Rapport 2025 de la Commission sur l’état de droit (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le respect de l'État de droit n'est pas seulement un processus juridique. C'est le pilier sur lequel reposent la confiance des citoyens dans les institutions, la protection de leurs droits et le bon fonctionnement de l'Europe. Conscients de la responsabilité et de l'importance du travail qui nous a été confié, nous sommes parvenus, avec les autres rapporteurs, à mettre aux voix un texte équilibré. Le rapport souligne que le respect de l’état de droit dans l’ensemble de l’Union continue de nécessiter une vigilance constante. D'autre part, il reconnaît toutefois les progrès significatifs réalisés sur un certain nombre de questions. Considérant les mesures prises comme positives, je mentionne, par exemple, les réformes qui renforcent l’indépendance de la justice au niveau national, ainsi que les mesures prises par certains États membres pour décongestionner les prisons et améliorer les conditions de détention. Certains points sont peut-être particulièrement critiques à l'égard du fonctionnement de l'État de droit en Hongrie, mais les récents développements avec le changement de gouvernance, je l'espère, donneront une nouvelle perspective sur le niveau de coopération pour une direction européenne claire dans le pays. Je pense qu’il convient de noter que le texte propose des idées innovantes, telles que le cycle annuel de l’état de droit. Cela devrait apporter une valeur ajoutée au rapport du Parlement et renforcer la coopération interinstitutionnelle. Enfin, je considère qu'il est particulièrement important que le texte intègre la dimension de l'élargissement de l'Europe et invite les pays candidats à s'approprier l'État de droit et l'indépendance du pouvoir judiciaire, et souligne la nécessité de respecter les droits fondamentaux des minorités nationales. L'application correcte de l'État de droit n'est pas un exercice théorique, c'est une responsabilité politique.
Sécurité du transport ferroviaire dans l’Union – enseignements tirés de l’accident d’Adamuz et trois ans après la tragédie dans la vallée de Tempé (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, il y a trois ans, la Grèce a vécu la tragédie de Tempi, un accident qui a choqué tout le pays. 57 personnes, pour la plupart des jeunes, ont perdu la vie. Cela a provoqué une profonde tristesse mais aussi un débat public intense sur l'efficacité de l'État et le fonctionnement de la justice. Des accidents similaires se produisent partout, avec le récent en Espagne. Ceux qui tentent d'exploiter la douleur indicible d'une société entière, en espérant des avantages micropolitiques, offensent la mémoire des victimes. Le seul débat de fond doit porter sur l'achèvement des projets nécessaires à la sécurité et à la justice ferroviaires. Des interventions importantes ont déjà été réalisées pour améliorer la sécurité dans le cadre du plan ferroviaire européen à grande vitesse. L'acquisition de 23 nouveaux trains progresse, tandis que des projets d'infrastructures critiques sont mis en œuvre sans retard. D'ici la fin de l'été, l'axe Athènes-Thessalonique sera pleinement opérationnel avec télécommande, signalisation et freinage automatique. Dans le même temps, les conducteurs sont formés avec des simulateurs modernes et les procédures de contrôle du personnel de sécurité sont renforcées. Dans le même temps, la justice est en cours, 36 accusés ont été inculpés et le procès commence le 23 mars. L'achèvement des travaux et l'attribution des responsabilités sont des actes de respect à la mémoire des 57 victimes.
Adhésion du Monténégro à la convention du 2 juillet 2019 sur la reconnaissance et l’exécution des jugements étrangers en matière civile ou commerciale - Adhésion de la République d’Albanie à la convention du 2 juillet 2019 sur la reconnaissance et l’exécution des jugements étrangers en matière civile ou commerciale (discussion commune)
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, la Grèce a récemment mis en œuvre un portefeuille énergétique, en donnant la priorité au développement du secteur des hydrocarbures. Il s'agit d'un plan qui part des accords sur l'énergie signés à Athènes, et aujourd'hui, le ministre grec de l'énergie a informé le Conseil en détail. La Grèce procédera immédiatement au premier forage exploratoire dans la mer Ionienne et à des enquêtes au sud de la Crète, ce qui n'a pas eu lieu depuis 40 ans. Les accords entre les sociétés gazières grecques et américaines garantissent un accès sans entrave du gaz américain à l'Ukraine et l'indépendance vis-à-vis du gaz russe. L'activation du corridor vertical avec la Grèce comme axe central dessert une zone de 100 millions d'Européens avec une empreinte stratégique, énergétique et commerciale significative. Afin d'avoir l'autosuffisance et une énergie moins chère pour les citoyens européens, nous devons agir immédiatement et sans obsessions.
Délibérations de la commission des pétitions en 2024 (débat)
Monsieur le Président, je pense que le rapport dont nous sommes saisis est un travail important et équilibré qui reflète clairement le rôle et la mission de la commission des pétitions. Dès le début du processus, nous avons cherché un consensus et travaillé dans un esprit de coopération pour trouver un terrain d’entente avec tous les groupes politiques, et tous les groupes politiques ont d’ailleurs approuvé le texte final tel qu’il a été déposé, la gauche ayant notamment voté en sa faveur à la Commission. Il est regrettable que certains collègues aient une fois de plus trouvé l'occasion de faire de la petite politique et de faire preuve d'opportunisme. La sensibilité à la vie humaine n'est le monopole de personne. Comme vous le savez bien, les accidents se produisent tous les jours dans tous les pays. Je trouve inacceptable qu'une question aussi sensible soit exploitée politiquement. Cette affaire a pris le chemin de la justice. Non seulement toute ingérence politique n'aide pas à la justice et à la clarification de l'affaire, mais elle la complique. Je tiens à remercier chaleureusement les rapporteurs fictifs pour leur coopération constructive, ainsi que tous les collègues qui ont déposé des amendements et contribué activement au processus. Enfin, je voudrais souligner que le rôle de la commission des pétitions n'est pas de diviser, mais de s'unir. Être un espace de dialogue, de participation démocratique et de confiance entre les citoyens et les institutions.
Délibérations de la commission des pétitions en 2024 (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le rapport annuel sur les travaux de la commission des pétitions, pour lequel j'ai l'honneur d'être rapporteur, n'est pas seulement un bilan. Elle reflète la relation dynamique de confiance et de participation démocratique qui unit les citoyens européens à notre Parlement. 2024 a été une année charnière pour notre démocratie. Des centaines de millions d'Européens se sont rendus aux urnes et ont élu le nouveau Parlement européen. Dans le même temps, 1 518 citoyens et résidents de l'Union ont exercé un autre droit fondamental, le droit de pétition, soit une augmentation de près de 20 % en seulement deux ans. Derrière chaque chiffre se cache une voix, une préoccupation, une demande de justice. Les pétitions que nous avons reçues couvrent un large éventail de sujets, allant de la protection des droits fondamentaux et de l’environnement à la santé, en passant par les droits des personnes handicapées et l’état de droit. Ces voix nous rappellent pourquoi la commission des pétitions existe: répondre aux citoyens, détecter les violations du droit européen, accroître la transparence et la responsabilité, favoriser la participation démocratique et rapprocher l’Europe de ses citoyens. Cependant, notre rapport montre que nous avons encore un long chemin à parcourir. Par exemple, il est clairement nécessaire de mieux informer les citoyens sur les compétences de l’Union et de notre Commission, et le nombre total de pétitions reste faible par rapport à la population de l’Union européenne. Cela signifie que nous devons intensifier nos efforts afin que les citoyens soient conscients non seulement de leurs droits, de présenter des pétitions, mais aussi de la puissance de cet outil: Résoudre les problèmes qui les concernent. La réponse réside dans une communication plus accessible et plus compréhensible, avec un langage plus simple et des actions ciblées, en particulier à l’égard des jeunes et des personnes vivant dans des régions reculées ou insulaires. Il en va de même pour les citoyens européens vivant en dehors des frontières de l'Union, en particulier dans les pays candidats à l'adhésion. Il est important de savoir qu'ils peuvent envoyer des rapports et sentir l'Europe proche d'eux. Dans le même temps, le succès du processus dépend du renforcement de la coopération entre les institutions européennes et les autorités nationales, régionales et locales. Ce n'est que par une coordination efficace que nous pourrons répondre efficacement aux préoccupations des citoyens et assurer un suivi approprié des pétitions. Notre Commission est à l'avant-garde du processus de pétition depuis des années. Mais nous pouvons l'améliorer encore plus avec une plate-forme numérique meilleure et plus conviviale et en tirant parti de l'intelligence artificielle pour faciliter la recherche et un meilleur accès pour tous. Chers collègues, les pétitions ne sont pas que des documents. Ce sont les histoires et les préoccupations de nos citoyens. Ce sont les défis qui nous appellent à devenir de meilleurs législateurs et à apporter des solutions qui améliorent leur vie quotidienne. Le rapport dont nous sommes saisis reflète cette mission. Je vous invite donc à voter en sa faveur, non pas comme une formalité, mais comme un engagement clair à continuer d’écouter les voix des citoyens et de défendre leurs droits.
Révision du mécanisme de suspension des visas (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la révision du mécanisme de suspension des visas donne à l'Europe un outil plus puissant pour se protéger de l'instrumentalisation de la souffrance humaine et de l'immigration illégale. Elle nous permet de suspendre plus rapidement l’exemption de visa pour les pays tiers, lorsqu’ils ne respectent pas les règles, lorsqu’il existe des risques pour la sécurité ou lorsque les flux migratoires augmentent de manière significative. Cependant, nous devons être honnêtes. Le mécanisme est utile, mais il est évident qu'il ne suffit pas à lui seul. Elle doit s'accompagner d'une protection efficace des frontières et du retour immédiat de ceux qui n'ont pas droit à l'asile. Sans retours effectifs, il n'est pas possible de gérer efficacement le problème. Chers collègues, il n'y a pas de solution facile. Il faut tout un plan et de la cohérence. La migration n'est pas seulement un défi humanitaire. Il s'agit avant tout d'une question de souveraineté nationale, de sécurité et de cohésion sociale. L'Europe doit protéger ses frontières extérieures, car sans frontières il n'y a pas d'Union européenne. Les pays de première ligne, comme la Grèce, ne peuvent supporter seuls un fardeau à l'échelle du continent. Nous avons besoin d'une politique qui fasse clairement la distinction entre le vrai réfugié et l'immigrant illégal, afin que nous ne devenions pas victimes de passeurs. Nous devons soutenir efficacement les communautés locales qui supportent le fardeau sans avoir aucune responsabilité. La solidarité ne signifie pas la tolérance à l'égard de l'anarchie. L'humanité ne signifie pas renoncer à la sécurité. L'Europe doit rester accueillante mais aussi forte.
Madame la Présidente, nous avons besoin de procédures de financement et de contrôle plus simples pour les bénéficiaires. Un citoyen de la région frontalière de Kastelorizo doit avoir les mêmes possibilités qu'un citoyen de Bruxelles. C’est le message clair que nous devons envoyer dans le rapport sur la simplification des Fonds de cohésion, également à la suite des communications de la Commission européenne sur le nouveau budget pour l’après-2027. Nous devons soutenir davantage les autorités des îles et des régions éloignées, qui ont du mal à absorber les fonds européens pour des raisons objectives et sans leur propre responsabilité. Il convient de lever les obstacles qui limitent cette absorption. C'est pourquoi le texte que nous voterons demain souligne la nécessité de renforcer les capacités des collectivités locales et régionales par la création d'un réseau de soutien permanent afin qu'elles puissent utiliser efficacement les fonds disponibles. Nous demandons également un soutien accru à la conception et à la préparation des projets afin d'améliorer la compétitivité et de tirer parti des ressources des secteurs public et privé. Dans le même temps, conscients des problèmes de liquidité, nous demandons une augmentation des préfinancements pour mettre en œuvre des projets de cohésion, en particulier dans les régions rurales, transfrontalières et insulaires. Enfin, Mesdames et Messieurs, nous avons plus que jamais besoin d'une politique de cohésion efficace, dotée de fonds simples et ciblés, aux côtés des collectivités locales et régionales, des entreprises et des citoyens.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, un incident alarmant s'est récemment produit en mer de Thrace. Là, les pêcheurs grecs ont été soumis à de nombreuses tentatives de bélier et même des coups de feu par des bateaux de pêche turcs. Il ne s'agit pas seulement d'un acte d'intimidation inacceptable à l'encontre des travailleurs de la mer ordinaires. Il s'agit d'un défi ouvert et dangereux à la sécurité et à la légitimité aux frontières maritimes de l'Europe. La présence de pêcheurs grecs en mer Égée n'est pas seulement une activité professionnelle, c'est un acte de défense quotidienne de notre souveraineté nationale, c'est le fondement de la vie et de la cohésion de nos régions frontalières. Comme l'Europe, par conséquent, d'autant plus que la Turquie ne semble pas disposée à lutter contre de tels phénomènes, nous devons dans la pratique montrer à tous que notre Europe n'est pas un État non protégé. Les frontières maritimes de la Grèce sont les frontières orientales de l'Union européenne et ces frontières ne sont ni menacées ni contestées.
Nécessité urgente de protéger les minorités religieuses en Syrie, à la suite de l'attentat terroriste récemment perpétré contre l'église Mar Elias à Damas
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la protection des populations chrétiennes en Syrie n'est pas seulement une tâche humanitaire. C'est une question de stabilité géopolitique, d'identité culturelle et de valeurs européennes. L'Union européenne doit clairement se tenir aux côtés des chrétiens d'Orient, qui font partie intégrante de la culture de la région depuis des siècles et qui sont aujourd'hui menacés d'extinction. L'Union européenne doit agir sur quatre fronts. Premièrement, la reconnaissance internationale des violences ciblées qu'ils ont subies et l'inclusion de clauses de protection dans toute négociation sur la Syrie d'après-guerre sont nécessaires. Deuxièmement, l'aide humanitaire et l'aide au développement de l'Union européenne doivent viser à soutenir ceux qui respectent les libertés, les coutumes et les traditions. Troisièmement, des zones de sécurité et des mécanismes de surveillance sont nécessaires pour les communautés menacées à Homs, Alep, Malula et ailleurs. Et enfin, garantir le droit au retour des personnes déplacées et le soutien à la diaspora. L'Union européenne doit intégrer la protection des populations chrétiennes en Syrie comme un choix politique ferme. Il ne doit pas rester spectateur de l'anéantissement du christianisme.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, le rapport dont nous débattons aujourd'hui est plus beau qu'il ne présente la situation réelle en Albanie. Je voudrais souligner les points suivants. Le recensement de la population a été remis en question quant à la méthode et aux résultats de 8 minorités nationales reconnues sur 9. La réforme judiciaire tant discutée a échoué en raison de l'interventionnisme continu du gouvernement albanais. Il y a quelques heures, l'ambassadeur de l'Union européenne, M. Gonzato, a dénoncé une autre intervention du Premier ministre albanais. Lors des dernières élections, les rapports des observateurs de l'OSCE et de l'Union européenne font état de pressions politiques sur les électeurs, de manipulations des médias, d'ingérences de la criminalité organisée dans le processus électoral et de sources de financement suspectes. En Albanie, seulement 50 % des biens ont été restitués aux bénéficiaires légaux, contre seulement 20 % dans les municipalités de la minorité nationale grecque. La loi sur l'autodétermination reste intentionnellement inapplicable. Enfin, selon le gouverneur de la Banque d'Albanie, 4 milliards d'euros circulent en dehors du système bancaire dans un pays dont le PIB n'est que de 27 milliards. Si nous continuons à ignorer cette réalité, nous renforçons l'euroscepticisme. Et c'est la dernière chose dont l'Albanie et l'Europe ont besoin.
Madame la Présidente, je voudrais tout d'abord féliciter le commissaire Kadis pour le plan européen pour les océans. Le débat d'aujourd'hui a lieu une semaine seulement après la troisième conférence des Nations unies. Là-bas, le Premier ministre grec s'est engagé à protéger l'environnement marin. Premièrement, en ratifiant l'Accord sur la biodiversité dans les zones ne relevant pas de la juridiction nationale. Deuxièmement, avec la création de deux nouveaux parcs marins nationaux dans les Cyclades ioniennes et méridionales, qui visent à accroître les zones marines protégées avant 2030, ce qui était l’obligation initiale de notre pays. En outre, une interdiction stricte des chalutiers entrera en vigueur dans ces zones. L'engagement 30×30, la protection de nos océans et la sécurité des mers ne sont pas seulement une idée ambitieuse, mais des œuvres et des actes. Après tout, cela est illustré par le fait que les pêcheurs européens eux-mêmes adoptent des initiatives qui protègent les stocks halieutiques et contribuent à augmenter les captures. La Grèce ouvre la voie à un avenir durable.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je voudrais saluer l'initiative de la Commission sur le pacte européen pour l'océan. Il est essentiel de renforcer nos politiques dans ce domaine, non seulement d'un point de vue environnemental, mais aussi d'un point de vue économique et démographique. Comme indiqué dans les conclusions du Conseil du 20 mars, le maintien de mers saines et durables est essentiel pour les îles et les zones côtières, étant donné qu'une grande partie de l'économie locale, que ce soit par le biais de la pêche ou du tourisme, dépend de la mer. Mais nous devons veiller à ce que ce pacte ne crée pas de nouvelles restrictions et de nouveaux obstacles pour les habitants permanents de nos régions insulaires. Cela les condamnerait au déclin économique. Nous devons aux générations futures d'investir dans une économie bleue compétitive, ainsi que dans le renforcement de la recherche, de l'innovation et des investissements dans le secteur maritime, insufflant ainsi de la vie aux îles et aux régions côtières d'Europe.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, les îles des Cyclades sont touchées par un autre phénomène naturel intense. L'activité sismique a conduit à la mobilisation appropriée de l'appareil d'État par le gouvernement grec. Dans le même temps, cependant, il est plus que jamais nécessaire de renforcer les outils de prévention européens. Les collectivités locales et régionales ont besoin d’un soutien financier pour financer des études et des projets visant à mieux préparer les régions insulaires et isolées d’Europe à faire face à des conditions naturelles extrêmes. J'invite la Commission et tous mes collègues, lors de la planification de la nouvelle période de programmation, à renforcer et à simplifier le Fonds de solidarité afin que les zones touchées puissent être immédiatement indemnisées. Des dispositions doivent également être prises pour soutenir l'économie locale, qui subit également les chocs de tels phénomènes. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons discuter de notre état de préparation opérationnelle et envisager l'avenir avec confiance.
Déclaration universelle des droits de l'homme: l'Union européenne doit contribuer à résoudre la crise humanitaire liée aux personnes portées disparues pendant les guerres et les conflits (débat)
Monsieur le Président, la déclaration universelle des droits de l'homme indique clairement que toute personne a droit à la dignité et à la justice. Mais quelle dignité, quelle justice y a-t-il pour ceux dont le sort reste inconnu? Je veux me concentrer sur deux États, Chypre, où cinquante ans après l'invasion turque, des milliers de familles sont à la recherche de leurs proches, et l'Albanie, où environ 6 000 personnes qui ont été perdues pendant les atrocités communistes sont toujours portées disparues. Le même phénomène a été observé dans d'autres pays. Nous avons donc la responsabilité morale et politique d'aider à réparer cette injustice. En 2015, le Parlement européen a fait le premier pas en adoptant une résolution sur les charniers de personnes disparues dans le village d’Ornithi, dans la partie occupée de Chypre. Il est temps de le refaire. Parce que derrière chaque personne disparue, il y a une famille, une histoire et une douleur sans fin. Derrière chaque vérité qui ne vient pas à la lumière se trouvent nos propres responsabilités.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, le financement des infrastructures physiques de protection des frontières est une solution éprouvée. Dans mon pays, le moyen le plus efficace de prévenir les franchissements illégaux est la clôture d'Evros. Premièrement, parce qu'il protège les frontières de la Grèce et de l'Union. Deuxièmement, parce qu'il protégeait la Grèce et l'Europe de la tentative de la Turquie d'instrumentaliser la migration. Troisièmement, il pousse les migrants vers les voies d'entrée légales et protège les droits de tous ceux qui sont confrontés quotidiennement aux pressions migratoires. Ce sont les citoyens européens d'Evros. Ce sont eux qui portent beaucoup plus de poids au fil du temps que nous tous. Il est plus important que jamais de leur montrer qu'ils ne sont pas seuls. Le débat sur l'immigration est toujours chargé idéologiquement, parce qu'il a à voir avec la protection des droits et libertés individuels, non seulement des immigrants, mais aussi des citoyens de notre Union. Au cours de la législature précédente, nous n'avons pas permis aux obsessions de certains d'éroder les politiques de garde-frontières. Nous devons faire la même chose maintenant. La poursuite du financement est l'une des actions qui clarifie la détermination de l'Europe à entrer dans une nouvelle ère.
Préparation du sommet UE-Balkans occidentaux (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, le sommet Union européenne-Balkans occidentaux est une bonne occasion de discuter de la rapidité et des conditions dans lesquelles cet élargissement nécessaire se déroulera. Tout d'abord, cela ne doit pas être fait avec la logique de la guerre froide, c'est-à-dire que nous ne devons pas tendre la main de l'amitié aux États, juste pour qu'ils ne succombent pas à la pression de pays comme la Russie. Si la qualité de la démocratie et de la stabilité politique n'a pas atteint un niveau satisfaisant, ces pays peuvent, en tant qu'États membres, réapparaître des syndromes et des pathologies de leur histoire. Il est également impératif que nous ne fassions pas de concessions sur les questions d'état de droit. L'emprisonnement des dirigeants de l'opposition en Albanie à la veille des élections est révélateur de la façon dont l'instrumentalisation de la justice peut transformer un régime démocratique en un régime autoritaire. Le mépris de ces conditions d'opportunité politique est perçu par une partie de l'opinion publique de ces pays comme un soutien à des gouvernements spécifiques et crée des réflexes anti-européens. C'est quelque chose qu'il faut éviter.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, j'ai pris la parole sur la question brûlante de l'immigration. Ce n'est évidemment pas la première fois qu'on l'entend dans cette salle. Cependant, c'est peut-être la première fois que l'Europe est confrontée à autant d'incertitudes en même temps. Je suis sûr que nous convenons tous que la chute du régime autoritaire d'Assad doit être combinée avec une transition en douceur du pouvoir qui assurera l'intégrité territoriale du pays et le respect des communautés ethniques et religieuses là-bas. Dans ce contexte, l'Europe doit se préparer à deux niveaux. Créer des conditions qui, d'une part, empêchent de nouveaux flux migratoires et, d'autre part, renforcent le retour volontaire en Syrie. Je représente l'un des pays qui ont immédiatement suspendu l'examen des demandes d'asile par les Syriens et nous espérons qu'à l'avenir, l'Europe aura également un réflexe plus rapide. L'Europe a prouvé qu'elle avait des règles. Prouvons qu'ils sont là pour être respectés et que c'est dans l'intérêt de ses peuples.
Activités du Médiateur européen – rapport annuel 2023 (débat)
Madame la Présidente, à l'approche de l'élection du nouveau Médiateur européen, il est très important que nous nous mettions d'accord sur les garanties qui devraient régir son action. Premièrement, ne pas faire de concessions sur les questions de démocratie, d'État de droit et de droits de l'homme, même lorsque celles-ci concernent des États en voie d'adhésion. Il n'y a pas de rabais sur ces questions. Dans ma propre aventure, malheureusement, cette sensibilité n'est jamais apparue. Deuxièmement, elle ne doit pas succomber à des pressions fondées sur des droits incontrôlés et ne doit pas être instrumentalisée au nom de la société civile. Surtout quand il s'agit d'immigration, c'est ce qui s'est passé. Ça ne peut pas se reproduire. Jusqu'à présent, nous assistons à un ciblage d'États Membres spécifiques sous des prétextes juridiques et sans éléments de fond. En tant qu'institution, le Médiateur européen doit donc agir sur la base de son mandat, en toute impartialité et indépendance. En tant que garant de la légitimité et de la crédibilité de notre Union.
Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, aujourd'hui, je voudrais parler des modèles d'intelligence artificielle. Je me rends compte que l'Europe devient moins compétitive et est prête à perdre un élément clé de l'innovation en matière d'intelligence artificielle, en particulier dans les modèles ouverts. Les modèles d'IA open source ont le potentiel d'augmenter la productivité, de stimuler la recherche scientifique et d'ajouter des centaines de milliards d'euros à l'économie européenne. Les modèles ouverts garantissent l'accès et la liberté dans de nombreux domaines, tels que la médecine, l'éducation, l'administration publique et les nouvelles entreprises, donnant accès à des outils qu'ils ne pouvaient pas construire ou acheter. Sans ces avancées, le développement de l'intelligence artificielle se fera ailleurs, privant les Européens des avancées technologiques dont jouissent les États-Unis, la Chine et l'Inde. Pour éviter cela, nous avons besoin de décisions rapides et claires qui permettent l'utilisation des données européennes dans l'intérêt des citoyens européens. Notre Union doit être à la pointe des idées mais aussi de l'innovation.
Le rôle important des villes et des régions dans l'Union - pour un développement local écologique, social et prospère (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, le gouvernement local est le canal de communication le plus direct que nous ayons avec les sociétés européennes. Après tout, ce sont nos villes et nos régions qui sont appelées à s'aligner sur les politiques que nous et eux mettons en œuvre. Mais le gouvernement local est également l'un des principaux piliers de la transition temporaire dans nos efforts pour atteindre l'objectif de zéro émission d'ici 2050, une transition juste, durable et visible dans la vie quotidienne des citoyens. Par conséquent, nous devons le soutenir de toutes nos forces et avec toutes les ressources disponibles. Aujourd'hui, nous avons placé la barre très haut pour nos ambitions climatiques et nous devons les dépasser sans nuire au tissu productif et commercial de nos pays. Dans le même temps, cependant, en tant qu’Europe, nous devons «mettre la main dans nos poches» et moderniser les infrastructures des collectivités locales si nécessaire. Il est également important de parvenir à l’autonomie de travail des communautés, en particulier des régions insulaires et isolées, et à leur pleine transformation numérique. Nous ne devons pas oublier que notre dette n'est pas envers les institutions, mais envers les citoyens européens. Ils doivent être les bénéficiaires ultimes de nos politiques. Donc, nous allons planifier avec eux pour eux.