4
Mai
2022
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Répression permanente de l'opposition politique au Cambodge
Madame la Présidente, le Cambodge entretient un lien particulier avec notre continent. C’est sans doute le pays d’Asie du Sud-Est qui a conservé le plus de relations, notamment avec la France. Il serait donc tout à fait normal que l’Union européenne entretienne de bonnes relations avec Phnom Penh. Pourtant, l’Union européenne s’obstine à refuser d’entretenir ces relations correctes avec le Cambodge, tout en ayant une fois de plus une politique de deux poids, deux mesures. Au Vietnam, pays voisin, nous sommes signataires d’un accord de libre-échange, cela ne pose aucun problème. Les droits fondamentaux sont bien moins avancés qu’au Cambodge et je n’ose même pas parler des conditions des élections. Mais par contre, au Cambodge, on impose des sanctions, au Vietnam, on signe un traité de libre-échange. Une fois de plus, deux poids, deux mesures. Évidemment, le Cambodge a beau jeu de démontrer les deux poids, deux mesures de l’Union européenne dans cette question. On peut même se demander si une partie de la gauche européenne n’essaye pas d’effacer son amitié passée pour les Khmers rouges en s’en prenant au Cambodge. Le Cambodge a de véritables défis devant lui, notamment celui de la normalisation du rapport entre l’État et les partis d’opposition. Ce n’est pas en l’accablant de sanctions que nous soutiendrons ses progrès. D’ailleurs, si le Comité des droits de l’homme des Nations unies a rendu un rapport périodique critique du pays en mars dernier, force est de constater qu’au moins, il travaille avec le pouvoir politique de ce pays: plan national contre les violences faites aux femmes, campagne pour améliorer l’accès à l’identité administrative, continuation des procès contre les Khmers rouges, réforme de la justice des mineurs, établissement d’un comité contre la torture. Tout n’est pas excellent dans le respect des droits humains au Cambodge, mais les réformes sont au moins sur la bonne voie. Essayons plutôt de les encourager au lieu de les blâmer et d’être une fois de plus, dans cette région comme ailleurs, dans une politique de deux points, deux mesures.