Madame la Présidente, la Cour des comptes européenne a publié, jeudi dernier, un rapport révélant que la Commission européenne a recours à des cabinets de conseil. Après le scandale McKinsey en France, la Commission aurait donc dépensé près d’un milliard d’euros par an en consultants externes entre 2017 et 2020. Le recours massif à ces cabinets privés est éminemment condamnable, alors que la Commission dispose de 33 000 fonctionnaires. Cela pose aussi question en matière d’ingérence, de souveraineté et de collusion. Nous devons avoir un débat sur ce sujet hautement sensible. Notre Parlement ne doit pas, bien sûr, se transformer en chambre d’enregistrement de propositions chèrement payées par le contribuable auprès de cabinets privés parfois extraeuropéens et ne payant aucun impôt en France.
Certificat COVID numérique de l’UE - citoyens de l'Union (A9-0138/2022 - Juan Fernando López Aguilar)
Madame la Présidente, l’amendement de rejet de ce règlement prolongeant l’utilisation du certificat numérique COVID de l’Union européenne jusqu’en juin 2023 venant d’être refusé, ce que nous regrettons profondément, je demande maintenant que soient mis au vote les amendements du groupe ID visant à limiter les atteintes aux droits fondamentaux qui en résulteront. Ces amendements proposent, par exemple, que l’utilisation du certificat numérique COVID de l’Union européenne ne soit requise par les États membres que lorsque cela est strictement nécessaire et proportionné, que ce certificat disparaisse avant la date prévue du 30 juin 2023, que les tests d’anticorps ou toute autre méthode scientifiquement validée pour prouver l’immunité naturelle permettent de bénéficier de ce certificat, et qu’au plus tard le 31 décembre 2022, la Commission présente un rapport au Parlement. Je rappelle à mes chers collègues qu’il s’agit d’un débat démocratique, et refuser ces amendements serait profondément antidémocratique.
Rapport 2021 de la Commission sur l’état de droit (débat)
Madame la Présidente, ce rapport est une nouvelle attaque contre les pays de l’Union qui veulent rester souverains et maîtres de leur destin. Ainsi, la Pologne et la Hongrie, qui non seulement ne reçoivent aucune aide de la part de l’Union européenne, alors que ces pays accueillent des millions de réfugiés ukrainiens, mais qui n’obtiennent pas non plus le versement des fonds du plan de relance européen auxquels elles ont droit. La Commission a en effet réussi à contourner le traité qui exige l’unanimité pour suspendre le versement de ces fonds grâce au mécanisme dit «de conditionnalité», validé par la Cour de justice de l’Union européenne et destiné à sanctionner les États qui ne respecteraient pas l’état de droit, notion flou et discutable qui n’est en réalité que le reflet de l’idéologie fédérale et mondialiste de l’Union européenne. La Cour de justice de l’Union européenne a ainsi opéré, en fait, un véritable coup d’État judiciaire et ceci est à rapprocher des conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe, où le président français a invité à aller vers des décisions prises non plus à l’unanimité des États membres, mais à la majorité qualifiée, ce qui permettrait d’imposer aux États récalcitrants la même idéologie que nous combattons. À la faveur des crises sanitaires et internationales, les mondialistes voient une opportunité nouvelle de faire progresser leurs idées. Ils ne veulent pas comprendre que seule une Europe des nations avec des pays forts qui gardent leur identité et leur souveraineté est de nature à renforcer l’Europe. En voulant diluer les peuples et les nations dans un ensemble informe et sans âme, c’est, à terme, l’effacement de l’Europe qui en résultera. Et cela, nous n’en voulons pas.
Madame la Présidente, chers collègues, au Nigeria, le 12 mai dernier, une jeune étudiante chrétienne, Deborah Samuel Yakubu, a été lapidée à mort puis brûlée, car elle s’était simplement plainte de l’afflux de messages religieux sur le groupe WhatsApp de sa classe, ce qui fut jugé blasphématoire par des islamistes. Les communautés chrétiennes subissent dans certains pays musulmans de nombreux meurtres et agressions, des profanations d’églises et de cimetières, des attaques de processions. Mais ceci se déroule aussi en Europe et en France. Pourtant, la Commission européenne refuse toujours de nommer un coordinateur de la lutte contre la christianophobie ou d’établir une stratégie européenne pour combattre ce fléau, alors qu’un tel coordinateur a été créé pour lutter contre l’antisémitisme et l’islamophobie. Le Parlement européen se doit de débattre de cet important sujet de la persécution des chrétiens dans le monde et, plus spécifiquement, du cas de la jeune Deborah Samuel Yakubu. Tout faire pour éviter de tels drames est une absolue nécessité; ne rien faire serait, a contrario, coupable.
Protection accordée par l'Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine (débat)
Monsieur le Président, le conflit en Ukraine entraîne son lot d’horreurs qui bouleversent le monde entier. Les scènes de dévastation et de désolation se multiplient, le nombre de victimes ne cesse d’augmenter. La population est durement touchée, principalement des femmes et des enfants fuyant la guerre, abandonnant leurs maisons dévastées et se séparant d’un mari, d’un père qui reste défendre leur pays les armes à la main. Il est insupportable de voir de telles scènes. De tels drames sur le continent européen sont intolérables! Face à ces atrocités, la solidarité européenne s’est manifestée, souvent spontanément, avec une grande humanité. Nos peuples se sont véritablement mobilisés. Il faut saluer et encourager toutes les initiatives, à tous les niveaux, qui permettent de venir au secours de tous ces malheureux. Parmi les pays remarquables, on compte la Pologne, qui accueille 2,5 millions de réfugiés, la Hongrie, la République tchèque, la Roumanie. Ce sont des exemples du meilleur que peut donner une véritable Europe des nations. Ces pays doivent être aidés, mais ils ne le sont pas. C’est même le contraire. Il est déjà étonnant de constater que, face à cet élan de solidarité, aucune aide européenne ne leur soit parvenue. Mais pire encore: dans un autre domaine, la Cour de justice de l’Union européenne et la Commission européenne ont pris des sanctions contre la Hongrie et la Pologne, à qui il est reproché des violations de l’état de droit, notion à mon sens très discutable. Certes, ce n’est pas le même sujet, mais il est choquant de constater que, face à cet élan de solidarité, la Pologne et la Hongrie ne sont pas soutenues par la Commission européenne. La Commission retient désormais des fonds européens destinés à ces pays: 7 milliards d’euros pour la Hongrie et 39,4 milliards d’euros pour la Pologne. Comment peut-il se faire qu’en même temps, des pays qui sont par ailleurs exemplaires par la solidarité qu’ils manifestent auprès de millions de réfugiés soient sanctionnés par nos institutions européennes? Non seulement ces pays ne doivent pas être sanctionnés, mais ils doivent être aidés et félicités. La Commission a su trouver les moyens, avec plus ou moins de célérité, pour traverser la crise sanitaire, pour financer des armes pour l’Ukraine et pour sanctionner la Russie. Elle pourrait, elle devrait aussi prendre des mesures pour aider la Pologne et la Hongrie, en commençant par lever les sanctions et leur permettre d’avoir accès aux fonds européens. À moins que ces régimes politiques ne conviennent pas à la Commission? Et nous sommes – je dois le dire – particulièrement scandalisés que la gauche et les libéraux de ce Parlement européen fassent pression sur la Commission pour qu’elle ne débloque pas ces 39,4 milliards d’euros pour la Pologne. Les socialistes et démocrates, Renew, les Verts et la gauche de cet hémicycle ont osé adressé un courrier en ce sens à la Commission le 24 mars dernier. Je trouve cela véritablement indigne. Vite: que la Commission européenne débloque ces fonds du plan de relance et qu’elle accorde des aides supplémentaires. Protégez ces millions de réfugiés. Protégez cette population très vulnérable qui est en proie à tous les dangers.