Il est temps d'achever un marché unique pleinement intégré: la clé de l'Europe pour la croissance et la future prospérité (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Monsieur le Commissaire, nous voilà réunis pour parler du marché intérieur européen et de sa contribution à notre prospérité commune. L’État, comme Mario Draghi d'ailleurs, considérait l’Europe comme un atout unique dans un monde chaotique, mais à une condition sine qua non: celle de la vigueur de notre modèle social et environnemental. Mais où sont donc passées ces préoccupations cruciales? Non, l’Europe n’a pas besoin de dérégulation. Elle ne peut survivre si notre marché commun se construit en tirant vers le bas toutes nos normes sociales, environnementales ou fiscales; si elle ajoute à l’austérité budgétaire l’interdiction faite aux États d’aller plus loin dans l’encadrement des entreprises polluantes ou des plateformes numériques; ou encore, si elle impose le moins-disant social à travers un 28e régime qui serait là pour amoindrir les droits sociaux si chèrement acquis dans nos États membres. Nous devons, au contraire, harmoniser par le haut nos lois sur les pesticides, la taxation des plus riches, les énergies renouvelables, et j’en passe. Prendre ce qu'il y a de meilleur en Europe pour construire le commun. Notre boussole doit être l’affirmation que la force de l’Europe réside dans sa capacité à miser sur l’humain, sa santé et le vivant.
Vagues de chaleur estivales dans l’Union: lutter contre les causes et assurer un logement et des politiques sanitaires adéquats pour faire face aux températures records (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire, le droit à un logement sain devrait être un droit fondamental. Il est malheureusement bafoué pour des millions d'Européennes et d'Européens, pour le million de sans-abri en Europe, comme pour les dizaines de millions qui souffrent de mal-logement ou vivent dans des brouillards thermiques. C'est un fait, l'Europe est soumise de plus en plus souvent à des vagues de chaleur de plus en plus brûlantes et, par temps de canicule, chacun, chacune cherche un endroit où respirer, où éviter le malaise cardiaque, où se reposer, où préserver sa vie. Cet été, nous déplorons plus de 1 000 décès prématurés en Espagne. La santé, Monsieur le Commissaire – et je compte sur vous pour transmettre ce message à vos collègues –, doit être la boussole au cœur de la politique européenne du logement. Il faudra lutter contre la précarité énergétique en rénovant les logements, mais sans augmenter les loyers, en équipant de volets toutes ces personnes qui en manquent, en interdisant les coupures de courant pour que tous puissent avoir accès à un ventilateur, en garantissant des espaces verts, notamment pour les quartiers populaires qui en sont privés – et, Monsieur Pelletier: les écolos, ne vivent pas à Saint-Germain-des-Prés, j'ai grandi moi-même dans la cité des Aubiers à Bordeaux –, et enfin en garantissant l'accès à l'eau potable, notamment à Mayotte ou en Guadeloupe. L'Europe doit agir, faute de quoi elle se rend coupable de non-assistance à personne…
L’imposition des grandes plateformes numériques à la lumière de l’évolution de la situation internationale (débat)
Monsieur le Président, nous devons faire payer les géants du numérique: Google, Amazon, TikTok, Meta et d'autres. Ces entreprises pillent nos données, nous espionnent, piétinent la nature et les droits humains et sociaux, puis partent se cacher dans des paradis fiscaux, parfois même au cœur de l'Europe, Monsieur le Commissaire. Pendant que les Européens peinent à rassembler de quoi vivre dignement à la sueur de leur front, les «tech bros», Musk, Bezos ou Zuckerberg, continuent à engranger des milliards, et cela en ne payant quasiment aucun impôt. Cela est-il juste? Non. Et cela doit cesser. Nous, Parlement européen, avons, de façon répétée, demandé à ce que ces géants du numérique soient taxés au niveau international, c'est vrai, mais déjà, oui, déjà au niveau européen. Et le tout sans plus tarder. Une taxe européenne à 5 % sur les services numériques, c'est simple, ce serait 37 milliards par an dès 2026. Pouvons-nous sérieusement, raisonnablement nous permettre de nous passer de cet argent précieux? Mais voilà qu'apparaît M. Trump, leur chevalier servant. Et quand M. Trump aboie, la Commission s'efface. Notre question aujourd'hui est donc plus urgente que jamais: comptez-vous, Monsieur le Commissaire, tenir tête à Donald Trump? Comptez-vous défendre la souveraineté européenne face aux États-Unis? Que proposez-vous de concret pour tenir tête face aux géants du numérique?
Madame la Présidente, Madame la Présidente von der Leyen, l'Europe va mal et, pardonnez-moi de vous le dire, mais vous y êtes pour beaucoup. Vous venez aujourd'hui rencontrer le Parlement européen, la bouche pleine de promesses, mais vos mots sonnent creux. La réalité, c'est que le libéralisme que vous défendez comme la seule et unique voie possible nous a conduits, et soumis, au néo-impérialisme russe et maintenant chinois et états-unien. Une heure et trente minutes de discours, Madame von der Leyen, et seulement deux minutes sur l'accord que vous avez signé avec Donald Trump et les 750 milliards honteux que vous lui avez promis pour ses énergies climaticides. Vous avez cédé face à un homme qui veut vassaliser l'Europe. Mais, alors, à quoi sert votre Europe? N'est-elle à vos yeux que la chambre d'enregistrement des violences du monde? Pourtant non, nous ne sommes pas condamnés, pas condamnés à voir exploser en vol notre modèle social et environnemental, pas condamnés à l'extinction de la voix singulière de l'Europe dans le monde. Il est temps. Il est tard, mais il est temps. Alors tournez le dos à l'austérité qui fait exploser la précarité, fermer les entreprises et entrave la transition écologique. Faites du climat et de la justice sociale votre boussole, et défendez le droit international en soutenant par exemple les parlementaires sur les flottilles humanitaires comme Benedetta Scuderi et en agissant avec autant de force à Gaza qu'en Ukraine, et alors l'Europe ne sera pas perdue.
Investissements et réformes pour la compétitivité européenne et la création d'une union des marchés des capitaux (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, nous voilà donc réunis un an après le rapport Draghi, à l'époque si chaleureusement accueilli. Mais aujourd'hui où en sommes-nous? Où sont en réalité les investissements promis pour engager l'indispensable transformation écologique et notamment la décarbonation? Où sont les milliards d'euros nécessaires pour préserver l'emploi en Europe et nous défaire de nos multiples dépendances, par exemple dans les terres rares ou les métaux critiques? Car c'est un fait, les entreprises européennes ferment. Tout près d'ici, à Hagondange, les salariés de NovAsco, qui rêvent de continuer à produire de l'acier vert, vont voir leurs emplois – 450 emplois – partir en fumée parce que l'Europe n'a pas su les protéger. Tandis que du côté du silicium, pour ne citer que cela, Ferroglobe suspend ses activités en Europe, nous rendant plus dépendants encore de la Chine. Pourquoi? Faute d'investissements. Parce qu'en plus des cures d'austérité que le pacte de stabilité impose aux États membres, la Commission européenne n'a rien fait, ou si peu, pour dégager les investissements publics nécessaires pour entraîner avec eux les investissements privés. Cette prise de position du Parlement européen arrive donc à point nommé: rappeler l'urgence, rappeler que les économies européennes sont extrêmement fragiles face au dérèglement climatique, ainsi que le besoin criant d'investissements privés, mais aussi, et avant tout, publics.
Présentation du train de mesures sur les substances chimiques (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur le Vice-Président exécutif, vous nous parlez d’un paquet pour soutenir les entreprises de la chimie. Mais je vais vous dire, en réalité, ce que vous nous présentez aujourd’hui, c’est un permis d’empoisonner délivré au pire de l’industrie chimique, au détriment, évidemment, des consommateurs et consommatrices, des travailleurs et des travailleuses, et de nos enfants. Vous appelez ça un «plan pour l’industrie». Eh bien moi, j’appelle ça un plan pour multiplier les cancers. Vous vous vantez de simplifier les règles? En réalité, vous ouvrez la porte aux substances cancérogènes dans nos dentifrices, vous supprimez des exigences pourtant vitales sur l’étiquetage et vous affaiblissez la traçabilité des fertilisants qui polluent déjà nos sols et nos eaux. Je vais aller plus loin. Parce que, voyez-vous, il y a plusieurs manières de faire la guerre aux femmes. Il y a une manière évidente, en s’en prenant à nos droits, par exemple sur l’avortement. Puis il y a une façon plus vicieuse, consistant à libérer dans les produits de notre quotidien des substances si toxiques qu’elles entraînent la mort en causant des cancers du sein ou des fibromes. Ainsi en va-t-il, par exemple, du formaldéhyde dans les shampoings, du benzophénone dans les vernis – avec une charge raciale supplémentaire, puisque ces substances dont vous facilitez l’usage se retrouvent dans les produits défrisants ou dans ceux utilisés pour blanchir la peau. Tout cela pour faire plaisir à quinze PDG, rencontrés en petit comité, pendant que les ONG, les scientifiques, les syndicats et les représentants des consommateurs ont été priés de rester dehors. Ce train de mesures n’est rien de moins qu’un ensemble de textes dictés par les lobbys chimiques et faisant fi de la société civile et de la science. Alors, ne simplifions pas au prix de plus de cancers, plus de pollution et plus de méfiance des citoyens. Sauvons le pacte vert, sauvons le plan d’action «zéro pollution» et, surtout, mettons en place le plan européen de lutte contre le cancer.
Le rôle du stockage de gaz dans la sécurité de l’approvisionnement en gaz avant la saison hivernale (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, enfin, l'Union européenne se décide à se séparer définitivement et durablement du gaz russe. Il était temps! Avec les écologistes, nous n'avons eu de cesse d'alerter, alerter et alerter encore sur le danger que représente, pour la paix et pour les citoyens, cette dépendance toxique. Mais il aura fallu que la guerre éclate pour qu'enfin la majorité de ce Parlement européen ouvre les yeux. Pour réussir à sortir du gaz russe, la prolongation des obligations de stockage de gaz était indispensable, tant pour notre sécurité d'approvisionnement que pour protéger les Européennes et les Européens des prix explosifs manipulés tant par les dictateurs comme Vladimir Poutine que par les marchés. Les faits sont là: un remplissage à 90 %, combiné à une baisse de la consommation de 25 %, nous a permis de passer deux hivers sans céder au chantage de Moscou. Mais ne nous y trompons pas, Monsieur le Commissaire: nous retirer des mains de Vladimir Poutine ne doit pas nous conduire à nous ligoter au gaz naturel de Donald Trump. La seule vraie sécurité énergétique, géopolitique, climatique et sociale, c'est la sortie des combustibles fossiles que nous continuons à importer de régimes douteux. Ce dont l'Europe a besoin, c'est d'un véritable plan de sortie du gaz, basé sur la baisse de la demande, l'efficacité énergétique, la sobriété et les énergies renouvelables.
Politique de concurrence – rapport annuel 2024 (débat)
Madame la Présidente, il n'existe pas de sous-citoyenneté. Voilà pourquoi, dans les régions ultrapériphériques, notamment celles de l'outre-mer français, chaque habitant devrait pouvoir bénéficier des droits dont bénéficie le reste des citoyens de l'Union. Ce n'est pas le cas. Il y a une rupture d'égalité parce que le coût de la vie en outre-mer est prohibitif. L'Europe doit regarder cette vérité en face. En Martinique, les prix des produits de première nécessité sont jusqu'à 40 % plus élevés qu'en France hexagonale. C'est la conséquence d'une économie de rente et de monopoles, caractérisée par la concentration économique entre les mains de quelques-uns – souvent des descendants de békés –, en particulier dans la distribution, dans l'automobile et dans l'agriculture. Comment fermer les yeux sur la responsabilité du Groupe Bernard Hayot, qui détient plus de 300 filiales et représente 50 % du panier d'achat moyen d'un Martiniquais? Voilà pourquoi il est essentiel – et je remercie à cet égard mes collègues – que ce rapport du Parlement européen demande à la Commission européenne d'agir en ouvrant une enquête sur les abus de position dominante en outre-mer. C'est un premier pas vers le respect et la justice pour celles et ceux qui, depuis des années, se battent contre la vie chère et la profitation.
Monsieur le Président, en avril 1915, l’État ottoman arrête, déporte, assassine. Plus d’un million d’Arméniens sont exterminés. Ce génocide demeure une plaie non suturable dans la mémoire du peuple arménien et dans la mémoire européenne. Ce qui a été détruit, ce ne sont pas seulement des vies éparses: c’est tout un peuple que l’on a voulu effacer. Il nous faut garder vivant le souvenir contre les fossoyeurs de la mémoire qui nient encore, cent dix ans après le crime, poursuivant ainsi la basse besogne génocidaire. Cependant, on ne peut pas défendre la mémoire des morts et trahir les vivants. Aujourd’hui encore, l’Arménie saigne. Malgré l’accord de paix, l’Azerbaïdjan continue son blocus et ses bombardements, de même qu’elle continue de faire des prisonniers politiques. Ainsi, 100 000 personnes ont été arrachées à leur terre, le Haut-Karabakh, et aujourd’hui encore elles attendent leur droit au retour. Pendant ce temps, l’Union européenne signait un accord gazier avec l’Azerbaïdjan. Elle parle de paix tout en se trahissant pour du gaz. Elle oublie que les droits de l’homme ne sont pas négociables. Le peuple arménien souffre de voir l’histoire se répéter sous d’autres formes, avec d’autres mots, mais avec la même impunité. Alors nous avons une responsabilité: pas seulement celle de nous souvenir, mais celle de refuser les compromissions et d’agir.
Débat d’actualité (article 169 du règlement intérieur) - Europe sociale: rendre la vie abordable et protéger les emplois, les salaires et la santé pour tous
Monsieur le Président, chers collègues, les plans sociaux se multiplient sur notre continent, plaçant des millions de travailleurs et de travailleuses au chômage. Les factures explosent. Des millions de personnes ne parviennent pas à vivre dignement de leur travail, à se loger, à nourrir correctement leurs enfants. Des millions de citoyens se trouvent aujourd’hui jetés dans une trappe à pauvreté, dont ils peuvent d’autant moins sortir que des politiques publiques les stigmatisent et les harcèlent. La chasse aux pauvres est en réalité déclarée au moment même où les richesses n’ont jamais été aussi honteusement concentrées. Dans ce contexte survient une attaque en règle contre une Europe sociale déjà si fragile. Les appels à la simplification se transforment en de vastes opérations de dérégulation et de destruction de toutes les protections sociales et environnementales européennes au seul profit des multinationales, de leurs actionnaires et de leurs dividendes. La droite et l’extrême droite opposent l’impératif écologique et la question sociale. Plus exactement, elles ne se souviennent des classes populaires que quand il s’agit de les instrumentaliser pour révoquer, en leur nom, la lutte pour le climat. Mais quelle hypocrisie! Ce ne sont ni les pauvres, ni les oubliés, ni le peuple que vous défendez, mais les profits des actionnaires. Vous ne défendez pas ceux qui ont le ventre vide, mais ceux qui ont les mains déjà bien pleines. Alors, cessez d’attaquer l’écologie et reconnaissez qu’il faut des droits et des protections nouveaux pour le monde du travail! Nous demandons aujourd’hui justice pour les travailleurs contaminés à l’amiante, tels ceux du port de Dunkerque, pour les ouvriers agricoles exposés au chlordécone ou à d’autres pesticides toxiques, ou encore pour les salariés rendus malades par les produits chimiques et autres polluants éternels – les PFAS –, notamment ceux de l’usine Solvay de Salindres. Nous ne pouvons continuer à nous aveugler sur le modèle économique qui est le nôtre. Je veux donc le dire ici, aujourd’hui, avec force: il ne faut pas arrêter, mais continuer à améliorer les normes sociales et environnementales qui nous régissent. La transition écologique est indispensable. Il faut donc investir massivement pour sauver nos emplois, prendre soin de nos services publics et de nos infrastructures face au dérèglement climatique et à la désertification du monde rural, et garantir l’indispensable transition. Ce n’est par ailleurs qu’en garantissant que l’ensemble de nos politiques et de nos budgets œuvrent à éradiquer la pauvreté et l’exclusion que nous parviendrons à assurer notre cohésion sociale. Nous devrions donc mettre en place un droit de veto social, qui interdise d’adopter une mesure si elle est préjudiciable aux 10 % d’entre nous qui sont les plus pauvres. L’Europe doit garantir aux travailleurs une protection sociale européenne, une assurance «transition emploi» intégrant une véritable directive pour une transition juste, afin qu’aucun travailleur ne soit sans revenu, sans formation ou sans la capacité d’être soi-même l’auteur de son parcours professionnel et de sa reconversion. Il faut impérativement une nouvelle législation européenne pour mettre fin au travail précaire – ce fléau qui, d’ailleurs, touche d’abord les femmes – et pour prévenir les abus des employeurs et les temps partiels subis – c’est à eux que le travail intérimaire sera en premier lieu profitable. Alors, nous ne devons jamais revenir sur la directive sur la transparence des rémunérations, pas plus d’ailleurs que sur la directive sur les salaires minimaux, déjà transposée par nombre d’États membres, et qui est un exemple de ce que l’Europe peut faire – et bien! – pour l’Europe sociale. Par ailleurs, il faut impérativement sauver le devoir de vigilance européen et créer un cadre pour la négociation d’accords collectifs dans toutes les entreprises, à commencer par les multinationales. L’Europe sociale, c’est aussi la vigilance sur la condition des plus vulnérables. Alors, j’espère voir abordées, dans le cadre de ce débat qui s’ouvre, les questions relatives au logement digne, au traitement insupportable que notre continent réserve aux Roms et aux voyageurs, à la garantie pour l’enfance et aux enfants placés, notamment pour conditions de ressources, ou encore aux personnes en situation de handicap. Nous voulons une Europe qui défende les droits de chacune et de chacun, à commencer par les plus humbles, et pour cela nous devrons adopter une stratégie ambitieuse d’éradication de la grande pauvreté. Alors, chers collègues, bon débat!
Je vous remercie, Monsieur Oliveira, pour cette question. Ce que l’on a observé pendant les années, peut-être même les décennies, qui se sont écoulées, c’est que cette camisole de force budgétaire qui a été imposée aux États membres a parfois conduit à couper dans les politiques sociales, la justice sociale et les services publics – c’est la cas avec les écoles et les hôpitaux, par exemple, dont nous avons absolument besoin pour nos populations – au profit d’un libéralisme qui finissait par détruire des emplois du fait de délocalisations. Les peuples européens souffraient de cette incapacité des États et de l’Union européenne d’investir pour leur protection et leur sécurité. Aujourd’hui, on nous explique que le pacte de stabilité budgétaire doit être levé pour pouvoir produire des armes, mais sans reconnaître les besoins massifs pour la transition écologique, qui sera pourtant bénéfique pour toutes et tous, ni pour la précarité. Il y a là un «deux poids, deux mesures» qui doit absolument être dénoncé. Je partage donc votre remarque.
Monsieur le Président, ce dont nous discutons aujourd’hui, le Semestre européen, est un outil crucial pour coordonner les politiques budgétaires – et donc économiques et sociales – des États membres. Je regrette le dogme de la croissance et de l’austérité dans lequel l’Europe reste enfermée, malgré la capacité de dialogue dans l’examen de ce rapport. Croire que nous pouvons tenir en périphérie la question climatique est une folie. Ce n’est que dans le respect des limites planétaires que les États pourront déployer des budgets sains et durables. Les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature. J’ajoute que, sans justice sociale, la cohésion européenne ne durera pas longtemps. Séparer la question budgétaire des droits sociaux n’a aucun sens, non plus. Nous devons garantir que plus aucun budget des États membres de l’Union européenne ne viendra empirer les conditions de vie des plus vulnérables. Nous faisons face à une immense contradiction: d’un côté, des règles budgétaires qui imposent une camisole de force aux États, les conduisant à mener des politiques austéritaires aux conséquences catastrophiques; de l’autre, une Commission qui reconnaît les besoins massifs en investissements. En proposant de contourner les règles budgétaires au profit de la défense, la Commission ne fait que démontrer l’inefficacité du pacte de stabilité budgétaire. Soyons cohérents et changeons les règles du jeu.
Allègement des formalités et simplification des affaires dans l'Union: les premières propositions "omnibus" (débat)
Monsieur Liese, merci de votre intervention. Nous écoutons depuis tout à l’heure les intervenants du PPE, qui nous expliquent qu’ils sont prêts à travailler avec tous les groupes démocratiques du Parlement européen. Pourtant, le PPE n’a pas répondu présent à l’appel quand il s’est agi de s’asseoir ensemble pour regarder ce qui pouvait être fait pour simplifier la vie des entreprises tout en maintenant un haut niveau d’ambition sociale et environnementale. Nous n’avons eu de cesse, avec mes collègues de gauche et, d’ailleurs, du centre, de demander aux représentants du Parti populaire européen ce que vous comptiez faire sur ce texte. Je vous le redemande donc: comptez-vous discuter avec nous, les groupes démocratiques, ou comptez-vous soutenir les amendements de suppression de l’extrême droite, voire en déposer vous-mêmes?
Allègement des formalités et simplification des affaires dans l'Union: les premières propositions "omnibus" (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, je vais moi aussi m’adresser à la droite européenne, faute de pouvoir m’adresser à la Commission. Sous couvert de simplification, ce que vous proposez, c’est un affaissement inédit des protections de l’économie européenne. Alors que l’Europe est menacée, vous choisissez la dérégulation plutôt que la souveraineté. En effet, vous nous proposez d’abandonner les rares outils qui nous permettent, par exemple, de refuser l’entrée de produits issus du travail forcé des Ouïghours sur le marché européen et la concurrence déloyale du gaz de schiste américain ou des firmes voyous façon Rana Plaza. Et vous osez appeler cela la défense de l’emploi? Ressaisissez-vous! Oui, nous avons besoin de simplifier et nous le dirons tous ici aujourd’hui. Cependant, vous ne simplifiez pas; vous avez décidé d’emprunter à tombeau ouvert l’autoroute de la dérégulation. Ce faisant, vous mettez à mal notre souveraineté, nos valeurs et la transition vers une économie responsable, parce que, en défaisant ce que nous avions commencé à construire, vous découragez et vous sanctionnez les entreprises et les investisseurs responsables qui ont déjà engagé le changement. Pour résumer, vous sanctionnez la vertu et vous encouragez le vice. Vous osez écrire que les entreprises qui ne respecteront pas leurs obligations climatiques, Madame la Commissaire, pourront poursuivre leurs activités en toute tranquillité. Faut-il vraiment encourager les activités climaticides? Vous avez également pour objectif de réduire de 90 % le nombre d’entreprises concernées par des obligations de transparence, dont des secteurs à haut risque, comme l’industrie minière. Est-ce vraiment raisonnable? Non. Nous ne sommes pas dupes. Si vous choisissez effectivement l’alliance avec l’extrême droite, vous ferez le choix non pas de réduire la bureaucratie, mais bien d’étendre sans limite le domaine de l’impunité. Cette politique, nous la combattrons.
Soutenir les régions les plus vulnérables de l'Union face aux effets dévastateurs du changement climatique, comme le récent cyclone qui a touché l'île de La Réunion (débat)
Monsieur le Président, voici à nouveau La Réunion frappée par un cyclone d’une intensité sans précédent. L’an dernier, Belal avait déjà provoqué de graves dégâts, mais Garance est pire encore. Après Chido à Mayotte, voilà un nouvel épisode climatique qui défie les habitudes dans l’océan Indien. Quand comprendrons-nous que nous devons accélérer, plutôt que mettre en pause, la lutte contre le dérèglement climatique? Le peuple réunionnais a perdu cinq des siens. Des milliers de foyers ont perdu l’accès à l’électricité et à l’eau. Les paysans perdent à nouveau leurs récoltes, des chouchous à la canne, et à Saint-Benoît, l’une des villes les plus pauvres de l’île, des centaines de familles vivent encore en centre d’hébergement. La France a déclaré l’état de calamité naturelle. Elle doit aussi déclarer le blocage des prix, et l’Europe doit prêter main forte. Nous devons aussi impérativement développer une culture du risque. D’abord, dans l’aménagement du territoire: il faut cesser de construire en zone inondable et dans les ravines, tenir compte des conclusions des scientifiques et investir l’argent public dans la protection des populations et de la nature, plutôt que dans de nouveaux projets routiers, inutiles. Ensuite, dans la solidarité, parce que les plus vulnérables sont toujours en première ligne; alors plaçons-les au cœur de la future stratégie européenne d’adaptation au dérèglement climatique. Chers collègues, ne faisons pas de La Réunion un nouveau symbole de notre inaction, mais au contraire plaçons-la au cœur de toutes nos actions.
Madame Karlsbro, merci. Vous dites que vous ne comprenez pas pourquoi certains et certaines s'opposent à l'accord avec le Mercosur que, très manifestement, vous soutenez. Or, signer cet accord avec le Mercosur, le mettre en œuvre, c'est dire aux agriculteurs, qui souffrent déjà, qui crèvent déjà, de la faible rémunération liée à la vente de leurs produits, que nous allons les soumettre à une concurrence plus dure encore sur les produits les plus rémunérateurs. Signer et ratifier cet accord avec le Mercosur, c'est dire aux parents qui voient déjà leurs enfants souffrir, voire mourir, de cancers liés à l'exposition aux produits toxiques que nous allons continuer, voire même aggraver, cette exposition. Signer et ratifier l'accord du Mercosur, c'est dire aux citoyennes et aux citoyens européens que Javier Milei, la tronçonneuse à la main, qui sort de l'Organisation mondiale de la santé et terrorise ses citoyens, est un partenaire fiable pour l'Union européenne. Voilà pourquoi nous nous opposons à cet accord du Mercosur. Et je vous en prie...
Monsieur le Président, notre objectif est de réconcilier l'économie avec la planète: ces mots, qui parlent entre autres de compétitivité, ne sont pas de moi ou des écologistes, mais d'Ursula von der Leyen. Aujourd'hui, Monsieur le Vice-Président, je dois dire que je suis un peu prise à l'estomac. Pourquoi? Parce que les non-dits ont souvent un sens qu'il nous faut absolument dévoiler. Or, l'absence totale – totale! – des enjeux climatiques et écologiques dans votre discours est extrêmement parlante. Monsieur le Vice-Président, votre discours dévoile une chose: la Commission européenne serait sur le point de retourner sa veste et semble en réalité avoir enclenché la marche arrière sur le pacte vert. Votre première proposition concrète, dont vous nous avez d'ailleurs parlé aujourd'hui, sera donc un omnibus visant à défaire un outil précieux, celui qui impose la transparence sur la façon dont les entreprises traitent la nature et les êtres humains à travers le monde. Selon vous, si l'on vous écoute, la compétitivité européenne nécessite toujours plus de libre-échange, en soumettant les Européennes et les Européens à toutes les concurrences, d'où qu'elles viennent, nécessitant que l'Europe détruise ses protections sociales et environnementales, de sorte à pouvoir attirer toujours plus de capitaux. Avec un prix, celui de notre souveraineté. Or, nous ne devons pas plier l'échine devant les oligarques américains ou la Chine qui souhaitent venir faire leurs affaires chez nous, avec les règles qu'ils ont eux-mêmes fixées et repartir avec notre argent. Il faut résister à Donald Trump, pas lui céder. Monsieur Séjourné, vous défendiez hier la start up nation, aujourd'hui vous vous vantez d'avoir un business plan pour l'Europe; je ne suis pas sûre que ce soit ce modèle-là qu'il nous faille. Nous avons au contraire besoin de courage, de lucidité et de volonté pour protéger l'Europe, préserver nos emplois et sauver le climat.
Lutte contre la désertification: 16e session de la Conférence des parties (COP16) de la Convention des Nations unies (débat)
Monsieur le Président, la désertification, c'est l'autre nom de l'injustice climatique et de la vulnérabilité. C'est d'ailleurs peut-être parce qu'elle a d'abord touché les pays les plus pauvres que les pays les plus riches n'y ont, pendant si longtemps, prêté que si peu d'attention. La désertification est aujourd'hui sur nous. La Corse et les parties les plus pauvres de la Méditerranée, Perpignan et ses quartiers parmi les plus précaires de France, ou encore la dévastée Mayotte, n'ont plus d'eau. En Guadeloupe, l'érosion côtière frappe, puisant dans l'assèchement des terres. Quand dans le Massif central, ce sont évidemment les petits paysans qui souffrent le plus et qui n'ont pas les moyens d'acheter du foin pour leurs élevages lorsque celui-ci vient à manquer. Au fond, la désertification continue dans l'indifférence, parce qu'elle frappe d'abord et de manière évidente les plus vulnérables. Mais ne soyons pas naïfs: nous réaliserons bientôt que la désertification est notre affaire à tous. Espérons qu'alors il ne sera pas trop tard. En Afrique, c'est déjà 16 % du PIB qui s'est évaporé du fait de la désertification. Madame la Commissaire, nous ne sommes pas impuissants, ici, sur le territoire européen, pour un enjeu qui est bien un enjeu planétaire. La désertification est liée au dérèglement climatique et aux énergies fossiles. Alors sortons-en, et plus vite qu'aujourd'hui. Elle est aussi liée à l'agriculture intensive et à la déforestation que nous pouvons, que nous devons combattre. Alors agissons! Il n'y a plus de temps à perdre.
Financement par l'UE, via le programme LIFE, d'entités exerçant des activités de lobbying auprès des institutions de l'UE - besoin de transparence (débat)
Vous me demandez si quelqu’un, ici, a demandé à supprimer les fonds destinés aux ONG. Oui, nous avons un débat qui vise à supprimer les fonds de ces ONG. On parle de 15 millions d’euros dans le programme LIFE attribués à 35 organisations, et vous menez en parallèle – Madame Hohlmeier par exemple – une bataille dans le cadre des rapports sur les budgets à venir de l’Union européenne pour supprimer ces fonds. Quand vous menez une attaque, menez-la de façon transparente, menez-la de façon honnête! Dites ce que vous avez en tête plutôt que de vous cacher derrière des ambitions fumeuses!
Financement par l'UE, via le programme LIFE, d'entités exerçant des activités de lobbying auprès des institutions de l'UE - besoin de transparence (débat)
Madame la Présidente, trêve d’hypocrisie: nous ne sommes pas ici parce que la droite et l’extrême droite veulent s’assurer du bon usage des fonds européens. Non, nous sommes ici parce que la droite et l’extrême droite ont décidé de mener la guerre à ces organisations sans but lucratif – sans but lucratif! – qui œuvrent, avec des moyens financiers et humains, pour la défense de l’intérêt général, celui de la planète, celui de l’écologie et celui de la santé. Ne vous y trompez pas, nous le savons: il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais bien du premier acte d’une guerre profonde engagée par les réactionnaires contre ceux et celles qui défendent nos vies plutôt que les profits. Aujourd’hui les ONG, à qui le tour demain? Les lanceurs d’alerte? Les journalistes? Et, oui, les scientifiques et toutes celles et tous ceux qui oseront s’élever pour défendre ce que nous avons de plus précieux: la nature, la solidarité, la démocratie. Mais de quoi parle-t-on, au fond? Nous parlons de 15 petits millions d’euros du programme LIFE utilisés pour les associations qui défendent les baleines, les rivières et les fleuves? Parlons plutôt des milliards, des milliards distribués en aides d’État, parfois sans conditionnalité, pour les intérêts privés, pour des intérêts qui s’organisent en lobbying pour influencer les décisions européennes à leur profit plutôt qu’à celui de l’intérêt général. Ces lobbys qui font tout pour impunément échapper à l’impôt, piétiner le droit du travail et demandent aujourd’hui à pouvoir polluer sans limite. Vous voulez réduire au silence celles et ceux qui défendent l’intérêt général? Nous tiendrons bon.
Financement par l'UE, via le programme LIFE, d'entités exerçant des activités de lobbying auprès des institutions de l'UE - besoin de transparence (débat)
Monsieur, vous nous parlez d’études indépendantes. Pourtant, votre famille politique, au niveau de l’Union européenne comme dans les États membres, ne cesse de tirer à boulets rouges sur toutes les agences qui sont en mesure de fournir ces études scientifiques indépendantes. Pour vous donner un exemple: en France, nous avons une institution qui s’occupe des pesticides et qui fournit des études, lesquelles, pourtant, sont cachées. Elles sont enterrées par les gouvernements, qui n’en font rien. Au niveau de l’Union européenne, nous avons des institutions, des agences communautaires qui sont censées s’occuper de façon indépendante des effets de certains produits sur la santé, et qui cependant s’appuient sur des données produites par qui? Non pas par des institutions indépendantes, mais par les entreprises de pesticides elles-mêmes! Alors, Monsieur, soyez cohérent: si vous voulez la fin des subventions pour les ONG, défendez la création et l’investissement dans la recherche publique et dans les agences de l’Union européenne!
Relance de la compétitivité de l'Union - nécessité d’une analyse d’impact sur les politiques du pacte vert pour l’Europe (débat d'actualité)
Monsieur le Président, depuis cinquante ans, l’Europe a perdu des millions d’emplois industriels – 2 millions, en France, depuis 1970, notamment dans le textile. La crise financière de 2008 s’est accompagnée de plans sociaux massifs. Aujourd’hui encore, les salariés de Michelin, de Vencorex, d’ArcelorMittal, de Grandpuits ou de Chapelle-Darblay doivent à tout prix être soutenus. Soyons sérieux: le pacte vert n’est pas responsable de cette destruction d’emplois. Dès 2015, Renault et PSA produisaient moins de voitures sur le territoire français que dans les années 1960. Non, ce qui est en cause, c’est l’insatiable appétit des actionnaires et des dirigeants, qui utilisent toujours les mêmes inlassables arguments pour détruire d’un simple revers de la main emplois, droits sociaux et législation environnementale. La vérité, c’est que c’est la destruction de l’environnement qui est aujourd’hui en train de détruire l’économie européenne. En défendant le statu quo, vous, à droite et à l’extrême droite, vous vous faites semeurs de chômage, de misère, de désastres sanitaires et environnementaux. Le pacte vert n’est pas un frein mais une chance pour notre industrie, notre souveraineté, nos entreprises et nos emplois. Alors, je le dis ici avec force: ne touchez pas au pacte vert. Il est notre avenir.
La situation à Mayotte après le passage dévastateur du cyclone Chido et le besoin de solidarité (débat)
Madame la Présidente, le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte, n’est pas une simple catastrophe naturelle. Je le dis parce que je refuse de voir ici le signe d’une fatalité inévitable. Le désastre est social, sanitaire, politique, parce qu’il est le fruit d’une histoire longue de domination, d’humiliation et d’abandon. Nulle part nous ne sommes préparés aux catastrophes climatiques, qui sont toujours des catastrophes sociales. Mais à Mayotte, l’extrême pauvreté a été le vecteur d’une vulnérabilité bien plus grande encore. Avant le cyclone déjà, une part importante de la population avait un accès difficile au logement, à l’alimentation et à l’eau. Déjà elle était frappée par le choléra. Abandonnée par l’État français et par l’Union européenne, entassée dans des bidonvilles, avec des services publics défaillants, la population mahoraise n’a pas pu faire face au cyclone Chido. Regardez Mayotte dans les yeux, et vous verrez le vrai visage de l’injustice climatique. Parce que, face au dérèglement climatique, qui modifie la trajectoire des cyclones – lesquels se sont multipliés ces dernières années dans la région, comme en témoigne le passage au Mozambique de Belna, d’Idai et de Kenneth, tous trois en 2019 –, il aurait fallu prendre la mesure du risque et protéger les populations en amont. Seulement voilà, Mayotte compte trop peu aux yeux de beaucoup, et la France et l’Europe ne sont pas encore rompues à la culture du risque climatique. Alors, nous sommes condamnés à dénombrer les morts, victimes de l’inconséquence et de l’impréparation. Dans l’urgence, l’Europe doit, oui, dégager une aide massive et pousser la France à décréter l’état d’urgence sanitaire et social à Mayotte. Nous n’avons pas le droit d’oublier les Mahoraises et les Mahorais. Mais il faudra aussi retenir les leçons de Chido. Nous devons anticiper les événements climatiques extrêmes, construire des infrastructures décentes, renforcer la sécurité civile, déployer des hôpitaux mobiles et, évidemment, éradiquer la misère, pour réduire la grande vulnérabilité.
L’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et l’appel à sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la répression de la liberté d’expression en Algérie (débat)
Monsieur le Président, c'est avec une indignation immense que je prends la parole aujourd'hui, au nom des écologistes, pour dénoncer l'arrestation de Boualem Sansal, cet homme de lettres détenu pour avoir osé penser librement, pour avoir choisi la parole plutôt que le silence de plomb exigé par un régime aux abois. Nous demandons sa libération immédiate. Demander la libération de Boualem Sansal, c'est défendre une liberté essentielle: celle des écrivains, celle des penseurs, celle des créateurs. Cette liberté n'est pas conditionnelle. Elle ne dépend pas de savoir si nous partageons leurs idées ou non. La liberté d'un écrivain n'est jamais seulement une question individuelle; elle est le baromètre de la liberté d'un peuple. Quand on emprisonne un écrivain, on emprisonne toute une nation, car on la prive de sa pensée, de sa capacité à rêver, à questionner, à évoluer. Au-delà, donc, de la personne de Boualem Sansal, ce cri que nous lançons aujourd'hui est un appel à la liberté pour un peuple tout entier, le peuple algérien, qui depuis des décennies étouffe. Il étouffe sous le poids d'une gérontocratie qui s'accroche au pouvoir, sous un système verrouillé qui refuse d'entendre des aspirations légitimes à la démocratie, à la transparence et à une vie meilleure. Alors, d'un seul et même élan, nous demandons liberté pour Boualem Sansal et liberté pour l'Algérie tout entière.
Présentation du collège des commissaires et de leur programme par la présidente élue de la Commission (débat)
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, en choisissant de nommer Raffaele Fitto à un poste de vice-président, vous entamez votre second mandat à la tête de la Commission européenne de la plus triste des manières. Votre choix, Madame, n'est pas celui du compromis, mais de la compromission avec l'extrême droite. Et c'est une faute, car la situation politique n'exige ni complaisance ni confusion, mais au contraire de la vigilance et de la clarté. Mes amis italiens, qui sont là et qui affrontent au quotidien l'extrême droite modernisée de Giorgia Meloni, vivent la nomination de Monsieur Fitto comme une insulte. Relisez Reconnaître le fascisme du grand Umberto Eco et vous comprendrez que, même recouvert d'un masque de respectabilité, le fascisme demeure le fascisme. Je veux ainsi relayer ici la voix des millions d'Européennes et d'Européens qui refusent le chemin du déshonneur. Aucun calcul politicien ne peut nous exonérer de notre devoir de vigilance. L'Europe doit rester un espace de lutte contre le repli nationaliste, qui porte l'idée de la confrontation permanente des peuples. Face à l'extrême droite, à cette extrême droite xénophobe, complotiste et climatosceptique, nous devons résister, résister et résister encore. C'est ce que feront les écologistes. Mais vous, Madame von der Leyen, après avoir installé l'extrême droite à la tête de la Commission européenne, que ferez–vous?