19
Avr
2023
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Pour une population en bonne santé, une eau potable et des terres vivables: se débarrasser maintenant des polluants persistants et renforcer la législation de l'Union sur les produits chimiques (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, en entrant dans l’hémicycle, nombre d’entre vous ont certainement bu un verre d’eau, ce qui, au xxiᵉ siècle, au sein de l’espace européen, semble tout à fait normal. Pourtant, un tiers des Français des Antilles, 40 % de ceux de Guyane et 31 % de nos compatriotes de Mayotte ne sont pas raccordés à l’eau potable. Manque d’assainissement, défaillances, réseau obsolète et eau contaminée sont les difficultés de nos compatriotes ultramarins. Comme l’a dénoncé Marine Le Pen lors de son passage à la Guadeloupe, l’État et l’Union européenne ne peuvent continuer à ignorer ce sujet. Aux Antilles françaises, le chlordécone a eu des effets dévastateurs sur les nappes phréatiques, aujourd’hui contaminées. À la Guadeloupe, l’abandon par l’État du syndicat des eaux ralentit toute réfection des réseaux d’eau. En 2018, sur 80 millions de mètres cubes d’eau prélevés pour les besoins en eau potable, seuls 21 ont été réellement utilisés. Le reste a été gaspillé dans d’importantes déperditions. Ce problème de l’eau dans les régions ultrapériphériques touche même l’éducation. Sans eau, nombre d’établissements scolaires ferment temporairement leurs portes. Les régions ultrapériphériques ne sont pas habitées par des citoyens de deuxième catégorie, et leur éloignement géographique ne saurait en rien justifier la précarité de l’accès à l’eau potable. Alors, avant de vouloir sauver le monde entier en interférant ici et là sur des sujets n’ayant rien d’européen, l’Union européenne a l’obligation de se préoccuper des besoins vitaux de nos compatriotes ultramarins, ce qu’elle ne fait pas.