4
Oct
2023
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Égypte, en particulier la condamnation d'Hicham Kassem
Monsieur le Président, le Parlement européen a décidé de s’attaquer à l’Égypte pour la quatrième fois en quatre ans. Comme je l’ai déjà dénoncé, cette obsession anti-égyptienne est une erreur pour notre institution et éveille des soupçons légitimes sur l’influence des Frères musulmans au cœur des instances européennes. Mais cette fois, vous ajoutez l’indécence à l’incohérence en organisant ce vote deux jours avant l’audience en appel. La nature même de notre discussion est aberrante. Le Parlement européen donne un avis sur une procédure en cours au sujet d’une dispute entre deux hommes politiques et d’un refus de paiement d’une caution ridicule. Je vous pose la question: à quoi cela sert-il? En quoi nos travaux apportent-ils une plus-value aux Égyptiens en imposant un regard méprisant sur leur institution judiciaire? L’Égypte est un pilier du Moyen-Orient et de l’Afrique, un acteur mondial de première importance. Le président Sissi a engagé une politique historique de modernisation de son pays. Il fait face à une crise économique et inflationniste largement imputable aux sanctions imposées par l’Occident à la Russie. L’Union européenne aurait donc tout intérêt à intensifier son partenariat avec l’Égypte, à travailler de concert avec Le Caire pour lutter contre la pression migratoire. Nous devrions entendre l’appel du ministre des affaires étrangères, M. Choukri, qui demandait à l’Assemblée générale de l’ONU, je le cite, d’augmenter le volume de l’aide financière à l’Égypte pour faire face aux charges supplémentaires résultant de l’afflux croissant de migrants dans le pays et pour améliorer la capacité d’accueil de l’Égypte afin de réduire considérablement le flux d’immigration irrégulière à travers le pays. Voilà une politique qui se mettrait au service de la dignité des personnes en respectant la souveraineté égyptienne. Voilà ce que nous pourrions proposer plutôt que de signer des résolutions qui ignorent le lancement d’une stratégie nationale sur les droits de l’homme en 2021, le dialogue national lancé en 2022 et la libération de milliers de prisonniers par le comité de pardon présidentiel. Oui, l’Europe doit se tenir aux côtés des efforts de modernisation de l’Égypte plutôt qu’aux côtés de ceux qui veulent faire revenir les Frères musulmans.