Répression politique et situation humanitaire à Cuba (débat)
Merci, cher collègue, d'accepter la blue card. Vous n'avez à la bouche que les mots «suspension», «sanction». J'essaie de comprendre, et j'essaie de comprendre pourquoi vous êtes dans cette logique-là, alors que la première mesure... Vous n'avez aucun mot, et je voudrais comprendre pourquoi vous n'avez aucun mot sur la levée du blocus qui touche Cuba depuis plus de six décennies. Parce que c'est là le levier, vous parlez de levier, mais c'est là le levier majeur. Et notre assemblée est totalement hors sol. Chaque année, l'Assemblée des Nations unies adopte une résolution pour demander la levée du blocus. Pourquoi vous, ici, vous ne faites pas vôtre cette demande légitime du peuple cubain?
La gouvernance de l’Union sous pression: réponses institutionnelles à des défis mondiaux (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire, l’Europe est confrontée à un environnement géopolitique de plus en plus brutal. Dans ce contexte, débattre des capacités d’action de l’Union dans le cadre institutionnel est important. Mais ce débat ne doit pas être confisqué par les technocrates. C’est la première chose. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de savoir comment l’Union peut décider plus vite, mais de savoir ce qu’elle décide, pour qui elle le décide et au service de quel projet politique. Et disons-le clairement, votre Europe, Monsieur le Commissaire, vous qui n’écoutez pas, celle de la concurrence libre et non faussée, celle du marché au service des industriels, celle des droits sociaux considérés comme des obstacles, est aux antipodes de notre Europe, celle du partage des richesses, des droits fondamentaux, de la justice sociale. Pas de faux débat entre nous. Oui, l’Union doit pouvoir agir plus vite face aux crises internationales, aux ingérences étrangères, aux menaces contre la démocratie, mais pas au prix d’un affaiblissement du contrôle démocratique des droits fondamentaux et de l'imposition de plus en plus de politiques libérales. Si la majorité qualifiée peut permettre d’obtenir des avancées sociales, alors débattons-en. Mais permettez-moi, dans la configuration actuelle de l’Union, d’en douter fortement. En attendant, nous ne voulons pas d’une remise en cause générale de l’unanimité sur tous les sujets. Les choix les plus sensibles, par exemple en matière de politique étrangère, doivent rester politiquement assumés par les États et démocratiquement contrôlés par les peuples. La même exigence vaut pour l’élargissement, qui ne sera un succès qu’en étant au service des peuples, de l’amélioration des conditions de vie de toutes et tous, pas pour devenir un outil de concurrence généralisée, de dumping social ou de révision à la baisse des standards européens. Cela veut dire pas d’élargissement à n’importe quel prix, pas d’élargissement qui organise l’exploitation des travailleurs, qui affaiblisse les droits syndicaux, la négociation collective, la santé et la sécurité au travail ou les services publics. L’accueil de nouveaux États ne doit se faire qu’autour d’un socle social ambitieux. En un mot: pas de puissance européenne sans justice sociale, pas d’élargissement sans projet social ambitieux, pas d’Europe forte sans droits fondamentaux.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Madame la Présidente, chers collègues, Axel avait seize ans. Il est mort en juin 2025 lors d'un stage obligatoire de seconde générale en entreprise. Les jeunes stagiaires ou apprentis sont particulièrement exposés aux accidents et rejoignent le cortège silencieux des travailleurs morts au travail ou du travail. Chaque jour en France, entre deux et trois salariés meurent au travail. Chaque année, en Europe, ce sont plus de 170 000 qui décèdent de maladie professionnelle. Derrière les chiffres, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées, des collègues traumatisés. Le 28 avril, Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, nous devons affirmer que la mort au travail n'est pas une fatalité, mais bien la conséquence de choix politiques. Elle est le résultat d'un modèle qui continue de fonctionner grâce à l'exploitation des corps et des esprits, qui considère la formation à la sécurité, la protection de la santé, l'amélioration des conditions de travail ou les contrôles de la réglementation du travail par les inspections comme des freins à l'accumulation capitaliste. Pour Axel, pour toutes celles et ceux qui, chaque année, sont victimes du travail, nous continuons le combat pour changer ce monde.
«Global Gateway» – incidences passées et orientation future (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Monsieur le Commissaire, le 28 juillet 1885, Jules Ferry défendait à l'Assemblée nationale les fondements de la politique coloniale par le besoin de débouchés de l'industrie française. 141 ans plus tard, rien n'a changé. «Global Gateway» est un instrument néocolonial au service de vos intérêts commerciaux et géostratégiques. Il donne la possibilité aux multinationales européennes de s'arroger des marchés publics liés au développement de grandes infrastructures dans les pays dits du «Sud global» et, in fine, de permettre la prédation des ressources naturelles de ces États. Le secteur privé engrange, les dettes publiques s'accroissent, les populations se paupérisent: voilà les ingrédients permettant à l'Occident de maintenir sa domination. Ce n'est pas la définition du multilatéralisme et de la politique de développement que nous portons. L'Union européenne doit réviser sa stratégie dans un cadre de coopération fondé sur le respect de la souveraineté des États, l'accès à l'autosuffisance alimentaire et énergétique, le partage des richesses et le respect des droits fondamentaux des peuples.
La montée de la violence politique, notamment de la part des organisations d’extrême gauche (débat)
Federico Martin Aramburu, Eric Casado Lopez, Mahamadou Cissé, Angela Rostas, Djamel Bendjaballah, Rochdi Lakhsassi, Hichem Miraoui, Aboubakar Cissé: voilà les noms des personnes mortes sous les coups de l'extrême droite en France depuis 2022. Vous êtes des assassins, messieurs et mesdames de l'extrême droite, et nous vous combattrons encore et…
Journée internationale de l’éducation et lutte contre les inégalités d'accès à l'éducation (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, l'école publique est l'un des instruments les plus efficaces pour lutter contre les inégalités sociales. Pourtant, un sabotage méthodique de ce précieux outil est orchestré par les libéraux souhaitant, comme toujours, réserver l'éducation aux seuls élites. En France, par exemple, il y a quelques jours, la coalition macrono-socialiste au pouvoir a voté la suppression de 4 000 postes de professeurs. C'est un nouveau fardeau venant s'abattre sur les enseignants, leurs élèves, qui subissent déjà le sous-financement chronique de leurs institutions et l'effondrement de leur salaire réel. Les fermetures de classes s'amplifient, les inégalités d'accès à une éducation de qualité s'accroissent, que ce soit en milieu urbain ou rural. En Europe, ces constats s'opèrent notamment sur les stages, qui se généralisent à tout âge, et dont la qualité repose le plus souvent sur un maillage interpersonnel, celui des parents. Lors de ces périodes de stage, les stagiaires sont soumis à des risques pour leur santé, leur sécurité physique, mais aussi mentale, y compris les violences sexuelles et sexistes. C'est pourquoi, dans cette enceinte, je me bats pour que soit instauré, à l'échelle de l'Union, un droit pour les stagiaires de se retirer d'une situation de travail dangereuse afin d'être pleinement protégés de ces risques.
Nouveau plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, la question portée par notre camarade Li Andersson souligne la réalité que les travailleuses et travailleurs vivent tous les jours. L'Europe traverse des mutations profondes, mais la réponse sociale, quand elle existe, arrive toujours après la casse – trop faible, trop tard, trop fragmentée. L'Europe du marché sacralise la compétitivité et justifie, tolère la précarité. Conséquence immédiate, le coût de la vie explose tandis que les salaires stagnent, les conditions de travail se dégradent, la pauvreté s'installe, y compris pour ceux qui ont un emploi ou un logement. Nous subissons le produit d'un modèle où la compétitivité passe avant la dignité, où la flexibilité est le maître mot, où la discipline budgétaire sert de prétexte à l'austérité sociale, et où l'on protège mieux les marges des capitalistes que les droits sociaux des citoyens. Madame la Commissaire, assez de communications. Nous voulons des règles contraignantes, applicables dans la pratique, contrôlées sur le terrain par des inspections du travail indépendantes, avec un budget européen et des financements conditionnés au respect des droits sociaux, des salaires et de la santé au travail, pas à la rentabilité de quelques-uns. Et j'en profite juste pour dire que l'extrême droite, qui ne cesse de refuser les blue cards, alors qu'ils prétendent défendre les droits des travailleurs, sont des imposteurs.
Initiative citoyenne européenne ‘My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible’ (débat)
Madame Dieringer, chère collègue, le «business» de l’avortement: voici en fait un discours clair de votre part, un discours clairement réactionnaire. En France, vos amis du Rassemblement national, qui siègent dans le même groupe que vous, ici, au Parlement européen, nous font croire qu’ils combattent l’avortement. Mais la vérité et la duplicité de leur discours, elles se révèlent dans votre intervention et dans celles que nous avons entendues dans les rangs de l’extrême droite depuis le début de ce débat. Voilà le vrai visage de l’extrême droite européenne. Nous continuerons de la démasquer et nous continuerons de vous combattre.
Conséquences de la situation géopolitique sur les patients européens et leur accès aux médicaments (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire, 39: c’est le pourcentage de Français indiquant avoir subi en 2024 des pénuries de médicaments. La France ne fait évidemment pas exception; 21 États membres déclarent subir le même phénomène. La faute au laisser-faire capitaliste qui règne en maître ici, au Parlement et au sein de l’Union. Comment en serait-il autrement, d’ailleurs, dans une Europe qui abandonne aux grands groupes pharmaceutiques tous les pouvoirs, en les laissant délocaliser à l’autre bout du monde et organiser sciemment des pénuries de médicaments pour faire toujours plus de profits, avec pour effet de laisser sur le carreau travailleuses et travailleurs et de renforcer notre dépendance aux pays tiers? Mais comment ferions–nous demain, Monsieur le Commissaire, pour nous soigner si des tensions advenaient avec l’Inde ou la Chine, alors que ces pays fabriquent à eux deux 80 % des génériques du monde? L’Union européenne, sur ce sujet comme sur les autres, doit changer de matrice. L’avenir du médicament, quel que soit le contexte géopolitique, passe par une planification industrielle, avec un pôle public de médicaments, la relocalisation des médicaments essentiels, ou encore le contrôle et la stricte conditionnalité sociale et environnementale des aides aux entreprises. C’est l’enjeu des combats populaires que nous menons avec La France insoumise.
Manifestations d’éleveurs à la suite de l’apparition d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse en France: implications de l’approche de l’UE en matière sanitaire et de santé animale (débat)
Monsieur McNamara, j’entends que vous interpellez, en Irlande, votre gouvernement. Alors j’ai une question à vous poser, parce qu’en fait vous êtes dans le même groupe, Renew, que les macronistes français, qui, ce soir, dans cet hémicycle, ne sont pas là. Eux qui, en France, conduisent une politique criminelle, eux qui conduisent une politique qui met à bas les cheptels. Juste une question, M. McNamara: savez-vous où sont passés les macronistes français?
Stratégie de l’UE en faveur des droits des personnes handicapées après 2024 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, ce rapport nous permet de rappeler une réalité brutale: au travail, les personnes en situation de handicap, et encore plus gravement les femmes, restent surexposées aux accidents, à la précarité et au chômage. La mise en œuvre de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes en situation de handicap reste très inégale au sein de l'Union, alors même que cette convention permet avant tout de protéger la santé et la dignité de toutes et tous. Si nous voulons une stratégie 2025-2030 crédible, elle doit commencer par traiter les questions de santé, de sécurité et de conditions de travail. Cela veut dire intégrer clairement le handicap dans toute la législation santé et sécurité au travail, renforcer les inspections du travail et conditionner les fonds européens au respect des règles de prévention, d'accessibilité et d'adaptation des postes: pas d'argent public pour les employeurs qui discriminent ou exposent des travailleurs en situation de handicap à des risques évitables. Et quand un accident du travail arrive, la responsabilité des employeurs doit être pleinement engagée. Ils doivent en assumer le coût en adaptant durablement les postes aux situations de handicap pour les travailleuses et travailleurs victimes.
Mise en œuvre de l'accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Monsieur le Commissaire, je partage vos préoccupations sur les conséquences de l'augmentation des frais de scolarité et de la diminution des bourses pour les étudiants européens souhaitant étudier au Royaume-Uni. Nous devons tout faire pour que notre jeunesse puisse librement faire ses choix en matière d'études et d'apprentissage, quelle que soit sa classe sociale, sa provenance géographique ou ses capacités motrices. Mais quelle hypocrisie! Quelle hypocrisie des macronistes qui siègent dans cet hémicycle et qui s'émeuvent de cette situation! Les mêmes qui, dans mon pays, en 2018, ont multiplié par seize les frais d'inscription pour les étudiants étrangers, mettant ainsi un coup d'arrêt brutal à la mobilité étudiante internationale, notamment avec l'espace francophone. Les mêmes qui n'ont pas voté pour le repas à 1 euro pour toutes et tous, proposé par la France insoumise, alors que plus d'un étudiant sur trois vit avec un reste à charge de 100 euros par mois. Les mêmes qui refusent la mise en place d'un revenu d'autonomie à hauteur du seuil de pauvreté, alors que près de 80 % des étudiants sont dans le besoin. Alors, à toutes ces bonnes âmes, profitez des quelques mois qui vous restent sur vos strapontins. Et force à la jeunesse qui vous dégagera.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chers collègues, il est criminel de ne pas agir alors que chaque jour en Europe douze travailleurs, dont trois en France, meurent au travail. Avec ma collègue Marina Mesure nous avons bâti depuis le début de ce mandat – avec des syndicalistes, des inspecteurs et inspectrices du travail, des associations de familles de victimes – une feuille de route «zéro mort au travail». Partout où nous la présentons, les témoignages sont les mêmes: le travail use, fatigue, blesse les corps et les esprits et, parfois, trop souvent, tue. L’accident du travail ou la maladie professionnelle ne sont jamais «la faute à pas de chance». Ils sont la résultante systémique d’une absence d’action et de volonté politiques qui permet au capital de continuer à accumuler toujours plus. Car, aujourd’hui comme hier, la santé et la sécurité au travail restent considérées comme un coût par la grande majorité des employeurs. La preuve en est ici, avec l’échec de la «vision zéro» de la Commission européenne, qui avait fait suite à une résolution de 2020 et qui devait éliminer les décès et réduire les maladies professionnelles d’ici 2030. Alors oui, l’inaction est criminelle.
Conséquences institutionnelles des négociations d’élargissement de l’Union (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Commissaire, nous le disons devant cet hémicycle, l'élargissement ne sera un succès que s'il est au service des peuples et de l'amélioration des conditions de vie, et non uniquement vu comme un outil géopolitique au service de logiques guerrières qui sont à des années-lumières des aspirations des peuples d'Europe. Mais votre Union européenne se résume, dans les faits, à un ensemble de moyens permettant une concurrence libre et non faussée, au service de la prédation des grands groupes capitalistes et d'une vision politique impérialiste. Un modèle dans lequel la question sociale est encore et toujours absente. Pourtant, l'accueil de nouveaux États devrait se concevoir et se réaliser autour d'un socle commun ambitieux de droits sociaux et de garanties collectives pour les travailleuses et les travailleurs: négociations collectives, hausse massive des salaires et des congés payés, renforcement des législations sociales, notamment en matière de respect de la santé et de la sécurité au travail, des moyens renforcés pour les inspections du travail, égalité réelle entre les femmes et les hommes au travail. Autant dire que nous ne cessons de nous éloigner de cet objectif, comme en atteste le cours réactionnaire de la Commission européenne et de ses relais au sein du Parlement, qui s'apprêtent à enterrer le devoir de vigilance des multinationales. Accueillir de nouveaux États devrait aussi permettre de protéger la mobilité des travailleurs en mettant fin au statut du travail détaché, pour que les travailleurs bénéficient de l'intégralité des droits sociaux du pays où ils sont employés. Voilà un moyen de mettre fin aux pratiques de dumping social comme fiscal, qui détruisent la vie de millions de salariés et de leurs familles. L'élargissement devrait être un levier de construction d'un continent plus juste, où les droits sociaux et les contre-pouvoirs démocratiques soient la règle, et qui rejette la concurrence généralisée, le dumping et la corruption. Ce n'est pas le sens du rapport qui nous est aujourd'hui proposé.
Stratégie politique de l'Union en Amérique latine (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, l'Amérique latine et les Caraïbes sont à nouveau victimes de l'hypocrisie du Parlement européen. Sous couvert d'une volonté de partenariat prétendument équitable, l'Union européenne s'érige en fer de lance du néocolonialisme. Car votre volonté est, comme hier, de faciliter l'accès aux ressources naturelles stratégiques de cette région pour les grandes entreprises de notre continent, et ce, au détriment des peuples et de la protection de l'environnement. Nous ne nous tairons pas pour dénoncer vos logiques prédatrices et extractivistes, votre vision destructrice et atlantiste des rapports de forces géopolitiques. Vous instrumentalisez la question des droits de l'homme en omettant toutes les atteintes émanant de gouvernements se situant à droite de l'échiquier politique. Quid du Pérou, de l'Équateur, de l'Argentine, où la séparation des pouvoirs et l'action de la société civile, des ONG et des syndicats sont attaquées par l'État? Les peuples sud-américains et caribéens méritent mieux que ce marchandage de bas étage. D'autres partenariats sont possibles, fondés sur le respect de la souveraineté des peuples, la solidarité et la protection des droits humains et de l'environnement.
Stratégie politique de l'Union en Amérique latine (débat)
Madame la Présidente, c'est un festival de poncifs que vous alignez, Monsieur Valet. C'est heureusement un one-man show qui dure à peine une minute, parce qu'il est désastreux. Vous n'avez pas un mot, Monsieur Valet – ou pire, vous offrez une caution totale – pour le régime de Bukele à El Salvador que vous idéalisez; un régime condamné par Amnesty International et d'autres organisations comme un régime autoritaire et réactionnaire, où les libertés fondamentales ne sont pas garanties. C'est certainement le modèle que vous, Mme Le Pen et M. Bardella, voulez en France. Nous, c'est celui des droits humains et des libertés, et vous êtes à rebours de ce modèle-là, Monsieur Valet.
Situation en Colombie après la vague d’attentats terroristes récents (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, la Colombie subit depuis plusieurs mois une vague d'attaques terroristes en lien avec le trafic de drogue ciblant civils et militaires. Nous condamnons ces attaques. Nous nous tenons aux côtés des familles de victimes et leur apportons notre soutien, tout comme nous apportons notre appui au président Petro et à son gouvernement dans leur lutte contre le narcotrafic. Nous saluons la mise en œuvre d'une politique de paix totale, basée sur le respect des droits de l'homme et la nécessité de s'attaquer aux causes profondes de la criminalité que sont notamment la pauvreté et l'exclusion sociale. L'indécente instrumentalisation politique du terrorisme à des fins électorales par la droite et l'extrême droite doit cesser. Plutôt que de jeter l'opprobre en espérant obtenir la chute du pacte historique en 2026, l'opposition devrait mettre son énergie dans la mise en œuvre des recommandations du secrétaire général de l'ONU liées à l'accord de paix. Nous appelons à ce que l'Union européenne agisse afin que cet accord soit pleinement appliqué. Le peuple colombien doit être protégé des logiques mafieuses et prédatrices, seule manière pour qu'il puisse jouir de sa tranquillité.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chers collègues, face à l'austérité, aux politiques libérales, au cours autoritaire qui s'abattent sur les citoyennes et citoyens d'Europe, l'heure est à l'émergence d'un nouveau printemps des peuples. Partout, des mobilisations populaires remettent en cause l'hégémonie des puissants et les régressions qu'ils cherchent à nous faire subir jusqu'à la lie. En France, le gouvernement Bayrou vient de tomber. Ce n'est qu'un début! Dès mercredi, autour du mot d'ordre «Bloquons tout», c'est dans la rue que travailleuses et travailleurs, jeunesse du pays, mouvements sociaux et syndicaux vont se retrouver. Le peuple français obtiendra la chute du monarque républicain Emmanuel Macron. Puis viendra le temps de la censure d'Ursula von der Leyen et de sa Commission de lobbyistes au service des accapareurs. Car c'est dans l'expérience pratique de la lutte que s'allume l'étincelle de la conscience révolutionnaire des exploités. Car, hier comme aujourd'hui, «celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes».
Implications institutionnelles et politiques du processus d'élargissement de l'Union et défis mondiaux (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Commissaire, l'élargissement ne sera un succès que s'il est au service des peuples et de l'amélioration des conditions de vie, et non uniquement vu comme un outil géopolitique au service de votre logique bloc contre bloc, logique guerrière qui est à des années-lumière des aspirations des peuples d'Europe. La clé du succès de l'élargissement sera d'abord conditionnée par une Europe plus démocratique, avec des institutions au service des citoyens et non un marché au service des industriels. Mais, disons le d'emblée, votre Union européenne peut aujourd'hui se résumer à un ensemble de moyens permettant une concurrence libre et non faussée au service d'une vision impérialiste. Notre Europe, celle que nous défendons, porte un projet de paix, de partage des richesses, de démocratie, d'accueil et d'humanité. À l'heure où les extrêmes droites arbitrent les décisions de notre institution, nous ne pouvons que constater les régressions de toutes parts, acclamées par les conservateurs et par les libéraux. Voilà l'Europe que vous proposez aux peuples de notre continent, celle de la catastrophe climatique et de la pauvreté généralisée, celle de la corruption et des discriminations, bref, une union à l'image d'Orbán et de Nawrocki. L'accueil de nouveaux États doit se faire autour d'un socle commun ambitieux de droits sociaux dans lequel la démocratie sociale, et notamment la négociation collective, doivent jouer tout leur rôle. Sinon, c'est l'exploitation des travailleurs, la course au moins‑disant social et environnemental qui s'imposera. Cela exige que les aides de préadhésion servent aussi à construire cette Europe du commun, avec des institutions fortes, transparentes, intègres, des inspections efficaces, des systèmes judiciaires indépendants. L'élargissement doit être un levier de construction d'un continent plus juste, où les droits sociaux et les contre-pouvoirs démocratiques soient la règle, qui rejette la concurrence généralisée, le dumping social, la corruption. En un mot, pas d'élargissement sans projet social ambitieux.
Tentative d'assassinat du sénateur Miguel Uribe et menace pour le processus démocratique et la paix en Colombie (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, la Colombie s'apprête à entrer dans une séquence de haute importance pour l'avenir du pays, notamment en ce qui concerne le maintien de la paix et la continuation de la révolution citoyenne mise en œuvre depuis 2022. La tentative d'assassinat de Miguel Uribe, potentiel candidat à l'élection présidentielle, est un acte odieux qu'il faut dénoncer. En démocratie, seul le peuple souverain doit pouvoir choisir ses représentants. Le recours aux tueurs à gages est une lâcheté sans nom. La vie politique colombienne est marquée depuis des décennies par ces assassinats politiques qui concernent également les défenseurs des droits humains et de l'environnement. Mais cette tentative d'assassinat ne doit pas être instrumentalisée par certains pour brider l'ambition des réformes sociales, dont celle du droit du travail souhaitée par le pacte historique. Je tiens à saluer l'action du président Petro qui a fermement condamné l'attaque, renforcé la sécurité des candidats à l'élection présidentielle et encouragé l'enquête diligentée par la procureure générale pour assurer la sécurité et la bonne tenue du processus électoral.
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, c'est formidable, formidablement hypocrite! Mme von der Leyen et M. Macron s'érigent en défenseurs des libertés académiques et politiques en octroyant l'accueil aux scientifiques étasuniens, par exemple, persécutés pour leur engagement en faveur de la Palestine. Ce sont les mêmes qui, ici, s'enlisent dans des circonvolutions pour ne pas dénoncer le génocide en cours à Gaza. Les mêmes qui, ici, frappent d'anathème les militants et les étudiants dénonçant les massacres de Tsahal; les mêmes qui, ici, accusent d'antisémitisme toute personne critiquant le gouvernement d'extrême droite de M. Netanyahou. Depuis que M. Macron est au pouvoir, le budget de l'enseignement supérieur par étudiant a baissé de 15 % en France. Une destruction méthodique de l'université publique a lieu sous nos yeux. Les universités ne parviennent plus à boucler leur budget et la précarisation des personnels et des étudiants atteint des niveaux records. Assez de cette hypocrisie et de ces plans de communication obscènes! Nous défendrons toujours les libertés politiques et académiques et les moyens nécessaires à leur expression, tout comme nous défendrons toujours l'accueil des réfugiés, peu importe leur origine.
La réponse de l'UE pour faire face au projet du gouvernement israélien de prendre le contrôle de la bande de Gaza ainsi que pour garantir l'acheminement effectif de l'aide humanitaire et la libération des otages (débat)
Monsieur Leggeri, ici, vous n'avez rien entendu, vous n'avez rien écouté. Vous n'avez pas entendu la présidente de la Slovénie le dire ici, dans cet hémicycle. Dans tout ce que vous avez dit, pas un mot pour le peuple de Gaza, pas un mot pour les massacres qui s'y déroulent et pour le génocide qui s'y tient. Voilà ce qu'est le Rassemblement national. L'humanité sélective, c'est votre lot quotidien: c'est une honte. L'histoire vous jugera, vous et vos amis, Monsieur Leggeri.
La réponse de l'UE pour faire face au projet du gouvernement israélien de prendre le contrôle de la bande de Gaza ainsi que pour garantir l'acheminement effectif de l'aide humanitaire et la libération des otages (débat)
Monsieur Guetta, vos amis macronistes en France ont, depuis plus d'un an et demi, apporté leur soutien inconditionnel aux massacres qui se déroulaient en Palestine et à Gaza. Aujourd'hui, alors que le vent tourne – car, demain, l'histoire jugera peut-être ceux qui ont été complices de ce génocide –, je vois que les opinions changent et les vôtres aussi. Dans ce cas, allez-vous vraiment tourner dans le sens de l'histoire qui vous rattrape, demander ici la suspension immédiate de l'accord d'association et ne plus laisser M. Netanyahou traverser l'espace aérien français, par exemple? Allez au bout. Soyez cohérent. Tournez, mais tournez vraiment.
Évaluation urgente de l'applicabilité de l'accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba (débat)
Merci, Monsieur Blaha, pour votre intervention. Lorsque j'entends notre autre collègue réagir, je me dis que la droite, au sein du Parlement européen, a vraiment deux doubles standards: une politique de migration à l'intérieur de ses frontières qu'elle veut interdire et une politique de migration pour les Cubains qu'elle veut autoriser. Vraiment, vous êtes ridicules!
Évaluation urgente de l'applicabilité de l'accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba (débat)
Madame Junco García, ce dont souffre Cuba, ce n'est pas, comme vous le dénoncez, du communisme. Ce dont souffre Cuba, ce n'est pas d'être une prison. La prison, Madame, c'est celle que, depuis plus de 60 ans, les États-Unis d'Amérique construisent à Cuba en ayant maintenu un embargo, un blocus, en ayant considéré Cuba comme un État terroriste. C'est une politique que vous soutenez, c'est celle qui affame le peuple cubain, c'est celle qui le dresse contre vous. C'est pour cela que notre solidarité avec Cuba est totale. Honte à vous!