20
Mai
2026
Regarder
Recrutement d’enfants par la criminalité organisée (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ces derniers mois, des jeunes en Europe ont été arrêtés parce qu'ils étaient soupçonnés de terrorisme. Ils avaient 12, 13, 14 ans. Beaucoup n'avaient pas de casier judiciaire, seulement un téléphone portable ou un ordinateur et quelqu'un de l'autre côté de l'écran sachant exactement comment les atteindre. Ils ont été approchés, manipulés, recrutés, dans le silence d'une application, d'un forum, d'un jeu ou d'une conversation cryptée, où les adultes, les écoles, les autorités arrivent trop tard. Selon Europol, en 2024, un tiers des personnes arrêtées pour des infractions liées au terrorisme dans l’Union européenne avaient entre 12 et 20 ans. La grande majorité de ces jeunes suspects étaient liés au terrorisme djihadiste. En outre, le djihadisme reste l'une des principales menaces pour la sécurité européenne. Il a perdu du territoire, mais n'a pas perdu sa capacité de recrutement. Il a perdu des frontières, mais il a gagné des écrans. Il a perdu son califat physique, mais s'est adapté à l'espace numérique, où il rencontre des jeunes isolés et vulnérables, souvent à la recherche d'identité, d'appartenance ou de reconnaissance. Nous sommes confrontés à une violence nouvelle et diffuse, sans visage et sans frontière idéologique claire. Un mélange d'extrémisme, de haine, de racisme, d'antisémitisme. Nous avons besoin d'instruments juridiques clairs pour identifier les signes de radicalisation, de toilettage et d'exposition des jeunes à des communautés violentes. La coopération policière et judiciaire doit être renforcée. Les contenus relatifs au terrorisme ou à l'incitation à la violence doivent être signalés, retirés rapidement et conservés comme éléments de preuve. Quand un enfant est recruté par ces réseaux, avant d'être protégé par l'État, quelque chose a échoué. Mais surtout, la politique a échoué.