15
Sept
2021
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Scandale du logiciel espion Pegasus (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, avec le scandale Pegasus, logiciel espion révélé une fois encore par des journalistes et des ONG, nous entrons dans une nouvelle ère de la surveillance. Une surveillance qui échappe aux autorités publiques et devient le fait de compagnies privées dont la recherche de profit en fait des complices de gouvernements, de régimes peu scrupuleux. Des journalistes, des opposants politiques, des défenseurs des droits humains, des avocats, des responsables politiques, dont un ancien eurodéputé, ont été ciblés à des fins d’espionnage et de répression. Chacun d’entre nous aurait pu figurer sur cette liste. La société israélienne qui commercialise le logiciel le présente comme un outil décisif, exclusivement destiné à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Il a vraisemblablement été détourné à d’autres fins que ses objectifs initiaux pour de la surveillance, en violation des droits fondamentaux, mais aussi en dehors de tout cadre légal. Ce Parlement travaille actuellement à la mise en place d’un cadre réglementaire des technologies qui sont destinées à la lutte contre le crime. Voici un exemple effrayant des risques inhérents à ces instruments. Par ailleurs, l’Union européenne travaille avec les États impliqués dans ce scandale via la coopération policière et judiciaire. Sommes-nous réellement prêts à conclure des accords de coopération avec des États qui nous espionnent? Nous exigeons un moratoire sur l’exportation, sur la vente, sur le transfert et l’utilisation de ces technologies de surveillance. Nous exigeons protection et réparation pour les victimes. Les responsabilités doivent être établies et la réaction européenne doit être à la hauteur de la gravité des faits.