9
Nov
2022
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Conclusions du Conseil européen des 20 et 21 octobre 2022 (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Président Charles Michel, alors que l’angoisse de la fin du mois et l’inquiétude de l’hiver s’enracinent dans toute l’Europe, le dernier sommet européen semble en ignorer l’urgence. Aucune mesure n’a pu en effet être prise pour soutenir tant nos entreprises que les familles en proie à une crise de l’énergie sans précédent. En France, jusqu’à présent, et malgré les promesses de réformes non tenues, le président Macron s’est soumis aux règles absurdes du marché européen de l’électricité – ces règles européennes, qui conduisent à indexer les prix de l’électricité sur celui du gaz, nous ont mis à la merci de l’explosion spéculative des cours à la suite de la guerre en Ukraine. La France, qui ne tire aucun bénéfice du fonctionnement de ce carcan, s’en sort, bien qu’affaiblie, grâce à sa production nucléaire. Nous pouvons aisément affirmer que, sans ce marché européen, nous aurions été en partie protégés des grands mouvements géopolitiques du monde. Il est donc urgent d’en sortir, ou, à défaut, d’y instaurer des dérogations sur le modèle de celles obtenues par le Portugal et par l’Espagne, qui disposent ainsi de prix de l’électricité en moyenne trois fois inférieurs aux nôtres. Sur la durée, le levier fiscal doit être utilisé par la baisse de la TVA sur l’énergie, comme l’ont fait l’Allemagne ou la Pologne. Hélas, le président Macron s’y refuse obstinément. Le risque de conduire l’Europe vers la désertification industrielle, avec une perte d’emplois et de savoir-faire, est réel dans les prochains mois. Agissez tout de suite et maintenant, car, lorsque les usines auront fermé leurs portes, il sera trop tard.