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Juin
2022
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Préparation de la réunion du Conseil européen des 23 et 24 juin 2022, y compris de la réunion du 23 juin avec des dirigeants des Balkans occidentaux - Statut de pays candidat de l'Ukraine, de la République de Moldavie et de la Géorgie (débat)
Monsieur le Président, Madame la Présidente de la Commission, Monsieur le Ministre, pour cette dernière de la présidence française, le Conseil européen de demain s’annonce encore une fois historique. Mon groupe salue l’esprit de responsabilité dont fait preuve l’ensemble des États membres et le travail de la Commission pour y parvenir. Madame la Présidente, le statut de candidat de l’Ukraine est une juste reconnaissance du sacrifice du peuple ukrainien pour nos valeurs européennes. Nous ne pouvions ignorer – je l’ai redit déjà dans cet hémicycle à de nombreuses reprises – le sang versé au nom de l’idéal de paix, de démocratie et de souveraineté dans cette guerre injuste. J’espère que ce même esprit de responsabilité habitera également les membres du Conseil sur la question des Balkans occidentaux. Nous avons aussi un devoir de construire le chemin européen de ces nations. C’est la position de mon groupe, qui est également favorable au statut de candidat de la Moldavie. Le Conseil sera également amené à enfin se prononcer sur les suites à donner à la conférence sur l’avenir de l’Europe. Je sais que certains pensent que ces questions institutionnelles sont secondaires et, par comparaison, sûrement, ne comptent pas parmi les urgences de notre temps. Je pense qu’ils ont tort. Quel est notre avenir proche? Nous, Européens? Probablement une conjugaison de crises qui obligera l’Europe à décider de manière cohérente, ambitieuse, rapide: l’inflation s’installe durablement, avec une possibilité de répercussion sur les dettes souveraines; crises alimentaires, crises humanitaires et migratoires, probablement; le dérèglement climatique, lui, continuera son œuvre si nous n’agissons pas... Et face à ces défis, sommes-nous prêts, aujourd’hui, avec nos institutions, à agir? On peut, peut-être, reproduire une nouvelle fois le miracle de la crise COVID, qui a créé, avec le plan de relance, une réaction massive, rapide et urgente des institutions européennes, un vrai élan de solidarité européenne, avec une rapidité que nous n’avions jamais connue. Mais certains États utiliseront probablement notre architecture institutionnelle, et notamment le droit de veto, pour bloquer les efforts nécessaires pour faire face à ces nouvelles crises. Et c’est exactement pour cela, Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, que nous ne laisserons pas en friche le chantier institutionnel. Ce chantier est important. Certains États membres – et, pardonnez-moi, toujours les mêmes – bloquent les réformes nécessaires. Les vetos ne sont pas des vetos des peuples, mais sont des vetos et des chantages de gouvernements en difficulté. Le blocage sur l’impôt minimum mondial est autant un symptôme qu’un avertissement pour nous, et nous sommes évidemment attentifs à tous ces points-là. Nous avons tant à faire et nous ne devons pas décevoir. Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, vous savez que notre famille politique porte cette réforme institutionnelle en Europe. Nous avons une majorité de membres au Conseil qui sont ulcérés du comportement de certains États. Vous savez que les citoyens n’accepteront pas le spectacle de l’inaction sur ces questions-là. Alors, mon mot d’ordre, et le mot d’ordre de mon groupe, sera d’ouvrir cette réforme et d’y donner suite au Parlement européen, qui a ouvert la voie de cette procédure.