28
Nov
2024
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Ingérence étrangère et espionnage par des acteurs de pays tiers dans des universités européennes (débat)
Monsieur le Président, la France fait l'objet d'ingérences étrangères dans l'université. En 2021, un rapport de la mission d'information du Sénat évoquait une politique d'influence chinoise agressive dans l'université. Le Sénat insistait sur l'importance de dispositifs de contrôle et de prévention. Derrière une façade de coopération, la Chine déploie toute son influence afin de bénéficier de notre recherche et développement et de manipuler l'intégrité académique de nos institutions. Cette stratégie s'inscrit à la lisière du renseignement et de la politique d'influence. Derrière la réalité de partenariats académiques entre universités chinoises et européennes existent des tentatives de contrôler le discours scientifique européen. Exploitant les porosités de nos systèmes universitaires, d'autres puissances, comme l'Azerbaïdjan – qui se livre par ailleurs à un activisme subversif dans la France d'outre-mer –, la Russie ou certains États du Golfe emploient des méthodes similaires. Il convient donc de renforcer la transparence sur les financements extra-européens des universités et de développer un classement européen des universités respectant les libertés académiques, mais aussi d'instaurer des sanctions crédibles contre toute ingérence. L'université européenne doit rester un sanctuaire du savoir, ouvert aux idées et aux innovations du reste du monde. Préservons donc nos universités de dynamiques qui ne participent en rien à l'élévation des savoirs, mais constituent des jeux d'influences géostratégiques qui ne disent pas leur nom.