15
Mars
2023
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Conclusions de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 9 février et préparation de la réunion du Conseil européen des 23 et 24 mars 2023 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Président, chers collègues, cette semaine a encore montré l’urgence industrielle européenne et cette urgence est apparue au grand jour. Vous l’avez tous lu, les hésitations, notamment de Volkswagen, un de nos fleurons économiques, sur l’opportunité d’ouvrir une méga-usine de batteries en Europe ou aux États-Unis. C’est la question. Vous avez également tous vu, tous lu que ce sont bien d’ailleurs les annonces européennes qui détermineront le choix de Volkswagen. Je pense, Monsieur Weber, que vous faites une erreur à penser qu’uniquement les accords commerciaux règleront les questions de compétitivité. Il n’y a pas que les accords commerciaux dans nos politiques européennes. Et d’ailleurs, quelle est notre situation? Nous nous sommes mis en difficulté dans une guerre économique mondiale. Notre industrie est d’ailleurs en attente d’une intervention européenne, je l’ai dit. Mon groupe appelle depuis des mois à une action sur tous les leviers. Sur certains, je vois que nous avons avancé et j’en félicite la Commission européenne. Sur d’autres, nous pouvons faire plus et probablement faire mieux. Alors, comment rendre notre industrie plus compétitive? Je vois trois points. D’abord, les prix plus bas dans l’approvisionnement sur des matières premières en énergie. Là-dessus, nous avons fait un bon pas dans la bonne direction, je pense. Nous avons soutenu les contrats de long terme pour les énergies décarbonées. Oui, il faut diversifier les ressources d’approvisionnement et accélérer le recyclage des matières premières. C’est la condition sine qua non, d’ailleurs, pour que les technologies propres se développent en Europe. Ensuite, je vois les financements privés et publics qui ne sont aujourd’hui pas assez élevés. Nous sommes en retard sur le financement. Il faut être à la hauteur de nos compétiteurs américains et chinois. Comment expliquons-nous à nos PME qu’après nos discours, des centaines de discours, certaines attendent encore les fonds de relance que nous avons décidés maintenant depuis quelques mois. Cela fait dix ans qu’on parle de l’Union du marché des capitaux, cinq ans qu’on parle de la révision du pacte de stabilité et de croissance, deux ans que mon groupe demande une réflexion sur un fonds de souveraineté européen. Et on attend encore sur ce volet du financement. L’investissement est, je pense, le nerf de la guerre dans cette guerre économique. Un cadre clair et propice est exactement ce que nous demandent aujourd’hui les industriels européens. Enfin, des relations équitables avec nos partenaires. Madame la Présidente, je ne vois toujours pas d’exemption pour les entreprises européennes sur le marché américain. Je vois une concurrence toujours plus déloyale partout, par ailleurs, et notamment en Asie. En conclusion, chers collègues, quelles sont nos options? La course aux subventions, je crois que nous n’en voulons pas. Un accès réciproque et régulé à notre marché, nous n’avons pas trop le choix d’aller vers cette option. Nous avons assez attendu. Le Conseil européen a trop attendu les propositions de la Commission et l’exécutif européen a trop attendu que les gouvernements nationaux se mettent d’accord dans un consensus qui n’est jamais arrivé. Alors maintenant, les propositions sont sur la table. Vous trouverez toujours mon groupe Renew aux côtés de l’ambition européenne et des propositions. Nous voterons avant l’été et j’espère que c’est une ambition que l’ensemble des groupes portera sur la vitesse et l’urgence dans ce domaine-là. C’est notre industrie qui nous le demande.