Les cent jours de la Commission – Produire des résultats dans les domaines prioritaires de la défense, de la compétitivité, de la simplification et de la migration (débat d'actualité)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, le mandat de la Commission européenne est très clair: une Europe forte, fidèle à ses valeurs, respectant le rôle central de ce Parlement. Les 100 premiers jours laissent des inquiétudes sur la méthode de travail et aussi sur la relation avec la plate-forme pro-européenne qui la sous-tend. Tout d'abord, nous voyons avec inquiétude le paquet migration qui cède à un discours sécuritaire, confondant immigration et sécurité, et aussi avec inquiétude le soi-disant paquet simplification, sous prétexte de débureaucratisation qui nous pousse vers une déréglementation dangereuse, mettant en péril certaines des réalisations sociales et environnementales. Mais ce début de mandat, Monsieur le Commissaire, devrait être axé sur les problèmes fondamentaux de la population. En 2026, le délai de mise en œuvre du PRR expire. Je vois avec une inquiétude particulière le retard et la reprogrammation du PRR, par exemple, au Portugal et je pense qu’ils devraient également se concentrer sur cette question, car c’est elle qui décide de la vie des gens. Enfin, il y a 100 jours de changements géopolitiques majeurs, et la défense doit être une priorité, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la politique de cohésion.
Présentation de la proposition sur une nouvelle approche commune en matière de retours (débat)
Monsieur Oliveira, je suis tout à fait d'accord avec ce que vous avez dit et je voudrais vous demander ce qui suit: considérez-vous ou non qu’il s’agit d’un règlement qui va à l’encontre de ce qui est inscrit dans la charte des droits fondamentaux? Contrairement à ce qui est pratiqué au Portugal, par exemple, qui ne dispose pas de centres de détention, a des centres d'hébergement temporaire, jusqu'à 72 heures, les citoyens peuvent faire appel de leurs décisions. Je vous demande s'il s'agit ou non d'une violation flagrante des droits de l'homme de ces personnes.
Présentation de la proposition sur une nouvelle approche commune en matière de retours (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Commissaire, s'il est vrai qu'un consensus a été trouvé au sein de cette Assemblée pour le pacte sur la migration et l'asile, il n'en demeure pas moins que les questions de retour continuent de nous diviser. S'il y a des mesures qui sont positives, il y en a trois que je voudrais souligner comme étant négatives et qui, de mon point de vue, du point de vue de S&D, violent les droits fondamentaux. Premièrement, l'idée de donner aux États membres la liberté de choisir avec quel pays tiers négocier le retour de leurs citoyens. Je crois que cette liberté est un danger, parce qu'elle ne répond pas à ce que le commissaire a dit ici, qu'il doit y avoir une politique commune de retour. Deuxièmement, la possibilité d'envoyer des personnes dans des pays tiers qui n'ont ratifié aucun instrument de droit international ou qui coopèrent avec des entités non reconnues, y compris les parties contrôlantes de pays qui ne sont pas reconnues diplomatiquement (terminaux) est un danger et je pense qu'il devrait être réexaminé. Et enfin, Monsieur le Commissaire, (je termine même) le fait que des mineurs non accompagnés puissent être envoyés dans des pays tiers est un danger et viole les libertés les plus fondamentales – et je demande au commissaire de revenir sur ce point.
Hommage à Ján Kuciak et à Martina Kušnírová: faire progresser la liberté des médias, consolider l'état de droit et protéger les journalistes dans toute l'Union européenne (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, il est juste de rappeler la mémoire de Ján Kuciak et Martina Kušnírová, en particulier pour que nous n'oubliions jamais que la liberté des médias et la presse sont un pilier essentiel de l'État de droit et qu'une presse libre et indépendante fait et approfondit notre démocratie. Il est donc juste de saluer tous ceux qui, parfois dans des conditions difficiles, continuent d'accomplir leur mission d'information avec courage et détermination. C'est pourquoi il est important que tout le monde, même tous les crimes contre les journalistes, fasse l'objet d'enquêtes approfondies et que la justice joue ici un rôle absolument essentiel. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des menaces pour la liberté de la presse. Les différents rapports sur l'état de droit l'ont dit. Les informations que le commissaire apporte ici sont importantes, mais il ne suffit pas de dire que nous avons un bouclier de démocratie, qu'il doit y avoir une action efficace et que la mise en œuvre du règlement sur la liberté des médias joue un rôle absolument essentiel à cet égard. Aujourd'hui, rendons hommage au courage de tous ces journalistes qui sont morts en faisant leur travail: informer les gens, parce que c'est pour cela qu'ils existent.
Merci beaucoup, honorable député, c'est très simple. Il y a plusieurs moments où nous devons réaliser qu'il ne suffit pas de dire qu'ils aiment le rapport Draghi. Le rapport Draghi comporte un ensemble de mesures qui soulignent la possibilité pour l’Union européenne d’investir davantage, d’abord et avant tout dans les compétences, dans la transition juste, à la fois écologique et numérique, d’abord et avant tout dans la manière dont nous pouvons générer de la richesse. Je pense qu'il est essentiel que nous obtenions une autonomie stratégique en tirant toujours parti de l'État-providence, mais la déréglementation envisagée ici est une déréglementation qui attaque l'État-providence.
Monsieur le Président, Monsieur le Député, je peux vous dire ce qui suit: Je ne suis absolument pas d'accord avec la boussole en matière de compétitivité que la Commission présente ici, d'autant plus qu'elle repose sur la déréglementation sur laquelle Mme Lídia Pereira vient d'insister. À mon avis, Monsieur le Commissaire, cette déréglementation... Étant donné que je suis favorable à la simplification des procédures, je pense que cette déréglementation est un pas en arrière dans un ensemble important de réalisations. Et ce que les bancs de droite ont entendu cet après-midi est un danger pour l’avenir du pacte vert pour l’Europe, par exemple.
Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, ce débat intervient à un moment particulièrement exigeant pour l'Europe et à un moment où nous assistons, si vous voulez, à la reconfiguration de la mondialisation. Le débat de ce matin sur le programme de travail a été un débat où j'espérais qu'il y aurait plus de réponses. Qu'il s'agisse d'une boussole ou de quelque chose d'autre, Monsieur le Commissaire, permettez-moi de vous dire que la compétitivité a besoin de plus d'investissements, et c'est ce que j'attends de ce débat. J'espérais qu'aujourd'hui nous pourrions parler de plus de compétitivité, plus de droits sociaux, et comment nous allons financer ce besoin d'autonomie stratégique. C'est pourquoi il est important d'approfondir le marché unique. Oublions les adjectifs et allons au béton. Comment la Commission européenne pense-t-elle pouvoir obtenir davantage d'investissements pour s'assurer que notre capacité dans l'environnement mondial est efficace, que le rapport Draghi a vraiment des conséquences? C'est la réponse dont nous avons besoin de la part de la Commission européenne.
Programme de travail de la Commission pour 2025 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, le jour où nous présenterons le document de travail de la Commission européenne, ce qui est attendu, c'est de renforcer la démocratie et la confiance dans nos institutions. Et ce qui est attendu, c'est que le président de la Commission européenne respecte l'institution la plus démocratique de l'Union européenne, à savoir le Parlement européen. Discuter aujourd'hui de ce document de travail, c'est aussi discuter de la démocratie à cet égard à un moment où nous sentons tous que nos démocraties, tant dans les États membres que dans le projet européen dans son ensemble, sont en crise et attaquées. Lorsque nous entendons le commissaire parler rapidement, au cours de sa présentation, de tous les points, et non d'aucun point spécifique, nous avons le sentiment que la compétitivité est la clé. Mais, Monsieur le Commissaire, il n'y a pas de compétitivité sans démocratie, il n'y a pas de compétitivité sans un État de droit fort qui répond de manière indépendante dans sa justice et transparente dans ses procédures. Il n'y a pas de compétitivité sans égalité des chances pour tous. Il n'y a pas de compétitivité sans la capacité d'intégrer ceux qui choisissent ici l'espace européen pour vivre, vivre dignement. Il n’y a pas de compétitivité si les femmes sur le marché du travail ne sont pas traitées sur un pied d’égalité avec les hommes, il n’y a pas de démocratie et il n’y a pas de compétitivité si nous ne sommes pas en mesure d’envisager la transition écologique et la transition numérique avec la justice sociale nécessaire. C'est pourquoi, Madame la Présidente, et je conclurai, la compétitivité et la démocratie doivent aller de pair et les institutions méritent le respect. Ce Parlement mérite le respect en un jour aussi important qu'aujourd'hui, en présence du président de la Commission européenne.
Déclaration universelle des droits de l'homme: l'Union européenne doit contribuer à résoudre la crise humanitaire liée aux personnes portées disparues pendant les guerres et les conflits (débat)
Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord pour dire que les déclarations du président Trump sont non seulement une infamie, une honte, mais aussi une violation flagrante du droit international. Ils contribuent au génocide et au nettoyage ethnique qui ont lieu sur ce territoire. Et oui, ce Parlement a le devoir de prendre des mesures concrètes et de condamner fermement les déclarations inacceptables pour un peuple qui souffre.
Déclaration universelle des droits de l'homme: l'Union européenne doit contribuer à résoudre la crise humanitaire liée aux personnes portées disparues pendant les guerres et les conflits (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je viens de rentrer d'une mission difficile en Palestine et en Israël, où j'ai été témoin de la destruction, du désespoir et des conditions précaires dans lesquelles des milliers de personnes, dont de nombreux enfants, tentent de survivre. Gaza est l'une des régions les plus densément peuplées du monde, qui fait face à des défis quotidiens depuis des années en raison de contraintes systémiques et de ressources limitées. Depuis l’horrible attaque du 7 octobre 2023, les conditions se sont encore aggravées. Toutes les guerres et tous les conflits, et ce n'est pas une exception, laissent aussi les marques des disparus. Les Mères de la Plaza de Mayo en Argentine, les Mères du Samedi en Turquie, des livres et des films tels que le récent Je suis toujours là, à propos de Rubens Paiva, au Brésil, montrent l'inhumanité des disparitions et l'apnée de la recherche de réponses dans laquelle les membres de leur famille ont plongé pendant des décennies. Ajoutez à cela la Syrie, Chypre, l'Ukraine. Aujourd'hui, la Déclaration universelle des droits de l'homme vise à faire entendre ses appels à la vérité, à la justice et à la non-répétition de l'histoire. Luttons pour que la mémoire continue à vivre dans la liberté, dans le respect des droits de l'homme.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, j'ai été très préoccupé par la fin de votre intervention, Monsieur le Commissaire, permettez-moi de vous en faire part. En 2021, lorsque les fonds destinés au Fonds pour la gestion intégrée des frontières ont été augmentés, le président de la Commission a déclaré - et je cite - "l'Union européenne ne financera ni murs, ni câbles, ni clôtures". Le commissaire a conclu son intervention en ces termes: «Augmentons le financement des clôtures». Et je voudrais vous dire, au nom des socialistes et démocrates, que nous sommes tout à fait d'accord sur le fait que nous devons gérer nos frontières, mais la gestion de nos frontières ne signifie pas une violation des droits de l'homme, comme nous l'avons souvent vu. Par conséquent, l’argent qui a été alloué – plus d’argent – aux frontières, à ce fonds, ne peut pas être destiné aux caméras de surveillance, aux clôtures, aux murs, car cela est contraire à ce que la politique migratoire de l’Union européenne a été au fil des ans. Et donc, Monsieur le Commissaire, ce que je voulais vous dire, c'est que vous tenez compte des données que vous avez mentionnées ici, que j'ai mentionnées hier dans mon autre discours, et qui sont vraies: en 2024, l’immigration irrégulière a diminué de 38 %. Cela signifie, Monsieur le Commissaire, que nous devons continuer à être attentifs à la mise en œuvre du pacte sur la migration et avoir une vision humaniste de ce qu'est l'immigration. Nous n'arrêterons pas l'immigration avec nos mains, comme nous n'arrêtons pas le vent avec nos mains, c'est impossible. Les flux migratoires ont toujours existé. Frontex a souvent été accusée de violer les droits fondamentaux et, récemment, la plateforme de coopération sur les citoyens sans papiers a mis en garde contre la violation systématique des droits de l’homme de ces citoyens aux frontières. Je vous demande donc de continuer à être le gardien des traités et à traiter les personnes avec dignité.
Financement par l'UE, via le programme LIFE, d'entités exerçant des activités de lobbying auprès des institutions de l'UE - besoin de transparence (débat)
Honorable député, je suis tout à fait en faveur de la transparence, tout à fait en faveur de la transparence. Mais exiger – avec la véhémence avec laquelle elle appelle à un contrôle de la société civile – que nous examinions également ceux qui sont des lobbyistes pour des intérêts privés, ceux qui, au fil du temps, ont contribué à divers gouvernements et les ont attaqués, ainsi que nos institutions. Mais, Mesdames et Messieurs, je suis étonné par le PPE, parce que le PPE a poursuivi un faux discours d'extrême droite qui veut faire taire les ONG et castrer le financement des ONG.
Financement par l'UE, via le programme LIFE, d'entités exerçant des activités de lobbying auprès des institutions de l'UE - besoin de transparence (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, ce débat ne porte pas vraiment sur la transparence et le lobbying. Parce que s'il s'agit de transparence et de lobbying, regardons les instruments, regardons les listes de lobbyistes qui sont financés et posons les questions que nous devons poser. Mais ce n'est pas le débat que nous demandons ici, et que la droite a demandé, c'est un débat pour dire que nous ne voulons pas continuer à financer les organisations non gouvernementales, la société civile et la citoyenneté, parce que nous pensons qu'elles sont nuisibles au système démocratique. C'est le seul point qui fait l'objet de discussions, et c'est pourquoi, chez S&D, nous sommes tous favorables à la transparence des règles de financement. Mais nous nous prononcerons ouvertement contre le silence de la société civile, qui fait partie de nos démocraties et doit continuer à être soutenue, pour faire également partie de cet instrument qui est notre citoyenneté active et auquel l'Union européenne doit contribuer.
Liens entre la criminalité organisée et le trafic de migrants, à la lumière des récents rapports des Nations unies (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Commissaire, ce débat porte sur la réalité et la perception. La première est qu’il n’existe aucun rapport des Nations unies – contrairement à ce que la droite et l’extrême droite ont dit – qui lie l’immigration à la criminalité. Deuxièmement, Mesdames et Messieurs, la vérité est que, de 2023 à 2024, l’immigration irrégulière a chuté de 40 % dans l’espace européen. Mais cela étant dit – et ce sont deux faits qui vont à l’encontre des perceptions et minent ce débat – il y a une réalité dont nous devons discuter: chaque fois que les politiques sont plus restrictives à l'immigration, la traite des êtres humains augmente et l'immigration illégale augmente, parce que des règles plus sûres poussent les citoyens les plus vulnérables à l'immigration. C'est pourquoi, Monsieur le Commissaire, je suis très heureux que vous ayez dit ici que nous allons de l'avant avec la directive qui est en cours de révision. Ma seule question est: Quand la révision de la directive aura-t-elle lieu? Et pour quand une sanction sérieuse, forte et efficace contre les trafiquants d'êtres humains? Parce que, oui, ils ont besoin d'être pénalisés.
Unir l'Europe contre les acteurs hostiles à l'Union européenne: il est temps de renforcer notre sécurité et notre défense (débat d'actualité)
Madame le Président, Mesdames et Messieurs, la priorité de nos jours est la sécurité en Europe. C'était le débat avec la Commission et le Conseil ce matin, c'était le débat avec la présidence polonaise, et oui, c'est une priorité. Mais je pense que le premier mot est: Concentrons-nous sur les efforts que l'Union européenne doit déployer pour devenir plus autonome, plus forte et mieux à même de relever les défis qui nous attendent. Et si nous sommes inquiets, chez S&D, à propos de la sécurité, je veux juste être très clair: l’augmentation des investissements dans la défense ne doit pas se faire au détriment d’investissements qui garantissent la sécurité de tous, garantie par les politiques et les fonds de cohésion. Garantir la sécurité de tous implique une protection contre les activités criminelles. Et lutter contre les activités criminelles, c'est lutter contre la pauvreté, l'exclusion sociale et toutes les formes de discrimination au moyen d'une politique de cohésion forte, fondée sur la solidarité, comme le prévoit l'article 3 de notre traité. Nous devons donc également intensifier les investissements dans la défense, sans aucun doute, mais des investissements qui doivent être coordonnés au niveau européen, générant d'importantes économies dans le secteur, afin de maximiser les capacités militaires de l'Europe. Nous avons besoin d’investissements de défense plus nombreux et plus efficaces pour garantir également des investissements dans la sécurité de tous les citoyens.
Nécessité de faire respecter le règlement sur les services numériques pour protéger la démocratie sur les plateformes de réseaux sociaux, y compris contre l'ingérence étrangère et les biais algorithmiques (débat)
M. Joao Oliveira, je suis tout à fait d'accord avec vous. Aujourd’hui est une journée pour plaider en faveur de l’approfondissement de nos démocraties, et je ne doute pas – comme Nelson Mandela l’a dit un jour – qu’il n’y a pas de meilleur instrument pour approfondir la démocratie que d’investir dans notre éducation, d’investir dans la citoyenneté, d’investir dans nos valeurs. Mais cela ne dispense pas d'une action très forte sur les instruments juridiques, qui existent dans l'Union européenne à notre disposition, pour lutter contre la désinformation, les mensonges, la manipulation et l'ingérence dans nos démocraties.
Nécessité de faire respecter le règlement sur les services numériques pour protéger la démocratie sur les plateformes de réseaux sociaux, y compris contre l'ingérence étrangère et les biais algorithmiques (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, il s'agit d'une guerre sans effusion de sang, mais qui tue nos démocraties, qui tue nos libertés, qui ouvre la voie à des discours de haine et qui permet d'attaquer les libertés individuelles au nom d'une fausse liberté d'expression. C'est la défense de la démocratie qui est en jeu aujourd'hui en cette plénière. Et elle demande, exige et exhorte la Commission européenne à rompre son silence, et je me félicite donc de l'enquête qu'elle a ouverte, mais il doit y avoir des conséquences. Ce dont nous parlons, ce sont les objectifs de ces oligarques, les propriétaires de ces plates-formes, qui, hier, dans le discours d'Elon Musk, étaient très clairs: Semer le discours de haine, nous diviser tous, attaquer nos institutions et planter, semer ce qui est une fausse information. Mesdames et Messieurs, je crois qu'aujourd'hui n'est pas un jour pour les mots, aujourd'hui est un jour pour que cette plénière se montre forte dans la défense de la démocratie, exigeant dans l'action de la Commission européenne et certaine que les valeurs de l'Union européenne, qui ont 75 ans cette année, sont vivantes au nom de la démocratie, au nom des démocraties, au nom de la liberté.
Préparation du Conseil européen des 19 et 20 décembre 2024 (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je saisis cette occasion pour souhaiter un bon mandat au nouveau président du Conseil européen et je crois, Mesdames et Messieurs, d'après ce que nous avons entendu, qu'il s'agit d'une discussion à un moment particulièrement exigeant, alors que nous vivons des tensions géopolitiques très compliquées. Ce sont les élections aux États-Unis, nous avons toujours la guerre en Ukraine et nous ne devons pas oublier le conflit au Moyen-Orient et la nécessité de résoudre ce qui se passe avec le massacre en Palestine. L'Europe dans le monde, en tant qu'espace de promotion du multilatéralisme, doit continuer à défendre un ordre mondial fondé sur des règles qui respecte les droits de l'homme et les libertés fondamentales. L'Europe doit rester le phare du progrès, des libertés, de la tolérance, un pont de dialogue avec les cinq continents. Nous affirmons nos forces pour nos valeurs, sans jamais être naïfs. Le fait que nous soyons le plus grand bloc commercial au monde et que nous ayons des accords commerciaux avec 72 pays est l'un de nos points forts. Mais, Mesdames et Messieurs, en cette période de tensions géopolitiques, nous devons renforcer notre sécurité, nous devons renforcer nos valeurs et nous devons parler d'une seule voix aux États-Unis d'Europe.
La mésinformation et la désinformation sur les plateformes de médias sociaux telles que TikTok, ainsi que les risques connexes pour l'intégrité des élections en Europe (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je voudrais souligner l'importance et la pertinence de ce débat dans le contexte politique dans lequel nous vivons, à la suite, soit dit en passant, des événements graves survenus dans un État membre de l'Union européenne, la Roumanie. S'il y avait des doutes pour nous tous, ce qui est en jeu, c'est la survie même de nos démocraties, de notre démocratie, en tant que projet collectif. C'est un thème qui touche directement aux piliers de notre société et à la façon dont nous comprenons l'espace public en coexistence avec la liberté d'expression. Il ne fait aucun doute, chers collègues, que les réseaux sociaux ont apporté des avantages significatifs, facilitent la communication, favorisent le partage de l'information, donnent la parole, dans l'espace public, à tout le monde. Mais il est également devenu clair que les plateformes sont maintenant des outils très puissants qui peuvent affaiblir et détruire les fondements de nos démocraties. Les réseaux sociaux détenus et gérés par des entreprises privées remettent en question l'équilibre des pouvoirs entre les citoyens. Trop souvent, nous plaçons dans l'espace public le pouvoir de la discussion publique entre les mains de ces entreprises qui, par la nature des choses, défendent leurs intérêts et leurs actionnaires. L'objectif de bon nombre de ces plateformes est de maximiser le temps que les citoyens les utilisent et, pour cela, de valoriser, comme nous le savons, ce qui se vend le plus: Débat manichéen, violence, discours enflammés, haine, xénophobie, désinformation. En bref, ils stimulent la polarisation, alimentent le populisme avec des réponses simples à des problèmes très graves et complexes. C'est pourquoi il est important que cette Assemblée se souvienne, et que nous ayons les deux commissaires ici présents pour se souvenir, que nous avons des instruments, tels que la législation sur les services numériques et la législation sur les marchés numériques, mais aussi la législation sur l'intelligence artificielle, qui doivent être mis en œuvre de toute urgence. Et ce que je pense que ce Parlement peut faire, c'est d'être à la disposition de la Commission pour que, ensemble, nous puissions, dans les États membres, forcer la réglementation de ces plateformes afin que nous puissions continuer non seulement à sauver, mais à renforcer les droits, les libertés et les garanties, ce qui n'est rien de plus que de renforcer nos démocraties.
Activités du Médiateur européen – rapport annuel 2023 (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Madame le Médiateur européen, je voudrais tout d'abord vous souhaiter la bienvenue et me joindre à ceux qui vous ont félicités pour le travail et le courage dont vous avez fait preuve au fil du temps. Je voudrais également féliciter le rapporteur pour le travail qu'il nous a présenté et pour le discours qu'il a prononcé, et souligner une fois de plus l'importance de ce rapport en termes de protection des valeurs de justice, de transparence et de promotion de la bonne gestion des ressources de l'Union européenne. Mais, surtout dans ce rapport sur les activités du Médiateur européen, je voudrais saluer le courage, la bravoure et la pertinence de parler des questions migratoires et du respect des droits de l'homme de ces citoyens qui cherchent ici un refuge sûr. Il convient donc de souligner la manière dont elle a formulé des recommandations à l'intention de Frontex. Il s'agit des droits de l'homme, de l'État de droit, mais aussi de ce que devrait être notre protection de l'inclusion de tous les citoyens. Que demain, nous serons à la hauteur de la responsabilité dans le choix que nous ferons avec le prochain citoyen et le prochain médiateur.
Législations récentes prenant pour cible les personnes LGBTQI et nécessité de protéger l’état de droit et une Union sans discrimination (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, ce qui est incroyable, c'est qu'au XXIe siècle, nous ayons un tel débat. Et nous n'avons que le débat sur la discrimination au XXIe siècle parce que, en réalité, peu importe le nombre de plans d'action - et le Portugal est l'un des États membres qui ont mis en place les plans d'action - la vérité est que des États comme la Hongrie, la Bulgarie ou l'Italie violent les droits de la communauté LGBTQI chaque jour. C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs, nous avons encore quelques interventions à faire ici aujourd'hui. Mais plus que des discours, ce que nous devons vraiment savoir, c'est: lorsque les États ne mettent pas en œuvre des plans d'action, lorsque les États violent systématiquement les droits de l'homme, lorsque les gouvernements prétendent chaque jour qu'ils n'écoutent pas la voix de ce Parlement dans la défense des droits de l'homme, si nous continuerons à faire des proclamations ou si nous devrions vraiment agir. C'est pourquoi il est très important que le prochain Conseil puisse reprendre les négociations sur la directive anti-discrimination de 2008. Respect des droits de l'homme.
Les conclusions du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes concernant la loi polonaise sur l'avortement (débat)
Monsieur le Président, l'ironie du sort est que Simone Veil a été la première femme présidente de ce Parlement européen. Simone Veil était la femme – juive, femme, ministre de la santé – qui a défendu la dépénalisation de l’avortement, qui a défendu la dépénalisation de l’avortement, qui a défendu le fait que les femmes ne recourent pas à l’avortement par choix, mais recourent à l’avortement pour un besoin, et que c’est toujours une tragédie. Et c'est cette tragédie de l'avortement clandestin, du manque d'accès à la santé publique qui doit être dénoncée ici, car ce dont nous parlons, mes chers collègues, ce sont les droits de l'homme. Je fais partie d'un pays qui, en 1982, immédiatement après la révolution, a commencé la discussion. Il nous a fallu 35 ans pour avoir la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse, pour la justice sociale, pour l'accès à la santé publique, mais surtout pour le respect de tous ceux qui n'ont pas d'opportunités, mais qui ont besoin de recourir à l'accès médical. C'est pourquoi une Europe qui respecte les droits de l'homme est une Europe qui respecte le droit à l'avortement, et la Pologne doit maintenant revenir sur sa décision.
Gérer les migrations de manière efficace et globale en favorisant les retours (débat)
Monsieur Oliveira, je suis heureux de vous répondre. Oui, les Socialistes & Démocrates ici au Parlement européen ont approuvé le Pacte pour la migration. Le gouvernement socialiste portugais a contribué à faire de ce pacte sur la migration le meilleur compromis possible. Ce qui ne peut pas arriver pour le moment, c'est, en échange de perceptions, de peur et de discours de haine, de vouloir révoquer un pacte qui n'a pas encore été mis en œuvre. Mais, je dois le dire, je serai toujours contre l'externalisation des frontières, parce que je considère que c'est une erreur. Les engagements sont des engagements. Et dans ce pacte, l'externalisation des frontières a toujours été une erreur.
Gérer les migrations de manière efficace et globale en favorisant les retours (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je pense que nous devons vraiment être très clairs sur la proposition de la Commission et du Conseil en matière de migration, car cette mesure va en réalité à l'encontre des valeurs du projet européen. C'est une erreur, c'est inhumain, c'est l'externalisation des frontières. Mesdames et Messieurs, c'est un affront aux droits de l'homme. Il n'y a pas que moi qui le dis. Le système judiciaire italien et la Cour de justice de l'Union européenne elle-même le disent également. Le fait que le président de la Commission européenne suggère que l'Union européenne suive des solutions innovantes, telles que celles du protocole Albanie-Italie, ne devrait pas seulement nous concerner, mais aussi nous faire taire. Je rappelle ici la décision du tribunal italien ordonnant le retour en Italie des migrants transférés au centre de détention de la périphérie de Tirana, pour ne pas avoir considéré les pays d'origine, l'Égypte et le Bangladesh, comme des pays sûrs. Je rappelle, Mesdames et Messieurs, la Convention de Genève, la Charte européenne des droits fondamentaux et, plus récemment, l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire concernant la République tchèque, qui déclare: «un pays en dehors du bloc ne peut être déclaré sûr que si l’ensemble de son territoire est considéré comme sûr». Et, mes chers collègues, nous ne parlons pas d'argent, nous parlons de vies humaines. La politique d'externalisation des frontières est vraiment une erreur, car elle détruit la vie des gens. Nous suivons le projet européen.