20
Oct
2022
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Solidarité culturelle avec l’Ukraine et mécanisme conjoint de réaction d’urgence pour la relance culturelle en Europe (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Madame la Rapporteure, chers collègues, la semaine dernière, nous avons appris que Iouri Kerpatenko, chef d’orchestre ukrainien, tombait sous les tirs de mitraillettes russes, assassiné dans sa maison de Kherson. Son crime: avoir refusé de participer à un concert de propagande pour célébrer l’annexion illégale de sa région. Le pouvoir russe n’a pas de limite dans l’horreur. Cette guerre est une guerre contre nos valeurs dans laquelle les artistes sont des cibles toutes désignées. Quand on veut assujettir un peuple, on efface son histoire, son patrimoine, sa mémoire, sa culture, sa liberté d’expression. L’histoire nous le rappelle cruellement. Depuis le début du conflit, près de 200 sites culturels ont été détruits ou endommagés. On peut citer le centre historique de Kyiv, le centre commémoratif de l’Holocauste de Babi Yar, et rappelons-nous du théâtre de Marioupol, bombardé alors qu’il servait de refuge à des milliers d’Ukrainiens. Aujourd’hui, il faut empêcher les destructions, les pillages. Il faut lutter contre la désinformation. Il faut donner les moyens aux artistes ukrainiens de s’exprimer, ce qui est une façon de résister. Nous les soutenons déjà et nous devons faire plus. C’est l’appel que nous lançons, aujourd’hui, au Parlement européen. Il y a urgence. En 2020, nous votions une résolution appelant à sauver les secteurs culturels et créatifs de l’Union en période de pandémie; nous allons nous répéter. Il faut continuer à aider les artistes ukrainiens, oui, mais en augmentant significativement les moyens. Plutôt que de baisser de 90 millions d’euros le budget d’Europe créative, comme c’est prévu pour 2023, augmentons-le, sanctuarisons-le! Cette coupe budgétaire est inacceptable dans les temps que nous vivons. Et oui, Madame la Commissaire, nous avons besoin de nouveaux instruments. Ce que nous demandons, c’est un mécanisme d’urgence spécifique dédié aux industries culturelles qui sont les premières à souffrir dans tous les temps de crise que nous vivons. Investissons dans la culture, nos démocraties ne s’en porteront que mieux.