Un plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique (débat)
Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je me félicite de la reconnaissance de l'agriculture biologique en tant que composante essentielle du cheminement de l'Union européenne vers des systèmes alimentaires plus durables. La voie à suivre pour accroître la consommation et la production de produits biologiques et atteindre l’objectif d’au moins 25 % de terres d’élevage biologique reste toutefois longue et difficile. Je voudrais donc souligner le rôle que les politiques publiques, en particulier la politique agricole commune, joueront dans cette direction, en aidant les agriculteurs dans cette transition, à la fois par un soutien financier et par des services de conseil et de formation. Dans le même temps, un développement harmonieux du secteur biologique impliquera également de se concentrer sur les marchés et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que de promouvoir des mesures qui stimulent la demande d’aliments biologiques, garantissant ainsi la prospérité et la stabilité du marché, une rémunération équitable pour les agriculteurs et des prix abordables pour les consommateurs.
Rapport d’exécution sur le bien-être des animaux dans les exploitations (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, nous savons que les animaux ont une valeur intrinsèque, quelle que soit leur utilité pour l'homme. Ils sont des êtres sensibles et, en tant que tels, ne peuvent pas être soumis à des traitements dégradants qui contredisent leur nature et les objectivent. Les animaux ne sont pas que des choses. La réglementation européenne a permis une évolution positive de la manière dont les animaux sont traités dans l'espace européen. Cependant, nous pouvons et devons faire plus et mieux. Comme l’a mis en évidence l’étude d’évaluation sur la mise en œuvre de la législation européenne, plusieurs questions nécessitent une attention et des solutions. C'est le cas pour l'absence de dispositions adaptées aux besoins des différentes espèces, le manque d'harmonisation dans la qualité et la disponibilité des données, les problèmes de mise en œuvre des règles juridiques, et parfois même les cas de contrôles insuffisants. Ce sont des problèmes que nous voulons voir résolus dans la révision annoncée par la Commission européenne de la législation sur le bien-être animal. Mesdames et Messieurs, n'oublions pas que notre éthique collective s'exprime aussi dans la façon dont nous traitons les animaux.
Protection des animaux pendant le transport - Protection des animaux pendant le transport (recommandation) (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, nous concluons aujourd'hui avec ce débat un long processus qui a commencé il y a 18 mois. Nous avons écouté des experts, nous sommes allés sur le terrain pour connaître différentes réalités, nous avons fait des études, nous avons débattu exhaustivement entre nous, et bien! Parce que le bien-être animal est un drapeau de cette institution présent dans de nombreux documents législatifs et non législatifs et que le transport d'animaux vivants est clairement une partie indissociable du bien-être animal. À ce stade, je voudrais remercier mon collègue corapporteur, Daniel Buda, et mes collègues rapporteurs pour leur coopération franche et cordiale et leur approche constructive dans la recherche de solutions qui nous ont permis de parvenir à un si grand nombre de compromis. Chacun de nous a une perspective sur les meilleures solutions pour le transport des animaux et sur le choix des meilleures voies pour le changement de système. Mais il y a quelque chose qui nous unit: est qu'aucun d'entre nous n'accepte la réalité de la souffrance animale pendant le transport dont nous avons été trop souvent témoins. Dans le cadre du mandat de cette Commission, nous avons eu la responsabilité d’enquêter sur les violations présumées de l’application du droit de l’Union relatif à la protection des animaux pendant le transport et de produire un rapport contenant nos conclusions. Je pense que nous avons obtenu de très bons résultats à cet égard et que le rapport a été adopté en commission avec une seule abstention. Nous y identifions tout d'abord les problèmes et les limites de l'application actuelle du règlement (CE) n° 1/2005. Nous constatons qu’il existe des infractions qui sont souvent documentées: transport d’animaux inaptes, surpeuplement des moyens de transport, systèmes d’abreuvement inadéquats, transport à des températures extrêmes, absence de plans d’urgence, utilisation de moyens inappropriés pour les animaux transportés, entre autres. Un scénario auquel s'ajoutent les différentes interprétations que font les États membres et un système de contrôles et de sanctions sans homogénéité et qui perd donc en efficience et en efficacité. Il s'agit également d'un règlement dépassé, avec des prévisions peu claires, où il n'y a pas de définitions concrètes, un règlement qui va à l'encontre, d'ailleurs, à plusieurs égards, de ce que la science nous dit aujourd'hui, un règlement qui n'établit pas de dispositions adéquates pour certaines espèces, comme les oiseaux et les lapins, et pour d'autres ne présente même rien, comme c'est le cas pour les animaux aquatiques. Un règlement avec des règles inadéquates pour les animaux très vulnérables, tels que les animaux non sevrés et en fin de vie et les femelles enceintes. Nous pensons donc, à la lumière de ces conclusions, que nous devions prendre des mesures plus déterminées, et nous l'avons mis en pratique dans un document contenant des recommandations à la Commission européenne et aux États membres, sur lesquelles nous votons ce matin. Les compromis présentés par les rapporteurs présentent une trajectoire d'ambition sans ambiguïté, qui fait une réelle différence dans la protection du bien-être animal pendant le transport. Un chemin qui est plus que nécessaire, mais que nous présentons comme une ambition qui se développe dans le respect des différences géographiques et des limites, des différences dans le développement des infrastructures et des différentes capacités à répondre aux changements soudains de la part du monde rural. Nous pensons donc que, sur cette voie ambitieuse, nous devons également tenir compte de la dimension sociale de ce que nous proposons. Comment tout cela affectera-t-il les gens qui dépendent de ces activités qui se déroulent dans des territoires qui sont déjà aussi déprimés que beaucoup de nos zones rurales? Nous avons besoin d'ambition et de changement, mais d'une manière socialement consciente qui respecte la cohésion territoriale. Nous demandons donc à la Commission européenne de présenter, au plus tard en 2023, un plan d’action qui identifie clairement les forces motrices du transport des animaux et propose des mesures politiques concrètes pour réduire le besoin de transport d’animaux vivants, en encourageant leur remplacement par de la viande, des carcasses et du matériel génétique, et en gardant à l’esprit la nécessité de réduire au minimum les incidences socio-économiques d’un tel changement. La révision du règlement sur le transport des animaux est une nécessité et une urgence, qui ne sont plus discutées. Nous devons avoir des prévisions d'exposition plus claires sur la formation obligatoire de tous les acteurs des transports. Nous devons avoir un système de contrôle qui fonctionne vraiment et qui est dissuasif. Nous devons disposer d'un cadre de sanctions plus homogène, avec des contrôles rétrospectifs renforcés et sur la base d'un cadre européen commun plus solide. Un autre point essentiel concerne la nécessité d'améliorer plusieurs dispositions relatives au transport maritime, qui n'est pas suffisamment couverte par le règlement actuel. Mais j'insiste ici sur l'importance de ce moyen de transport pour certains pays, je suis sûr que tout le monde le sait, même en ce qui concerne sa cohésion territoriale interne. Nous demandons un regard plus attentif et exigeant sur les animaux qui ne sont même pas inclus dans les règles actuelles et sur les animaux appartenant à des catégories vulnérables, telles que les animaux en fin de carrière, pour leur moindre valeur économique, qui se trouvent dans une situation de vulnérabilité énorme. Je parle aussi d'animaux gestants et d'animaux non sevrés. Pour tous ces animaux, nous proposons des amendements qui apportent une différence substantielle et non rhétorique au cadre actuel en matière de protection des droits des animaux pendant le transport. Je voudrais également souligner, en ce qui concerne les durées de voyage, ce qui me semble très important, que la limitation de 8 heures de transport pour les animaux destinés à l'abattage, compte tenu des spécificités géographiques, en particulier des régions ultrapériphériques, constituerait une étape importante dans la réduction du nombre de transports d'animaux. Cela devrait aller de pair avec l'amélioration des conditions structurelles en mobilisant des aides pour améliorer le réseau d'abattoirs mobiles locaux et régionaux. Je voudrais également souligner, en ce qui concerne les temps de trajet, que vouloir aller au-delà de ce que nous proposons est, dans certains cas, techniquement impossible et donc irréaliste en raison des contraintes géographiques et infrastructurelles des différentes régions, et dans d'autres cas équivaut même à la création de barrières internes à l'intérieur des États membres, rendant impossible le transport d'animaux à l'intérieur de ces mêmes pays. Je vous rappelle également qu'il n'y a pas de régions ultrapériphériques sans transport maritime. En ce qui concerne le transport des animaux, cela est loin d'être possible en 24 heures. Mesdames et Messieurs, le travail de cette commission d'enquête est le travail de chacun d'entre nous, qui représente une contribution très importante au changement de paradigme et qui, je crois, fera une réelle différence dans la défense du bien-être animal pendant le transport et dans la transformation des mentalités.
Politique agricole commune - aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres et financés par le FEAGA et par le Feader - Politique agricole commune: financement, gestion et suivi - Politique agricole commune - modification du règlement OCM et d'autres règlements (débat)
Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, depuis trois ans, nous discutons de l'avenir de la PAC avec les agriculteurs et les citoyens, les yeux rivés sur nous. Depuis trois ans, nous insistons sur l'importance de la stabilité et de la prévisibilité du soutien aux agriculteurs et sur l'importance d'atteindre l'un des principaux objectifs de cette politique: garantir des conditions équitables et dignes pour l’activité agricole, un pilier essentiel de notre monde rural. Trois longues années de discussions, des négociations difficiles, aboutissant à l'accord conclu sous la présidence portugaise et se terminant aujourd'hui par le vote sur cette nouvelle PAC. Une PAC qui n'est pas parfaite, qui ne répond pas à toutes les attentes, mais qui apporte aussi des réalisations, en grande partie grâce à l'action et à la détermination de négociation de ce Parlement et qui devrait être valorisée, pas sous-estimée. La nouvelle PAC intègre, pour la première fois, l’instrument de conditionnalité sociale, un instrument essentiel pour parvenir à une plus grande justice sociale pour tous ceux qui travaillent dans le secteur agricole, et qui exprime l’engagement de nos sociétés démocratiques en faveur de la dignité du travail en tant que partie intégrante de la dignité humaine elle-même. La nouvelle PAC intègre également une nouvelle ambition environnementale, présente dans de nouveaux instruments tels que les programmes écologiques, qui, avec d’autres mesures, établissent le filet de sécurité nécessaire pour soutenir les agriculteurs dans la transition vers des pratiques et des techniques de production qui permettent une meilleure préservation des ressources naturelles, la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. La nouvelle PAC, je le répète, n'est pas parfaite, mais elle a mon vote positif par respect pour toutes ces réalisations, qui ont été durement gagnées dans cette Assemblée, et qu'il serait insupportable et incompréhensible de reporter plus longtemps. Et mon vote positif ne me prive pas de légitimité pour critiquer ce qu'elle aurait pu aller plus loin et ne l'était pas. Et j'exercerai mon droit de critique en suivant de près les mesures qui seront prises pour atteindre les objectifs et les ambitions sur le terrain où la PAC doit être effectivement mise en œuvre.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, les défis de la crise climatique, la perte endémique de biodiversité, l'insécurité alimentaire, qui touche plus de 800 millions de personnes dans le monde, nous avertissent du non-retour imminent. Éviter ce point est donc un impératif d'éthique et de survie auquel l'action politique doit pouvoir répondre. En tant que pilier de la société et de la gestion des ressources naturelles, les systèmes alimentaires à tous les stades et avec tous les acteurs concernés, des agriculteurs aux consommateurs, de l'industrie au commerce, sont au cœur du changement nécessaire et méritent donc, en particulier les agriculteurs et les pêcheurs, tout le soutien et tous les instruments nécessaires à ce changement. Le message du rapport dont nous débattons aujourd'hui reflète la complexité de la tâche, le résultat d'un exercice difficile, avec un équilibre difficile entre les visions. Ce rapport est un exemple de la maturité démocratique que le Parlement européen transmet aux citoyens et qui doit être valorisée.