Présentation du plan d’action sur les engrais (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, je salue votre volonté de bâtir un plan «Engrais» utile pour les agriculteurs. Flexibilité de la directive «Nitrates», réduction des restrictions aux importations: deux exemples de mesures qui vont dans le bon sens. Mais ce plan porte malheureusement les cicatrices de blocages et de divisions au sein de la Commission, où certains priorisent une obsession climatique déconnectée du terrain, où d'autres expliquent que suspendre le MACF nuirait aux producteurs européens d'engrais, comme si une industrie pouvait être protégée en faisant disparaître ses premiers clients. Sans agriculteurs solvables, pas de marché; sans exploitations viables, pas de souveraineté; sans mesures immédiates, les grandes stratégies deviennent de beaux textes posés sur des fermes qui ferment. Oui, il faut produire davantage en Europe et réduire nos dépendances. Mais ce ne sont pas de futurs corridors commerciaux d'engrais verts, aussi vertueux soient-ils sur le papier, qui vont permettre aux paysans de passer la prochaine campagne. La suspension du MACF «Engrais» était indispensable pour donner à nos agriculteurs une bouffée d'oxygène maintenant et, malgré votre bonne volonté, ce plan ne la leur apportera pas.
Comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE compte tenu de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire et la résilience des agriculteurs et de répondre aux défis posés par les maladies animales? (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je tiens à saluer le travail de Carlo Fidanza. Ce rapport nomme l'urgence de préserver un secteur qui fait vivre nos territoires et pose les bases d'une vision stratégique positive pour l'élevage. Face au procès permanent intenté à nos éleveurs par les prophètes de l'assiette verte, ou de l'assiette artificielle, qui ont troqué le goût du plaisir contre le plaisir de l'interdiction, ce rapport remet l'église au centre du village. Les produits d'origine animale ne sont pas des péchés climatiques, ni des fautes morales. Ils ont une valeur nutritionnelle reconnue et ne peuvent pas être remplacés par des substituts végétaux ou de laboratoire. Autre avancée essentielle, la transparence exigée par ce rapport sur les fonds européens versés aux ONG, dont certaines militantes, remet en question nos pratiques d'élevage, pourtant les plus vertueuses au monde en termes d'environnement et de bien-être animal. Il est temps d'agir. La prochaine stratégie de la Commission devra être un électrochoc. Soit nous assumons de défendre notre élevage, soit nous accompagnons son déclin avec des communiqués compatissants. Je sais pouvoir compter sur votre soutien, Monsieur le Commissaire, pour choisir la première voie.
La montée de la violence politique, notamment de la part des organisations d’extrême gauche (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, les groupes politiques ultra-violents se fondent dans des réseaux mouvants, s'infiltrent dans les institutions et se dissimulent derrière des masques de vertu républicaine. Les gourous d'extrême gauche théorisent la sédition, excusent l'islamisme au nom d'une morale à géométrie variable et crient à l'islamophobie pour mieux protéger leurs alliances. Mais les exécutants ne se contentent plus de l'ombre. Le fondateur d'un mouvement ultra-violent d'extrême gauche, la Jeune garde, fiché S, élu député La France insoumise, est entouré d'assistants mis en examen dans l'affaire du meurtre de Quentin à Lyon. Une démocratie qui ferme les yeux sur ces incendiaires finit consumée. Il faut combler cet angle mort entre le terrorisme et l'agitation militante. Et c'est pourquoi je porte la création d'une liste noire européenne des organisations ultra-violentes, outil qui se veut opérationnel pour renforcer la coopération policière et des services de renseignement, couper les financements européens des structures relais et empêcher leur redéploiement transnational. L'Europe ne peut plus se payer le luxe de ses aveuglements face à l'extrême violence de l'extrême gauche.
Coopération entre les autorités chargées de faire appliquer la législation en ce qui concerne les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire (débat)
Madame la Présidente, l'objectif de la directive sur les pratiques commerciales déloyales est de renforcer le pouvoir de négociation de nos agriculteurs face à des acheteurs extrêmement puissants et concentrés. Dans quel monde peut-on tolérer des représailles contre des fournisseurs qui auraient refusé de se soumettre à des pratiques abusives? Dans quel monde peut-on accepter qu'un agriculteur se voit imposer le refus d'un contrat écrit lorsqu'il en fait la demande? Cette situation, c'est celle de David contre Goliath. Mais ici, c'est David qui nous nourrit. 80 % de la matière première agricole est négociée dans des centrales d'achat européennes pour échapper aux législations nationales plus contraignantes en termes de construction du prix en marche avant. La grande distribution ne joue pas le jeu. Elle écrase les prix et étouffe celles et ceux qui nous nourrissent. Ce règlement donnera aux autorités de contrôle nationales les moyens de s'échanger des informations et de s'adresser mutuellement des demandes d'enquête, en somme, de faire respecter les règles au profit des agriculteurs. Je sais pouvoir compter sur votre soutien pour que l'ensemble des textes législatifs européens redonnent à nos agriculteurs la dignité qu'ils méritent.
Situation dans le nord-est de la Syrie, violence à l'encontre des civils et nécessité de maintenir un cessez-le-feu durable (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, en Syrie, des communautés entières vivent dans la peur, notamment les Kurdes, qui jouent depuis des années un rôle essentiel dans la lutte contre Daech, au prix de lourds sacrifices. Malgré le cessez-le-feu, le souvenir des massacres commis en 2025 contre les Alaouites et les Druzes reste vif. L'Europe ne peut pas minimiser les violences contre les minorités de Syrie. Or, l'Agence européenne pour l'asile explique très sérieusement dans son dernier rapport que la persécution des chrétiens en Syrie serait rare. Des attentats meurtriers visant directement les fidèles, des femmes enlevées, des communautés effacées, mais: «rare»? À l'inverse, pour les personnes ayant des liens avec Daech, la protection par l'asile serait, je cite, en général acquise. L'Agence prend pour exemple 9 000 hommes détenus sans procès équitable, et qui seraient ainsi exposés à une persécution justifiant l'asile, à condition de ne plus être actuellement membre de Daech. L'Europe a trouvé la nuance morale du siècle: les victimes doivent convaincre et les anciens bourreaux peuvent se contenter de la présomption d'innocence. Cette orientation politique assumée par une agence placée sous l'autorité de la Commission pose une question simple: l'Europe aurait-elle fait son choix entre les chrétiens et les anciens terroristes?
Mise en œuvre du régime de conditionnalité liée à l'état de droit (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l’état de droit n’est pas une incantation morale que l’on brandit, à géométrie variable. Nous avons construit un règlement sur la conditionnalité qui repose sur une idée simple: l’accès aux fonds de l’UE est indissociable de nos valeurs. Mais une question demeure: la conditionnalité s’arrête‑t‑elle là où commencent les subventions? La Cour des comptes européenne évoque un véritable casse‑tête pour retracer l’usage de plusieurs milliards d’euros versés à des ONG écologistes sur la base de simples déclarations sur l’honneur, particulièrement dans le cadre du programme LIFE, qui finance allègrement les promoteurs d’un agribashing destructeur. Plus préoccupant encore: certaines subventions octroyées par la Commission ont pu servir à financer du lobbying politique, des stratégies de judiciarisation ou des campagnes de pressions ciblées contre des décisions démocratiques adoptées par notre Parlement, comme l’a documenté la Cour des comptes. L’argent public fabrique alors un faux consensus et brouille la séparation des pouvoirs prévue dans les traités. La Commission ferme aussi les yeux sur certains circuits de financement venus de l’extérieur de l’Union. Car lorsque des ONG bénéficiant de fonds européens sont aussi financées par des entités ou fondations étrangères dont l’agenda est hostile à nos valeurs, il ne s’agit plus d’un détail comptable, mais bien de cohérence démocratique. Cette incohérence se retrouve aussi dans nos programmes les plus emblématiques, comme Erasmus, qui ne peut pas devenir un angle mort de notre état de droit. En clair, les ennemis de l’Europe ont parfois pu trouver chaussure à leur pied et financement à leur bourse. L’Union ne peut pas être intraitable sur l’état de droit et naïve sur l’attribution de ses financements.
Évolutions récentes en Palestine et au Liban (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, le lien entre l‘Europe – et la France, en particulier – avec le Liban est ancien, profond, organique. Pays d‘une extraordinaire diversité religieuse et culturelle, au cœur d‘une région hautement inflammable, le Liban est aujourd‘hui, entre autres, sous l‘emprise du Hezbollah, qui mine l‘État, confisque la souveraineté et entraîne le pays dans une instabilité permanente, où l‘État a malheureusement failli. Pourtant, le peuple libanais, faisant preuve au quotidien d‘un courage exemplaire, continue de croire en son avenir. L‘État libanais doit reprendre le contrôle pour que la souveraineté nationale soit enfin restaurée, et l‘Europe doit être au rendez-vous: dans la reconstruction, dans l‘aide macrofinancière, mais aussi et surtout dans le fléchage rigoureux des aides, qui doivent être réellement et directement au bénéfice de la population – je pense notamment au système éducatif, associatif et confessionnel, pilier de la population libanaise, aujourd‘hui et demain. Aider le Liban, c‘est contribuer à la stabilité de la région et investir dans notre avenir. Madame la Commissaire, l‘Union européenne envisage-t-elle, à la condition d‘un réel renforcement de l‘État libanais, une aide macrofinancière ou toute autre initiative ambitieuse en soutien au Liban?
Condamnation de l’attaque terroriste ayant ciblé les célébrations de Hanouka à Sydney et solidarité avec les victimes et leurs familles (débat)
Monsieur le Président, quinze morts dans l‘attentat antisémite de Sydney, et beaucoup de Juifs d‘Europe ont eu la même pensée, silencieuse, glaçante: cela aurait pu être moi, cela aurait pu être nous. Cette lucidité leur a été acquise par la force de l‘habitude, car, depuis des mois, ils savent que leur simple visibilité peut suffire à les désigner. Le massacre de Sidney est le résultat prévisible d‘années de déni, d‘ambiguïté, de lâcheté morale dans les pays occidentaux. À force d‘inverser le sens du mot «résistance», on tolère l‘appel à la violence dans les rues de nos démocraties. À force de fermer les yeux sur des slogans appelant à une intifada mondialisée, on feint de découvrir que cette violence traversant les océans est un mot d‘ordre duplicable et contagieux. Car les mots, lorsqu‘ils sont répétés, trouvent des bras armés. Une partie de la gauche européenne a multiplié les compromissions avec un islamisme politique et un antisémitisme qu‘elle refuse de nommer, préférant parler de «résistance» pour justifier le terrorisme, parler de «ressentiment» pour importer un conflit à de pures fins électorales. Elle ne peut aujourd‘hui dénoncer les conséquences d‘une haine qu‘elle a légitimée par l‘ambiguïté ou par la connivence. Si nous voulons être crédibles, il faudra le dire clairement. La complaisance face à l‘antisémitisme a un coût, politique et humain. Et pendant que certains soufflent sur les braises, nous continuerons, nous, à allumer des bougies par fidélité à ce que nos démocraties doivent défendre. Car la lumière n‘éteint pas seulement l‘obscurité, elle révèle aussi ceux qui ont choisi de l‘allumer.
Manifestations d’éleveurs à la suite de l’apparition d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse en France: implications de l’approche de l’UE en matière sanitaire et de santé animale (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la semaine dernière, le gouvernement français, sans envoyer aucun ministre ni représentant de l’État sur le terrain, a donné l’ordre d’attaquer les agriculteurs avec des tanks Centaure, des hélicoptères, du gaz lacrymogène. Ces scènes effroyables sont le symptôme d’un État qui, au lieu d’accompagner, frappe sourdement sans entendre la colère et le désarroi des éleveurs, à bout de souffle. Tout le week-end des agriculteurs, en France, ont manifesté pour crier leur détresse face à la gestion de la dermatose nodulaire. Les éleveurs savent faire preuve de responsabilité, mais ils veulent des certitudes. Monsieur le Commissaire, le protocole actuel impose l’abattage total d’un troupeau dès la détection d’un seul cas de dermatose nodulaire contagieuse. Pouvez-vous nous dire si cela est justifié en toute circonstance? L’Autorité européenne de sécurité des aliments est-elle aussi catégorique? Est-il possible que des solutions moins radicales soient étudiées et que nous puissions avoir une réponse rapide? La vaccination n’est pour l’instant pas généralisée pour ne pas perdre le statut «indemne» de la maladie. Pourtant, elle est une solution pérenne pour protéger nos exploitations. Je vous demande de réagir de manière coordonnée au niveau européen pour soutenir mais aussi anticiper les crises sanitaires à répétition, qui anéantissent des décennies de travail de plusieurs générations d’agriculteurs, à travers: – premièrement, la création d’une banque de données européenne qui puisse scanner les variants en cours d’apparition chez nous et ainsi anticiper l’arrivée de ces maladies; – deuxièmement, l’anticipation d’une production de vaccins européens à grande échelle et, à défaut, une contractualisation massive de stocks; – troisièmement, le renforcement d’une réserve de crise adéquate et la présence des instances européennes sur le terrain en ces temps difficiles. Monsieur le Commissaire, on n’éteint pas la colère avec des blindés ou du gaz lacrymogène, comme a tenté de le faire la France. C’est avec une véritable stratégie politique – et humaine, aussi – que nous y parviendrons.
Assassinat de Mehdi Kessaci: nécessité urgente d'une action ambitieuse à l'échelon européen contre le narcotrafic (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le 13 novembre 2025 à Marseille, le frère d’un militant engagé contre le narcobanditisme a été abattu – un assassinat de sang-froid sur fond de représailles. Ce meurtre n’est pas un fait divers: c’est le symptôme d’un échec européen collectif face au narcotrafic. La France a alerté: en avril dernier, le ministre de l’intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, a porté une réforme courageuse pour sortir le pays de ce piège: création d’un parquet national anticriminalité organisée, durcissement du régime carcéral des criminels les plus dangereux et refonte du statut du repenti sur le modèle italien. Adoptée malgré un Parlement fragmenté, cette réforme témoigne d’une volonté et d’une action politique claires. Mais soyons lucides: on ne gagnera pas cette guerre qu’au niveau des États membres. Le niveau européen vient de présenter un plan d’action contre le trafic de drogue: Agence de l’Union européenne sur les drogues, partenariats renforcés avec les pays tiers, investissements dans la recherche. C’est un pas dans la bonne direction, même s’il arrive un peu tard. Et puis il y a le niveau de nos villes: des grandes métropoles aux petits villages, plus aucun territoire, même rural, n’est épargné, en France. Les maires ont un rôle clé dans le continuum de sécurité – sans cet échelon de proximité, rien n’est possible. À Marseille, ces phénomènes sont connus depuis des années, et l’inaction municipale a un coût: celui de vies brisées. Monsieur le Commissaire, face à ces réseaux criminels transnationaux, la Commission est-elle prête à franchir un cap décisif en créant un parquet européen consacré à la criminalité organisée et au narcotrafic, sur le modèle du parquet européen financier? Le narcotrafic est déjà européen; la réponse doit l’être aussi.
Le 30e anniversaire du processus de Barcelone et le pacte pour la Méditerranée (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, lorsque je vous vois, je ne peux m'empêcher de penser, dans la mythologie grecque, au châtiment des dieux infligé à ces pauvres Danaïdes condamnées à remplir pour l'éternité un tonneau percé. Ainsi en va-t-il de la Commission qui condamne les députés à la vigilance permanente. Trois jours seulement après que nous avons interdit de financer toute entité liée à l'islamisme, au terrorisme et à l'antisémitisme, vous proposez d'étendre Erasmus à la Syrie, à l'Algérie, aux territoires palestiniens dans le cadre de ce pacte. Trois jours! Même les dieux de l'Olympe respectaient un minimum de transition avant de se contredire. Vous assumez ouvertement – ce n'est pas de la désinformation – que ce pacte servira à faciliter la délivrance des visas et de nouvelles voies légales de main-d'œuvre. Nous proposons au contraire que la coopération aide la jeunesse méditerranéenne à mieux vivre dans son pays. Vous prétendez diffuser nos principes démocratiques dans des pays autoritaires. Nous proposons au contraire de différencier les pays du pacte, de prendre en compte leur réalité politique, leur degré de liberté, leur niveau de sécurité et de lutte contre l'islamisme et le terrorisme dans des politiques de coopération non uniformes. Vous avez déjà du mal à contrôler les fonds versés à des partenaires tiers associés à Erasmus. L'exemple de l'université de Gaziantep en Turquie, dont le recteur faisait l'éloge du Hamas, en est la preuve. Nous exigeons au contraire un renforcement du contrôle des fonds européens et une surveillance accrue de ces bénéficiaires. La pétition que nous avons lancée avec François-Xavier Bellamy a déjà rassemblé des dizaines de milliers de signatures. Elle envoie un message clair: Erasmus doit rester européen. Voilà pourquoi, Madame la Commissaire, je me battrai pour que mon châtiment, contrairement à celui des Danaïdes, ne soit pas éternel.
Renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire (A10-0161/2025 - Céline Imart) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, merci à tous. Je propose que ce rapport soit renvoyé en commission, conformément à l'article 60 du règlement intérieur, afin d'engager les négociations interinstitutionnelles.
Monsieur le Président, chers commissaires, en ce jour anniversaire des massacres du 7 octobre et, en cette année – faut-il le rappeler? – qui marque les 80 ans de la libération d'Auschwitz, l'Histoire devrait nous rappeler jusqu'où peut mener le poids de nos compromissions. Combien d'étudiants juifs demandent des dérogations pour ne pas se rendre à l'université parce qu'ils y sont menacés, pris à partie par leurs camarades, dans le silence assourdissant de leur direction? Combien de pères de famille se font agresser sur les places et tabasser le soir parce qu'ils sortent de la synagogue avec une kippa le soir de shabbat, alors que le Juif redevient un ennemi public en Europe? Est-ce le moment de faire un cadeau au Hamas, comme la reconnaissance anticipée de l'État de Palestine ou la remise en cause par la Commission du partenariat commercial avec Israël? L'importation du conflit du Proche-Orient en Europe ne fait qu'alimenter l'antisémitisme. Cessons de montrer des signaux de faiblesse face à ce fléau et méditons cet avertissement d'Hannah Arendt, qui a si bien pensé nos désastres du XXᵉ siècle: «S'ils cessent de penser, chaque humain peut agir en barbare».
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je vous remercie pour vos apports à ce débat sur l'OCM, que je prends bien évidemment en compte, que ce soit sur la contractualisation obligatoire, les dérogations interprofessionnelles ou les relations avec les coopératives. Je me focaliserai dans ma réponse sur les interpellations constantes du groupe des Verts/ALE, en leur faisant peut-être deux petits rappels sur le fonctionnement normal d'une démocratie. Premièrement, j'explique au groupe des Verts/ALE que, dans une démocratie, il est normal et même sain d'avoir des désaccords entre les différents groupes. En revanche, cela ne nous autorise en aucun cas à mentir dans le débat. Je crois fondamentalement que l'honnêteté et l'élégance sont des valeurs importantes dans la vie, mais aussi en politique. Ainsi, quand j'entends la mauvaise foi avec laquelle M. Waitz et Mme Strolenberg – qui a malheureusement quitté l'hémicycle – parlent de ma supposée volonté de boycotter ou d'interdire les protéines végétales, je tiens à dire que c'est un mensonge. Je ne souhaite en aucun cas interdire les ersatz de viande à base de produits de laboratoire ou de végétaux. Simplement, je ne veux pas que ceux-ci puissent bénéficier des appellations de viande, qui sont destinées, selon moi, à promouvoir la qualité du savoir-faire de nos éleveurs et à être extrêmement transparentes avec le consommateur. Deuxièmement, petite leçon de démocratie à destination de M. Everding: ce ne sont pas les juges qui font la loi. Les membres de la Cour de justice de l'Union européenne rendent des jugements sur la base de la loi, et la loi est écrite par les parlementaires. C'est ce que l'on appelle la séparation des pouvoirs. Le Parlement et le Conseil sont les colégislateurs qui écrivent la loi, et la Cour de justice juge sur la base de ces textes. Enfin, sur les dénominations liées à la viande, je souligne une forme d'hypocrisie de la part de ceux qui passent leur temps à dénoncer une prétendue «industrie de la viande» et qui sont bien souvent les premiers défenseurs des géants agroalimentaires qui produisent des substituts végétaux ultra-transformés et qui, demain, seront aussi aux avant-postes pour commercialiser des substituts de laboratoire. Cette bataille n'est pas qu'une querelle sémantique; c'est un combat pour la transparence, pour le respect des éleveurs et pour notre souveraineté alimentaire.
Madame la Présidente, chers collègues, ce rapport est le fruit de longs mois de travail avec un seul objectif: renforcer la place de nos agriculteurs dans la chaîne de valeur et garantir leur revenu, l'une de leurs principales revendications lors des manifestations de 2024. Monsieur le Commissaire, vous avez défendu cette première proposition législative du mandat avec beaucoup de courage. Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais s'il y a bien un combat que nous partageons profondément, c'est plus de revenus et moins de normes. Le cœur de cette réforme est simple: sécuriser l'agriculteur avec un contrat conclu avec son premier acheteur. Il faut mettre fin à la précarité de relations commerciales trop souvent déséquilibrées et garantir une rémunération juste pour ceux qui nous nourrissent, à travers la prise en compte des coûts de production. Cet objectif est toutefois abordé avec pragmatisme: un contrat peut être un simple courriel ou un engagement sur une application mobile, et des dérogations sectorielles à l'échelle nationale sont prévues pour les filières qui en feront la demande. La première levée de boucliers face à ce texte, pourtant équilibré, est venue des coopératives. Beaucoup d'entre elles m'ont fait un procès d'intention, m'accusant d'être leur ennemie déclarée, ce qui est faux. Elles sont importantes, mais elles ne peuvent pas pour autant se soustraire à toute règle sur le seul fondement qu'elles sont composées d'agriculteurs coopérateurs. Elles doivent aux agriculteurs une information claire, en particulier sur les prix. Il ne s'agit pas de démolir un modèle, ni de demander des écrits à tout-va, mais simplement d'avoir plus de transparence. Imaginez que vous arriviez dans un magasin de chaussures et qu'au moment de passer à la caisse, vous puissiez redéfinir l'ensemble des prix affichés au motif que le noir d'une chaussure n'est pas assez noir pour vous ou que le modèle n'est pas rigoureusement le même que celui décrit dans le catalogue. On vous prendrait pour un fou. Pourtant, c'est la réalité à laquelle les agriculteurs sont parfois confrontés. Je le dis donc: le Copa-Cogeca, pour certains, ne défend plus les agriculteurs, et je m'en désole. À l'inverse, d'autres syndicats agricoles de plusieurs pays européens, notamment la France, l'Italie et l'Espagne, ont fait entendre une voix dissonante en appelant à soutenir les compromis du texte, et je m'en réjouis. Alors que le vote approche, je veux également insister sur deux autres points essentiels de mon rapport. Le premier concerne la protection des dénominations liées à la viande. Je l'assume: un steak, une escalope ou une saucisse sont des produits issus de nos élevages. Point. Pas d'ersatz de laboratoire, pas de produit végétal. Il s'agit de transparence et de clarté pour le consommateur et de reconnaissance pour le travail de nos éleveurs. Car l'élevage, au-delà d'être une activité économique, a un impact social et environnemental essentiel dans des territoires parfois isolés, où il préserve aussi les paysages et la biodiversité. Il n'est aucunement question d'interdire les alternatives végétales, mais je suis attaché à la valorisation des termes, à leur sens véritable, à leur portée. La deuxième levée de boucliers sur cette disposition est venue de la grande distribution, notamment allemande, mais sa critique ne reflète pas la réalité du texte. On ne peut pas, sous couvert de prétendre défendre le prix le plus bas pour le consommateur, piétiner un texte qui renforce la position des agriculteurs et la valorisation de leur production. Le second point concerne la préférence européenne. Le Made in Europe est sur toutes les lèvres, parce qu'aujourd'hui, nous importons 20 % des denrées alimentaires que nous consommons, et ce chiffre est alarmant. Dans un monde instable, une Europe forte doit avant tout garder et conquérir sa souveraineté alimentaire. Je vous appelle donc, en conclusion, à voter demain en faveur de ce texte essentiel pour nos agriculteurs. Derrière chaque exploitation, il y a des visages, des vies, des familles qui travaillent sans relâche, parfois sept jours sur sept, pour nous nourrir. Le revenu agricole n'est pas qu'une statistique ou un chiffre abstrait; c'est une question de justice, de dignité et parfois même de survie. Je me battrai jusqu'au bout pour que ce texte soit adopté et je remercie tous les députés de tous les groupes qui l'ont soutenu. Quand je pense à ceux qui produisent notre nourriture, qui sont les sentinelles de nos paysages et de notre identité, quand je pense à leur combat difficile et à leur engagement quotidien, je vous le dis: ce texte, c'est le minimum que nous leur devons.
Une nouvelle vision pour les alliances «universités européennes» (A10-0135/2025 - Laurence Farreng) (vote)
Madame la Présidente, chers collègues, à l'heure où l'antisémitisme sévit partout en Europe, nos universités doivent être des sanctuaires où chacun doit pouvoir étudier librement sans jamais être menacé. C'est aussi le cas des députés européens, qui devraient pouvoir s'exprimer sans jamais être menacés, comme ce fut malheureusement le cas de François-Xavier Bellamy. C'est pourquoi, avec de nombreux collègues de notre groupe, nous souhaitons vous proposer cet amendement: «déplore la décision de l'Université libre de Bruxelles, membre du réseau des alliances “universités européennes”, de confirmer le nom de Rima Hassan pour la promotion 2025 de sa faculté de droit, et ce malgré ses déclarations visant à légitimer l'attaque terroriste du 7 octobre 2023 ainsi que les exactions du Hamas; condamne les violences subies par les étudiants juifs lors de manifestations organisées en 2024 et 2025 sur le campus de l'université; demande à la Commission de suspendre sans délai les fonds alloués à cette université, jusqu'à ce que la sécurité des étudiants juifs y soit garantie et que les valeurs de l'Union y soient à nouveau pleinement respectées».
Décision injustifiée de la Chine d’imposer des droits de douane sur les importations de produits à base de porc en provenance de l’UE et nécessité de soutenir les agriculteurs et les travailleurs européens (débat)
Monsieur le Président, tout est bon dans le cochon et surtout dans le cochon européen. Ce n'est malheureusement pas l'avis des Chinois, qui se vengent sur ses pieds, ses oreilles, ses abats, en représailles des mesures européennes sur les véhicules électriques. Encore une fois, les Chinois tapent là où ça fait mal. Avec des droits de douane élevés, c'est tout le commerce avec la Chine qui est en péril pour la filière. Or, ce sont ces parties du porc que nous ne consommons pas en Europe et qui trouvent leurs débouchés là-bas. C'est vital pour l'équilibre de la filière et ce blocage chinois aura des conséquences concrètes pour les consommateurs, l'envol des prix. Après l'accord avec les États-Unis, les droits chinois sur le cognac, l'heure n'est plus au laisser-faire. L'Europe doit montrer les muscles. Nous avons des instruments anti-coercition efficaces qui permettent aussi de riposter avec force lorsque nos producteurs sont attaqués. Ce sont des outils que nous pouvons mobiliser pour faire plier les autorités chinoises. Leurs mesures sont parfaitement illégales. Pékin sort le bazooka, sortons le char d'assaut, sinon nous perdrons toute crédibilité aux yeux de nos producteurs, de nos citoyens. C'est la nouvelle réalité du commerce international. Les règles du jeu ont changé et l'Europe doit être forte pour défendre nos intérêts sans trembler.
Mise en oeuvre de l’accord commercial UE-États-Unis et perspective d’accords commerciaux plus larges de l’Union (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le 27 juillet dernier, la présidente de la Commission européenne a, au détour d'un parcours de golf, entériné un accord complètement déséquilibré: accès libre et sans taxes pour les importations américaines contre 15 % pour nos exportations européennes. Je mesure la complexité du sujet. Je connais le caractère imprévisible du partenaire américain. Je suis consciente que nos entreprises et nos secteurs ont besoin de clarté et de stabilité, mais l'Europe a été piétinée, le Parlement européen écarté, l'accord conclu dans l'opacité. Ce n'est pas un compromis, c'est une capitulation. Ajoutons à cela la promesse de 1 200 milliards d'euros d'investissements européens sur le sol américain: énergie, secteur stratégique, plus intelligence artificielle, sans oublier les promesses d'achats militaires. Nous finançons avec l'argent de nos contribuables la réindustrialisation des États-Unis et, ce faisant, sacrifions notre souveraineté. Monsieur le Commissaire, poursuivez ces négociations, défendez la dignité de nos États et les intérêts de nos filières et, si la renégociation s'avère impossible, servez-vous des outils de défense commerciale comme l'outil anti-coercition que ce Parlement vous a donné. Car si l'Europe est un géant économique, cette négociation désastreuse nous rappelle que nous restons un nain politique.
Gaza au point de rupture: action de l’Union pour combattre la famine, urgence de la libération des otages et progrès vers une solution fondée sur la coexistence de deux États (débat)
Madame la Présidente, Madame la Haute représentante, 703 jours. 703 jours depuis que le Hamas a arraché des civils à leur vie lors d'un attentat d'une brutalité sans précédent. 703 jours d'angoisse insoutenable pour les familles et 703 jours que nous martelons, avec mes collègues du groupe PPE, la même exigence: la libération immédiate des otages, incontournable pour toute négociation. Pourtant, pendant ce temps, certains pays comme le mien ont choisi de reconnaître l'État de Palestine, mais les conditions ne sont pas encore réunies, car ce sont, en reconnaissant l'État de Palestine, les massacres du 7 octobre qu'on valide. La reconnaissance de l'État de Palestine devrait être envisagée après la libération des otages israéliens, avec un apport effectif de l'aide humanitaire à la population de Gaza et l'instauration d'un cessez-le-feu de part et d'autre. L'Europe ne peut pas négocier sous la menace des armes. La reconnaissance mutuelle des deux États est indispensable, mais vouloir bâtir cela au milieu du chaos, c'est une folie qui compromettrait la crédibilité et l'unité de l'Europe. L'heure n'est plus à la diplomatie des bons sentiments. Nous devons mobiliser notre énergie pour une seule priorité: la libération des otages et la fin de la souffrance de tous les civils.
Madame la Présidente, monsieur le Commissaire, la PAC, ce sont les racines et les ailes de l’Europe. Soixante ans après ses débuts, elle reste plus stratégique que jamais, à l’heure où l’arme alimentaire est utilisée comme un hochet par les puissances de ce monde. L’agriculture est un pilier, pas une ligne d’ajustement d’un tableau Excel, et le budget qui lui est consacré ne survivrait pas à une baisse de 15 points. Une fusion dans le fonds unique mettrait le soutien à l’agriculture en concurrence avec le soutien à la construction de ronds-points. Monsieur le Commissaire, vous êtes un allié sincère du monde agricole. Vous l’avez prouvé en rompant avec les vieux démons du pacte vert et avec les annonces de la simplification, au printemps. Votre intelligence du terrain tranche avec la gestion verticale et déconnectée de la présidente von der Leyen, à qui vous transmettrez de ma part une piste d’économies sur les 5,4 milliards d’euros du programme LIFE. Ces financements servent une nébuleuse d’ONG qui sapent les fondements de notre agriculture en prétendant défendre l’environnement. Un exemple dans ma région, où l’une d’entre elles, qui reçoit 9 millions d’euros, s’engage dans des manifestations interdites pour se confronter aux forces de l’ordre en arborant fièrement des drapeaux palestiniens et LGBT. Cet argent serait mieux employé dans les cours de nos fermes.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, America First est plus qu'un slogan, c'est une arme qui menace, qui taxe et qui fonctionne. Pendant que Trump s'arme d'une hache pour nous faire plier, la Commission affûte son couteau à beurre. Trop gentille, Trop faible. Trop tard. Quand on négocie face à un bulldozer, il faut être un mur, pas un gruyère. Aujourd'hui, nos produits européens taxés à 10 % a minima, ce n'est pas qu'une ligne comptable. Ce sont des agriculteurs qui s'inquiètent pour leur avenir, des familles qui redoutent de tout perdre, des territoires qui retiennent leur souffle. Je préfère que l'Europe soit à la table des négociations plutôt qu'au menu des représailles. Mais ce qui se prépare, c'est un accord au rabais, nécessaire, mais non suffisant. Nos entreprises n'attendent plus Bruxelles et négocient directement à Washington, et elles ont malheureusement raison. Pour le président américain, un constructeur qui emploie des milliers de personnes pèse beaucoup plus qu'une présidente mal élue et à la gouvernance solitaire. La réalité, c'est qu'il faut préparer le coup d'après, appliquer les recommandations du rapport Draghi, protéger nos secteurs stratégiques et une véritable souveraineté économique. Si l'Europe joue aux échecs contre un joueur qui mange les pièces, tâchons d'avoir toujours un jeu de rechange.
La situation au Proche-Orient (discussion commune)
Monsieur le Président, Madame la Haute représentante, je me réjouis que le Parlement européen organise un débat sur la situation au Proche-Orient, car ce sujet mérite mieux que les gesticulations de quelques influenceurs en mal de «likes» jouant à se faire peur sur un voilier. Le 7 octobre 2023, le monde a basculé dans l'horreur. Les terroristes du Hamas, soutenus par l'Iran et par certains agents de l'UNRWA, ont perpétré une attaque barbare, exterminant des civils, des femmes et des enfants. Ce massacre n'est pas un détail de l'histoire. Il est le point de départ de toute la souffrance humaine au Proche-Orient, qui est un véritable crève-cœur. Pendant ce temps, l'Iran arme, finance, alimente le chaos, depuis Gaza jusqu'au Liban, depuis le Yémen jusqu'à la Syrie. Ce régime théocratique, obsédé par la destruction d'Israël, est le pyromane régional qui menace l'équilibre mondial en faisant de la guerre par procuration une doctrine d'État, avec le Hamas comme bras armé. Alors oui, il faut le rappeler, Israël est notre allié et notre partenaire économique, et l'un de nos remparts face à l'islamisme. Et il doit le rester. Entre le terrorisme et la démocratie, mon choix est fait. La France et l'Europe seraient bien inspirées de faire…
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le Service européen pour l'action extérieure est une pièce maîtresse de notre politique d'influence. Il ne peut se contenter de faire de la diplomatie tous azimuts avec le chéquier européen à la main. S'il continue à soutenir, en finançant l'UNRWA, des structures infiltrées par la haine comme le Hamas, il engage bien plus que des lignes budgétaires: il engage notre crédibilité. L'aide humanitaire est le reflet de nos propres valeurs. Oui, des jalons ont été posés. Oui, des audits et un renforcement des systèmes de contrôle interne sont prévus et nous serons extrêmement vigilants à ce qu'ils soient effectifs. N'en déplaise à la gauche et aux Verts, on ne peut sauver l'honneur d'une politique en fermant les yeux sur ce qu'elle finance. À Gaza, les garanties fondent plus vite que les otages ne sont libérés. L'argent des contribuables européens ne peut pas servir de blanc-seing pour financer l'idéologie du Hamas, la haine, la violence et l'endoctrinement, en particulier des enfants. Je salue dans ce texte des avancées sensibles en termes de rigueur budgétaire et de vigilance éthique, notamment le message clair selon lequel la reconstruction à Gaza ne commencera que lorsque les otages seront libérés, la reconnaissance explicite du problème des contenus des manuels scolaires, le renforcement des audits et des contrôles des fonds par l'Union européenne, et la nécessité de la mise en conformité avec les normes de l'UNESCO. Ce texte marque donc une avancée appréciée. Nous veillerons à la mise en œuvre des exigences que nous portons de longue date. Chaque euro versé doit être traçable, conditionné et contrôlé pour que l'argent européen cesse de circuler n'importe comment et n'importe où, peut-être même dans les tunnels.
Une menace à la liberté d’expression en Algérie: la condamnation à cinq ans de prison de l’écrivain français Boualem Sansal (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, cent trente-huit jours, c’est la durée depuis laquelle Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, est incarcéré dans les geôles algériennes. Depuis plus de quatre mois, l’Algérie se déshonore en enfermant un homme parce qu’il a exercé son droit le plus élémentaire: dire et écrire ce qu’il pense. Boualem Sansal, c’est une voix libre, profondément européenne, un auteur majeur, lauréat de prestigieux prix littéraires, et qui a offert à l’Europe des œuvres très éclairantes sur les dangers du totalitarisme et de l’extrémisme religieux. Son engagement en faveur de la liberté d’expression et de la liberté de conscience incarne ce que l’Europe défend, ce qu’elle est, ce que nous sommes. Je le cite: «L’histoire n’est pas l’histoire quand les criminels fabriquent son encre et se passent la plume. Elle est la chronique de leurs alibis. Et ceux qui la lisent sans se brûler le cœur sont de faux témoins.» Boualem Sansal est aujourd’hui un citoyen européen âgé, malade, prisonnier politique, qui se défend seul face à un régime qui a récusé son avocat simplement parce que cet avocat était juif. Après l’adoption quasi unanime d’une résolution par notre Parlement en janvier dernier, j’appelle encore les institutions européennes à agir pour sa libération. Quasi unanime, parce que les groupes politiques de la Gauche et des Verts ont l’indignation sélective. Ils préfèrent soutenir un régime tyrannique plutôt que de prendre la défense d’un citoyen européen. Abjecte et anecdotique trahison, tant leurs combinaisons politiques et leurs calculs sont insignifiants face à la force de Sansal et de son combat. Boualem Sansal aurait pu être un pont entre deux rives, et il est au contraire traité comme l’ennemi d’un système qui a décidé de le briser pour l’exemple. Fermer les yeux sur son sort, ce serait envoyer un signal glaçant à tous ceux qui osent encore penser et écrire librement. Ce serait trahir un homme, un œuvre et un combat exemplaires. C’est sa liberté qui est en jeu, mais c’est aussi la nôtre. Agissons!
Situation tragique à Gaza et nécessité de revenir immédiatement à une mise en œuvre intégrale de l'accord de cessez-le-feu et de libération des otages (débat)
Que le Hamas cesse de prendre comme boucliers humains les civils à Gaza, et Israël pourra cesser de bombarder les hôpitaux et les écoles! On ne pourra pas trouver de solution négociée à deux États tant que le Hamas continuera à refuser aux Gazaouis toute possibilité d’être représentés démocratiquement. Je n’ai aucune leçon à recevoir de vous, Madame, ni de groupes comme les vôtres, qui, sous prétexte d’antisionisme, sont ouvertement antisémites!