19
Mai
2026
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Présentation du plan d’action sur les engrais (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, je voudrais conclure en vous remerciant, tout d'abord, pour toutes vos précieuses contributions aujourd'hui et peut-être souligner quelques points que vous avez également soulevés. Je voudrais d'abord mentionner ce qu'Elsi Katainen a dit au sujet de la décision que nos agriculteurs sont sur le point de prendre. J'ai parlé récemment à un agriculteur français. Il a 400 hectares et il a dit que si la situation reste telle qu'elle est, il ne plantera pas la moitié de ses champs. Cela nous conduirait, si beaucoup font de même, à une situation où, malheureusement, notre sécurité alimentaire serait menacée, même si c'est avec des coûts plus élevés. Je pense que c'est la situation que nous devons tous éviter ensemble. J’ai entendu vos propositions et vos questions très clairement sur le caractère abordable pour les agriculteurs, la prévisibilité pour les producteurs, le soutien concret, le SEQE, les digestats, le MACF et les dépendances stratégiques de l’Europe. Vous n'êtes pas d'accord sur tous les points, mais je voudrais dire quelques choses quand il s'agit, par exemple, de la diversification de nos chaînes d'approvisionnement. Déjà avant cette crise et avant ce plan d'action sur les engrais, nous avons réduit les droits NPF d'autres pays tiers comme Trinité-et-Tobago et d'autres afin de faire baisser les prix et de diversifier nos fournisseurs. J’ai également pris note de la question de M. Goerens sur la stratégie «Global Gateway» et je voudrais lier cette question à celle de Mme Toussaint sur la teneur en cadmium. Je pense que nous avons la possibilité, dans le cadre de la stratégie «Global Gateway», par exemple, de contribuer également à réduire la teneur en cadmium, ce qui est dans l’intérêt de notre santé, de la santé de nos consommateurs, mais qui peut également créer des partenariats avec de nouveaux fournisseurs, meilleurs et plus durables. Je pense que cela doit être utilisé et il y a, bien sûr, la possibilité. Nos propositions d'aujourd'hui nous aideront également à affiner la mise en œuvre. Le plan d’action sur les engrais constitue donc un cadre d’action pratique pour le moment et un programme stratégique pour les années à venir. À court terme, nous mobiliserons un soutien financier ciblé. M. Sargiacomo et M. Köhler demandent de quel argent nous parlons. Je peux vous dire que l'argent est déjà ce qu'il nous reste dans la réserve agricole. C'est un peu plus de 200 millions d'euros. Donc, tout cela est dedans et je crois que nous pouvons au moins doubler ce montant. Bien entendu, cela dépendra également de l'autorité budgétaire. Cela dépendra donc du Parlement et des États membres si nous parvenons au moins à ce doublement. Donc, vous êtes là dans le bateau pour nous aider aussi. Ensuite, nous avons également les outils de liquidité, la flexibilité de la PAC, les possibilités d'aides d'État, de meilleurs conseils sur la gestion des nutriments et des solutions pratiques pour les digestats avec les garanties appropriées. À plus long terme, nous renforcerons la production nationale, soutiendrons les engrais à base de bio‑ et à faible teneur en ‑carbone et améliorerons le marché unique des engrais inorganiques. En ce qui concerne le MACF, j’ai pu entendre qu’il y avait une discussion d’une manière ou d’une autre. Il faut savoir que nous importons environ 40 % de nos engrais et 60 % de notre production nationale. Lorsque vous parlez à l’industrie des engrais, si nous suspendions le MACF, cela prolongerait leur concurrence déloyale avec les pays tiers. Il y aurait plus de fermetures comme celle mentionnée par Mme Grapini, par exemple, en Roumanie, mais il y a aussi eu d'autres exemples. Bien sûr, cela porte encore plus atteinte à notre souveraineté à long terme et je pense que cela doit être évité. Dans le même temps, les coûts supplémentaires engendrés par le MACF doivent être compensés d’une manière ou d’une autre et c’est ce sur quoi nous travaillons. Ensuite, en ce qui concerne le SEQE, la prochaine révision sera également une occasion importante de soutenir la décarbonation industrielle, y compris dans la chaîne de valeur des engrais, tout en gardant fermement à l’esprit les capacités de production de l’Europe et les besoins des agriculteurs. Le partenariat de l’UE pour la chaîne de valeur des engrais nous aidera à transformer cette approche en un dialogue politique concret entre les agriculteurs, les producteurs et les États membres. Certains des changements à venir nécessiteront une législation et je compte également sur cette Assemblée pour travailler avec nous de manière constructive et rapide. Nos agriculteurs méritent également ces réponses rapides. Il s’agit avant tout des agriculteurs européens, de nos producteurs d’engrais, du caractère abordable des denrées alimentaires et de la sécurité alimentaire pour tous nos citoyens. Je compte donc sur une bonne coopération pour concrétiser les mesures que nous avons présentées et en discuter les détails pratiques.