23
Juin
2022
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Vetos nationaux visant à saper l’accord fiscal mondial (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, la règle de l’unanimité au sein du Conseil protège la souveraineté des États membres de l’Union dans les domaines régaliens, notamment en matière fiscale. Je ne suis pas étonné que la présidence française cherche à la remettre en cause dans la mesure où Emmanuel Macron a toujours voulu substituer aux souverainetés nationales une prétendue souveraineté européenne. Dans le combat qui oppose aujourd’hui la Hongrie à la présidence française, je soutiens donc la Hongrie. Cet État a le droit, pour défendre ses intérêts nationaux, d’opposer son veto à l’adoption par l’Union d’une réforme fiscale. Certes, j’approuve le contenu de cette réforme fiscale qui consiste à imposer à hauteur de 15 % les bénéfices des grandes multinationales. Je regrette donc son blocage, mais la responsabilité de celui-ci incombe à l’Union: qu’elle verse à la Hongrie les fonds du plan de relance européen auxquels elle a droit au lieu de les geler pour des raisons purement idéologiques, et la Hongrie lèvera son veto. Moralité: la règle de l’unanimité est la meilleure arme dont dispose un État pour défendre sa souveraineté, comme le général de Gaulle l’a démontré dès 1965.