Les cas des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement Andrie Yunus et Muhammad Rosidi en Indonésie
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés au Parlement européen, l'Union européenne et l'Indonésie entretiennent un partenariat global depuis 2014. Cela implique un dialogue régulier et une large coopération, y compris systématiquement en matière de droits de l'homme. Ils ont tenu la 11e série de consultations sur les droits de l'homme en février, dans le cadre de l'accord de partenariat et de coopération, ce qui a permis aux deux parties de répondre de manière ouverte et constructive aux préoccupations relatives aux libertés fondamentales, à la gouvernance et à l'État de droit. Les attaques contre la défenseuse des droits humains Andrie Yunus et le militant écologiste Muhammad Rosidi qui ont eu lieu en février et mars derniers ont été très préoccupantes, tant pour le degré de violence, avec des conséquences durables sur la santé des deux victimes, que pour l'implication de membres des agences militaires de l'État. L'UE a suivi de près ces affaires et a noté l'augmentation de la mobilisation de la société civile en vue d'une enquête approfondie, y compris sur ceux qui ont ordonné les attaques et la transparence de la justice. Ces appels ont été appuyés par la Commission nationale indonésienne des droits de l'homme, ce qui témoigne de son indépendance. Comme ce fut le cas avant et pendant le dernier dialogue sur les droits de l'homme, l'UE poursuit ses consultations étroites avec la société civile en Indonésie. La semaine dernière, Contras et Amnesty International ont informé les chefs de mission de l'UE à Jakarta de ces cas spécifiques. L'UE plaide également en faveur d'un environnement plus propice permettant à l'Indonésie, à la société civile et aux défenseurs des droits de l'homme de poursuivre leur travail en toute sécurité, et aux autorités de maintenir et de renforcer la consultation inclusive lors de l'élaboration des politiques. Un État de droit fiable doté d’un appareil de sécurité d’État responsable est un engagement commun de l’UE et de l’Indonésie dans le cadre de conventions et d’accords internationaux, mais aussi une condition essentielle partagée pour débloquer des investissements essentiels dans le cadre de notre accord de partenariat économique global. L'Union européenne continuera de travailler avec l'Indonésie pour défendre et honorer les engagements pris en matière de protection et de promotion des droits de l'homme, et ce sera également le cas à mesure que nous progresserons sur la voie d'une revalorisation des relations à un niveau stratégique plus tard cette année. Les deux parties ont pris des engagements internationaux contraignants. Il appartient aux deux parties de travailler sans relâche pour y répondre et ainsi répondre aux attentes de nos concitoyens.
Situation des femmes et des filles en Afghanistan après l’adoption par les talibans du code de procédure pénale à destination des tribunaux
Monsieur le Président, chers collègues, je vous remercie beaucoup pour ce débat et pour les nombreux appels que vous avez lancés, que j'ai entendus et que je reconnais ici. En effet, étape par étape, décret par décret, les femmes et les filles en Afghanistan sont poussées plus loin hors de la vie publique, hors de l'éducation, hors de l'emploi, et maintenant de plus en plus hors de l'accès à la justice elle-même. L'introduction du Code de procédure pénale pour les tribunaux est un autre rappel brutal de la direction prise par l'Afghanistan sous le régime des Taliban, avec des dispositions qui risquent d'affaiblir davantage les protections des femmes, y compris dans les cas de violence domestique, tout en restreignant davantage leur liberté de circulation et leur participation aux procédures judiciaires. Bien sûr, pour les femmes afghanes, il ne s'agit pas simplement d'une question juridique; il s'agit de savoir s'ils peuvent demander une protection, s'ils peuvent être entendus, s'ils peuvent exercer même les droits les plus fondamentaux. L'Afghanistan reste aujourd'hui le seul pays au monde où les filles sont interdites de l'enseignement secondaire et supérieur, avec près de 2,2 millions de filles actuellement privées de scolarisation au-delà du niveau primaire. Dans le même temps, plus de la moitié de la population dépend de l'aide humanitaire pour survivre. Aucun pays ne peut construire la stabilité ou la prospérité tout en excluant systématiquement la moitié de sa population. L'impact ne s'arrêtera pas aux frontières de l'Afghanistan. La répression continue, l'effondrement économique et le manque d'opportunités risquent d'alimenter les déplacements, la migration irrégulière et l'instabilité dans toute la région. Ils créent également un environnement qui peut être exploité par des groupes extrémistes et terroristes. Les droits des femmes et des filles ne sont donc pas séparés des questions de sécurité et de stabilité: ils sont en fait au cœur de ces questions. L'Union européenne continuera de soutenir le peuple afghan. L'Union européenne et ses États membres restent parmi les principaux fournisseurs d'aide humanitaire, d'aide aux besoins de base et d'aide aux moyens de subsistance en Afghanistan, tout en continuant à soutenir la société civile et les défenseurs des droits de l'homme, y compris les femmes défenseurs des droits de l'homme. Honorables députés, les femmes et les filles d'Afghanistan continuent de faire preuve d'un courage et d'une résilience extraordinaires face aux restrictions incessantes, et leur détermination mérite plus que des expressions d'inquiétude. Elle exige une attention soutenue de la part de la communauté internationale et un engagement de principe. L'UE doit continuer à parler clairement et à agir de manière cohérente, comme cela a également été demandé dans cette Assemblée, en faveur de la dignité humaine, en faveur de l'égalité et des droits de toutes les femmes et filles partout dans le monde.
Répression et exécutions de manifestants, dissidents, prisonniers politiques et membres de minorités religieuses en Iran
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, la situation des droits de l'homme en Iran est profondément préoccupante depuis des années. La répression de la dissidence interne, les restrictions de l'espace civique et la liberté d'expression sont particulièrement préoccupantes. La discrimination et les restrictions généralisées à l'encontre des personnes appartenant à des minorités ethniques et religieuses persistent, ce qui ajoute à un tableau très sombre. La situation des femmes et des filles, qui continuent de faire l'objet d'une discrimination systématique, mérite également une attention urgente. Dans ce contexte, le rythme élevé des exécutions est épouvantable. Selon certaines sources, il y a eu plus de 2 000 exécutions en 2025, ce qui représente une augmentation significative par rapport à 2024, avec au moins 600 exécutions signalées jusqu’à présent en 2026. L'UE a une opposition forte, fondée sur des principes et de longue date à la peine de mort en toutes circonstances, mais nous sommes encore plus alarmés dans ce cas parce que les exécutions ont été de plus en plus utilisées comme un moyen de réprimer la dissidence interne, ciblant les manifestants, les dissidents et les prisonniers politiques. Plus tôt cette année, la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste a envoyé un message clair: il ne peut y avoir d'impunité pour la répression brutale des manifestations pacifiques. Les droits fondamentaux, tels que la liberté d'opinion et d'expression, doivent être respectés. Et tout en nous félicitant de la libération sous caution du lauréat du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, nous condamnons fermement la détention arbitraire continue de nombreux avocats, journalistes et défenseurs des droits de l'homme et appelons l'Iran à les libérer sans délai. Depuis 2011, l'Union européenne a adopté un ensemble solide de mesures restrictives ciblées à l'encontre des personnes et entités responsables de graves violations des droits de l'homme en Iran, et cette approche se poursuivra aussi longtemps que nécessaire. Dans le contexte des Nations unies, l'UE, conjointement avec les États membres, est mobilisée au sein du Conseil des droits de l'homme et continue de soutenir fermement le travail des mécanismes de responsabilisation, y compris la mission internationale indépendante d'établissement des faits et le rapporteur spécial sur les droits de l'homme en Iran. Honorables députés, à travers de multiples canaux, nous appelons les autorités iraniennes à mettre immédiatement fin à la pratique consistant à imposer et à exécuter des condamnations à mort contre des manifestants, des dissidents et des prisonniers politiques, et à libérer toutes les personnes injustement arrêtées tout en exerçant leurs droits légitimes à la liberté d'expression. Notre message est clair et inébranlable: Les nouveaux dirigeants de Téhéran doivent comprendre qu'il est temps de changer le comportement de l'Iran envers son propre peuple et envers le reste du monde. D'ici là, l'Union européenne continuera de réagir à l'évolution de la situation en Iran, y compris au moyen de mesures restrictives ciblées, et continuera de soutenir l'aspiration fondamentale du peuple iranien à un avenir où ses droits de l'homme et ses libertés fondamentales seront respectés, protégés et respectés.
La nécessité de réduire le nombre de décès liés au travail (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie pour ce débat intéressant et fructueux et pour votre ferme engagement en faveur de la santé et de la sécurité des travailleurs sur le lieu de travail. Vous avez également illustré par des chiffres et des exemples concrets que, bien que nous ayons accompli beaucoup de choses, il reste encore beaucoup à faire et notre travail est loin d'être terminé. La Commission continuera d’appliquer cette approche «Vision zéro» avec la plus grande détermination, car aucun décès n’est acceptable dans ce contexte. La législation reste essentielle à cet égard, mais la prévention, une culture de la sécurité, dépend également d'une mise en œuvre efficace, de l'application. Et cela passe par la formation, par la sensibilisation, par le dialogue social, ce qui est très important, par des inspections du travail compétentes, et oui, aussi par l'échange de bonnes pratiques. Bon nombre des sujets abordés dans la résolution sont déjà au cœur de nos travaux, et nous continuerons de nous appuyer sur chacun d'entre eux. En ce qui concerne la proposition très spécifique qui a été faite pour la date du 8 août afin de rappeler les victimes d'accidents du travail, nous analyserons plus en détail la proposition, car nous avons ce contexte dans lequel nous avons déjà une Journée internationale des travailleurs et la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail des Nations unies, qui est le 28 avril. C'est pourquoi nous analyserons dans ce contexte la proposition spécifique. Nous devrions réfléchir à la manière d'utiliser pleinement cette journée importante existante afin de ne pas diluer les efforts, y compris la coopération mondiale sur ce sujet important et la sensibilisation ‑ sur cette question. Mais la Commission reste pleinement déterminée à travailler avec le Parlement européen sur cet important objectif commun.
La nécessité de réduire le nombre de décès liés au travail (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, le débat d'aujourd'hui porte sur un objectif que nous partageons tous: réduire et, en fin de compte, éliminer, ce qui est très important, les décès et les maladies liés au travail ‑. Permettez-moi d’être très clair: la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs reste une priorité essentielle pour la Commission européenne. Au cours des dernières décennies, l’Union européenne et les États membres ont mis en place l’un des cadres de santé et de sécurité au travail les plus avancés au monde. Grâce à la législation, à l'application de la législation, mais aussi à des mesures de prévention, les accidents mortels sur le lieu de travail dans l'Union européenne ont diminué de 70 % au cours des trois dernières décennies. Mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire, car chaque jour, neuf travailleurs de l'Union européenne sont encore victimes d'accidents du travail. Des milliers d’autres perdent la vie à cause de maladies liées à leur travail, et c’est pourquoi la Commission reste pleinement engagée dans l’approche «Vision zéro», qui est au cœur de l’actuel cadre stratégique de l’UE en matière de sécurité et de santé au travail. Nous mettons constamment à jour notre législation, en particulier sur les substances dangereuses telles que l'amiante et les agents cancérigènes, qui restent parmi les principales causes de décès liés au travail ‑. Dans le même temps, nous soutenons les efforts pratiques de prévention au moyen d’orientations et d’outils pratiques, ainsi que les travaux de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail. Chaque travailleur a le droit de rentrer chez lui en toute sécurité à la fin de la journée, et chaque mort évitable est une mort de trop. J'attends avec impatience le débat d'aujourd'hui et la poursuite de notre travail commun visant à renforcer la protection de nos travailleurs dans toute l'Europe.
Progresser vers une société du soin: aborder l’écart entre les femmes et les hommes en matière de prise en charge des responsabilités familiales (débat)
Monsieur le Président, en effet, il y a un problème. Merci pour le débat sur un sujet aussi important. Nous nous référons à deux catégories de personnes qui sont impliquées dans le travail de soins. Oui, les prestataires de soins formels, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, et leurs conditions de travail, leurs salaires. Dans nos États membres, nous avons un paysage diversifié, mais dans la plupart des cas, ce n'est pas l'emploi le mieux rémunéré, ce n'est pas l'emploi idéal. Si vous allez à l'école primaire, vous n'entendrez pas neuf enfants sur dix dire qu'ils veulent prendre soin d'une manière ou d'une autre. Bien qu'il s'agisse d'un travail centré sur l'humain, bien qu'il soit difficile, complexe, il nécessite beaucoup et doit être récompensé de la même manière. Et oui, dans ce paysage de travailleurs de soins formels, la plupart sont des femmes. Mais je dirais qu’il s’agit bien plus – permettez-moi de donner également cette interprétation personnelle – du travail informel de soins. Et je ne peux pas vous dire que l'un des principaux moteurs de mon travail dans ce domaine est les nombreuses générations de femmes dans mon propre pays qui sont parties pour prendre soin d'autres personnes dans d'autres pays. C'était la promesse de la liberté de circulation, de la liberté de travailler à l'intérieur de l'Union européenne. Et ils sont allés et ils ont pris soin des personnes, des femmes ou des personnes handicapées qui étaient incapables et souvent ils n'ont pas eu leur salaire payé, leurs assurances sociales couvertes, leurs cotisations pour leurs retraites, et maintenant ils vont prendre leur retraite, le temps des retraites viendra et ils n'ont pas de filet de sécurité. Souvent, il s'agit de la femme qui, bien qu'elle ait eu les meilleurs résultats au lycée ou à l'université et qu'elle ait commencé sa carrière, parce qu'elle devait être à la maison pour s'occuper du premier enfant, du deuxième enfant, du troisième enfant, elle ne pouvait bien sûr pas avoir une carrière au niveau de son talent. Elle a dû interrompre une fois, deux fois, trois fois, et bien sûr, son évolution de carrière a été entravée et, à la fin, la pension qu'elle recevra est également affectée. Qu'est-ce qu'une femme? Une femme est à coup sûr cette personne qui travaille douze mois et reçoit le salaire pendant dix mois. Cette femme est sûre que la personne qui pourrait travailler toute une année, jour et nuit – travail physique, émotionnel, mental – en s’occupant d’une autre personne et qui, en fin de compte, ne sera pas en mesure d’obtenir une pension pour cette personne. Il est une réalité que nous avons un écart de soins entre les sexes dans le secteur des soins. Ça a l'air si technique. Il peut être débattu idéologiquement, il peut être débattu, à la fin, aussi économiquement. Mais l'important, c'est que dans une Europe où nous défendons les droits, il faut s'attaquer à ce problème. Avec cette motivation, nous présenterons l'année prochaine un accord européen sur les soins. Il abordera les éléments les plus importants: les conditions de travail, l’attractivité des carrières, l’accessibilité des services. Cela est lié à ce que j'ai mentionné lors des débats précédents ici en plénière: la stratégie de lutte contre la pauvreté et nos travaux sur une éventuelle directive sur l'activation. Je déploierai toutes les ressources dont dispose cette Commission pour que nous puissions apporter une amélioration qui compte dans la vie des personnes qui s'occupent des autres. C'est un héritage que nous devons laisser derrière nous.
Progresser vers une société du soin: aborder l’écart entre les femmes et les hommes en matière de prise en charge des responsabilités familiales (débat)
(EN) Madame la Présidente, je ne saurais exprimer assez ma gratitude pour ce sujet important aujourd'hui et demain. La société de soins, qui ne limite pas les opportunités mais crée plutôt des opportunités et l'écart entre les sexes qui existe et doit être comblé. Je remercie donc le Parlement pour ce débat. Je remercierai les deux rapporteurs pour leur travail sur le rapport, et je tiens à souligner les défis importants qui nécessitent des solutions appropriées pour mesurer ces défis importants. Bien sûr, nous voyons dans le rapport à quel point il est clair que l'ampleur et la persistance de l'écart de prise en charge entre les hommes et les femmes en Europe sont présentes. Derrière l’écart entre les hommes et les femmes en matière de soins, cependant, on peut également voir un écart entre les options, car trop souvent, trop d’Européens n’ont pas le sentiment d’avoir de véritables choix en ce qui concerne leur besoin d’équilibrer le travail, les responsabilités familiales et les responsabilités familiales. Pour certaines femmes, pour beaucoup de femmes, elles doivent simplement faire les calculs et se rendre compte qu'après avoir payé la garderie de leur enfant ou les services de garde d'un parent, aller travailler n'a tout simplement pas de sens financier pour elles. Mais le choix peut aussi fonctionner dans d'autres directions, parce que je n'ai jamais rencontré une mère ou un père d'ailleurs, qui ne souhaitait pas qu'ils aient plus de temps avec leur nouveau-né avant de retourner au travail ou des personnes qui voulaient s'occuper personnellement d'un parent âgé. Et personne ne devrait être pénalisé pour cette ambition, pour cette option et pour cette nécessité. Bien sûr, les familles à travers l'Europe ont des traditions différentes, ont des réalités différentes en matière de soins, et nous ne sommes pas ici pour dire aux gens comment ils devraient organiser leur vie. Mais nous avons la responsabilité de nous assurer que les gens ont vraiment des choix et un accès réel aux droits et aux ressources qui rendent vraiment ces choix possibles. Voilà à quoi ressemble réellement l'égalité. Et dans la pratique, lorsqu’il s’agit de combler l’écart entre les hommes et les femmes en matière de soins, cela signifie rendre le travail plus attrayant avec des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Dans cet esprit, nous continuerons donc à soutenir, comme cela a également été mentionné ici, la mise en œuvre intégrale des règles qui sont déjà à l’origine du changement, telles que la directive sur le salaire minimum et la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et la future loi sur les emplois de qualité sera également l’occasion de renforcer les droits des travailleurs, y compris dans le secteur des soins. C'est vrai pour tous les travailleurs, mais encore plus pour ces 6,2 millions de personnes ‑ et ce sont surtout les femmes ‑ qui sont employées comme prestataires de soins formels. Leur travail essentiel est trop souvent méconnu. Et au-delà du travail, cela signifie avoir l'infrastructure sociale qui devrait être en place, des services de garde d'enfants de haute qualité, des soins de longue durée à la fois accessibles et abordables. Nous aidons les États membres à investir dans ces domaines. C'est vrai, et c'est en grande partie grâce à la politique de cohésion, au Fonds social européen plus, au Fonds européen de développement régional, et le montant total est d'environ 10 milliards d'euros. En outre, environ 15 % des investissements estimés de NextGenerationEU sont consacrés à l’éducation et à la garde d’enfants, ainsi qu’au soutien à la santé et aux soins de longue durée. Nous nous appuyons également sur la 22e stratégie européenne en matière de soins, notre train de mesures sociales récemment présenté sur le renforcement de la garantie européenne pour l’enfance, et l’un des éléments clés couverts par la garantie pour l’enfance est l’accès aux soins et aux soins médicaux, la feuille de route pour les droits des femmes et notre stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Rassembler ainsi l'action politique avec les États membres et apprendre les uns des autres. Soutenus par le dialogue avec les parties prenantes, ils façonneront un accord européen ambitieux sur les soins que nous voulons présenter l'année prochaine. L'accord sur les soins sera fortement axé sur le genre, car c'est la réalité du secteur des soins. Il soutiendra un partage plus égal des responsabilités entre les femmes et les hommes et favorisera un emploi équitable dans les emplois de soins. Honorables députés, une société de soins est une société où les soins ne limitent pas les possibilités des gens, comme je l'ai déjà mentionné. C'est un endroit où les gens ont le soutien et la liberté de choisir comment vivre leur vie. Je vous remercie et j'attends avec impatience les débats.
Propositions récentes pour lutter contre la pauvreté dans l’Union (débat)
Monsieur le Président, merci beaucoup. Un appel important que j'ai entendu très fort est le budget. Il est donc clair que ce Parlement a envoyé un message très, très fort selon lequel, lorsque nous agissons pour lutter contre la pauvreté, nous devons également investir et soutenir nos États membres, et je prends vraiment note de cet appel important. Parce qu’en fin de compte, si nous examinons aujourd’hui ce que le Fonds social européen plus fait pour aider les gens, j’étais à Restos du Cœur en France, et je sais bien sûr très bien ce que cela signifie en Roumanie. C'est le soutien le plus concret que reçoivent les personnes vulnérables: une mère qui achète les vêtements et les choses nécessaires pour son nouveau-né lorsqu'elle n'a pas les moyens de le faire; ou un jeune qui peut se préparer, avoir une session de formation professionnelle, afin qu'il puisse travailler pour un certain emploi; ou un soutien avec des repas chauds pour les enfants qui vont à l'école et qui n'ont pas les moyens nécessaires à la maison dans leur ménage. Donc c'est très concret. Mais laissez-moi vous dire une chose. Vous savez qui sont mes interlocuteurs quand je parle de cette priorité politique? Autant que possible, premiers ministres. Dans la mesure du possible, les ministres des Finances. Parce que bien sûr, lorsque je vous parle, en particulier ceux qui sont ici aujourd'hui, en particulier lorsque je parle avec les ministres de l'éducation et du travail, nous envoyons tous le même signal. Mais notre lutte et nos efforts vont bien au-delà de nos rôles dans nos responsabilités en matière de politique sociale. La lutte contre la pauvreté est un impératif économique. C'est un impératif démocratique. C’est pourquoi, au-delà du besoin de ressources, il est important que cette stratégie soit un signal que nous donnons en période d’incertitude, en période de chocs, en période où nous voyons, oui, 90 millions d’Européens menacés de pauvreté – mais cela ne tient pas compte de la récente crise au Moyen-Orient, du choc sur les prix de l’énergie et d’autres perturbations potentielles. À cette époque, il ne suffit pas de penser que la compétitivité suffira à elle seule à soutenir notre fibre sociale. Nous devons vraiment donner la priorité à notre lutte contre la pauvreté. C'est ce que fait cette stratégie. Il ne suffit pas d'avoir une grosse somme d'argent. Vous devez être stratégique sur la façon dont vous investissez cet argent. C'est en fin de compte le rôle d'un tel outil au niveau européen: être stratégique, concentrer nos efforts, travailler ensemble. Encore une fois, je mentionne l'élément important de cette stratégie: le fait qu’il s’agit d’une approche fondée sur le cycle de vie, dans laquelle vous verrez que nous proposons des outils qui soutiennent les enfants; qui soutiennent les jeunes, les adultes à la recherche d’un emploi ou qui travaillent et dont le salaire ne suffit pas à couvrir leurs dépenses quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles; et les personnes âgées. Vous verrez qu'il s'agit de la pauvreté dont vous héritez parce que votre famille, vos parents, n'en avaient pas les moyens; ou il s'agit des coûts de l'énergie, du logement, des causes médicales ou de vos antécédents, qu'ils soient ethniques ou géographiques. La pauvreté est également très géographique. En ce qui concerne la Roumanie, par exemple, bien sûr, les chiffres dans un tel pays sont assez élevés. La Roumanie reste le troisième pays de l’UE en ce qui concerne le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale, soit 27 %. Il reste encore beaucoup à faire. Mais au cours des dix dernières années, avec le soutien du Fonds social européen plus et de l'ensemble de la politique de cohésion, ce chiffre est passé de 37 % à 27 %. C'est un progrès, mais nous sommes responsables de sorte qu'ensemble, nous produisons beaucoup plus ensemble, et beaucoup plus d'ambition est nécessaire. Avec cette conclusion, je retourne au travail et je compte sur votre partenariat pour que nous travaillions ensemble.
Propositions récentes pour lutter contre la pauvreté dans l’Union (débat)
Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de discuter avec vous, ici en plénière, de la stratégie de lutte contre la pauvreté de l'UE et du paquet social global que nous avons adopté à la Commission européenne le 6 mai. Je dois commencer par le chiffre, par les chiffres de vérité qui guident notre action. C'est-à-dire qu'un Européen sur cinq (c'est-à-dire 93 millions de personnes en Europe) est exposé au risque de pauvreté, au risque d'exclusion sociale. Et pour les enfants, le nombre est un sur quatre. Cela signifierait quelque 19 millions d'enfants qui se trouvent dans cette situation précaire. Pour l'Union européenne, avec les indicateurs, avec l'économie, avec le produit intérieur que nous avons, c'est vraiment inacceptable. Et ce n'est pas seulement inacceptable, ce n'est pas quelque chose que nous n'aurions pas pu éviter. Dans cet esprit, nous avons adopté ce paquet social qui a trois outils à l'intérieur, trois composants. Premièrement, la communication sur la toute première stratégie de lutte contre la pauvreté de l’Union européenne (‑ever), qui trace une voie très claire pour progresser de manière significative et accélérée vers la réalisation de notre grand objectif à l’horizon 2030 en matière de lutte contre la pauvreté chez les adultes et les enfants. Mais bien sûr, c'est un coup de pouce important vers notre ambition 2050 de contribuer à éradiquer la pauvreté. C'est donc l'objectif principal et le plus ambitieux. Ensuite, le deuxième outil est la communication sur le renforcement de la garantie européenne pour l’enfance. Et c'est très important parce que c'est exactement l'outil qui brise la transmission générationnelle de la pauvreté. Le troisième outil aborde un autre problème critique: logement. Nous avons présenté une proposition de recommandation du Conseil sur la lutte contre l'exclusion en matière de logement. Maintenant, les trois parties du paquet comprennent et annoncent des outils concrets, des mécanismes pratiques qui peuvent nous aider à avancer ensemble dans l'Union européenne, dans le plein respect des compétences que les États membres ont, que l'Union européenne a, mais aussi avec l'état d'esprit que nous avons une lutte collective contre la pauvreté. Avant de passer au fond, je tiens également à vous remercier, le Parlement européen. Et c’est un «merci» honnête, car il s’agit des nombreuses conversations, des nombreux débats, des nombreuses résolutions, des nombreux rapports, des engagements avec vous au niveau bilatéral, avec les commissions, avec l’intergroupe – toutes ces contributions ont façonné ce paquet et ont contribué à une meilleure stratégie de lutte contre la pauvreté. Ce n'est pas une stratégie parfaite de lutte contre la pauvreté, mais grâce à votre contribution, c'est un meilleur outil pour les Européens. Bien sûr, beaucoup ont demandé, pourquoi venir avec la stratégie et pourquoi en ce moment? La réponse principale est celle-ci: nous manquons de temps. Comme je l'ai mentionné, nous nous sommes engagés à sortir 15 millions d'Européens de la pauvreté d'ici 2030. C'est trop? C'est trop peu? Je vous ai dit les chiffres globaux. Mais même si nous regardons cette ambition, nous ne sommes encore qu'à 3,7 millions d'Européens qui ont été effectivement soutenus, soulagés et sortis de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Donc, nous sommes à peine sur notre chemin là-bas. Nous y arrivons à peine. Donc, dans un monde qui est de toute façon choqué, qui est confronté à tant de défis, ce n'est pas la voie à suivre pour réduire la pauvreté. Nous avons vraiment besoin d'intensifier. Nous devons vraiment accélérer. Cette stratégie nous donne donc des résultats très concrets sur la façon d'y parvenir. Nous l'avons construit sur trois priorités principales. Tout d'abord, il s'agit d'emplois de qualité. Il s'agit d'un emploi de qualité, parce que c'est le moyen le plus sûr de sortir de la pauvreté pour ceux qui, oui, peuvent travailler. Et cette année, la Commission lancera cette première deuxième ‑stage consultation des partenaires sociaux européens sur une éventuelle action de l'UE pour soutenir l'activation des personnes exclues du marché du travail. Cela pourrait devenir un outil législatif. Voyons ce que nous diront les consultations. Nous nous engageons également à continuer de lutter directement contre la pauvreté des travailleurs, car beaucoup de ceux qui ont un emploi vivent encore dans la pauvreté et l'exclusion. Les chiffres indiquent 8 % de l'ensemble des travailleurs dans l'UE. Mais nous savons à quel point ces chiffres sont dynamiques et nous voyons la pression du coût de la vie, la crise de l'abordabilité. Les chiffres sont donc importants, mais nous devons les replacer dans leur contexte. Deuxièmement, la stratégie de lutte contre la pauvreté fait référence à l'accès à des services de qualité, car les personnes vivant dans la pauvreté et exposées au risque de vulnérabilité sont confrontées à un accès fragmenté à des services et à des systèmes qui sont plusieurs fois différents à naviguer pour elles. Beaucoup ne savent pas à quels services ils sont admissibles ou comment ces services peuvent vraiment les aider. Nous proposerons donc une recommandation du Conseil sur l'intégration de l'accès aux services. L'accès intégré est tout à fait essentiel pour que nous puissions y remédier: une meilleure sensibilisation des personnes qui ont besoin d’aide, une évaluation plus rapide des besoins, une meilleure coopération entre les administrations et des plans d’aide intégrés et personnalisés pour les personnes qui ont besoin d’aide. Troisièmement, la stratégie consiste à mobiliser tous les acteurs – une approche globale de la ‑of‑society. Parce que la lutte contre la pauvreté est une responsabilité collective. C’est pourquoi nous appelons les États membres à nommer un coordinateur national de lutte contre la pauvreté, qui devrait être placé au plus haut niveau politique – au sein du cabinet du Premier ministre/président du Conseil, si possible – afin que nous nous assurions que cette priorité politique absolue permette de relever cet énorme défi dans l’ensemble du gouvernement, et pas seulement dans un ministère, une agence et dans les différents niveaux de gouvernance. Nous approfondissons également nos partenariats – avec le Parlement et en particulier avec l’intergroupe sur la lutte contre la pauvreté, avec le Comité des régions, avec le Comité économique et social, avec le secteur privé, avec le secteur philanthropique, à travers la coalition contre la pauvreté que nous nous préparons à lancer et, surtout, un partenariat avec les personnes qui ont elles-mêmes vécu la pauvreté au moyen d’un nouvel outil – un dialogue structuré que nous mettons en place. Nous renforçons également la garantie européenne pour l’enfance. L'objectif est d'améliorer l'accès à l'éducation, aux soins de santé, à une alimentation saine, à un repas sain, à un logement adéquat pour chaque enfant dans le besoin. Parce que nous savons que le meilleur investissement social que nous puissions faire – et c’est un investissement – est dans les premières années de la vie. En outre, nous incluons une proposition de recommandation en matière de logement qui donne aux États membres un cadre clair en ce qui concerne une approche centrée sur la personne, axée sur le logement et préventive. Nous devons agir avant que les gens ne perdent leur maison. Nous devons les soutenir au moyen de services intégrés lorsqu’ils en ont besoin, et nous devons aider les États membres à fournir des logements sociaux abordables aux personnes exposées au risque d’exclusion. Donc, honorables députés, cette stratégie est notre réponse collective aux besoins de millions d'Européens qui luttent. Nous avons établi le cap et maintenant nous devons marcher ensemble. J'attends avec impatience vos questions et vos commentaires.
Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2026 - Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2026 (discussion commune)
Monsieur le Président, merci beaucoup pour la contribution de ce débat sur le processus du Semestre européen. Quelques remarques sur des sujets importants qui sont reflétés dans le processus du Semestre européen, mais qui sont également présents dans la vie quotidienne de nos citoyens. Nous examinons des sujets tels que les prix de l’énergie, le logement, mais aussi leur sécurité, leurs compétences et la manière dont nous les préparons aux transformations de notre économie et de notre budget, ainsi que la manière dont nous investissons en Europe. Pour tous ces sujets – et vous avez mentionné des points de vue différents à leur sujet –, le processus du Semestre européen est extrêmement pertinent et a une incidence directe sur ce que l’UE fait pour aider les États membres à soutenir ses citoyens. De toute évidence, le suivi de la situation des prix des logements, du caractère abordable et de l’accessibilité des logements est tout à fait central dans les processus de suivi du Semestre européen, et il y a un résultat. Le résultat est le plan de logement abordable que nous avons adopté, à la suite duquel nous déployons tous les outils destinés à aider les États membres à relever cet important défi. En examinant l’évolution des prix de l’énergie, de l’inflation tirée par les prix de l’énergie, nous les surveillons dans le cadre du Semestre européen et nous agissons à nouveau au niveau européen. Nous avons approuvé le plan d'action pour une énergie abordable. Nous continuons à travailler sur ces sujets et il est absolument pertinent que, dans le cadre du Semestre européen, nous soyons en mesure d’évaluer les vulnérabilités et les risques de l’Union européenne et que nous puissions ensuite agir ensemble pour renforcer nos économies. Il est tout aussi important de mentionner que nous devons être cohérents dans nos efforts en faveur de notre sécurité commune et de notre défense commune, et le Semestre européen permet aux États membres de s’écarter des règles budgétaires afin qu’en activant la clause dérogatoire en matière de défense, ils puissent investir conjointement dans un concept commun de sécurité prévoyant l’achat d’équipements militaires. C'est, comme cela a été mentionné ici, à l'intérieur de la vision et de l'approche européennes communes et cohérentes. Nous investissons dans les gens. Nous avons présenté la première recommandation sur le capital humain dans le cadre de ce Semestre européen, qui vise précisément à aider l’Union européenne à investir de manière cohérente dans toutes les industries, dans toutes les chaînes de valeur, dans les compétences dont les citoyens ont besoin afin que nous soyons en mesure de leur donner les moyens d’agir et de leur permettre de tirer parti des possibilités offertes par les nouvelles transformations de l’industrie, mais aussi de les protéger de la restructuration ou de la vulnérabilité des mêmes industries. De toute évidence, il est important de noter que le Semestre européen est étroitement lié à l'élaboration du budget. Ce semestre est particulièrement lié au prochain cadre financier pluriannuel. Il est donc évident que la manière dont nous façonnons le prochain budget européen est étroitement liée à ce que nous contrôlons, à ce que nous collectons, à ce que nous faisons grâce à notre mécanisme de coordination dans le cadre du Semestre européen. Chaque débat sur ce sujet reste pertinent et important. C'est un outil technique, mais qui a un impact direct considérable sur la vie des Européens. Je vous remercie de votre contribution, qui sera évidemment prise en compte dans nos travaux à la Commission européenne.
Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2026 - Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2026 (discussion commune)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, je voudrais remercier les deux rapporteurs pour leurs rapports, qui apportent une contribution précieuse dans la perspective des priorités du Semestre européen pour 2026. Ce cycle a été lancé dans un contexte marqué par des incertitudes mondiales accrues et par de multiples défis économiques, sociaux et de sécurité. Notre compétitivité et notre prospérité durable sont fondamentalement remises en question par les fractures économiques et sociales ainsi que par les pressions exercées par les changements technologiques, les changements démographiques et les paysages mondiaux changeants, et par l'accélération des effets du changement climatique. Un manque d'innovation et une faible croissance de la productivité risquent de saper notre potentiel de croissance à long terme et notre État-providence. Et dans ce contexte général, le renforcement de la compétitivité et de la résilience de l’Europe doit rester une priorité essentielle. Je salue vivement le message clair de ce Parlement selon lequel investir dans les compétences des citoyens, promouvoir des emplois de qualité, garantir l’équité sociale et des logements abordables, accessibles et durables sont essentiels à la résilience et à la compétitivité de nos économies et de nos sociétés. Le Parlement a été un partenaire solide pour que la Commission européenne progresse dans cette direction, et c’est également grâce à votre engagement fort que nous disposons désormais d’un cadre de gouvernance économique qui place les objectifs économiques et sociaux sur un pied d’égalité. Le Semestre européen restera le mécanisme central de coordination de la mise en œuvre des politiques aux niveaux national et régional. Bon nombre des leviers politiques permettant de regagner de la compétitivité et d’améliorer notre prospérité reposent sur nos États membres et nos régions. Par exemple, les États membres et les régions ont un rôle important à jouer dans l’adoption de mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises et à réduire les goulets d’étranglement pour une répartition efficace des économies. En outre, les politiques visant à renforcer l'éducation et la formation sont essentielles. Le cadre de convergence sociale fait désormais partie intégrante du Semestre européen. Il s’agit d’un outil essentiel pour atteindre les principes et les objectifs du socle européen des droits sociaux, ce qui nécessite des réformes ambitieuses et des investissements ambitieux que les États membres devraient mettre en place. Malgré la remarquable résilience du marché du travail de l’UE, les fortes créations d’emplois de ces dernières années n’ont été compensées que par une réduction modérée ou limitée des risques de pauvreté, y compris pour ceux qui occupent un emploi. En outre, les pénuries de compétences et de main-d’œuvre dans des secteurs clés restent importantes et continuent de créer des goulets d’étranglement pour la productivité et les transitions équitable, écologique et numérique. Et pour la première fois cette année, la Commission a proposé une nouvelle recommandation sur le capital humain, comme elle l’a également annoncé dans l’Union des compétences l’année dernière, en mettant l’accent sur les déficits de compétences dans les secteurs stratégiques et en faisant un meilleur usage de la veille stratégique sur les compétences. Passons maintenant à la politique budgétaire: des finances publiques saines demeurent le fondement d'une économie durable et stable. Nous avons déjà pris un bon départ dans la mise en œuvre du nouveau cadre budgétaire – nous devons maintenant maintenir cette orientation et améliorer l’efficacité et la qualité des dépenses publiques et des recettes. Cela est particulièrement important compte tenu des immenses exigences qui pèsent sur les finances publiques dans le contexte des risques pesant sur la viabilité budgétaire dans bon nombre de nos États membres. En particulier, les États membres devraient faire un usage efficace de la flexibilité temporaire prévue par les règles budgétaires pour les dépenses de défense. Honorables députés, le projet de rapport se concentre à juste titre sur la question de la livraison. En fin de compte, ce qui importe le plus, c’est que nos recommandations politiques soient finalement mises en œuvre sur le terrain, et la facilité pour la reprise et la résilience et la politique de cohésion ont déjà eu une incidence positive sur la stimulation de la mise en œuvre de réformes et d’investissements essentiels. Nous devons continuer sur la même voie. C'est ce que nous faisons avec la proposition de la Commission pour le prochain cadre financier pluriannuel. Et dans ce contexte, nous intensifierons encore nos efforts pour améliorer l’engagement et l’appropriation des recommandations dans le cadre du Semestre européen. Permettez-moi de conclure en soulignant que la poursuite du dialogue avec le Parlement européen reste un élément essentiel de la coordination des politiques macroéconomiques dans le cadre du Semestre européen.
Aborder la question des chaînes de sous-traitance et du rôle des intermédiaires afin de protéger les droits des travailleurs (débat)
Mr President, thank you for the debate. What is clear, of course, is that we need to work to design a targeted and balanced policy response to all the challenges linked to subcontracting that you've mentioned. Our aim in the Commission is – I've said it and I repeat it – twofold. First of all, to protect the workers who are deprived of their rights in subcontracting chains. At the same time, to recognise the added value of subcontracting as a legitimate business model. Here, listening to you, I must acknowledge that I had two concepts in mind. Subcontracting chains that do their job and subcontracting chains that are designed to abuse, to exploit, to get cheap labour. And these are two separate concepts, I must say. Your report that will be voted on tomorrow is a very good document – it identifies challenges that are in place that were debated today. What are the risky sectors? What is the scope to be covered? What mechanisms, solutions can be used? I mention again here joint and several liability, direct liability, and who is responsible. This is very important. You also underlined in the debate the need and the importance to leave enough flexibility to companies. You stressed also the role, too, of enforcement and labour inspections, national-level, cross-border. We will take into consideration the inputs that you've offered, and of course the vote tomorrow, in the two initiatives that I've mentioned. First, the fair labour mobility package, and then the Quality Jobs Act. In doing so – I'll mention it again – I do not believe that it is acceptable that we have a labour market with more speeds – workers of first class or second class. It's dignity that we need to offer to our citizens and our workers. It's the promise of social rights in a dignified Europe, and together we can achieve this. Thank you again for the report, the topics and the debate.
Aborder la question des chaînes de sous-traitance et du rôle des intermédiaires afin de protéger les droits des travailleurs (débat)
Madam President, honourable Members, let me express my gratitude to the rapporteur – Johan – and to the shadows for this report, which is very timely for the Commission. On 4 December last year, I presented the Quality Jobs Roadmap and on the same day we launched the first-phase consultation for a Quality Jobs Act. At the same time, we launched our preparatory work for our fair labour mobility package, which will come this year. In all these documents, subcontracting is presented as a key priority. Subcontracting, I will tell you, is a legitimate business model. I think that it is very important for small and medium-sized enterprises across Europe. Through subcontracting, companies can have access to specialised expertise. They can quickly adapt so they can meet changing business needs and they can stay competitive. But, at the same time, as was stressed by Enrico Letta in his report, subcontracting can also lead to abusive practices and to poor compliance with employment rules, as was mentioned here, such as failing to pay wages or social security contributions or to ensure, and this is even worse, the safety of the workers in their workplace. This, in turn, can create unfair competition and lower the quality of jobs. This happens particularly in high-risk sectors, as we call them – we could mention construction, logistics, the food industry, but these are just examples. Therefore we are now exploring how the European Union should act to tackle such practices that lead to exploitation and to abuse of workers. This does not mean hindering our businesses' freedom to conduct their business. It means ensuring fair competition and, above all, it means protecting workers' rights. Let me draw your attention, in particular, to the existing legislation in the European Union on labour mobility and, notably, on posting. The posting rules already include a mandatory direct subcontracting liability in the construction sector, and evidence shows us that a majority of Member States put in place direct liability – some extended it to the full subcontracting chain and extended it beyond construction to all sectors where posted workers are concerned. The European Commission is also currently working with the European Labour Authority to be able to facilitate the stronger implementation and enforcement of the applicable posting rules. The question now is: what more can and should be done? In the first-phase consultation for the Quality Jobs Act, we indicated that, especially in sectors where data show that the risk of fraudulent practices is considerable, further action could exist. I will name some of this: assessing how liability schemes can be applied at national level – direct liability, joint and several liability, etc.; looking at strengthening enforcement efforts, including via our European Labour Authority; enhancing transparency in national systems like, for example, by using pre-qualification or certification systems or national registers, without imposing additional burden; or exploring how social dialogue could contribute to the respect of existing rights. Your report today, which will be voted on tomorrow, indeed provides the European Commission with important further orientation for our work. Let me again mention labour mobility. As I said at the beginning, there is a specific cross-border dimension to the challenges that are linked to subcontracting, which is also linked to less transparency and more difficult enforcement, especially when it comes to labour intermediation and the presence of third-country nationals. The fair labour mobility package intends to look into such challenges, as I have mentioned. Finally, as your report reiterates, a number of demands regarding subcontracting can be addressed also in public procurement. Thus, I would recall that the upcoming revision of the Public Procurement Directives is underway and can address this. The impact assessment that we are working on will carefully analyse the issues that have been raised. Of course, I am looking forward to hearing your views, to exchange with you, to the result of the vote tomorrow – as I have mentioned, this is extremely important for the Commission's further work on this very important topic. Again, I cannot fail to mention that I think it's our duty to make sure that labour mobility and labour in general, when connected with our European Union and the single market, shows its light face – the lights of positive opportunity – and not its dark face. This is what should drive our work forward.
Élaboration d’une nouvelle stratégie de l’Union pour lutter contre la pauvreté (débat)
Madam President, thank you for a very rich and intense debate. I thank you, João, for the report, for the proposals. I thank everybody who contributed. Of course, it is no easy task to take on the battle against poverty and exclusion, but I think it is a task that we must all embrace, and to do so with all the energy and all the belief that our citizens need it and deserve it. We cannot speak of democracy, of security, of safety, of prosperity while you accept that 100 million Europeans are at risk of poverty and social exclusion, out of which many children. I want you also to know that I appreciate the strong calls for the reinforced Child Guarantee. And as I've said, it will be a central part of our of our anti-poverty strategy. And of course, it's an important part of the MFF discussions and debates. But I will emphasise again and again, as I mentioned in the education debate, intervening into this area, fighting poverty is systemic. It is going beyond what we invest with the European Social Fund Plus or our social budget in Member States. It is a holistic approach, and it is a holistic vision that we need to embrace and to tackle through all policies, from health care to fiscal policies. It is a mix and this needs to be evermore important tackling poverty as we are looking at our society facing technological AI transformations, transformations that help us for the better, but that also must empower our citizens. So with this in mind, I hope that we will work together so that the anti-poverty strategy is strong, it delivers, and that we are able to achieve our 2030 targets, and especially to pave the way for our 2050 ambitious objective of eradicating poverty in Europe. As ambitious and as complex as this dream might be.
Élaboration d’une nouvelle stratégie de l’Union pour lutter contre la pauvreté (débat)
Madam President, honourable members, thank you. As you know, this year we will adopt the European Union's first ever anti-poverty strategy. And this should send a clear signal that, in 2026, we cannot accept that around 93 million people, that is 20 % of the EU population, are at risk of poverty, are at risk of social exclusion. And that 1 million people experienced the most severe form of poverty, namely homelessness. We want to send a strong message that nobody should feel forgotten. On the contrary, we want to stand by and support people that are facing hardships. At a crucial time in their lives when the cost of living has become a huge concern, and when many cannot afford basic goods and services. An EU strategy to tackle poverty can only be a collective endeavour, starting by its design. We have consulted very broadly Member States, civil society, businesses, social partners, people experiencing poverty, including children. And we have collected a broad array of evidence and recommendations on a good way forward. The Parliament's INI report is obviously an extremely valuable contribution and I'm very grateful for it. I'm very glad to see that our findings converge to those of this House. And I would highlight five elements which I think are quite important. First, taking a fundamental rights approach also means recognising that poverty is multidimensional. Addressing poverty is not only about income, but it is also, as I was saying earlier, about access to housing, employment, education, health, child care, long-term care, energy, transport and other services or food. There are also other barriers to moving out of poverty, like health issues, like disability and many times like stigma. And therefore, it is essential to take a person-centred approach to make sure that different policies can really help and not to contribute to worsening poverty or its drivers. A second element: we need to address poverty throughout the life cycle of a person. Looking at children, at youth and working age population and at old age, and try to focus on the specific needs of the different stages in life. And one area of focus will be the strengthening of the European Child Guarantee, as was asked in this House many, many times. Taking such a lifecycle approach is also a key element to intergenerational fairness, and the strategy will look into the territorial angle and the gender dimension of poverty. And this is quite important. Thirdly, I want to mention that our ambition is to combine a strong, supportive approach with a strong preventive approach, meaning supporting both those in poverty today and at the same time making sure that we create mechanisms to prevent that others are falling into poverty tomorrow, in particular in the context of rising cost of living, and also by focusing and investing on children and in our youth. Fourth element, we will not address poverty with just social policy alone. Even in this House and in many contexts, we debate amongst ourselves the social policy promoters. But if we want to address its root causes, we must take a systemic approach and address poverty in all relevant policy areas, ranging from energy, transport and agriculture to digital, financial or fiscal or even justice policies. A fifth element I want to mention is, of course, what I always say, that we need to work always together: public and private actors, civil society and social partners at EU level, at national level, regional and Communities. This also means that it means that we need to hear the voices of those that experience poverty firsthand, and we need to recognise the value of their expertise in improving these policies. And this, for me, is quite important in delivering this anti-poverty strategy very soon. I thank you for your contributions. I'm looking forward to hearing your views and to working together to deliver on our efficient anti-poverty strategy in Europe.
Journée internationale de l’éducation et lutte contre les inégalités d'accès à l'éducation (débat)
Madam President, I say to the Members, thank you for the very diverse contributions that you offered today – a lot of challenges, some common to our European Union, some more local. What is clear – and I want to emphasise that – is that the European Union, in the context of our enhanced cooperation, in the context of the support we give to Member States in education, is one of the most important investors in education in our Member States. EUR 135.5 billion is the total amount that the European Union is investing only in the current MFF 2021-2027 in education. Here, of course, I include Erasmus, which many of you mentioned, but I also include a part of the European Social Fund+, a part of the European Regional Development Fund, which finances educational infrastructure and a large part indeed of the recovery and resilience NextGenerationEU package that went and invested into our education infrastructure. So, we start from a strong platform for investment, but we need to do more – because it was said here that we see that the results of our children in standardised tests concerning basic skills – those that equip them for a world that is more and more disruptive, for a society that is online, offline, more and more exposing them to vulnerabilities – these basic skills are decreasing. So, as I mentioned, and I count on this House, on Parliament, we need to enhance our political commitment with Member States towards improving basic skills, towards improving skills portability, the working conditions of teachers, just to name a few, and the inclusiveness of our education. But it is also important that the negotiations for the next MFF will be focused on education and – as I mention to ministers of finance, to prime ministers that I meet – education is key for our preparedness, for our competitiveness and for our resilience. The skills of the young and of the adult alike are absolutely essential for our social fibre and for our shared future, and this is, I think, something that unites all of us political families and institutions in the European Union. I do count on your support, as we will go through the next initiatives that I've mentioned today: the education package, the skills portability initiative. Working together, I think we can improve a lot of the issues that were today raised here.
Journée internationale de l’éducation et lutte contre les inégalités d'accès à l'éducation (débat)
Madam President, honourable Members, we know that education is the great equaliser of opportunity. But this is only true if every child and every learner in Europe and beyond has access to high quality, inclusive education, no matter their origin, no matter their gender and no matter their background. In Europe, we can be proud of our education and training systems. Yet pride must go hand in hand with honesty. We must recognise where inequalities persist and where change is needed. In a world that is shaped by new technologies and artificial intelligence, how we learn, how we adapt, and how we think critically will be just as important as what we learn. That journey starts with building strong foundations like literacy, mathematics, science, digital skills, citizenship, education. Reversing the decline in basic skills is at the heart of the Union of skills policy that we proposed last year. Last year as well, we adopted the action plan for basic skills and this autumn in 2026 as part of a bigger education package, we will go further with a basic skill support scheme for schools to support children and young people who are struggling to keep up. Teachers are also central to every learner's success, and they deserve our full support and our full attention. And yet, too many are overworked, undervalued, and sometimes leaving this beautiful profession. A quarter of Europe's teachers are more than 55 years old, and they will retire in the next decade, while not enough young teachers are stepping up to replace them. And without motivated, well-equipped teachers, there is no education system and there can be no equal opportunities for all. And that is why, and this is very important, I will also present as part of the education package, the EU agenda for teachers and trainers. We must also strengthen vocational education and training, making it more attractive, more innovative and more inclusive, in line with the Herning Declaration that was adopted in September last year during the Danish presidency of the Council, and this will be the goal of the European VET strategy that I will also present this summer. European action must work in synergy with national strategies. That is equally important. With the Commission's proposal for a Council recommendation on human capital, we put stronger emphasis on education inside the European Semester. This is an important process that is of particular relevance in view of the next budget, and how the funds will be allocated in the next MFF. And education needs to be central. EU funding can be a powerful catalyst for reform, and our proposal to increase the funding of Erasmus+ by 50 % is a clear signal of our ambition. But this is clearly not enough. We need much more investment in education. It is about public funding with the national regional partnership plans. But it is also, I would say, about mobilising private funding. And on this, let me stress the key importance and opportunity that we have with the newly proposed European Competitiveness Fund, that is to support innovative education and training and to bring in private investment as well. Finally, I will also mention our global gateway, through which we continue to support access to quality education beyond the borders of Europe worldwide. Of course, inequalities in education do not start in the classroom and they cannot be solved there by themselves. Too often, an equal access to health care, housing and social support translates into unequal learning opportunities. A child who is unwell, who changes home frequently, or who lacks a safe place to study, starts each school day with a clear disadvantage. If we are serious about equal opportunities in education, we must look beyond schools and work across sectors, across policies, bringing together education, health, housing, employment and social services, just to name a few. Only a systemic approach can ensure that every learner has a fair chance to succeed. Honourable Members, today, more than ever, investing in education is a strategic investment in our competitiveness, in the resilience of our societies and democracies, and in our shared European future, a future that is grounded in our common values. I invite you, of course, to continue to work together to make education truly live up to its promise that it is the great equaliser for every learner everywhere.
Action conjointe contre l’application croissante de la peine de mort (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, le débat d'aujourd'hui montre l'importance des efforts que nous déployons actuellement pour promouvoir l'abolition de la peine de mort dans le monde entier. Soyons très clairs. La peine de mort est incompatible avec le droit à la vie et l'interdiction absolue de la torture et des autres mauvais traitements. C'est un affront à la dignité humaine. Les partisans de la peine de mort fondent souvent leur argument sur la dissuasion. Cependant, les études montrent systématiquement que les États passibles de la peine capitale n'ont pas de taux de criminalité plus bas que ceux qui n'en ont pas. La peine de mort rend également les erreurs judiciaires irréversibles et toute réforme et réhabilitation sociale impossibles. Je tiens à souligner que même si la tendance actuelle dans certains pays est alarmante et exige une position ferme de la part de l'Union européenne, des progrès significatifs ont été accomplis dans l'abolition de la peine de mort au cours des dernières décennies. Les deux tiers de tous les États sont aujourd'hui abolitionnistes en droit ou en pratique. Cette tendance positive se reflète également dans le soutien croissant à la résolution biennale appelant à un moratoire sur l'utilisation de la peine de mort, à l'Assemblée générale des Nations Unies. La dernière fois, en décembre 2024, la résolution a été adoptée pour la première fois avec une majorité des deux tiers de tous les États des Nations unies votant pour. Nous continuerons d'appeler les quelques États qui continuent d'appliquer la peine de mort à introduire un moratoire légal comme première étape vers l'abolition complète. Nous voyons également le prochain Congrès mondial contre la peine de mort, qui se tiendra à Paris à la fin du mois de juin de cette année, comme une occasion importante de dialoguer avec la société civile et les États du monde entier. Je vous assure que l'Union européenne continuera à œuvrer en faveur de l'abolition de la peine de mort dans les pays qui la maintiennent encore.
Action conjointe contre l’application croissante de la peine de mort (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés du Parlement européen, l'abolition de la peine de mort est une priorité de longue date pour l'Union européenne. Notre position à ce sujet ne pourrait pas être plus claire: nous nous opposons à son utilisation dans tous les cas et en toutes circonstances, sans exception. Malheureusement, 2024 a été une année record en matière d’exécutions, et les données préliminaires concernant l’année dernière, 2025, indiquent que les exécutions ont encore considérablement augmenté dans certains pays. L’augmentation significative du nombre total d’exécutions enregistrées en 2024, soit +32 %, est principalement imputable à trois pays du Moyen-Orient: Iran, Irak et Arabie Saoudite. L'Iran en représentait 64 %. Cela dit, il convient de noter qu'il est estimé que les exécutions et les condamnations à mort en Chine sont restées dans les milliers de dernières années et les années précédentes, bien que les chiffres restent un secret d'État, comme ils le font également en Corée du Nord et au Vietnam. En 2024, plus de 40 % de toutes les exécutions enregistrées étaient liées à des infractions en matière de drogue, en violation flagrante du droit international. Les informations que nous avons reçues au début de l’année indiquent qu’environ 1 200 personnes ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue en 2025. Cela représenterait une augmentation de plus de 90 % des exécutions liées à la drogue par rapport à 2024. Par conséquent, je tiens à souligner qu'il est non seulement préoccupant que le nombre d'exécutions continue d'augmenter, mais aussi que la peine capitale soit de plus en plus appliquée à des infractions qui n'atteignent pas le seuil des crimes les plus graves au regard du droit international, considérés comme des crimes d'une extrême gravité impliquant un meurtre intentionnel. En outre, l’effet de la peine de mort est souvent discriminatoire, avec des répercussions disproportionnées sur les minorités raciales, ethniques, linguistiques et religieuses, les ressortissants étrangers et la communauté LGBTIQ+. De nombreuses personnes passibles de la peine de mort sont exécutées à l'issue de procès inéquitables après avoir été soumises à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements. Entre les mains de gouvernements autoritaires, la peine de mort peut devenir un outil politique pour instiller la peur, réprimer l'opposition et annuler l'exercice des libertés fondamentales. Honorables députés, la peine de mort n'a pas sa place au XXIe siècle. Notre lutte contre elle doit se poursuivre. Les lignes directrices de l'UE sur la peine de mort restent le point d'ancrage de notre action extérieure. L'UE continue de soulever cette question auprès de tous les États qui maintiennent encore la peine capitale en droit et/ou en pratique. Nous utilisons nos dialogues politiques et sur les droits de l'homme, ainsi que nos démarches et autres réunions bilatérales, pour faire part de nos préoccupations en ce qui concerne les normes relatives à un procès équitable, les garanties d'une procédure régulière, l'application discriminatoire et d'autres normes minimales en vertu du droit international. D'autres outils comprennent l'observation des procès, le soutien aux défenseurs des droits de l'homme, les déclarations publiques et les engagements dans des contextes multilatéraux, tels que l'Assemblée générale des Nations Unies et le Conseil des droits de l'homme. L'une de nos réalisations les plus importantes est le renforcement de la coopération avec la société civile sur le terrain. En juillet 2024, l’UE a lancé un partenariat-cadre pour soutenir le nouveau consortium mondial pour l’abolition de la peine de mort, composé de 25 organisations abolitionnistes opérant dans 40 pays cibles. Cette coopération a contribué à donner à la société civile les moyens de plaider plus efficacement en faveur de l'abolition dans les pays cibles et de coordonner l'action aux niveaux régional et international. Cela est crucial car la société civile continue de diriger les efforts contre la peine de mort dans le monde entier.
Nouveau plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, je vous remercie pour ce débat très animé. J'assiste à de nombreux débats et c'était animé, important, mais polarisé sur certaines questions, et cela ne devrait pas l'être. Quelqu'un a dit qu'il n'y a pas d'Europe sans Europe sociale - c'est ce que croit la Commission et c'est ce que je crois. J'apprécie grandement vos questions et le niveau d'ambition que vous souhaitez fixer pour tous les sujets qui sont importants pour nos droits sociaux. Je ne répondrai pas à chacun d'entre vous, mais je dirai ceci: le socle européen des droits sociaux donne des résultats. Allez parler avec les citoyens de la manière dont ils perçoivent l’Europe et ils diront qu’ils savent que la directive sur le salaire minimum, dans certains pays où elle a déjà été mise en œuvre, les a aidés à avoir un revenu plus élevé. C'est très important. S'agissant de la Roumanie, Mme Grapini s'interroge sur la pauvreté des enfants. La garantie européenne pour l’enfance en Roumanie dispose actuellement d’une dotation d’environ 7 milliards d’euros provenant de notre Fonds social européen plus. Mais ce n'est pas important; ce qui est important, c’est que si, oui, un enfant sur trois est exposé au risque de pauvreté et d’exclusion, l’histoire qui doit venir de ce Parlement et de cette Union européenne est que 200 000 enfants roumains ont été sortis du risque de pauvreté et d’exclusion en 2024 avec l’aide du Fonds social européen plus. Nous devons partager l'histoire selon laquelle, sur près de 40 % d'enfants exposés au risque d'exclusion, nous en sommes aujourd'hui à 33 %. Parce que si nous ne donnons pas l’espoir que ce qui a déjà été mis en œuvre - bien que pas assez - a donné des résultats, nous n’avons pas le carburant nécessaire pour continuer à réaliser nos ambitions sociales. Il est donc extrêmement important que lorsque nous disons que nous disposerons d’une stratégie européenne forte de lutte contre la pauvreté, d’un train de mesures sur la mobilité équitable de la main-d’œuvre assorti d’initiatives juridiques visant à renforcer l’Autorité européenne du travail et à garantir un traitement équitable des travailleurs, lorsque nous disons que nous disposons d’une législation sur l’emploi de qualité pour faire face aux défis de l’IA, mais aussi de la sous-traitance, les gens croient que nous le pensons parce que nous avons déjà prouvé que nos mots deviennent réalité dans la vie des gens. Ensemble – Commission, Parlement, Conseil, gouvernements – nous avons le devoir impérieux de faire en sorte que ce socle des droits sociaux reste extrêmement ambitieux dans un contexte très complexe. Je vous invite à nous soutenir pour continuer à placer la barre haut, mais aussi pour continuer à partager, avec crédibilité, la réussite des politiques sociales européennes à ce jour et du socle européen des droits sociaux et du premier plan d’action à ce jour, et pour nous aider à combler les lacunes. Merci beaucoup pour votre engagement et je pense que tout au long de 2026, au-delà de ce plan d’action, avec toutes les initiatives qui seront mises en avant, nous pourrons aller devant les citoyens avec des initiatives très concrètes qui donnent suite à ce qui a déjà été fourni.
Nouveau plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, je voudrais remercier cette Assemblée pour la question orale que vous avez adoptée en décembre sur le plan d'action sur le socle européen des droits sociaux. Cela nous donne une occasion importante de faire le point sur l'état d'avancement du mandat et sur ce qui reste à faire. Un grand nombre de politiques, de mesures, de législations et d’orientations ont été adoptées depuis l’adoption du plan d’action sur le socle en mars 2021, de sorte que les outils et le manuel d’instructions sont prêts. Mais maintenant, nous devons être vigilants en veillant à ce que l’Europe sociale équitable, inclusive et résiliente que nous voulons et dont nous avons besoin continue d’être réellement construite. Le plan d’action 2021 présente des résultats, des progrès ont été enregistrés. Cependant, nous devons faire plus, nous devons faire mieux et nous devons faire plus vite dans certains domaines. Par conséquent, la mise en œuvre intégrale du plan d’action 2021 reste impérative. Certains pourraient croire que les engagements pris il y a cinq ans pour renforcer les droits des travailleurs et les protections sociales dans l'Union européenne ne sont plus une priorité avec les évolutions mondiales et les questions connexes, plus urgentes, toujours à notre porte. Mais je crois que le contraire doit être vrai. Si nous voulons accroître notre résilience et notre compétitivité – et je l’ai dit à de nombreuses reprises – l’Europe doit adopter encore plus fermement les valeurs d’égalité, d’équité et d’opportunité sur lesquelles elle s’est construite. L’année dernière, la Commission a procédé à un réexamen du plan d’action 2021 afin de comprendre ce qui a bien fonctionné, s’il existe des lacunes et où devraient se situer les possibilités et les priorités futures. Nous analysons actuellement les résultats et finalisons cet examen. Alors que les répercussions du plan d'action sur le terrain se font sentir, les commentaires que nous avons reçus ont confirmé l'importance et la pertinence de notre pilier. Entre-temps, nous avons adopté au cours de ce mandat un certain nombre d'initiatives clés: en décembre, nous avons adopté la feuille de route pour des emplois de qualité, qui indique clairement que chaque emploi en Europe doit être un emploi de qualité. C'est ainsi que nous attirons les talents, que nous réduisons la pauvreté des travailleurs et que nous renforçons la compétitivité de l'Europe. Il s’agit notamment de veiller à ce que les personnes les plus éloignées du marché du travail puissent être réintégrées, en contribuant à remédier à la fois à la cohésion sociale et aux pénuries de main-d’œuvre. L’union des compétences que nous avons présentée plus tôt en mars 2025 nous aidera à inverser la tendance afin que les jeunes et ceux d’autres âges soient mieux formés et préparés à ce qui les attend. En décembre, nous avons également lancé la première phase de consultation des partenaires sociaux sur une future loi sur l'emploi de qualité, qui couvre de nombreux domaines que vous avez mentionnés dans la question orale. Cette année, en 2026, nous adopterons la toute première stratégie de lutte contre la pauvreté de l’UE, une recommandation du Conseil sur la lutte contre l’exclusion en matière de logement et une garantie européenne renforcée pour l’enfance. La stratégie de lutte contre la pauvreté aura un cycle de vie fort et centré sur la personne et une approche préventive, compte tenu également de l’augmentation des pressions exercées sur le coût de la vie. Nous présenterons également cette année un train de mesures sur la mobilité équitable de la main-d’œuvre, assorti d’une proposition législative relative à un laissez-passer européen de sécurité sociale, d’une proposition législative visant à renforcer l’Autorité européenne du travail et d’une initiative de portabilité des compétences visant à supprimer les obstacles à la mobilité des travailleurs. En ce qui concerne le financement, dans le cadre de la proposition relative au prochain CFP, nous disposons, pour la première fois, d’un système qui sera mis en place pour garantir un suivi systématique et transparent de la contribution du budget de l’UE aux objectifs sociaux, et il s’agit d’une avancée majeure – et vous connaissez la proposition concernant l’engagement d’investissement social minimal de 14 % pour tous les plans nationaux. Nous présenterons les résultats de l’examen du plan d’action 2021 en juillet. Les actions futures seront définies sur la base d'une analyse approfondie de la mise en œuvre, mais aussi, et c'est important, compte tenu des lacunes et des nouveaux besoins qui ont été identifiés. Les nouvelles actions compléteront et renforceront les initiatives en cours et prévues, contribuant ainsi à soutenir la compétitivité de l’UE, mais surtout sa résilience et sa préparation au niveau sociétal. Honorables députés, je compte sur votre soutien continu. Au cours de ce débat, j'ai hâte d'entendre vos idées et vos contributions sur la manière de rendre ces instruments aussi efficaces que possible dans le contexte actuel en Europe.
Drones et nouveaux systèmes de guerre – nécessité pour l’Union de s’adapter pour être prête à relever les défis actuels en matière de sécurité (débat)
Monsieur le Président, je vous remercie pour ce débat très précieux, pour vos contributions. Il est important de rappeler que les drones et la défense contre les drones sont une priorité absolue de la Commission, et clairement aussi du Parlement. De mon côté, étant donné que mon portefeuille est lié au travail sur notre propre industrie de la défense, il est important de noter que la conception d’une industrie de la défense qui tire de la valeur de nos talents européens, de l’éducation de nos étudiants, de notre éducation STEM, des emplois créateurs de compétences et des emplois de haute qualité liés à ce domaine est extrêmement importante. Parce qu’en fin de compte, nous voulons une industrie qui ne soit pas fragmentée, efficace, capable d’évoluer, bien que cela dépende, bien sûr, des professionnels, des talents, de ceux qui travaillent dans ce domaine. Je vous invite donc, bien sûr, à soutenir ce rapport par votre vote plus tard aujourd'hui, et tous les autres sujets connexes qui ont été soulevés dans le débat d'aujourd'hui peuvent recevoir une réponse de mes collègues de la Commission.
Drones et nouveaux systèmes de guerre – nécessité pour l’Union de s’adapter pour être prête à relever les défis actuels en matière de sécurité (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je remercie M. Pozņaks et les rapporteurs fictifs pour cet important rapport et cet appel urgent à l'action. Les capacités des drones et des contre-drones sont des priorités absolues de la Commission. Comme la Commission et la HR/VP l’ont déjà présenté dans le livre blanc sur la défense il y a neuf mois et dans la feuille de route sur la préparation de la défense en octobre. Le danger des drones menace toute l'Europe. Cela fait partie de la boîte à outils de la guerre hybride, et nous avons vu des incursions de drones et des violations de l'espace aérien en Pologne, dans la mer Baltique et aussi en Roumanie, le pays que je connais le mieux. Et nous avons vu des drones perturber des aéroports dans toute l'Europe. Les drones menacent nos infrastructures critiques et la sécurité intérieure de l'UE. La Russie et d’autres acteurs malveillants utilisent des drones pour remettre en question notre sûreté, notre sécurité et nos chaînes d’approvisionnement, et pour tester notre état de préparation en matière de défense. Ils ont un impact direct sur nos citoyens, par exemple en répandant la peur et en fermant les aéroports. De même, nos acteurs économiques, y compris les entités critiques. Nous devons développer des capacités de pointe pour détecter, suivre, identifier et neutraliser les drones entrants. Et nous devons utiliser des drones pour dissuader et défendre. Apprenez de l'Ukraine, où les drones arrêtent l'avance russe sur terre et forcent la marine russe à entrer dans ses ports. Une défense efficace contre les drones nécessite une intégration et une coopération en matière de surveillance radar, de commandement et de contrôle. En bref, la valeur ajoutée européenne. C'est pourquoi, dès octobre dernier, nous avons proposé des projets phares dans le domaine de la défense. En complément des travaux des coalitions capacitaires européennes, des initiatives phares seront menées par les États membres avec le soutien de la Commission et de la HR/VP. Initiative européenne de défense contre les drones visant à développer des capacités de contre-drones multicouches, technologiquement avancées et interopérables. Et lors du sommet d'Helsinki en décembre, les États membres ont fait avancer le projet phare Eastern Flank Watch visant à garder la frontière orientale sur terre, dans les airs et en mer. Les États membres ont inclus la défense contre les drones et les drones dans leurs propositions de prêts SAFE, et 1 milliard d’EUR provenant du Fonds européen de la défense est utilisé pour des prototypes de drones et de contre-drones. Le programme pour l’industrie européenne de la défense offre de nouveaux fonds pour réduire les risques d’investissement et devrait également être mobilisé pour soutenir la production de drones. En outre, l’EDIP comprendra des mesures visant à protéger les lignes d’approvisionnement pour les composants essentiels de l’entreprise. Nous renforçons également les lignes d’approvisionnement grâce au règlement sur les semi-conducteurs, à STEP et au règlement sur les matières premières critiques. Les drones, les systèmes de contre-drones et d'autres technologies de défense évoluent à une vitesse sans précédent. Le champ de bataille est en train de changer, tout comme notre industrie de la défense. Le programme d’innovation dans le domaine de la défense de l’UE et le Conseil européen de l’innovation, ainsi que le pôle européen de défense pour l’innovation dans le domaine de la défense de l’UE, continueront de soutenir de nouveaux acteurs de la défense, afin que nous puissions développer des technologies de drones et de contre-drones grâce au modèle producteur-développeur-opérateur. En outre, nous avons mis en place la Tech Alliance: PME talentueuses, jeunes pousses, entreprises en expansion qui entretiennent des liens avec les États membres. La première table ronde de l'industrie a eu lieu en novembre sur la défense contre les drones. En outre, nous avons présenté notre feuille de route pour la transformation de l'industrie européenne de la défense afin de faire plus que construire un meilleur drone ou un meilleur char pour construire une meilleure industrie de la défense, un écosystème entièrement connecté reliant les innovateurs et l'industrie aux soldats sur le terrain. Nous devons accélérer. C'est vrai. Notre nouveau programme pilote, AGILE, vise à réduire le développement de 6 à 12 mois. Nous apprenons de l'Ukraine. Nous avons l'industrie de la défense la plus dynamique d'Europe. Dans le cadre de l’initiative Brave Tech EU, partager les connaissances et établir des liens entre l’UE et les entreprises ukrainiennes, ainsi que par l’intermédiaire de l’alliance pour les drones que nous mettons en place avec l’Ukraine. La semaine dernière également, nous avons proposé 90 milliards d'euros de prêts pour l'Ukraine, et je remercie le Parlement d'avoir déclenché la procédure d'urgence afin que nous puissions rapidement obtenir cela pour soutenir l'Ukraine. Les drones et leurs écosystèmes offrent des possibilités non seulement pour notre défense, mais aussi pour la sécurité intérieure, y compris la protection des frontières. Face aux récents incidents de drones contre la sécurité des infrastructures critiques, il est nécessaire de renforcer la coordination, l'ambition et la visibilité de nos actions grâce à une approche globale. La Commission présentera prochainement un plan d’action qui couvrira les aspects multidimensionnels de la capacité des drones et des contre-drones. Son objectif sera de renforcer la préparation de l’UE à la prévention des incidents ayant un impact, de mieux détecter les activités malveillantes et de déployer les capacités adéquates afin que nous puissions réagir plus rapidement aux menaces. Et les drones offrent également d'énormes opportunités pour nos économies et nos sociétés. Nous avons déjà l'un des meilleurs cadres juridiques pour les drones civils au monde. L'été dernier, 54 députés nous ont demandé de faire de l'Europe un marché leader en matière de drones, et nous pouvons maintenant y parvenir grâce à un double usage. Ce qui est bon pour les drones civils sera également bon pour notre défense. Travaillons donc ensemble afin que l’Europe puisse jouer un rôle de premier plan dans l’industrie des drones et dans la défense contre les drones pour nos avantages et notre protection.
La condamnation et le prononcé imminent de la peine de Jimmy Lai à Hong Kong
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, Jimmy Lai est détenu depuis plus de cinq ans. La plupart du temps, il a été détenu à l'isolement. En décembre, la Haute Cour de Hong Kong l'a condamné pour des raisons de sécurité nationale, et il risque maintenant une longue peine de prison et passera probablement le reste de sa vie en prison. Le procès contre Jimmy Lai était politiquement motivé. Il a été poursuivi pour son soutien à la liberté d'expression et à la démocratie à Hong Kong. Le journal indépendant qu'il a fondé, Apple Daily, a été contraint de fermer ses portes en 2021, et six anciens journalistes d'Apple Daily ont été inculpés. C'est un exemple frappant de la répression de la presse libre et indépendante à Hong Kong. Il démontre le déclin spectaculaire des droits et libertés de la population de Hong Kong depuis juin 2020, lorsque Pékin a imposé la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Depuis lors, des centaines de politiciens de l'opposition, de journalistes et de militants de la société civile ont été arrêtés. La plupart des médias indépendants ont été contraints de fermer et de nombreuses organisations de la société civile ont dû se dissoudre. Un média libre et indépendant est vital pour des sociétés résilientes et pour garantir la responsabilité du gouvernement. La criminalisation du discours et de la dissidence politique viole les engagements internationaux de Hong Kong et sa propre Loi fondamentale. La poursuite de Jimmy Lai sape davantage la confiance dans l'État de droit, pierre angulaire de l'attractivité et du succès de Hong Kong en tant que centre d'affaires international. L'Union européenne, par l'intermédiaire de son bureau à Hong Kong et des représentations des États membres sur le terrain, a suivi de près les procès relatifs à la sécurité nationale et a régulièrement assisté aux audiences. L'UE a fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations en public et lors de réunions avec les autorités chinoises et de Hong Kong. Aujourd'hui, l'Union européenne réitère son appel à la libération immédiate et inconditionnelle de Jimmy Lai. L'Union européenne continuera d'appeler la Chine et Hong Kong à adhérer à la déclaration commune sino-britannique et à la loi fondamentale de Hong Kong, à respecter les engagements internationaux et à préserver le principe "un pays, deux systèmes".
Le cas de Joseph Figueira Martin en République centrafricaine
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés du Parlement européen, nous partageons votre préoccupation concernant le cas de M. Joseph Figueira Martin, citoyen européen actuellement détenu en République centrafricaine. Depuis le début de cette affaire, en mai 2024, la haute représentante et le Service européen pour l’action extérieure suivent de près l’évolution de la situation en coordination avec les autorités belges et portugaises. Si le Service européen pour l’action extérieure et la délégation de l’UE soutiennent la coordination et le partage d’informations, ils ne fournissent pas eux-mêmes de services consulaires directs. Cela reste de la compétence des États membres. La Belgique et le Portugal ont eu accès à M. Figueira Martin et lui fournissent une assistance consulaire régulière. Tant à Bangui qu'à Bruxelles, à toutes les occasions et à tous les niveaux possibles, nous avons constamment insisté auprès des autorités centrafricaines sur l'impératif que les droits de M. Figueira Martin soient pleinement respectés. Nous avons également souligné l’importance de veiller à ce que ses conditions de détention respectent les normes internationales, conformément aux obligations qui incombent à la République centrafricaine en vertu du droit international – y compris le pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la convention contre la torture – en vue de parvenir à sa libération, et nous continuerons à le faire. Plus généralement, l'Union européenne reste profondément préoccupée par l'environnement des droits de l'homme en République centrafricaine, en particulier dans les domaines où le Groupe Wagner a été actif. L'UE a condamné à plusieurs reprises les actions de ce groupe et de ses affiliés, qui ont été associées à de graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Le groupe Wagner a été inscrit sur la liste du régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme, ainsi que des personnes et entités clés opérant en République centrafricaine. Le Service européen pour l'action extérieure et la délégation de l'UE à Bangui, en coordination avec la Belgique et le Portugal, continueront de suivre avec une grande attention l'évolution de la situation juridique de M. Joseph Figueira Martin, mais aussi de sa santé. Nous espérons un résultat positif, auquel nous sommes prêts à contribuer dans le cadre de nos compétences, et nous exprimons notre sympathie et notre soutien à sa famille.