralliement à notre aide à l'Ukraine. Et chers collègues, la Hongrie de Viktor Orbán – puisque c'est d'elle dont on parle – ne se contente pas de défendre une ligne politique différente; elle organise un véritable sabotage de l'unité européenne. Et disons-le clairement: à qui profite ce sabotage? Ce sabotage, il profite à Vladimir Poutine et uniquement à Vladimir Poutine. Et ça, on le soupçonnait. Désormais, on en a la preuve, avec le ministre des affaires étrangères hongrois. Alors, Monsieur le Président, ce qu'il faut dire aujourd'hui, c'est qu'on ne parle pas ici d'un désaccord. Non. On parle ici d'un problème politique majeur pour notre Union. La question, elle est claire: comment être crédible dans le monde si, à l'intérieur même de nos institutions, certains jouent contre leur camp? Et comment on pèse dans ce nouvel ordre mondial si chaque décision peut être prise en otage par un seul gouvernement? Alors, les élections du 12 avril prochain en Hongrie vont peut-être tourner la page de Viktor Orbán, mais elles ne régleront pas le problème que nous pose l'unanimité. Parce que cette règle, elle nous paralyse, elle nous affaiblit, mais pire encore, elle expose l'Europe à toutes les influences extérieures. Chers collègues, il faut avoir la lucidité de le dire: aujourd'hui, nos institutions sont vulnérables. Elles sont testées, contournées et parfois noyautées par des puissances étrangères qui veulent détruire l'Europe de l'intérieur. Alors, il est temps de sonner l'alarme. Il est temps de pointer du doigt ceux qui se disent, ici, patriotes ou souverainistes, mais qui roulent en vérité pour Trump, pour Poutine ou encore pour Xi Jinping. Et on les connaît. La presse le révèle chaque jour: c'est l'AFD, le Rassemblement national, le Fidesz, Vox, Chega ou encore le PVV. Ils siègent à l'ESN, à l'ECR et chez les soi-disant Patriotes. Mais quand on vote contre le soutien à l'Ukraine, quand on vote contre les sanctions pour la Russie, c'est cela être patriote? Quand on soutient la politique MAGA de Donald Trump, quand on soutient les géants du web américain contre le DSA, c'est cela être patriote? La vérité, c'est que ces partis ne défendent pas leur pays, ils ne défendent pas leur peuple; ils défendent des intérêts étrangers en affaiblissant l'Europe. Et je le rappelle au passage, de tels agissements dans nos États membres seraient passibles de condamnation pour haute trahison, d'intelligence avec l'ennemi ou d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Alors, chers collègues, je le dis avec gravité: nous devons cesser la naïveté. Nous devons cesser de considérer banals de tels scandales d'espionnage. Ces révélations révoltantes, on les doit à une presse libre et on comprend pourquoi ces partis veulent museler les journalistes chez eux. Alors, pour la crédibilité de notre projet européen, ces agissements doivent être sanctionnés.
Le Conseil européen et la situation au Moyen-Orient (discussion commune)
Madame la Présidente, Madame la Présidente von der Leyen, Madame la Ministre, chers collègues, tout le monde ici veut la disparition du régime des mollahs et la fin de leur programme nucléaire militaire. Tout le monde rêve d'un avenir meilleur, radieux pour le peuple iranien et pour les femmes iraniennes si courageuses. Tout le monde veut la paix au Moyen-Orient. Mais aujourd'hui, on n'y est pas, parce qu'on a une guerre. Une guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, avec des conséquences extrêmement préoccupantes pour le peuple iranien, pour l'ensemble de la région et pour les Européens. Parce que le régime iranien est toujours debout et il riposte, il bombarde nos alliés et, pire, il attaque Chypre, un État membre de l'Union européenne. Et, Madame la Ministre, je tiens à vous dire, au nom de mon groupe, notre profonde solidarité. Chers collègues, l'Union européenne est mobilisée depuis le début de cette guerre. Elle agit, aux côtés des États membres, pour la sécurité de nos alliés dans la région et pour celle de Chypre, avec l'envoi de forces et de matériel militaires. Elle agit pour lever le blocage du détroit d'Ormuz en étant à l'initiative d'une mission internationale. Elle agit en venant en aide à nos ressortissants. Mais, si l'Union européenne agit, elle n'a pas l'influence géopolitique qu'elle devrait avoir. Oui, on doit jouer un rôle de médiation, mais on ne peut pas se cantonner à gérer ce que Donald Trump veut bien nous laisser, parce qu'on sait tous ce qui va se passer. Les États-Unis vont cesser leurs bombardements et c'est sur nous que va reposer l'essentiel du travail diplomatique. C'est ce qui s'est passé l'année dernière après la guerre des douze jours. Or, chers collègues, je me refuse à être le sous-traitant des États-Unis. Et je le dis clairement: l'Europe doit se faire respecter. Elle doit réaffirmer son attachement au droit international. Et ce n'est pas de la naïveté de le dire. La question est simple: c'est quoi notre intérêt à nous, Européens? C'est la loi du plus fort ou ce sont des règles communément établies qui défendent nos propres intérêts? Et même les plus cyniques, une fois que les bombardements auront cessé, appelleront au retour et du droit international et de la diplomatie. Donc, nous devons être intraitables et sans ambiguïté sur le respect et la défense du droit international. Mais se faire respecter, ça ne se décrète pas. Cela veut dire très concrètement parler le langage de la puissance. Si on veut être vraiment influents, si on veut peser dans le monde et être écoutés, on doit redevenir la première puissance économique et commerciale au monde. Or, cette guerre, elle souligne quoi? Une fois encore, à quel point on est dépendant des hydrocarbures. Alors oui, on a raison de faire le pacte vert et on doit même accélérer, parce que ce n'est pas seulement le climat qui est en jeu, c'est notre indépendance énergétique, ce sont les factures de nos ménages, de nos automobilistes, de nos entreprises, c'est notre compétitivité. Ce qu'on doit faire ensuite, c'est mettre fin à ces aberrations qui nous handicapent. Alors oui, on a raison, et urgemment, de compléter notre marché intérieur. Évidemment, Madame la Présidente, vous avez un programme de travail, c'est extrêmement urgent parce qu'on a des barrières internes qui nous font perdre 500 milliards d'euros de croissance chaque année. Et, du côté institutionnel, ce n'est pas mieux. Mettons fin à cette unanimité une bonne fois pour toutes, parce que cette unanimité, elle sape notre crédibilité à l'international et on le voit aujourd'hui encore avec le chantage inadmissible de Viktor Orbán sur l'Ukraine. Madame la Présidente, ce que le monde subit aujourd'hui, c'est la disparition d'un ordre mondial hérité de la Seconde Guerre mondiale. Un nouvel ordre est à construire, qui doit continuer de se baser sur le respect du droit international. Et pour notre intérêt, parce que nous portons profondément au cœur de notre projet politique l'état de droit, la démocratie et la défense de nos libertés, l'Europe doit en être l'architecte.
Quatre ans de guerre d’agression russe contre l’Ukraine et contributions européennes en faveur d’une paix juste et d’une sécurité durable pour l’Ukraine (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, c'est quoi, l'Union européenne? Ça veut dire quoi, être européen? Notre Europe, c'est ce continent qui a décidé de faire de la paix un projet politique. Depuis le 24 février 2022, l'histoire nous oblige à le ressentir avec une intensité nouvelle. Depuis l'invasion totale de l'Ukraine par la Russie, ces mots ont une nouvelle dimension, un visage, une voix, un courage, celui du peuple ukrainien. Peu de peuples ont versé leur sang pour le drapeau européen. Lorsque les Ukrainiens ont reconquis la ville de Kherson, ils ont dressé un drapeau, celui de l'Union européenne. Kherson, c'est le symbole d'une incroyable solidarité. Parce que, face aux drones russes, comment se protègent les habitants de la ville? Avec des filets de pêche qui leur ont été envoyés par des pêcheurs bretons. Que ce soient des filets de pêche ou des terminaux Starlink fournis par la Pologne, les exemples sont nombreux qui viennent rappeler un fait: l'Union européenne est aujourd'hui le premier soutien de l'Ukraine – soutien militaire, soutien humanitaire, financier ou encore politique. Un soutien que le groupe Renew Europe est fier de porter depuis le premier jour. Or, chers collègues, le soutien ou non à l'Ukraine, c'est un clivage. Il y a dans cet hémicycle ceux qui sont aux côtés de Kiev. Il y a aussi ceux qui font délibérément le jeu de Vladimir Poutine. Que ce soient l'Alternative für Deutschland, le SMER de Robert Fico ou encore le Rassemblement national, Monsieur Bardella, par vos votes, depuis le début de cette invasion, au Parlement européen, par vos discours, encore aujourd'hui, vous faites la démonstration que vous n'êtes en rien des patriotes et que vous ne cherchez en aucun cas à défendre l'Europe contre la menace de Vladimir Poutine. Et il y a aussi au Conseil les chevaux de Troie assumés de Vladimir Poutine: Viktor Orbán qui, encore une fois, bloque les sanctions contre la Russie. Quand est-ce que ce chantage indigne va s'arrêter? Chers collègues, l'Ukraine est un clivage. Elle est aussi le révélateur de la force du projet européen et du danger qui est le nôtre, à l'extérieur et à l'intérieur de nos frontières. Nous ne cessons de le dire, la sécurité de l'Ukraine, c'est la sécurité de toute l'Europe. Chers collègues, la réalité du monde d'aujourd'hui, c'est que l'Europe est assiégée. Elle est assiégée par des puissances et des autocrates qui partagent le même objectif: nous détruire, nous asservir, parce qu'ils détestent ce que nous sommes. Le peuple ukrainien, c'est le premier défenseur de nos libertés, de notre démocratie, mais il nous rappelle aussi le sens de notre présence dans cet hémicycle. Alors oui, je le dis à tous les Ukrainiens: notre destin est commun. Et l'Ukraine fera partie demain de l'Union européenne. Mais, pour que ce destin soit possible, nous devons encore aider le président Zelensky. Aucun accord de paix ne pourra se faire sans les Ukrainiens et sans les Européens à la table des négociations. Notre responsabilité est d'aider l'Ukraine à être en position de force dans ces négociations. Notre responsabilité politique est aussi de transformer l'unité affichée en décisions concrètes. C'est pousser nos États membres à aller plus loin, plus vite, plus fort sur les livraisons, sur les sanctions, sur la défense européenne, sur les garanties de sécurité indispensables. Cette guerre, chers collègues, c'est celle des Ukrainiens, bien sûr. Ce sont eux qui meurent au combat. Mais c'est profondément la nôtre aussi. C'est le défi existentiel de l'Union européenne. L'issue de ce conflit va déterminer le monde dans lequel nous vivrons dans les prochaines années. Elle va déterminer notre capacité ou non à bâtir une indépendance européenne sur tous les plans. Nous avons fait beaucoup. Mais tout reste encore à faire. Chers collègues, je débutais ce discours avec deux questions: c'est quoi, être européen? C'est quoi, l'Union européenne? Eh bien, l'Union européenne, c'est l'Ukraine. Et être européen, c'est être ukrainien. Slava Oukraïni!
Violence d'État à Minneapolis et état de droit aux États-Unis (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, la plus ancienne démocratie moderne, les États-Unis, bascule vers un régime autoritaire. En un an, depuis la réélection de Donald Trump, les contre-pouvoirs américains, que l'on pensait pourtant parmi les plus forts au monde, ont été piétinés. Et dans ce régime autoritaire qui se met en place, la police de l'immigration – l'ICE – joue un rôle central. Aujourd'hui, l'ICE n'est plus une agence fédérale chargée de lutter contre l'immigration illégale. Elle est le bras armé de la folie d'un pouvoir qui tue ses propres citoyens. Renee Good, Alex Pretti, exécutés lâchement à Minneapolis par des agents hors de contrôle. ICE n'a porté aucun secours à Renee Good, elle a fait obstacle aux premiers soins proposés par un médecin. L'enquête sur la mort de cette mère de famille a été suspendue par Washington. Alex Pretti, lui, a été abattu au sol alors qu'il était désarmé. On a tous vu les vidéos, qui nous ont révoltés. Voilà ce que sont devenus les États-Unis depuis un an. Voilà la réalité du second mandat de Donald Trump. Un mandat contre les valeurs démocratiques américaines, mais aussi contre les valeurs démocratiques européennes. Parce que le trumpisme n'est pas la folie d'un homme. Ce serait une explication trop facile. Non, le trumpisme est une idéologie, une idéologie populiste et nationaliste, une idéologie qui veut se diffuser partout sur notre continent. L'administration américaine l'a écrit noir sur blanc: elle veut s'appuyer sur l'extrême droite, ici, dans cet hémicycle, partout dans l'Europe, pour détruire l'Union européenne et mettre en œuvre son programme réactionnaire. Si certains en doutent, écoutez simplement les réactions des soutiens de Janez Janša en Slovénie, de ceux de Giorgia Meloni en Italie, de Marion Maréchal en France. Ils érigent l'ICE en modèle. Ils justifient ses assassinats en pointant du doigt le profil des victimes. Ils veulent ICE partout en Europe. Chers collègues, ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis concerne l'Union européenne. On ne doit pas détourner notre regard. La démocratie dans le monde est attaquée et elle doit se défendre. Face à cette internationale réactionnaire menée par Donald Trump, on doit bâtir une alliance. L'alliance des démocrates de tous les pays. Alors, je le dis au peuple américain qui s'oppose à Trump, je le dis aux citoyens dans le monde qui font face à l'arbitraire, la haine et l'intolérance: vous n'êtes pas seuls. Le Parlement européen est à vos côtés. Les démocrates du monde entier sont à vos côtés.
Urgence d'agir pour relancer la compétitivité de l'Union européenne, approfondir son marché unique et réduire le coût de la vie - du rapport Draghi à la réalité (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente, Madame la Ministre, chers collègues, encore une fois, on parle du rapport Draghi. Encore une fois, on parle de compétitivité de l'Europe. Je dois être, depuis le début de ce mandat, peut-être à mon cinquième discours sur le sujet de la compétitivité. Et à chaque fois, je dis la même chose: nous sommes trop lents. Nous devons faire plus. Imaginez, chers collègues, que depuis six mois, s'agissant de la mise en œuvre des recommandations du rapport Draghi, on est passé de 11 % à 15 %. Quatre petits points. Et pourtant, l'urgence, on la connaît. On sait qu'on décroche. On sait qu'on perd les Européens. On voit des puissances qui prennent de l'avance sur nous, qui nous affaiblissent sur des sujets stratégiques. Alors jeudi, nos chefs d'État et de gouvernement se réunissent pour parler de tout ça. C'est très bien, mais je le redis: avancez, accélérez. Et vous savez que sur le chemin de la compétitivité, vous trouverez avec Renew toujours une force de proposition. Alors mon groupe a fait partir une lettre au président António Costa. Dans cette lettre, on a formulé trois de nos principales attentes. Elles sont fondamentales pour notre compétitivité. Un, on doit mobiliser l'épargne des Européens vers l'investissement productif. Deux, on doit accélérer dans notre souveraineté énergétique, avec une énergie abordable, propre et sûre. Et trois, on doit investir, investir massivement dans les technologies stratégiques comme l'intelligence artificielle, le cloud et le quantique. Ces trois attentes, Madame la Présidente, elles vous sont aussi adressées. On est tous d'accord sur la simplification, cela a été redit ce matin. On est tous d'accord, évidemment. Mais, qu'on se le dise, on y passe un temps monstre. Bien sûr, la simplification, elle est nécessaire, elle est condition sine qua non. Mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité, ce n'est qu'une partie de notre compétitivité. Alors on doit avancer urgemment sur tout le reste, et en particulier sur les réformes structurelles. Parce qu'honnêtement, aujourd'hui, ce n'est pas possible qu'il soit plus facile pour une entreprise allemande d'aller faire du business à Dallas qu'en Espagne. Chers collègues, l'Europe, c'est une puissance de consommateurs et c'est évidemment un atout considérable, mais on ne peut pas s'en satisfaire. Alors oui, on doit diversifier et soutenir des accords de commerce et oui, on doit savoir si on est encore capable de produire sur les secteurs stratégiques pour notre avenir. On doit redevenir une puissance économique. On doit regagner nos moyens de production. Et pour que cela soit possible, il faut que l'Europe devienne une vraie puissance monétaire et financière. Et je trouve que de ce sujet-là, on ne parle pas assez. On ne parle pas assez du rôle de l'euro, de l'euro numérique, de l'investissement des Européens dans leur économie. Et pourtant, on l'a tous vécu. Aujourd'hui, vous allez dans votre banque, votre conseiller vous propose d'abord un produit qui finance l'économie américaine. C'est une aberration. Et je n'exagère rien, c'est le rapport Letta qui le dit. Chaque année, 300 milliards d'euros d'épargne des Européens sont investis en dehors de l'Union européenne, et en particulier aux États-Unis. 300 milliards qui échappent à nos entreprises parce qu'on n'a pas fait les réformes nécessaires chez nous. Chers collègues, c'est insensé. Il y a une logique dans ce que je vous dis. On n'aura pas de puissance économique, on n'aura pas de compétitivité en Europe si on n'est pas capable d'avoir des investissements publics et privés sur notre continent – et beaucoup d'investissements. Alors, Madame la Présidente, il y a quelques mois, ici, dans cet hémicycle, je vous demandais d'accélérer sur votre agenda. Vous l'avez fait, assurément, mais il faut aller encore plus vite et avancer au maximum sur le programme de travail 2026: sur l'Union de l'épargne et de l'investissement, sur la loi d'accélération industrielle avec la préférence européenne, sur le 28ᵉ régime. Il y a aussi tout le reste. Je pense au budget pluriannuel et au renforcement du Fonds de compétitivité pour nos entreprises. Chers collègues, toutes ces mesures, pour moi – je pense qu'il faut se le dire –, ça doit être la dernière tentative. Parce que ça fait dix ans au moins qu'on aurait dû les prendre, ces mesures. Et je le dis, s'il n'y a pas de décision au Conseil de mars – et déjà, pour les entreprises, mars, c'est encore trop tard –, s'il n'y a pas de décision au Conseil de mars, il ne faut rien s'interdire. On doit pouvoir, dans certains cas, si c'est trop lent, si ça ne va pas assez vite, si ce n'est pas assez ambitieux, trouver des réponses avec la coopération de certains pays précurseurs. Rien ne doit nous empêcher et seule l'urgence doit nous guider. Parce que ce qu'on vit, c'est une forme de Covid économique. Et on sait que c'est possible. On l'a encore fait cette semaine, sur l'Ukraine, avec le prêt de 90 milliards. On doit pouvoir avancer comme ça, à quelques-uns, si ça s'impose. Alors, Madame la Présidente, chers collègues, vous l'avez compris, le temps n'est plus à la réflexion, il est à l'action.
Madame la Présidente, Madame la Présidente, Monsieur le Président, chers collègues, je voudrais commencer cette intervention par un message de soutien et de solidarité avec les Iraniennes et les Iraniens. Les manifestations contre le régime ont fait place à une répression d'une violence inouïe, à des massacres. Ce régime doit tomber, mais il doit tomber par la seule volonté du peuple iranien, c'est-à-dire sans interventionnisme extérieur, sans bombes américaines. La responsabilité de l'Union européenne est majeure. Nous devons inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Ce n'est pas un geste symbolique, mais une mesure juridique aux effets immédiats. Elle réduira leur capacité de financement à l'international et permettra au peuple iranien de mener à terme sa révolution. Nous devons assumer ce choix parce qu'il défend deux principes qui nous sont chers: le respect des libertés fondamentales et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. J'en viens désormais à nos relations avec les États-Unis. L'apaisement, ça ne fonctionne pas. Nous sommes entrés dans le temps de la lucidité, de la prise de conscience et du courage politique. Alors oui, Renew l'assume. L'Europe doit jouer le rapport de force avec les États-Unis de Donald Trump. Et pour cela, nous avons des outils de dissuasion, des outils que nous sommes prêts à utiliser. Je le dis d'entrée, et nous l'avons annoncé ce week-end, Renew ne votera pas l'accord commercial entre les États-Unis et l'Union européenne, conclu à Turnberry. Nous demandons également, et au plus vite, l'activation de l'instrument anti-coercition. Pourquoi on le demande? Parce que cet instrument, on l'a voté précisément pour la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui. Alors ne tardons pas, Madame la Présidente, Monsieur le Président. Madame la Présidente, notre modèle européen n'est pas à vendre à la découpe. Et votre responsabilité, c'est aussi de faire respecter notre souveraineté. Alors, appliquez pleinement le DMA et le DSA. Et sachez par ailleurs que nous refuserons toute simplification qui reviendrait à un abandon contre les GAFAM. Chers collègues, à cette dissuasion économique et réglementaire, nous devons ajouter une dissuasion militaire. Nous devons accompagner le déploiement actuel des troupes européennes au Groenland par la constitution d'une force navale européenne, une force capable de surveiller et de dissuader les menaces potentielles dans la région arctique. Et nous devons renforcer nos liens économiques et politiques avec le Groenland. Je rappelle au passage que le Groenland est couvert, sans la moindre ambiguïté, par la clause d'assistance mutuelle de l'Union européenne. Chers collègues, nos concitoyens sont inquiets. Inquiets de ce que Trump va faire. Inquiets de sa politique. Inquiets de notre réponse. Il ne faut pas leur mentir et d'ailleurs, ils le savent très bien. L'utilisation de notre arsenal de dissuasion aura des conséquences sur notre économie. Mais dans ce moment décisif, les Européens nous soutiennent et veulent profondément que nous nous fassions respecter, parce qu'ils ont parfaitement compris les enjeux, parce qu'ils refusent d'être les vassaux des États-Unis et de toute autre puissance étrangère. Et notre responsabilité, ce n'est pas d'hésiter, c'est d'être dans l'action. Regardez la situation: Donald Trump est élu depuis un an, et qu'est-ce qu'on voit depuis? Un président américain qui veut nous humilier, qui veut nous soumettre, qui veut utiliser l'extrême droite, ici, dans ce Parlement européen, pour détruire l'Europe. Et moi, je voudrais poser une question à M. Bardella. Je vous entends, vos discours sur le Groenland aujourd'hui. Ça va, vous êtes à l'aise? Vous êtes à l'aise de tenir ce discours aujourd'hui, alors que vous avez été, avec votre groupe, l'un des premiers supporters de Donald Trump? Alors que vous avez dit, je cite, que son élection était un vent de liberté sur nos démocraties? Mais Monsieur Bardella, Donald Trump, c'est quoi aujourd'hui? Depuis un an, on s'est pris des droits de douane délirants, des interdictions de visa contre un ancien commissaire européen, des ingérences politiques permanentes contre nos valeurs et notre modèle et, aujourd'hui, sa volonté d'annexer le Groenland. Alors, chers collègues, quand est-ce qu'on va réagir? Qu'est-ce qu'on attend de plus? Je le dis à nous tous ici au Parlement, à vous, Madame la Présidente, à vous, Monsieur le Président du Conseil, à nos chefs d'État et de gouvernement. Nous n'avons pas le luxe d'attendre. Et demain, il doit absolument sortir quelque chose du Conseil européen, Monsieur le Président, parce que c'est notre crédibilité qui est en jeu. Alors, n'ayons pas la main qui tremble et soyons à la hauteur de ce défi historique. C'est le moment de l'indépendance européenne.
Préparation de la réunion du Conseil européen des 18 et 19 décembre 2025, en particulier sur la nécessité de soutenir l'Ukraine, les relations transatlantiques et l'autonomie stratégique de l'Union (débat)
Madame la Présidente du Parlement, Madame la Ministre, Madame la Présidente de la Commission, le sommet européen à venir sera déterminant. Déterminant pour l’Ukraine et pour la crédibilité de l’Union européenne. Nos leaders ont l’obligation d’aider Kyiv sur la question centrale des avoirs russes gelés. Alors, vous le savez: Renew demande au Conseil depuis des mois d’avancer sur cette solution. Je voudrais d’abord saluer le travail de la Commission pour lever tout risque juridique et réputationnel de l’Europe sur ce sujet, et je voudrais évidemment saluer les efforts du président du Conseil, Antonio Costa, et les efforts de la présidence danoise. Je voudrais vous remercier très sincèrement pour ces six mois qui nous auront permis également d’avancer sur ces dossiers clés; vous avez toute notre reconnaissance. Je le dis à la Belgique: oui, il faut que le prêt vienne avec toutes les garanties nécessaires pour une approche européenne. Et je le dis à nos dirigeants: n’ayez pas la main qui tremble. Mobilisez ces 210 milliards d’euros d’actifs pour garantir un prêt de réparation à l’Ukraine. Il s’agit de notre crédibilité, mais il s’agit surtout d’aider l’Ukraine à un moment clé pour elle. Parce que nous le savons: si l’Ukraine tombe, si l’on ne parvient pas à imposer des conditions de sécurité suffisantes, c’est notre sécurité qui est aussi en jeu et c’est notre indépendance qui sera menacée. Cette indépendance européenne, justement, elle doit être au cœur de nos relations avec les autres puissances, et notamment de nos relations transatlantiques. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine l’a démontré. On est un problème pour Donald Trump. On est un problème parce qu’on a des règles qui protègent notre modèle économique; parce qu’on exige de Musk qu’il respecte nos lois; parce qu’on empêche le Kremlin et la Maison-Blanche d’effacer la souveraineté ukrainienne. On est un problème parce que notre Union, ce sont 27 États qui ont décidé de s’organiser ensemble pour peser dans les affaires du monde. Mais on n’est pas encore un acteur capable de parler d’égal à égal avec les États-Unis. Alors, Madame la Présidente, notre stratégie d’apaisement avec Trump ne fonctionne pas. On doit assumer le rapport de force parce que c’est cela que la nouvelle administration américaine a écrit dans sa stratégie de sécurité nationale: elle veut ruiner notre souveraineté réglementaire. Et ça, elle le fait avec l’aide de l’extrême droite, ici, en Europe. Elle veut même aller plus loin et détruire l’Union européenne, détruire tout ce que nous avons construit. Alors, oui, je le dis avec force et conviction: notre autonomie stratégique n’est plus un choix, c’est une nécessité. C’est la condition de notre indépendance. Chers collègues, en 1776, les États-Unis ont rompu avec la puissance coloniale britannique et ont déclaré leur indépendance. Alors, aujourd’hui, je n’appelle évidemment pas à rompre les relations transatlantiques: ça n’aurait aucun sens. Mais j’appelle à refuser la vassalisation. Ce que le prochain sommet européen doit consacrer, c’est cette indépendance européenne. Être indépendant, c’est mettre en œuvre les rapports Draghi et Letta pour notre compétitivité; c’est défendre un cadre financier pluriannuel plus ambitieux, qui s’appuie sur des ressources propres; c’est investir dans notre sécurité avec une véritable défense européenne; c’est développer nos relations commerciales pour diversifier nos approvisionnements; c’est défendre nos démocraties contre toutes les menaces, y compris les menaces internes. Mais être indépendant, c’est aussi avoir des institutions adaptées et une gouvernance européenne renforcée, capable d’agir en temps de crise. Alors, ne perdons pas une seconde. Ce dont je vous parle ce matin, ce n’est pas une question partisane, ce n’est pas Renew contre un autre groupe: c’est l’Europe face à tous ses défis, face à tous nos défis et face à tous ceux qui nous veulent du mal. Alors, Madame la Présidente, l’administration américaine actuelle n’est pas éternelle. Une autre lui succédera, mais la problématique restera la même: le désengagement américain continuera, et nous serons seuls, qu’on le veuille ou non. Nous avons rendez-vous avec l’histoire: c’est maintenant. Alors, déclarons notre indépendance, l’indépendance européenne.
Assassinat de Mehdi Kessaci: nécessité urgente d'une action ambitieuse à l'échelon européen contre le narcotrafic (débat)
Monsieur le Président, cher Amine Kessaci, le narcotrafic vous a ôté deux frères et, de votre immense peine vous avez fait un combat: un combat contre les trafiquants, un combat contre l’omerta, un combat pour les consciences. Comme Roberto Saviano, vous endossez le rôle sacrificiel du lanceur d’alerte. Votre dignité et votre courage vous honorent et nous obligent. Nous entendons votre peine, nous la partageons. Nous entendons aussi votre appel à l’action. Mes chers collègues, il faut être très francs: la lutte contre le narcotrafic n’occupe pas la place qu’elle devrait avoir dans cet hémicycle. Or, s’il y a bien un sujet qui dépasse les frontières nationales et nécessite une réponse européenne, c’est le narcotrafic. Alors oui, on agit, et, d’ailleurs, beaucoup de choses ont été faites aux niveaux national et européen: la loi contre le narcotrafic en France, le renforcement des mandats et des moyens des agences européennes compétentes. Mais on n’agit pas encore assez. Le 13 novembre 2025, cher Amine, votre petit frère Mehdi a été assassiné par des narcotrafiquants. Ce meurtre a marqué un point de bascule. C’était un meurtre d’intimidation, similaire à ceux de la mafia italienne. Il doit être suivi d’une révolution dans la lutte contre le narcotrafic. Alors, pour que ces drames ne se reproduisent plus, la Commission européenne doit présenter au plus tôt sa stratégie antidrogue et son règlement sur la criminalité organisée. Nous serons bien sûr exigeants sur la révision des mandats d’Europol et d’Eurojust en 2026. Nous le devons à Mehdi, nous vous le devons, cher Amine, et nous le devons à tous ces Européens dont le quotidien est rongé par la drogue.
La position de l'UE sur le plan proposé et son engagement en faveur d'une paix juste et durable pour l'Ukraine (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Commission, Madame la Ministre, cela se passe à trois heures d'avion de cet hémicycle et, sans le courage du peuple ukrainien et du président Zelensky, la ligne de front serait bien plus proche de nous. Alors, chers collègues, on ne doit pas fléchir sur notre aide constante à l'Ukraine. On ne doit pas fléchir dans nos sanctions contre le régime de Poutine. Dans ce moment capital pour la sécurité européenne, nous devons exiger de l'Europe et de ses dirigeants un travail diplomatique à la hauteur. Je ne peux pas le dire plus clairement. Il ne peut y avoir de paix en Ukraine sans les Ukrainiens et sans les Européens à la table des négociations. Or, depuis plusieurs jours, on parle d'un plan de paix, un pseudo-plan de paix. Et franchement, on peut se demander quelles sont les intentions réelles de l'administration américaine. Parce que moi, il y a une chose qui me frappe. On entend parler d'une longue liste de concessions de la part de l'Ukraine, mais qu'est-ce qu'on demande à la Russie? Qu'est-ce que l'administration de Trump demande à la Russie de Poutine? Chers collègues, ce plan est une trahison. Alors il fallait que les Européens entrent dans le jeu et ils l'ont fait. C'est une bonne chose. Il était temps. Mais nous devons être bien plus fermes et bien plus unis dans nos exigences. La réussite des négociations doit reposer sur des conditions essentielles à une paix juste et durable: des garanties de sécurité robustes, pas de limitation de nombre pour l'armée ukrainienne, le déploiement de forces de réassurance garanties par la coalition des volontaires, la mobilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l'Ukraine. Madame la Ministre, Madame la Présidente, quand allez-vous enfin débloquer la situation au Conseil? Cela n'a que trop duré. On a une solution sur la table. Vous devez, c'est impératif, enfin apporter les garanties nécessaires pour lever ces blocages. C'est l'enjeu du prochain sommet et c'est extrêmement important. Cette paix, chers collègues, doit garantir la souveraineté de l'Ukraine et le libre choix de ses alliances. Elle ne doit pas entraver son adhésion future à l'Union européenne. Elle ne doit pas empêcher son adhésion à l'OTAN. Parce que nous voulons que cette paix soit vraiment juste, nous refusons que les responsables de crimes de guerre russes soient blanchis. Nous refusons que les responsables de crimes de guerre russes soient amnistiés. Nous refusons que la Russie revienne au G8 et dans le concert des nations comme si de rien n'était. Nous refusons d'oublier Boutcha et les bombardements contre les civils. Nous refusons de rentrer dans ce jeu pervers, alimenté par certains, ici même, qui ferait du Kremlin l'agressé et non l'agresseur. Chers collègues, cette guerre en Ukraine, c'est un moment de vérité pour l'Europe. Parce que nous sommes seuls. Seuls face à notre destin. Il est impératif d'avancer sur l'Europe de la défense. C'est ici la condition de notre indépendance. Mais, plus largement, nous devons assumer ce que nous sommes, nous, l'Union européenne, parce que nous sommes bien plus qu'un marché, bien plus que 450 millions de consommateurs. Nous sommes une puissance politique, une puissance reposant sur un modèle démocratique que des régimes autoritaires partout dans le monde veulent abattre. Ce qui se joue en ce moment avec l'Ukraine doit nous servir de révélateur pour notre propre ambition, celle de la défense de nos valeurs et de nos principes.
Conclusions de la réunion du Conseil européen du 23 octobre 2025 (débat)
Madame la Présidente, la simplification, nous l’avons: un texte attendu par nos entreprises, un texte issu d’un compromis trouvé par une majorité pro-européenne en commission des affaires juridiques. Ce compromis réduit 70 % des obligations de déclaration et sort 85 % des entreprises de son champ d’application. Ce compromis, nous continuerons de le défendre jusqu’à la dernière seconde, parce qu’il est bon, parce que Renew est aux côtés du monde économique. Avec ce compromis, nous avons à la fois cette prévisibilité et cette simplification demandées par les entreprises. Nous avons aussi des textes législatifs sur le devoir de vigilance et la communication d’informations qui restent forts. Et je le dis, parce qu’on a tendance à l’oublier: les gens qui fabriquent nos t-shirts et nos baskets à l’autre bout du monde pour un salaire de misère, dans des conditions atroces, cela existe toujours, et ces produits viennent inonder nos marchés et tuer nos commerces. Ceux qui, aujourd’hui, ne votent pas ce compromis ne font que perpétuer ce système. Alors, la faute à qui? La faute à des socialistes qui n’ont pas voulu le voter il y a trois semaines. La faute aujourd’hui au PPE, qui joue une position maximaliste contraire aux intérêts de l’Europe et à ceux du commerce européen. Non, ce midi, nous ne voterons pas une simplification. Nous voterons pour savoir quelle sera la majorité du Parlement européen dans les quatre prochaines années: une majorité pro-européenne – celle qui vous a élue, Madame la Présidente – ou une majorité constituée d’une union des droites, incluant bien sûr l’extrême droite de cet hémicycle. Alors oui, ce matin, je dois vous faire part de mon incompréhension, parce que nous n’avons rien en commun avec des populistes extrémistes, ennemis de l’Europe, agents de haine et de division. Quant au fond, nos entreprises ont besoin de prévisibilité; elles ont besoin d’un cadre réglementaire adapté et de la mise en œuvre sans tarder du rapport Draghi. Alors, je le demande au PPE: qui va le mettre en œuvre, ce rapport Draghi? Vous croyez que vous allez l’adopter avec l’extrême droite? Qui va mettre en œuvre la simplification du marché intérieur, le 28e régime ou la réforme des marchés de capitaux? Qui? C’est nous, les pro-européens. Chers collègues, l’alliance du centre, c’est le cœur du projet européen. C’est comme cela que nous avons toujours fonctionné. Si nous sommes incapables de retrouver le chemin de ce compromis, nous ruinons la crédibilité du Parlement européen et nous perdons un temps précieux pour défendre notre indépendance. Madame la Présidente, votre coalition, c’est la stabilité politique, et la stabilité politique, c’est la première source de prospérité pour toutes les économies du monde. Ce que votre groupe a fait aujourd’hui, c’est saper cette stabilité.
Le nouveau cadre financier pluriannuel 2028-2034: architecture et gouvernance (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Commission, Madame la Ministre, chers collègues, Mme von der Leyen le sait – Mario Draghi nous l’a dit: nous avons un déficit d’investissement en Europe. Or, le cadre budgétaire pour les sept prochaines années a justement vocation à planifier des investissements publics. Parce que la simplification, c'est une chose, mais, si on ne crée pas le bon cadre, le bon environnement commercial pour les entreprises, elles s’en iront quand même. Vous le savez, Renew a comme première priorité le fonds pour la compétitivité: merci à vous deux de l’avoir intégré dans votre proposition. Ce fonds pour la compétitivité, c'est un fonds qui doit permettre d’investir dans les technologies d’avenir: l’IA, le cloud, le quantique, un fonds qui doit nous permettre de stimuler la recherche et d’assurer enfin la préférence européenne dans nos marchés publics. La compétitivité, chers collègues, c’est aussi notre indépendance, c’est notre souveraineté. Et nous n’accepterons aucune remise en cause de la première souveraineté conquise par l’Europe: la souveraineté agricole. Elle est aussi stratégique que les autres, et donc une PAC robuste est stratégique. J’en viens justement aux investissements dans nos régions. Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, votre proposition n’était pas bonne. Elle n’était pas bonne parce qu’elle donnait la main aux seuls gouvernements nationaux pour déterminer ce qui était bon pour les régions ou pour nos agriculteurs. Et, même si nous avons obtenu des victoires sur l’état de droit ou sur la simplification, il faut revoir la gouvernance. Parce que, Madame la Présidente, les plans PNR sont une chose, mais je vais vous le dire: ce terme, ce qu’il recouvre, personne n’en a connaissance en dehors de ce Parlement et en dehors du bâtiment Berlaymont. Par contre, je peux vous dire que la corruption rampante en Hongrie ou l’emprisonnement d’opposants politiques en Bulgarie, ça, les Européens, ils comprennent. Alors, le groupe Renew sera intransigeant sur le fait de ne pas donner un seul centime de notre budget aux corrompus et aux autocrates – des autocrates de plus en plus nombreux, qui mettent à mal nos valeurs sans jamais se plaindre d’encaisser les chèques de la Commission. Par ailleurs, ces chèques, il ne s’agit pas seulement de les signer, il faut aussi avoir les fonds pour les décaisser. Vous le savez, il est impératif pour nous, vous l’avez d’ailleurs mentionné, que de vrais progrès soient réalisés sur les ressources propres, et cela sera déterminant dans notre position sur les dépenses. Alors, Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, vous l’aurez compris: pour nous, les discussions ne font que commencer, vous l’avez d’ailleurs dit très justement. Nous les abordons dans un esprit constructif, mais exigeant.
Commémoration du dixième anniversaire des attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, il y a dix ans, le 13 novembre 2015, à 21 h 17, la France a basculé dans l’horreur. En quelques minutes, des terroristes islamistes ont assassiné 132 personnes, au stade de France, sur des terrasses parisiennes et dans la salle du Bataclan. Chacun ici se souvient de ces attentats. Chacun a en mémoire le choc et l’effroi qui nous ont saisis. Dix ans après, cette émotion reste intacte. Je veux saluer aujourd’hui la mémoire de toutes les victimes, saluer l’immense courage des survivants, qui vivent avec de profondes séquelles physiques et psychologiques, saluer le dévouement de toutes nos forces de sécurité et des personnels soignants qui, au péril de leur propre vie, en ont sauvé de nombreuses autres, saluer tous ceux qui, en Europe et dans le monde, ont apporté leur soutien au peuple français. Ce que les terroristes ont cherché, ce 13 novembre, c’est à nous diviser, par la peur, par la haine. Mais ils ont échoué. La France a fait face, unie, déterminée. Elle a retrouvé tous les responsables de ces attaques. Elle les a neutralisés. Elle les a jugés. Et, avec l’aide de l’Union européenne et de nos alliés internationaux, nous avons frappé durement Daech et renforcé notre lutte contre le terrorisme. La menace reste forte, et nous devons continuer notre mobilisation en ne laissant aucune prise à l’idéologie islamiste et en ne perdant rien de nos valeurs et de nos principes démocratiques. C’est le meilleur hommage que nous pouvons rendre aux victimes de ce vendredi noir.
Les attaques continues contre les institutions démocratiques et l'état de droit en Bulgarie (débat d'actualité)
Madam President, dear colleagues, dear Commissioner, dear Minister, a democratically elected mayor is jailed for no reason. Blagomir Kotsev, along with others, becomes a political prisoner inside the European Union. This is a warning for all of us. The Mayor of Varna was elected by the Bulgarian people to bring reform, transparency and hope. Today, he sits in a high-security cell without credible charges, without fair process, without daylight. He is jailed for what he represents: a new generation that refuses corruption and Kremlin-style power. This is not about a single politician. This is a European story, and it is a disgrace for us as a free and democratic European Union. We won't turn a blind eye on Sofia. This is a test. This is a test of our values, of our credibility and of our courage. Because if justice can be twisted for one, it can be twisted for all. And when we stay silent, we become partners in crime. Colleagues, Europe cannot be strong abroad if it is blind at home. We cannot preach democracy in Kyiv and Tbilisi while ignoring injustice in Sofia. This is the moment to show that Europe still stands for democracy and justice – everywhere and for everyone. Let's not fool ourselves. What we witness in Bulgaria happens not by accident. It happens in a country where justice has been captured by oligarchs and where those who stand for reform are treated as enemies of the state. This is the corrupted world of Delyan Peevski and his ally Boyko Borisov. Their despotic system silenced judges, prosecutors, security services, media. Delyan Peevski is a danger for democracy. One by one, he is taking control of the existing political parties. One by one, those political parties are used as tools to silence opponents, while in the past they used to struggle for democracy in the country. Let me be clear: the dimension is huge. Bulgaria is part of NATO's Black Sea strategy – a cornerstone of our collective defence. When corruption and political persecution take root there, it weakens Europe's security and gives power to those who wish us to decline. We urge the European Commission to send an urgent fact-finding mission to Bulgaria to assert the rule of law and the detention of opposition leaders. To enforce conditionality, we call for the suspension of all Recovery and Resilience Facility payments linked to judicial reform until political prisoners are freed and until Bulgaria demonstrates true separation of powers. Dear colleagues, it is our duty – as liberal democrats, as Christian democrats, as social democrats – to intervene. Your parties in the EPP, in the Socialists, might be part of the current government, but your honour and values must prevail over party politics. So move on. Use your European families to apply the necessary pressure. Our duty is to act with clarity, unity and courage. We call for change in Bulgaria now.
Préparation de la réunion du Conseil européen du 23 octobre 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Ministre, Madame la Présidente, j'ai choisi ce matin de me focaliser sur la défense, mais je voudrais évidemment réagir au cœur de votre discours de ce matin, le lien entre compétitivité et décarbonation, parce qu'il faut parfois, souvent, rappeler dans cet hémicycle que la décarbonation et la compétitivité ne s'opposent pas. Bien au contraire. La décarbonation est la clé de notre compétitivité. La décarbonation est la clé de notre sécurité économique et de notre autonomie stratégique. Donc ce n'est certainement pas le moment de ralentir, et vous trouverez évidemment le groupe Renew à vos côtés pour développer et conforter cet agenda. Chers collègues, «les forts font ce qu'ils peuvent et les faibles subissent ce qu'ils doivent»: cette citation de Thucydide nous rappelle que le débat qui anime l'Union européenne aujourd'hui n'est pas nouveau. C'est celui auquel ont été confrontées toutes les puissances depuis l'Antiquité. Comment se protéger? Comment assurer la sécurité de nos peuples? Préparer la guerre est-il vraiment la condition de la paix? Les menaces contre l'Europe nous démontrent que oui. Oui, nous devons préparer la guerre pour avoir la paix. Et oui, nous devons assumer nous-mêmes cette responsabilité. Ce que j'énonce ici comme une évidence ne l'a pas été pendant de trop longues années. Parce que, chers collègues, nous avons failli sur deux points essentiels. D'abord, nous n'avons pas vu venir la menace russe. Par ignorance et par faiblesse. Et parce que nous avons cru que répondre aux provocations ne ferait qu'aggraver les choses. Nous avons eu tort. Ensuite, parce que notre sécurité a trop longtemps reposé sur les États-Unis ou sur les capacités de nos membres. Or, la réalité, dans ce cas-là plus brutale, nous le rappelle: si nous renonçons à la puissance, nous renonçons à notre liberté. Alors oui, chers collègues, il est temps pour l'Europe d'assumer sa puissance. Alors oui, bien sûr, on soutient évidemment l'agenda de la Commission 2030 sur la défense et ce qu'on propose, c'est une totale souveraineté européenne sur le sujet: maîtrise de l'usage de nos armes, plus d'investissements dans les infrastructures pour le déploiement de matériel militaire, bouclier aérien au-dessus de l'Union européenne et du territoire ukrainien, mobilisation des avoirs russes gelés comme garantie de prêts de réparation pour l'Ukraine. Ce sont les conditions sine qua non d'une vraie Europe de la défense, gage de notre indépendance. Chers collègues, une dernière chose. L'Europe ne se protégera de l'extérieur que par son unité. Or, la Hongrie de M. Orbán est devenue une menace inacceptable contre nos propres intérêts. On a eu des révélations sur un scandale d'espionnage dans nos institutions et on sait tous que Viktor Orbán est le cheval de Troie du Kremlin. Alors, je le redis ici: la paix en Ukraine ne sera décidée que par les Ukrainiens, avec les Européens, et sans plier d'aucune façon aux conditions de Vladimir Poutine.
Programme de travail de la Commission pour 2026 (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, enfin, enfin, ce document qu'on attendait avec le groupe Renew, un agenda de travail pour l'année 2026, un agenda positif, un agenda de puissance, d'indépendance, de souveraineté à conquérir et à préserver pour l'Europe. Enfin, nous allons pouvoir avancer, produire des résultats pour les citoyens européens. Et je le dis, il est plus que temps. Alors oui, chers collègues, quand ça va dans le bon sens, il faut le dire et on le dit. Sur la table, on a maintenant un agenda de travail sur la compétitivité, avec la mise en œuvre du rapport Draghi: 28e régime, innovation, préférence européenne, simplification du marché unique ou encore Union des marchés de capitaux. Un agenda de travail pour répondre à la crise de l'énergie qui pèse tant sur notre pouvoir d'achat. Un agenda de travail sur une vraie défense européenne, le renforcement du mandat d'Europol et là encore, enfin, le recrutement des 30 000 gardes-frontières qu'on attendait depuis 2019. Un agenda de travail sur le logement, sur la protection de nos enfants sur les réseaux sociaux ou encore la défense de nos agriculteurs contre les pratiques commerciales déloyales. Un agenda de travail aussi sur la simplification en direction des citoyens. On a fait beaucoup sur la simplification en direction des entreprises, mais on n'avait rien fait réellement en direction des citoyens. Avec le groupe Renew, on y a travaillé ces dernières semaines. On vous a fait des propositions la semaine dernière et merci, Madame la Présidente, de les avoir intégrées dans votre agenda de travail pour 2026, c'est un signal très important. Chers collègues, je ne vais pas ici faire la liste de tous les textes qui nous attendent, mais je voudrais vous dire une chose, vous redire une chose: merci, Madame la Présidente, d'avoir joué le jeu de l'écoute. D'avoir écouté le groupe Renew et d'avoir joué le jeu d'une réelle concertation. Je voudrais souligner aussi votre présence aujourd'hui, le fait que vous présentiez vous-même ce programme de travail de la Commission européenne. C'est un signal très fort de votre leadership politique, en particulier pour cette année qui sera capitale pour l'avenir de l'Union européenne. Un très grand merci également pour ça. Cet agenda, il est bon, il est bon pour les Européens et on le soutient à 1 000 %. Et il faut le dire aussi entre nous – ça a été évoqué par certains de mes collègues – il va nous redonner de la dynamique dans ce Parlement. Quand je dis nous, je pense à votre majorité, madame von der Leyen. Depuis notre élection en juin 2024, cette majorité a connu quelques dysfonctionnements, il faut le dire, et j'ai eu l'occasion plusieurs fois dans cet hémicycle, de rappeler l'importance de cette majorité. C'est pour ça que le groupe Renew s'est toujours acharné à la faire vivre. Parce que pour que cet agenda sur l'indépendance européenne vive, eh bien ce n'est pas sur l'extrême droite ou sur l'extrême gauche que nous devons compter. C'est nous-mêmes, nous les forces proeuropéennes, qui allons le mettre en œuvre. Alors je n'aurai ici qu'un mot d'ordre: la responsabilité. Nos électeurs, chers collègues, nous regardent et partout dans nos États membres, je vois que nos démocraties sont en crise. Je vois que les Européens ont l'impression que les choses leur échappent, que leurs représentants n'agissent pas dans leur intérêt, que le pouvoir est ailleurs, dans d'autres pays ou même aux mains de certaines multinationales. Chers collègues, cette responsabilité dont je vous parle, c'est celle de l'action. C'est assumer que l'Europe est une échelle fondamentale pour répondre à des problèmes qui deviennent trop grands pour nos États membres. C'est maintenant que ça se joue. Les élections, c'était il y a un an et demi. Alors on y va.
Une réponse unie aux récentes violations par la Russie de l'espace aérien et d'infrastructures critiques d'États membres de l'UE (débat)
Madame la Présidente, Madame la ministre, chers collègues, nous sommes à un moment de vérité pour l'Union européenne. Nous ne sommes plus en paix. Nous ne sommes pas en guerre non plus. Nous sommes dans cet entre-deux qui s'appelle la guerre hybride. Chaque jour, la Russie mène contre nous des ingérences, des cyberattaques, des sabotages. Elle nous survole avec des drones et des avions de chasse. Ces menaces, nous les connaissons. Je ne vous apprends rien. Mais nos réactions ne sont toujours pas à la hauteur. Chers collègues, nous devons assumer la confrontation avec la Russie. Nous devons monter d'un cran dans notre réponse – je dirais même, dans notre riposte. Car, chers collègues, si nous voulons la paix, Poutine ne comprend qu'une chose: la force. Si nous voulons être libres, il faut être craints. Et pour être craints, il faut être puissants. Être puissants, c'est augmenter les budgets consacrés à la défense de nos États membres. Ils se sont engagés à le faire dans un temps record d'ici 2030. Mais je le demande au Conseil: Madame la ministre, quand sortirons-nous pleinement de nos dépendances? Nous devons avoir la maîtrise de la fabrication et de l'usage de nos armes pour enfin poser les fondations d'une souveraineté européenne sur la défense. Être puissants, c'est accroître nos investissements dans les infrastructures pour le déploiement de matériel militaire. Être puissants, c'est ériger un bouclier aérien au dessus de l'Union européenne et de l'Ukraine. C'est renforcer nos capacités de défense aérienne et la surveillance du flanc oriental. Être puissants, c'est être capable d'abattre tout drone qui porterait un danger immédiat contre nous. C'est aussi sanctionner Viktor Orbán qui envoie des drones hongrois dans le ciel ukrainien. C'est scandaleux! Être puissants, c'est utiliser la valeur totale des avoirs russes gelés pour soutenir l'Ukraine. Je m'adresse aux Ukrainiens, aux Moldaves, aux Estoniens, aux Polonais, ou encore aux Roumains. Que vous apparteniez ou non à l'Union européenne, vous n'êtes pas seuls, parce que votre sécurité est la sécurité de tous les Européens. Je m'adresse aussi à ceux qui prétendent que nous exagérons et que nous sommes des va-t-en-guerre. Les menaces nous concernent tous, tous nos pays membres. De Madrid à Narva, de Dublin à Gołdap. C'est pour cette raison que la Russie de Poutine doit avoir une certitude: qu'elle cesse les provocations et sa guerre hybride contre nous. Car nous sommes plus forts qu'elle. Bien plus forts.
C'est l'Europe - Débat avec Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, bienvenue dans ce Parlement. Votre pays a toujours été un grand pays européen: depuis la naissance de Robert Schuman l'européen, jusqu'à Schengen, en passant par la signature du traité CECA, et aujourd'hui encore, avec la présence d'institutions européennes fortes à Luxembourg. Le Luxembourg a marqué l'histoire de notre Europe. Votre pays a marqué notre histoire commune par ces hommes et ces femmes qui ont cru en ce projet et qui l'ont bâti, mais aussi par la stabilité que le Luxembourg a toujours représenté dans toutes les étapes de notre construction. Cette stabilité se reflète dans la cohérence des positions et des messages que votre pays porte par votre voix, mais aussi par celle de vos prédécesseurs. Je voudrais ici rendre hommage à Xavier Bettel, qui a été avant vous un grand Premier ministre, un digne et fier représentant de la famille libérale, et qui est aujourd'hui encore membre de votre coalition. En effet, aujourd'hui, vous êtes à la tête d'une coalition PPE-Renew, résolument pro-européenne, dans la droite ligne de l'engagement historique du Luxembourg. À l'heure où l'Europe est attaquée, menacée par une guerre militaire à nos portes, une guerre commerciale, une guerre culturelle, nous avons plus que jamais besoin de votre engagement. Votre engagement dans la coalition des volontaires pour l'Ukraine et pour la paix au Moyen-Orient avec la solution à deux États. Votre engagement pour continuer à lutter contre le changement climatique. Votre engagement pour porter le drapeau de la liberté, de nos valeurs et du respect du droit. Votre engagement pour regagner en compétitivité et mettre en œuvre les rapports Draghi et Letta. Votre engagement pour l'agriculture européenne – et je voudrais aussi saluer le commissaire Christophe Hansen. Votre engagement pour un budget pluriannuel fort, et pour avancer aussi, Monsieur le Premier ministre, sur l'harmonisation de l'impôt sur les sociétés et sur les nouvelles ressources propres. Votre rôle sera clé dans le prochain paquet qui sera mis sur la table; nous comptons sur vous. Votre pays, Monsieur le Premier ministre, porte une belle devise: «Nous voulons rester ce que nous sommes». Rester ce que nous sommes, attachés aux idées libérales, à la démocratie et à notre économie sociale de marché, c'est le défi de l'Union européenne. Nous devons le mener et le gagner ensemble.
Madame la Présidente, Madame la Présidente von der Leyen, deux nouvelles motions de censure. Deux de plus. Deux motions déposées par les deux extrêmes de cet hémicycle, mais qui se rejoignent sur de nombreux points. Cela a été dit par mes collègues: des extrémistes et des populistes alliés aux pires ennemis de l'Europe, des ingénieurs du chaos qui veulent abattre l'Union européenne de l'intérieur. Ils manipulent le concept de liberté d'expression dans le seul but de multiplier les discours de haine. Ils créent des incidents de séance qu'ils relaient aussitôt sur leurs réseaux sociaux. Ils instrumentalisent le pouvoir de censure pour s'offrir une tribune. J'en veux pour preuve l'hypocrisie et la malhonnêteté des deux auteurs de ces motions de censure. Votre hypocrisie et votre malhonnêteté, Monsieur Jordan Bardella, quand vous vous plaignez de Donald Trump alors que vous avez été l'un de ses premiers supporters. Votre hypocrisie et votre malhonnêteté, Madame Manon Aubry, alors que vous dites que nous n'avons rien fait contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Madame von der Leyen, il y a trois semaines, a proposé des actions et vous n'avez pas soutenu la résolution que nous avons négociée et votée dans ce Parlement lors de la dernière plénière. Voilà leur vrai visage, voilà le vrai visage des populistes. Ce sont des provocateurs, ce sont des trolls. Et il y a une règle simple avec les trolls: on ne les nourrit pas, on ne leur donne pas l'occasion d'exister, on ne compose pas avec eux. Alors, Madame la Présidente von der Leyen, bien sûr, Renew ne votera pas ces motions de censure, mais ça ne veut pas dire pour autant que tout va bien. Parce que, depuis la première motion de censure de juillet dernier, on ne peut pas dire qu'on ait réellement progressé dans ce Parlement. La majorité pro-européenne qui vous a élu fonctionne mal. Toujours aussi mal. Alors, il est temps, Madame la Présidente von der Leyen, pour vous et votre Collège, d'investir davantage les relations avec ce Parlement. Mais ce n'est pas tout. Et je le dis ici à mes collègues du PPE et des Socialistes: ne regardez pas vos extrêmes, arrêtez de leur donner du crédit en votant leurs amendements. Regardez au centre. C'est là que ça se passe. Parce que, Madame la Présidente von der Leyen, chers collègues, nous avons du travail, nous avons des urgences existentielles. Il y a une guerre d'agression en Ukraine. Il y a une guerre culturelle qui assiège nos démocraties. Il y a une guerre commerciale et économique menée contre l'Union européenne. Il nous faut, chers collègues, continuer à faire face à Poutine. Il nous faut retrouver notre unité pour protéger nos démocraties. Il nous faut retrouver notre unité pour répondre aux défis de notre compétitivité. Madame la Présidente von der Leyen, ce que l'on veut maintenant, ce sont des actes, du concret, des résultats pour les Européens. Je vous le dis: encore ce week-end, j'ai des chefs d'entreprise qui me disent: «Mais comment se fait-il que nous soyons si lents? Comment se fait-il que Donald Trump, en moins d'un an de mandat, ait réussi à faire tant? Comment se fait-il que nous, en un an de mandat, n'ayons mis en place que 11 % des recommandations du rapport Draghi?». Alors, maintenant, on veut, je l'ai dit, de l'action, de l'action positive. 2026 doit être l'année du rapport Draghi, et de tout le rapport Draghi. 2026 doit être l'année du vingt-huitième régime, de l'union de l'épargne et des investissements, de la préférence européenne dans nos marchés publics. 2026 doit être l'année de la création d'un semestre européen pour l'état de droit. 2026 doit lancer nos discussions sur la réforme de nos institutions. Notre groupe, Madame la Présidente von der Leyen, est prêt à dérouler cet agenda. La responsabilité, elle est dans ce Parlement, c'est la nôtre. On est à ça d'être bloqués par Viktor Orbán, par Andrej Babiš ou par Robert Fico. Réveillons-nous. Nous sommes à un tournant historique. Soit nous prenons les bonnes décisions, soit nous nous condamnons à l'effacement. Et ce choix de la faiblesse, Renew ne l'acceptera jamais.
Madame la Présidente, je vous ai exposé tout à l'heure les priorités de mon groupe politique. Je voudrais vous faire part d'une remarque. Il y a une chose qui m'a frappé, moi, dans ces débats, c'est l'hypocrisie à l'extrême droite de cet hémicycle, à l'extrême droite, qui nous fait aujourd'hui la leçon sur Donald Trump, qui nous tord le bras pour nous imposer des tarifs, qui nous oblige à acheter américain, qui sape notre économie. Mais de qui se moque-t-on? Vous avez été les premiers supporters de Donald Trump. Vous êtes les premiers à relayer la propagande MAGA ici en Europe. Alors, si vous vous souciez vraiment de vos électeurs et du sort des citoyens européens dans chacun de vos pays, commencez par arrêter d'être les porte-parole de Vladimir Poutine. Commencez par arrêter d'être les porte-parole de Donald Trump. Vous prétendez défendre les peuples, vous les trahissez.
Madame la Présidente, Madame la Présidente, chers collègues, Madame la Présidente, nous sommes en train de perdre les Européens. On a beau être parmi les plus riches au monde, avoir les standards sociaux les plus élevés sur la planète, être les champions des libertés individuelles, pourtant, on perd les Européens. On perd les Européens parce que l'Europe qui devait les protéger leur semble faible. Faible face à Trump. Faible face à Poutine. Faible face à la Chine. Faible sur le climat. Mais, Madame la Présidente, il n'y a pas de fatalité. Avec le groupe Renew, nous refusons la fatalité. La faiblesse est un choix et ce n'est pas le nôtre. Chers collègues, il est temps de passer à l'Europe d'après: une Europe plus intégrée, une Europe plus souveraine, une Europe plus fédérale, une Europe qui protège. Nous sommes aujourd'hui face à une menace existentielle. Le monde se réorganise devant nos yeux et des puissances mondiales veulent nous marginaliser. La Russie est aux frontières de l'Union européenne, et la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine est un moment de vérité pour l'Europe. Ce moment de vérité, on l'a saisi, notamment sur la question des garanties de sécurité. Mais nous devons faire plus. Donner tous les outils à l'Ukraine pour renforcer son armée et rendre enfin concrète cette Europe de la défense. Ce qui s'est passé ce matin en Pologne avec les drones russes confirme que la sécurité de l'Ukraine, c'est notre sécurité. Protégeons l'espace aérien ukrainien, montrons les muscles, car c'est par notre force que nous dissuaderons nos ennemis de nous attaquer. Chers collègues, ce nouveau monde, il nous est hostile. C'est une guerre culturelle à laquelle nous devons faire face. Cette guerre culturelle menace notre mode de vie, nos valeurs, nos libertés et notre indépendance. Et cette guerre culturelle ne vient pas seulement de l'Est. Alors, face à l'internationale réactionnaire, nous n'avons pas d'autre choix que d'être le rempart de la démocratie et des libertés, que d'assumer d'avoir une voix forte dans le monde. En Europe, Madame la Présidente, nous attendons aussi des actions concrètes sur le bouclier démocratique. Nous avons un enjeu majeur. Des élections vont avoir lieu demain en République tchèque, en Irlande, aux Pays-Bas, au Portugal. C'est maintenant qu'on a besoin d'outils solides pour lutter contre les ingérences. C'est un enjeu de souveraineté. À cet égard, Madame la Présidente, c'est très bien que vous ayez réaffirmé que le règlement sur les services numériques et le règlement sur les marchés numériques ne seraient en aucun cas des monnaies d'échange. Vous savez que c'est une ligne rouge absolue de ce Parlement européen. Alors, tenez le bras de fer. Madame la Présidente, un autre point me paraît absolument essentiel sur la défense de nos valeurs. Personne ici, dans cet hémicycle, n'a oublié les atrocités du 7 octobre. Personne ne doit laisser la moindre place et le moindre espace au Hamas. Mais personne n'est aveugle sur la guerre inhumaine que mène Benyamin Netanyahou à Gaza. Et certainement pas, je vous le dis, notre jeunesse européenne qui vit maintenant un moment d'identification générationnelle. Ce qu'il se passe à Gaza – et notre réponse – déterminera l'adhésion de toute notre jeunesse à notre projet européen. Aujourd'hui, la désunion de nos États nous empêche d'agir. C'est une honte. Une honte pour les Gazaouis, une honte pour la sécurité d'Israël, une honte pour les valeurs de notre jeunesse. Alors oui, Madame la Présidente, il faut que la Commission agisse. Et nous serons à vos côtés pour les propositions que vous avez mises sur la table ce matin. Nous serons même prêts à aller plus loin pour mettre un terme à cette catastrophe. Madame la Présidente, la souveraineté de l'Europe passe aussi par notre compétitivité. Et nous, avec le groupe Renew, on a une conviction profonde: 2026 doit être l'année du rapport Draghi. Franchement, je vous le dis, ça m'a fait du bien de vous entendre sur l'économie ce matin, parce que ça fait un an qu'on l'attend. Parce que, mes chers collègues, nous faisons face à une urgence économique. Si nous n'agissons pas, c'est toute notre prospérité qui risque de s'effondrer. Alors mesurons l'urgence. Alors, oui, Madame la Présidente, moins de communication, plus de règlements. Oui au 28ᵉ régime, oui à la préférence européenne, oui à l'union des marchés des capitaux et oui à votre calendrier pour 2028. J'ai envie de vous dire: si on peut aller plus vite, alors allons plus vite. Nous serons à vos côtés là encore. Chers collègues, nous avons agi sur la simplification, c'est très bien. Mais cela ne peut pas être notre seul agenda législatif, parce que le rapport Draghi, c'est du concret: de l'emploi, de la croissance, une vie meilleure pour tous les Européens. Le rapport Draghi, c'est aussi un espoir, l'espoir d'une Europe qui fait rêver ses citoyens, avec de grands projets industriels et technologiques. On doit retrouver à l'échelle européenne la fierté du Concorde, de l'Airbus, de la fusée Ariane. Alors mettons le paquet sur le spatial et mettons le paquet pour que le prochain géant de l'intelligence artificielle soit européen. On a tous les atouts pour ça. On a l'intelligence, on a la technologie. Ce qui manque, c'est des investissements européens pour les entreprises européennes. Ce qui manque, c'est aussi la vision et, peut-être pire encore, la capacité politique. De la même manière que l'économie change, que le monde change, nos règles de gouvernance doivent changer. On le voit bien aujourd'hui, on est trop lents, on n'est pas assez efficaces. On a des institutions immatures au service d'un projet politique inabouti. Ce qu'il faut, c'est un big bang institutionnel. Et je vous le dis, les réformes institutionnelles, ce n'est pas pour nous faire plaisir, c'est simplement pour mieux servir les Européens. Ce que le groupe Renew vous demande, Madame la Présidente, c'est une grande convention d'urgence: fin de l'unanimité au Conseil sur les sanctions et les questions fiscales; listes transnationales; plus de pouvoirs pour le Parlement européen, plus de pouvoirs pour vous, Madame la Présidente, plus de pouvoirs pour le ou la président(e) de la Commission européenne élu(e) au suffrage universel direct par les citoyens européens. Mais d'ici là, quand même, qu'on se le dise, que cela ne dédouane personne. Parce qu'à traité constant, on peut faire des choses. On a des outils qui existent. Ce qui manque aujourd'hui, c'est la volonté politique exclusivement. Un dernier mot, Madame la Présidente. Vos mots ce matin ont été justes, je vous le dis, maintenant il faut des actions. Et je vous le dis aussi, c'est la dernière chance pour cette majorité pro-européenne que vous appelez de vos vœux. Ce plaidoyer pour une Europe plus intégrée, plus fédérale, il dépendra largement de votre leadership. Il va aussi dépendre de la stabilité et de la bonne entente des pro-européens dans cet hémicycle. J'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, c'est maintenant que ça se joue. Maintenant. On a besoin de vous. Parce que moi, avec mon groupe, ça fait des semaines, des mois que je m'échine à tenir les deux bouts de votre majorité, pour qu'elle fonctionne. Je pense aux gens qui sont dans les tribunes autour. Je pense aux gens qui nous regardent, qui suivent nos débats et qui voient le spectacle pathétique de nos divisions. Alors, rentrez dans le jeu, Madame la Présidente. C'est la condition sine qua non pour que l'agenda que vous nous avez présenté ce matin devienne réalité.