28
Févr
2024
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Renforcement de la défense européenne dans un environnement géopolitique instable - Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune - rapport annuel 2023 - Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune - rapport annuel 2023 (discussion commune - Sécurité et défense européennes)
Monsieur le Président, Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire d’État, il n’est jamais trop tard pour se réveiller, même si la guerre russe en Ukraine et les spéculations sur une possible défaillance de l’allié américain ne datent pas d’aujourd’hui, ni même d’il y a deux ans, mais d’il y a déjà dix ans. Depuis, nous avons eu beaucoup d’effets d’annonce, beaucoup d’incantations, quelques actions, c’est vrai, mais trop peu et trop lentement. Et je vous renvoie à cet égard aux débats que nous avions ici même il y a deux ans, à la veille et à la suite du fameux sommet de Versailles, où on nous avait promis monts et merveilles. Mais tout cela tarde à se matérialiser. Comment s’assurer aujourd’hui que nous n’en resterons pas une nouvelle fois à des déclarations sans lendemain? D’abord, face à l’urgence, évitons de perdre du temps et de l’énergie dans des débats qui divisent, au lieu de nous mobiliser pleinement sur ce qui doit nous unir et nous rassembler. La priorité absolue aujourd’hui, c’est de produire et de livrer des équipements et des munitions, pas de spéculer publiquement sur des options qui divisent les Européens. Cela vaut pour le président de la République française comme pour le chancelier allemand. Ensuite, il faut reconnaître qu’il n’y a qu’une catégorie de producteurs, les entreprises, et qu’une catégorie d’acheteurs, les États. La Commission, et vous l’avez d’ailleurs très bien expliqué, Madame la Présidente, n’est pas productrice, elle n’est pas acheteuse non plus de matériel de défense. Ce n’est pas son rôle. Son rôle, et vous l’avez rappelé, est de faciliter et de fluidifier ce lien entre entreprises et États aussi directement et simplement que possible. À cet égard, il est impératif, Manfred l’a rappelé et je ne peux qu’insister sur cet aspect, de sortir de toute ambiguïté sur les contraintes qui découragent les financements publics et privés vers l’industrie de défense. La fameuse taxonomie, qu’elle soit environnementale ou sociale, fait peser trop d’incertitudes sur des acteurs qui sont prêts à s’engager, mais qui ont peur d’être en contravention avec des injonctions parfois imprécises ou contradictoires. Enfin, les États membres gardent la responsabilité majeure et ils ne doivent pas la fuir. Ils passent les commandes, ils achètent, ils livrent. Qu’ils revitalisent donc au bon niveau la Facilité européenne pour la paix, qu’ils adaptent les règles de la Banque européenne d’investissement, et qu’ils se regroupent ou qu’ils fassent seuls pour acheter et livrer. Mais qu’ils le fassent vite, l’économie de guerre, ce ne sont pas des effets de manche, ce sont des commandes.