Accroissement des inégalités dans le monde (débat)
Monsieur le Président, les inégalités tuent. Elles conduisent à la mort d’une personne toutes les quatre secondes. Tel est notre monde où les inégalités d’aujourd’hui sont les plus importantes de toute l’histoire des sociétés humaines. Ce monde indigne, indécent, où les inégalités ne surgissent pas du néant, mais sont méthodiquement organisées au profit de la prédation de quelques-uns contre le plus grand nombre. 1 % de la population mondiale possède le double des richesses de 90 % de toute la population du monde. Un tel système, mes chers collègues, est malade, corrompu, gangréné par ce monstre économique qui se nourrit de la sueur et du sang de ceux qui produisent des richesses qui sont ensuite accaparées. La question des inégalités est devenue de loin le principal marqueur de notre civilisation. Monsieur le Président, faisons de l’égalité une idée neuve pour l’Europe et pour le monde!
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, l’histoire se répète tristement. Le grand retour de l’austérité nous ramène dix ans en arrière à cette funeste troïka, cette mauvaise tragédie grecque écrite à Berlin et à Bruxelles. Derrière les réformes dites «structurelles» se cache un plan bien plus sombre: affaiblir l’État, les services publics, détruire l’État providence pour faire place nette pour les marchés. En réalité, l’ordolibéralisme, c’est la volonté de mettre un point final à l’histoire du progrès social en Europe. En France, cette déconstruction est engagée et elle s’accompagne d’une régression sociale et d’une répression sociale sans précédent, comme en témoigne la réforme annoncée du marché du travail, d’une violence inédite et assumée. Tenez-le-vous pour dit: en France, la guerre sociale est bien déclarée sous les applaudissements de McKinsey et de BlackRock.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Madame la Présidente, partout en Europe, le fond de l’air est brun, devenu nauséabond et dangereux. Les fanatiques des groupuscules fascistes, racistes et antisémites courent les rues, et le racisme prend de nouveau ses aises dans le débat public, sous des formes plus policées mais pas moins abjectes, entre gens de bonne société qui, sans complexe, invoquent la défense des valeurs pour légitimer un racisme profond. Tout est devenu bon en Europe pour accabler de tous les maux l’Arabe, le musulman, le migrant, traités comme moins que rien, mais devenus responsables de tout. Même déviance quand exprimer son horreur devant les souffrances sans nom du peuple palestinien suffit à faire de vous un supporter du terrorisme ou de l’islamisme. Tout appelle, avant qu’il ne soit trop tard, Madame la Présidente, au sursaut antiraciste pour triompher de ceux qui sont descendus dans les égouts de l’histoire européenne.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Madame la Présidente, il est des moments rares dans une vie où les événements du monde nous donnent rendez-vous avec ce que nous sommes. Dans la fidélité à ces valeurs, l’Europe était attendue pour la condamnation ferme de tous les crimes de guerre. Elle était attendue, elle ne l’est plus. Rusant avec ses principes, elle s’est tue. Par ses silences complices, par ses discours alambiqués, par son refus d’appeler à un cessez-le-feu, l’Europe a dévoilé au monde entier sa duplicité et son indifférence devant le massacre de milliers de femmes et d’enfants assassinés. Par son attitude, elle a ravivé la mémoire douloureuse des peuples du Sud, qui comprennent que l’Europe continue à se solidariser avec les aventures coloniales et meurtrières. En laissant périr Gaza, c’est la civilisation qui périt, et annonce la fin d’une illusion, Madame la Présidente, qui laissera des traces et entraînera une fracture pérenne entre le Sud et l’Occident.
Pénurie d'eau et investissements structurels dans l'accès à l'eau dans l'UE (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, qui accepterait, ici, en Europe, de se voir priver d’eau deux jours sur trois et, dans les maigres heures où l’eau coule du robinet, d’utiliser une eau marron impropre à la consommation? Qui accepterait cela? Cette réalité, absolument incroyable, est celle de Mayotte, la région ultrapériphérique la plus pauvre de l’Union européenne, mais aussi un territoire d’un pays, la France, qui est la deuxième puissance économique la plus riche de toute l’Union européenne. Cette réalité – chers collègues – résulte certes des conditions climatiques nées d’une sécheresse historique, c’est indéniable. Mais elle dit aussi l’imprévoyance et la mauvaise gestion des fonds européens par l’État, car des investissements sur le long terme auraient dû être réalisés et terminés; ils ne le sont pas. À présent, pour répondre à l’urgence et à la souffrance des Mahorais, notre commission REGI a mis sur la table une proposition: l’utilisation des reliquats du FEAD pour l’acquisition massive et la distribution gratuite de bouteilles d’eau à la population. La Commission peut-elle nous dire si la France a retenu cette piste? Partout en Europe – et il en va de même pour les populations roms –, les citoyens européens doivent avoir un accès à l’eau potable, sans quoi ils vont continuer à être traités comme des populations marginalisées.
Budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2024 – toutes sections (débat)
Monsieur le Président, les crises sont multiples, se combinent et deviennent une donne permanente, ce qui rend particulièrement difficile l’élaboration du budget: crise géopolitique, crise climatique (avec la multiplication des catastrophes naturelles), crise énergétique, inflation, explosion de la pauvreté. À toutes ces crises, nous devons répondre, alors que notre budget n’est pas suffisamment doté pour y faire face. Monsieur le Commissaire Hahn, il y a urgence à réviser le CFP à la hauteur de ces défis, et nous vous demandons d’entendre le Parlement européen. Je veux aussi dire que, dans ces moments tragiques – en particulier à Gaza –, nous avons un devoir: un devoir d’aide humanitaire. Le Parlement européen a toujours été à la hauteur de ce devoir et j’espère que nous continuerons à l’être.
Établissement de la plateforme Technologies stratégiques pour l'Europe («STEP») (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, en tant que président de la commission REGI, je ne peux laisser sans réponse votre attaque en règle contre la position de notre commission concernant la clôture de la programmation. D’abord, je veux vous dire que la commission a utilisé un cavalier budgétaire, en insérant, dans un règlement dont l’objectif est différent, une disposition qui concerne précisément des dispositions techniques concernant la cohésion – ce sont là de très mauvaises méthodes. Mais, sur le fond, je veux vous dire que, lorsque nous proposons une année supplémentaire et 100 % de cofinancement, nous répondons à la demande de plus de treize États membres et nous répondons à la demande d’une très grande majorité de régions – la totalité des Länder allemands, et des régions françaises également. Et quel est l’objectif? L’objectif, c’est la meilleure absorption et éviter le maximum de dégagement d’office. Vous ne pouvez pas ignorer, Monsieur le Commissaire, que la politique de cohésion a été fortement mise à contribution pendant cette programmation. Nous avons répondu à toutes les crises, nous avons été présents lors de toutes les crises (lors de la pandémie de COVID-19 – à travers les règlements CRII, CRII+, REACT—EU –, lors de la prise en charge des réfugiés ukrainiens – à travers les règlements CARE), et, forcément, cela a créé un certain nombre de difficultés. Donc, l’objectif, c’est de tout faire pour réussir la programmation.
Rapport intérimaire sur la proposition de révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel 2021-2027 (débat)
Madame la Présidente, pour la révision de ce CFP, je fais partie de ceux qui demandaient l’augmentation du Fonds européen d’aide aux plus démunis, car la pauvreté explose. Mais avez-vous écouté hier soir à cette tribune le commissaire Schmit? Il disait: il faut dépenser immédiatement l’argent disponible. Il y a des milliards qui peuvent être utilisés pour réduire la précarité. Et le commissaire Schmit exhortait les États membres à consommer l’argent disponible du FEAD. Je pose la question: combien reste-t-il exactement? Y a-t-il donc des millions qui dorment aujourd’hui dans les caisses, en particulier pour la France car non dépensés par l’État et qui n’ont pas été donnés aux banques alimentaires qui, vous le savez tous, sont aujourd’hui exsangues et menacées dans leur existence même? Et si tel est le cas, ce serait un véritable scandale car les programmes, normalement, doivent être clôturés au 31 décembre 2020. Donc, lorsqu’on demande des augmentations, très bien, mais encore faut-il d’abord dépenser les fonds et bien les absorber.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, si le monde est une île, le monde est aussi un monde d’îles. De la grande Australie aux plus petits atolls, c’est 300 000 îles et chacune d’elles est un monde de possibilités encore trop ignorées au regard des enjeux de ce siècle. Qu’il s’agisse du climat, de la biodiversité, de la maîtrise des routes maritimes et commerciales, des énergies et aussi des promesses des grandes profondeurs océaniques, chaque île porte en elle une force et des promesses qui en font d’ailleurs de nouveaux lieux d’accaparement et de nouveaux points de tension dans la géopolitique du moment. L’Europe, forte de milliers d’îles, reste un archipel qui s’ignore et demeure dans une vision trop misérabiliste de l’insularité. C’est pourquoi il est temps que l’Union européenne se dote enfin d’une véritable stratégie et d’ambitions insulaires, et qu’elle comprenne enfin que l’heure des îles a déjà sonné.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, dans ce monde si civilisé, un terrien sur dix souffre de faim chronique. Dans notre Europe si riche, 90 millions de personnes sont menacées par la pauvreté. Aujourd’hui, avec l’inflation, des banques alimentaires, comme en France, sont à bout de souffle et c’est un français sur trois qui ne mange plus à sa faim. Appelez cela comme vous voudrez: je dis que cela constitue des crimes, des crimes dont nous nous accommodons. Et soyons honnêtes, la tranquillité quotidienne de notre esprit suppose que nous chassions cette réalité insupportable de notre conscience, alors que c’est à cela que l’on devrait penser en permanence pour que toute notre force, toute notre intelligence, tous nos moyens soient tournés vers cette guerre qui doit être menée pour l’éradication de la faim et de la pauvreté.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, c’est toujours une souffrance que de pointer son propre pays devant notre Parlement européen. Mais le devoir m’oblige à vous dire la dérive autoritaire du pouvoir en France, l’affaiblissement de la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif. Et cet après-midi, très gravement, à l’Assemblée nationale française, la mise en cause des droits constitutionnels de l’opposition parlementaire, parmi lesquels le droit premier d’amendement. Aujourd’hui, en France, un danger nouveau guette la démocratie. De dérive en dérive, d’abus de pouvoir en abus de pouvoir, c’est tout un système illibéral qui se met en place en France. Nous sommes des parlementaires européens et cela doit nous inquiéter car quand l’état de droit recule en France, c’est toute l’Europe, c’est le modèle européen, qui est attaqué.
Dimension de cohésion de l’Union en matière d’aides d’État et des règles dites «de minimis» (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, le mois dernier, la Commission européenne a modifié le règlement général d’exemption par catégorie afin de faciliter le soutien aux transitions verte, numérique et industrielle. La Commission a également mené une consultation en vue de la révision du règlement «». À la suite de la pandémie de COVID-19, face aux conséquences de la guerre en Ukraine et à la loi américaine sur la réduction de l’inflation, cette révision des règles, Monsieur le Commissaire, est bienvenue. Mais encore faut-il qu’elle soit tournée vers des objectifs de réindustrialisation justes. Autrement dit: il faut que le régime des aides d’État concoure effectivement à la convergence des économies et qu’il ne vienne pas aggraver les distorsions. Les règles d’État ne doivent pas s’appuyer uniquement sur les principes de la concurrence libre et non faussée, elles doivent aussi viser d’autres exigences. En commission REGI, nous avons rappelé à la commissaire Vestager combien nous étions attentifs à ce que l’objectif transversal de cohésion soit pleinement pris en compte dans les règles. Nous lui avons rappelé que la réindustrialisation de l’Europe, une réindustrialisation verte, doit se décliner concrètement dans tous les territoires européens, non pas avec des règles uniformes, mais en tenant compte de la très grande diversité de situations que connaissent les régions d’Europe et des inégalités territoriales persistantes, dans le respect, le plein respect, de l’article 174 du traité. Il nous a été opposé que l’article 174 du traité n’avait pas de contenu assez précis pour la DG COMP, et que nous demandions, je cite la commissaire Vestager, «des prises en compte particulières pour l’ensemble de l’Union européenne, Champs-Élysées mis à part» – dixit Mme la vice-présidente. Cette vision nous inquiète. Elle nous inquiète car l’article 174 du traité définit des zones ciblées, qui répondent à des critères précis, définis et limités. Elle nous inquiète car le respect des principes transversaux de la cohésion s’impose à toutes les politiques européennes, y compris à la politique de concurrence, dont les aides d’État et les règles de minimis. Elle nous inquiète parce que les aides d’État sont des outils pour dynamiser les tissus économiques régionaux et locaux, et qu’il est par conséquent fondamental que les différentes lignes directrices et les divers encadrements sectoriels ou horizontaux prévoient des intensités et des montants maximaux d’aides plus importants et des coûts éligibles plus élargis, en fonction du niveau de développement des territoires et des spécificités géographiques. En somme: des bonus dans toutes les règles sur les aides d’État pour les zones moins développées ou isolées, telles les régions ultrapériphériques ou les îles. Monsieur le Commissaire Schmit, les traités obligent la Commission européenne, et «Unie dans la diversité» ne signifie pas «unie dans l’uniformité». Les politiques européennes ne doivent pas non plus fragiliser les régions, déjà désavantagées, et creuser davantage les fractures territoriales. Des mesures particulières – en fait, du sur-mesure – doivent être prises pour certaines régions et pour certains secteurs, tels que l’économie sociale ou l’économie solidaire. Concernant les aides d’État et le régime d’exemption par catégorie, qu’en est-il des demandes des régions d’Europe? Et comment la Commission entend-elle veiller à ce que les principes de cohésion, inscrits aux articles 174 et 175 du traité, soient davantage pris en compte par les futures révisions des règles relatives aux aides d’État? Concernant les règles dites de minimis, le rehaussement du seuil qui a été proposé, à 275 000 euros, n’est pas suffisant. Nous attendons que les régions qui ont des désavantages structurels bénéficient de règles différenciées et que les surcoûts liés à ces désavantages soient pris en compte. Accorder des plafonds différenciés corrigera les distorsions de concurrence induites par les surcoûts structurels auxquels font face les économies de certaines régions, dont les îles. Autre question: la Commission intégrera-t-elle dans les futures règles de minimis des dispositions spécifiques et des plafonds différenciés pour les régions ultrapériphériques, les régions insulaires, les zones montagneuses, les régions les moins peuplées et les régions en situation de piège de développement – ainsi que l’a demandé le Parlement européen et que nous l’avons voté, ici même, en plénière? Pour conclure, je dirai que le principe «Ne pas nuire à la cohésion» édicté par la Commission européenne doit trouver aujourd’hui une pleine application dans le régime des aides d’État. Nous attendons des réponses à toutes ces questions.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, s’il y a bien une terreur intellectuelle aujourd’hui, c’est bien celle qui s’abat sur la possibilité de défense du peuple palestinien. Où sont les grandes voix? Mais il est vrai qu’il n’y a plus de grandes voix pour dénoncer les violences commises par l’armée israélienne en plein mois de Ramadan dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Où sont les grandes et belles consciences européennes pour condamner le gouvernement d’Israël, d’extrême droite, qui alimente la haine à l’égard des chrétiens de Jérusalem, victimes ces derniers jours, vous le savez, de violences sans nom, pendant Pâques, commises par des colons fanatisés? À continuer ainsi, il ne restera plus rien du statut de Jérusalem. Les pasionarias de la démocratie et de la liberté se taisent. Leur silence dit leur imposture. Et je terminerai en disant que l’ensauvagement des esprits en Europe accompagne l’indifférence devant l’ensauvagement du monde.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, il est des questions nationales qui sont des questions européennes et dont nous devons parler ici. Notre devoir aujourd’hui est de parler de la répression brutale, comme nulle part ailleurs en Europe, qui s’abat actuellement en France. À l’heure où je vous parle, Madame la Commissaire, un manifestant reste entre la vie et la mort. Mes chers collègues, la France, ce pays qui fut un phare pour les libertés dans le monde, prend aujourd’hui la pente dangereuse d’une méthode de gouvernement de plus en plus violente et autoritaire qui porte atteinte à la garantie des droits individuels, viole les droits fondamentaux et, en définitive, affaiblit la démocratie et le modèle européen. Montesquieu disait que pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, le pouvoir doit arrêter le pouvoir. C’est ce que nous attendons de l’Europe et de notre Parlement européen.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, j'ai une question pour la Commission. Va-t-elle, comme cela est annoncé, contre la pêche durable et le maintien des grands équilibres écologiques marins dans l'océan Indien, contre les pêcheurs artisans de l'île de la Réunion, opposer son veto à la décision courageuse et responsable de la commission thonière de l'océan Indien d'interdire 72 jours par an les DCP flottants? La Commission va-t-elle ainsi par là-même confirmer sa soumission, en réalité, devant les lobbies des flottes industrielles espagnoles et françaises qui, chaque jour, vous le savez, depuis des décennies, sans autre foi ni loi que le seul profit, pillent l'océan Indien avec les pires méthodes qui soient? Je m'adresse à la Commission et je lui demande de ne pas utiliser son veto et je demande au Conseil de ne pas autoriser la Commission à le faire, car ce veto déshonorerait la Commission européenne et confirmerait et serait une incitation au pillage colonial dans nos eaux.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, permettez-moi tout d’abord de remercier le président de la commission, M. Lins, pour ce débat très important, qui dit les difficultés des agriculteurs partout en Europe depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine et devant l’explosion du prix des engrais. Monsieur le Commissaire, sur l’île de La Réunion, depuis le début de la guerre, le prix des engrais a doublé, passant de 700 euros à 1 500 euros la tonne. Et en cette année de terrible sécheresse, qui amenuise les revenus des planteurs et en particulier ceux des planteurs de canne à sucre, cette augmentation les prend tous à la gorge. À ce jour, je crois qu’aucune mesure de compensation spécifique prenant en compte l’insularité et le grand éloignement des régions ultrapériphériques du continent européen n’a été proposée par la Commission européenne – et, Monsieur le Commissaire, je peux vous dire que les petits exploitants des régions ultrapériphériques se sentent oubliés. C’est pourquoi nous attendons à présent de vous des mesures, qui se fondent sur l’article 349 du traité, afin de pouvoir venir en aide aux planteurs des régions ultrapériphériques et en particulier aux planteurs de canne à sucre.
Situation humanitaire en Ukraine à la suite de l'agression russe contre des infrastructures critiques et des zones civiles (débat)
Madam la Présidente, Madame la Commissaire, à celles et ceux qui accompagnent leur condamnation de la Russie de nuances, devant ce qui est le plus grave acte de décivilisation en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, je dis: «N’avez-vous pas peur, en temps de guerre, de renforcer l’ennemi? N’avez-vous pas perçu que Vladimir Poutine anime depuis des années une internationale d’extrême droite autoritaire, nationaliste, identitaire, religieuse et réactionnaire, devenue une menace pour toute l’Europe? N’avez-vous pas compris qu’à travers l’Ukraine ce sont toutes nos démocraties qui sont attaquées?» Notre solidarité pour le peuple ukrainien en résistance contre l’envahisseur est totale. Dans cet hiver où les Ukrainiens manquent de tout – de nourriture, d’eau, de vêtements et d’électricité, pour se chauffer, et même pour réchauffer un plat –, notre aide doit être concrète, urgente et renforcée. Elle doit l’être pour les 18 millions d’Ukrainiens qui ont, selon l’ONU, besoin d’une aide humanitaire d’urgence et les 10 millions qui ont besoin d’une aide alimentaire. Je réitère mon appel aux villes et aux régions d’Europe à rejoindre l’initiative lancée par la Présidente Metsola, Générateurs d’espoir, pour pallier les coupures d’électricité. En ces temps de guerre, où les Ukrainiens sont au front pour repousser l’envahisseur russe, notre seule ligne d’action est l’aide humanitaire au peuple ukrainien et le soutien à l’Ukraine pour défaire l’ennemi. C’est le préalable pour que se dessine la paix future que nous souhaitons tous.
30e anniversaire de la déclaration des Nations unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, je suis issu d’un peuple, le peuple réunionnais, qui a beaucoup souffert, qui est né d’un crime contre l’humanité, l’esclavage, et qui a connu la colonisation, la répression et la négation de sa langue et de son identité. Nous avons, par nos luttes, survécu à cela, mais, de par notre expérience, nous savons ce que signifie ne pas pouvoir parler sa langue, ne pas pouvoir pratiquer sa religion et être sommé de faire le choix entre assimilation ou soumission. C’est pourquoi, en tant que Réunionnais, je sais ce que vivent aujourd’hui, en Europe, les minorités, qui, dans ce temps réactionnaire et d’exaltation des nationalismes identitaires assumés ou déguisés, paient un lourd tribut. Dans ce contexte, la protection des minorités est, pour l’Europe, un devoir fondamental. Je pense que c’est un devoir de survie pour une Europe civilisée. Pour le monde, la sauvegarde, aujourd’hui, de la diversité culturelle et de la diversité linguistique – mises à mal, comme toujours, par des processus de domination –, est un enjeu de civilisation.
Améliorer le cadre financier pluriannuel 2021-2027 (débat)
Madame la Présidente, il y a deux ans, quand les États membres se sont mis d’accord sur le budget, c’était avant la guerre d’Ukraine. C’était avant les crises humanitaire, sociale, économique, migratoire et énergétique qui en ont découlé. C’était avant la terrible inflation. Aujourd’hui, les crises sont là. Elles se combinent et elles s’inscrivent dans la durée. Elles sont un véritable défi pour se donner la capacité budgétaire de mieux faire face aux accidents de l’histoire, tout en gardant le cap des ambitions stratégiques de cohésion, de réindustrialisation, de transition énergétique et de lutte contre la pauvreté. La solution, en réalité, nous la connaissons: c’est un grand budget européen, avec de grandes ressources fiscales propres et plus d’autonomie par rapport aux États. La taxe sur les transactions financières représente à elle seule 50 milliards d’euros de plus. Nous devons aujourd’hui la mettre en place, sans tarder.
Évaluation du respect par la Hongrie des conditions relatives à l'état de droit prévues par le règlement relatif à la conditionnalité et état d'avancement du PRR hongrois (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l’heure n’est pas de transiger sur les principes, ni de céder au chantage odieux de M. Orbán, qui utilise la guerre en Ukraine pour nous faire plier. Rappelons-le, en Hongrie, les voyants sont toujours au rouge, car depuis des années, tous les principes sont un à un foulés aux pieds: liberté de la presse, indépendance de la justice, mise à mal du principe d’élections équitables, violation continue des droits des personnes LGBT, mise en place d’un système clientéliste permettant aux proches du pouvoir d’empocher les marchés publics et les fonds européens, de la PAC au FEDER. Les mesures récemment proposées par le gouvernement hongrois doivent bien sûr être évaluées, mais nous ne sommes pas dupes. Ces mesures sont insuffisantes. Elles sont pleinement insuffisantes et c’est pourquoi les fonds doivent aujourd’hui être gelés. Ils doivent l’être non pour punir les Hongrois, mais pour faire avancer la Hongrie sur la voie du respect de l’état de droit et du partage du socle des valeurs qui fonde l’appartenance à l’Union européenne. Renoncer aujourd’hui à défendre cela coûte que coûte, c’est laisser s’étendre le poison distillé par les gouvernements illibéraux et faire courir, en définitive, à toute l’Union de graves dangers pour l’avenir.
Règlement d’exécution (UE) 2022/1614 de la Commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables (débat)
Chère collègue, j’entends votre remarque, mais nous sommes ici au Parlement européen et nous avons pour habitude d’embrasser l’intérêt général européen. Et lorsqu’il s’agit de mettre en cause les attitudes et positions des États membres au Conseil européen, nous le faisons et il n’y a pas à s’en émouvoir. Je veux vous dire que vous prétendez défendre les pêcheurs, mais si nous continuons au rythme actuel de prédation, il n’y aura plus, et c’est l’ONU qui le dit, un seul poisson, ni coquillages, ni crustacés disponibles pour la pêche commerciale d’ici 2050, c’est-à-dire demain. Il y a donc urgence à agir et il y a urgence à protéger les écosystèmes dans les grands fonds marins, qui sont en très grand danger.
Règlement d’exécution (UE) 2022/1614 de la Commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables (débat)
Madame la Présidente, nous ne sommes pas dupes du jeu de la France qui, en coulisse, continue d’agir comme meilleur bras armé des lobbies de la pêche industrielle pour faire obstacle à la fermeture, dès 400 mètres de profondeur, de tous les écosystèmes vulnérables à toutes les méthodes de pêche touchant les fonds marins, ce qui est devenu absolument nécessaire. Nous ne sommes pas dupes non plus du jeu de l’Espagne, qui entend poursuivre la Commission devant la Cour de justice pour entraver ce règlement. Tout cela en dit long. Madame Dalli, je me souviens, dans une autre législature, de la commissaire Damanaki qui, déjà, avait eu affaire à l’action néfaste de la France et de l’Espagne visant à entraver le règlement sur la pêche en eaux profondes. Et heureusement qu’il y a eu le Parlement européen, heureusement qu’il y a eu la commissaire Damanaki et la Commission. Tenez bon face aux menaces, tenez bon face aux lobbies, parce que les océans et les écosystèmes marins sont en grand danger aujourd’hui. (L'orateur accepte de répondre à une intervention "carton bleu")
Lutte contre les violences à caractère sexuel - Importance de la convention d'Istanbul et proposition globale de directive contre les violences sexistes (débat)
Madame la Présidente, ma chère collègue, merci pour votre intervention. Dans ce débat, comme l’a souligné Karima Delli, seuls deux hommes sont intervenus à la tribune et nous ne sommes ici que deux ou trois hommes. La question que je vous pose est la suivante: cela vous inquiète-t-il ? Quels enseignements en tirez-vous pour notre assemblée? Car à l’évidence, ce débat extrêmement important sur la convention d’Istanbul contre les violences sexuelles à l’encontre des femmes est un combat qui doit concerner d’abord et avant tout les hommes.
Situation humanitaire après les inondations dévastatrices au Pakistan et la crise climatique (débat)
Monsieur le Président, cet été la saison de la mousson a tourné à la catastrophe absolue au Pakistan. Le Pakistan, cela a été dit, n'émet que 0,3 % des gaz à effet de serre. Et pourtant, il paie aujourd'hui un lourd tribut au dérèglement climatique qui, combiné à l'ordre inégalitaire du monde, est une véritable double peine pour les pays pauvres et sera encore plus, demain, facteur de déstabilisation à l'échelle de la planète. Ici comme là-bas, j'invite donc l'Union européenne à honorer ses engagements vis-à-vis des pays en voie de développement et à intensifier ses efforts pour que l'adaptation au réchauffement climatique devienne une priorité à l'échelle globale et en particulier lors de la prochaine COP en Égypte.
Proposition de la Commission relative à des mesures au titre du règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit dans le cas de la Hongrie (débat)
– Monsieur Rzońca, je pensais devoir répondre à une question sérieuse, mais je crois que vous m’obligez à m’abaisser à un niveau auquel je ne souhaite pas m’abaisser. Et je veux aussi vous dire que nous sommes, ici, des députés européens, que nous essayons d’embrasser l’intérêt général européen, et que dans le propos qui était le mien je n’ai attaqué personne. J’ai fait des remarques d’ordre général sur le mécanisme «état de droit» ainsi que sur les sanctions qui, je crois, doivent à présent être imposées à la Hongrie.