25
Avr
2024
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Réformes et réexamens des politiques avant élargissement (débat)
Madame la Présidente, décidément, vous n’avez que l’élargissement de l’Union européenne à la bouche. Après avoir essayé de faire entrer la Turquie au forceps, vous nous proposez maintenant l’Ukraine, les Balkans et bientôt le Caucase non européen. Les pays fondateurs de l’Union européenne continuent de payer à chaque fois le prix fort des élargissements successifs, comme la France, bien sûr, qui voit notamment l’Union européenne se détourner du bassin méditerranéen pour pencher toujours plus à l’Est. Emmanuel Macron réunit le dernier quarteron de ses admirateurs à la Sorbonne aujourd’hui. Il s’est lancé dans son exercice favori: les monologues prétentieux qui masquent mal le bilan catastrophique du duo qu’il forme avec von der Leyen. Vous promettiez, il y a cinq ans, la prospérité. Quel est le bilan cinq ans après? La croissance européenne est l’une des plus faibles du monde. L’inflation a brisé nos familles. L’hiver démographique européen continue. La submersion migratoire est décuplée par votre pacte migratoire et le choix que vous avez fait de ne pas utiliser Frontex comme ce serait possible de le faire. Les Français souffrent de vos décisions, mais vous n’avez aucune intention de les entendre ni d’infléchir votre politique. Surtout, vous cachez la vérité. Pour une fois, j’ai écouté avec attention – et j’avais presque envie de vous applaudir, Monsieur Verhofstadt, parce que vous avez raison. On ne peut pas, avec les traités actuels, fonctionner à 20, 30 ou 35, et c’est ce que je reproche à la Commission et à Emmanuel Macron: ils cachent la vérité aux Français, parce que chacun sait que dans cet hémicycle, comme dans la Commission, il y a un programme caché. Le programme caché, c’est effectivement l’abandon du droit de veto. Le mercredi 24 avril, 50 intellectuels français de premier plan s’exprimaient dans Le Figaro contre l’abolition du droit de veto des États au Conseil européen. Supprimer ce droit de veto, c’est pour la France ne plus contrôler son arme nucléaire ni son siège au Conseil de sécurité. Ce serait une véritable trahison de la souveraineté française. Comme ces 50 intellectuels, nous ne laisserons pas passer ce coup d’État contre la démocratie et contre les Français. S’il y a un abandon du droit de veto, nous demanderons en France un référendum.