Préparation du Conseil européen (discussion commune)
Alors, cher collègue, je ne sais pas si ça vous aura échappé, mais je ne m'appelle pas Jordan Bardella. Je m'appelle Marion Maréchal-Le Pen, comme vous venez de le dire. Par contre, si le sujet évidemment de l'immigration légale vous intéresse, je peux éventuellement donner un peu plus d'arguments pour vous convaincre. Parce que s'il y a bien un sujet dont l'Union européenne devrait s'emparer, c'est précisément celui-là. Parce que c'est un enjeu civilisationnel, sécuritaire, qui touche également à la question du terrorisme, qui touche à la question économique. Et donc je vous invite éventuellement à vous pencher sur le sujet et à poser la question la prochaine fois à Jordan Bardella.
Préparation du Conseil européen (discussion commune)
Monsieur le Président, chers collègues, nous nous apprêtons à adopter un règlement historique qui permettra d'expulser beaucoup plus efficacement les clandestins, fruit d'une coalition des droites qui a mis en minorité la majorité d'Ursula von der Leyen. C'est une grande satisfaction, mais nous ne devons pas nous contenter de lutter contre l'immigration illégale. Le prochain chantier qui doit nous occuper est la jugulation de l'immigration légale cette fois, alors que nous connaissons une augmentation record de la population immigrée en Europe. Celle-ci représente 64,2 millions de personnes, soit presque autant que la France métropolitaine. Et en 2024, l'Union européenne a délivré 3,5 millions de premiers titres de séjour à des ressortissants de pays tiers. Le Conseil a donc le devoir: un, de mettre fin aux multiples pompes aspirantes comme le regroupement familial, deux, réduire le périmètre du droit d'asile, trois, supprimer les trop nombreuses exemptions de visas. Il doit faire pression sur le gouvernement espagnol, qui prend l'ensemble de l'espace Schengen en otage en régularisant massivement des étrangers clandestins. Voilà des sujets qu'il nous faut urgemment mettre à l'ordre du jour du prochain Conseil européen.
Nécessité d’une adaptation du cadre juridique de l’Union relatif aux biocarburants durables (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, à Bruxelles, les biocarburants sont le parent pauvre de la transition énergétique. Alors si, avec mon groupe, nous avons insisté pour que ce débat ait lieu, c'est que ces carburants alternatifs ont, entre autres avantages, de réduire le prix à la pompe, de diminuer nos importations d'énergies fossiles et de baisser nos émissions de carbone. Attachés aux principes de neutralité technologique, nous réclamons une adaptation de la directive sur les énergies renouvelables, qui fait la part belle aux énergies intermittentes au détriment des biocarburants qui, eux, sont limités à 7 %. De même, nous demandons que la directive sur la qualité des carburants soit corrigée afin, notamment, d'autoriser les mélanges E20. Enfin, ne pas avoir inclus les biocarburants de première génération dans la proposition des normes d'émission CO2 des voitures est une absurdité écologique que nous souhaitons corriger. Imaginez les perspectives: en France, la motorisation hybride rechargeable flexfuel permettrait d'équiper pas moins de 5 millions de véhicules, soit 13 % du parc automobile. Voilà pourquoi nous devons permettre aux filières européennes de biocarburants d'être compétitives, viables et profitables, à la fois au secteur des transports et au secteur aérien.
Révision du système d’échange de quotas d’émission afin de soutenir la compétitivité européenne (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, en matière de climat, Bruxelles est une machine à perdre. Monstre de bureaucratie, le marché européen du carbone, dit ETS I, est en réalité une taxe européenne qui ne dit pas son nom, un chantage permanent fait aux Européens. Ce dogmatisme climatique, mes chers collègues, c'est l'asphyxie programmée de notre industrie. C'est la détresse de nos agriculteurs, qui s'exprimaient encore hier devant ce Parlement et que vous refusez d'entendre. C'est la perte sèche de millions d'emplois sur notre sol. C'est aussi une prime aux délocalisations et aux importations étrangères. Alors, avec le groupe ECR, nous réclamons que la Commission mette fin à la course à l'abîme vers lequel ces politiques nous précipitent. ETS I, avec son prix du carbone délirant et la fin des quotas gratuits, est obsolète: il doit être revu de fond en comble. ETS II, avec son surcoût sur la facture énergétique annuelle des ménages de l'ordre de 150 euros, sera un véritable coup de massue pour nos ménages et pour nos entreprises: il doit être purement et simplement abandonné. Alors, je crois qu'il est temps de tourner la page de cette gauche qui nous parle, la main sur le cœur, d'indépendance énergétique, mais qui, dans le même temps, a milité contre le nucléaire; qui, dans le même temps, a défendu le pacte vert qui aboutit dans les faits à un véritable Buy China Act; qui s'est complu dans un véritable agrobashing qui fait que nous n'avons jamais été aussi dépendants de l'étranger sur le plan agricole.
La sécurité, l’indépendance et l’approvisionnement énergétiques dans le contexte géopolitique: garantir la stabilité du marché et une énergie abordable pour l’industrie et les citoyens (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, l'envolée des prix à la pompe provoquée par la crise au Moyen-Orient jette dans le désarroi nos compatriotes qui ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois. Elle met également en péril des filières entières de notre économie. Pêcheurs, transporteurs, agriculteurs, petits indépendants: tous sont exposés à une augmentation brutale des coûts qui menace leur activité. Dans cette situation, le seul souci de nos dirigeants devrait être de prendre d'urgence des mesures pour baisser la facture énergétique. Le gouvernement de Meloni l'a fait avec son «décret carburant». La Hongrie l'a fait en bloquant les prix à la pompe. La Suède l'a anticipé en baissant plusieurs taxes sur l'essence et le diesel depuis 2024, de même que le Portugal. À l'inverse, le gouvernement français se distingue par son inaction. Et pourtant, des solutions simples existent. À court terme, instaurer la TICPE flottante, c'est-à-dire une taxe ajustable. À moyen terme, relancer les forages d'exploitation de gaz et de pétrole dans nos zones économiques exclusives, développer une filière de production décarbonée d'engrais, relancer la filière des biocarburants et celle du nucléaire de quatrième génération et, enfin, engager la grande révolution géothermique.
La montée de la violence politique, notamment de la part des organisations d’extrême gauche (débat)
Monsieur le Président, l'extrême gauche tue. Il y a un mois, Quentin, 23 ans, a été lynché à mort à Lyon. Il y a un an, c'est Charlie Kirk qui a été tué. L'extrême gauche, d'ailleurs, ne fait pas qu'assassiner. Elle frappe, elle sabote, elle détruit, elle intimide, elle menace. Elle pratique même l'inversion accusatoire en transformant ses victimes en coupables. Parce que, dans leur esprit, Charlie, Quentin et nous tous, à la droite de cet hémicycle, méritons de subir cette violence, car, selon leur fameux slogan, «un bon facho est un facho mort». Ce narratif trouve de l'écho partout en Europe grâce à un réseau de complaisance et de complicité. Une sorte d'économie circulaire antifa. L'extrême gauche agresse, puis des médias de gauche, souvent financés par de l'argent public d'ailleurs, volent à leur secours. Puis des universitaires militants produisent des études biaisées. Puis des juges rouges excusent. Et puis, finalement, la France insoumise applaudit. Voilà le résultat. Un continuum d'impunité. Parce que la violence d'extrême gauche n'est pas un accident, c'est une doctrine assumée. Le parti de Mme Aubry accueille dans ses conférences le Suédois Andreas Malm, qui fait l'apologie de la violence politique et qui a fait part de sa jubilation à l'occasion des attaques du 7 octobre. En 2025, en France, 70 % des rixes politiques ont été provoquées par des militants d'ultra-gauche. Selon Europol, 21 attaques terroristes en 2025 sont imputables à l'extrême gauche, c'est-à-dire quasiment autant que le djihad islamique. Et cette violence antifa s'exporte. Des Français, dont le député LFI Raphaël Arnaud, étaient présents à Rome en janvier, dans une manifestation qui a abouti à l'agression des militants de Fratelli d'Italia. En février encore, 35 Français ont été identifiés lors de très violents affrontements avec la police à Turin. Alors, je le dis haut et fort, honte à LFI, qui a fait élire Raphaël Arnaud. Honte à Rima Hassan et à Manon Aubry, qui continuent de défendre cette milice. Honte à Jean-Luc Mélenchon, le chef de cette milice, qui légitime quasiment le meurtre de Quentin. Sachez-le, nous ne nous laisserons pas intimider et nous nous battrons pour que les organisations antifas soient reconnues pour ce qu'elles sont: des organisations terroristes.
Le Conseil européen et la situation au Moyen-Orient (discussion commune)
Madame la Présidente, la guerre n'en finit pas de frapper à notre porte. Le régime des mollahs pratique la guerre asymétrique avec un mépris total pour l'intégrité de ses voisins. Hier, malheureusement, certains pensaient pouvoir récolter les dividendes de la paix en rognant sur nos outils de défense. Nous ne pouvons que nous satisfaire que la France d'hier ait, moins que les autres, communié à cet aveuglement européen collectif. Car la guerre nous rattrape, à Chypre, au Liban, à Dubaï avec qui la France est liée par un accord de défense. Le Charles de Gaulle et d'autres moyens militaires français sont actuellement déployés pour soutenir nos alliés. Nos soldats incarnent en ces instants la crédibilité des engagements de la France. Mais cette situation est aussi un avertissement quant à la taille particulièrement restreinte de notre outil de défense, qui ne pourrait pas garantir en tout temps et en tout lieu de pouvoir réagir de la sorte. C'est vrai pour la France, c'est encore plus vrai pour les autres pays de l'Union européenne. C'est pourquoi redisons ici notre résolution commune à accroître nos capacités de défense nationales, condition essentielle, incontournable de notre puissance continentale. Ne pas subir, voilà ce qui doit constituer notre boussole stratégique.
La politique espagnole de régularisation à grande échelle et ses conséquences pour l'espace Schengen et la politique de l'UE en matière de migration (débat)
Alors, Madame, quand vous viendrez d'un pays, comme moi, dans lequel l'immigration est surreprésentée dans tous les crimes et délits, d'un pays dans lequel l'immigration est surreprésentée dans la présence des logements sociaux, dans lequel les immigrés ont un taux d'inactivité en moyenne beaucoup plus important que les peuples de souche. Quand vous serez, en effet, allée regarder dans les yeux, les familles de victimes de terroristes islamistes qui, pour la plupart d'entre eux, étaient des clandestins, ou les familles de jeunes femmes qui ont été violées et tuées par des clandestins, comme nous en avons eu plusieurs en France – Lola et Philippine. Alors à ce moment-là, quand vous aurez fait tout cela, Madame, vous viendrez me donner des leçons.
La politique espagnole de régularisation à grande échelle et ses conséquences pour l'espace Schengen et la politique de l'UE en matière de migration (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, en décidant de régulariser plus d'un demi-million de clandestins, le chef du gouvernement espagnol exécute à la lettre le programme de l'extrême gauche. Oui, Monsieur Pedro Sanchez, vous vous rendez complice de Podemos et de son égérie, Mme Irene Montero qui siège dans cet hémicycle et qui disait il y a quelques jours seulement: «j'espère que la théorie du remplacement se réalisera». Vous êtes en train d'imposer aux Espagnols ce que les dirigeants français ont déjà imposé au peuple français: la submersion migratoire et son corollaire, l'effacement de notre civilisation. Les conséquences tragiques de cette submersion, nous les connaissons bien en France: islamisation, djihadisme, communautarisme, explosion des violences et prémices malheureux de la guerre civile. Demain, ces 500 000 clandestins pourront légalement s'installer partout sur notre continent. Monsieur Sanchez, par votre décision irresponsable, vous prenez toute l'Europe en otage et vous provoquez un dramatique appel d'air migratoire. Votre folie rend plus urgent que jamais de réserver la libre circulation de l'espace Schengen aux seuls citoyens européens.
La situation au Venezuela à la suite de la capture de Nicolás Maduro et la nécessité de garantir une transition démocratique pacifique (débat)
Madame la Présidente, il n'y a aujourd'hui que l'extrême gauche nostalgique du socialisme bolivarien pour regretter le régime de Maduro. Jeter près de 75 % de sa population sous le seuil de pauvreté, dans l'un des pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde, voilà un exploit dont seuls les gouvernements marxisants ont le secret. Mais laissons là les discours abstraits sur le droit international et les condamnations morales précipitées. Ce qui importe à présent, ce sont les réalités qui s'imposent à nous. Depuis trop longtemps, nous n'avons aucun engagement stratégique dans cette région où la France possède pourtant un important territoire, la Guyane. Alors soyons pragmatiques et posons-nous cette question simple: comment défendre le plus efficacement nos intérêts dans cette région? En favorisant l'influence chinoise ou en essayant de composer avec les États-Unis et de faire en sorte que cette influence américaine soit aussi française et donc européenne? Car c'est bien cela, et pas seulement le trafic de drogue qui est en jeu pour nous en Amérique du Sud, où se trouve sur le sol français l'une des plus grandes bases spatiales européennes et d'importantes ressources minières et d'hydrocarbures dont nous avons tant besoin.
La violente répression des manifestants en Iran (débat)
Monsieur le Président, aujourd'hui, des Iraniens meurent car ils aspirent à la liberté et à la dignité. Nous devons nous tenir à leurs côtés. Ce grand peuple, l'un des plus anciens du monde, vit depuis 1979 un cauchemar indigne de son histoire. Les héritiers de Persépolis sont plongés dans le noir, dans la nuit de l'esprit. Un voile sombre s'est abattu sur la civilisation des couleurs avec l'aide de la gauche européenne, en particulier française. Sartre, Foucault, les parents de l'islamo-gauchisme, ont par le passé soutenu l'ayatollah Khomeini, longtemps exilé en France et ont fait la propagande de son petit livre vert. Il faudra écrire un jour le livre noir des complicités de la gauche dans la montée de l'islamisme: hier, avec les gardiens de la révolution iranienne; aujourd'hui, en faveur des Frères musulmans et de tant d'autres. Le Moyen-Orient et l'Europe ont besoin d'un Iran partenaire rendu à la raison, d'un Iran qui cesse d'instrumentaliser les mondes chiites pour semer le chaos en Iraq, au Liban, au Yémen et ailleurs. Le grand poète perse Hâfez chantait: «le printemps qui revient avec le charme des roses». Bientôt, nous l'espérons, il reviendra en Iran.
Présentation du train de mesures pour le secteur automobile (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, 15 milliards d’euros: c’était le montant de l’excédent de la balance commerciale dans le secteur automobile en 2022 en faveur de la Chine. En 2025, cette balance est devenue négative. L’année dernière, le déficit relatif aux pièces détachées s’est élevé à près de 3,4 milliards (pour 2024). Face au désastre en cours, la Commission nous avait pourtant promis qu’elle avait écouté les graves préoccupations du secteur. Alors le compte y est-il, avec les propositions présentées aujourd’hui? Certaines mesures de simplification sont certes les bienvenues, mais nous sommes encore très loin du compte. La Commission reste prisonnière de son jusqu’au-boutisme vert et aveugle face à la gravité de la désindustrialisation de notre continent. Là où il aurait fallu supprimer l’interdiction des moteurs thermiques à partir de 2035, la Commission se contente d’un assouplissement, à la marge, des normes de CO2. Cette stratégie est incompréhensible et illisible. Nous continuerons donc de nous battre pour que nos constructeurs aient la possibilité de fabriquer des véhicules thermiques, hybrides, électriques, comme ils l’entendent, face aux besoins du marché.
Train de mesures sur les réseaux européens et lutte contre l'augmentation des prix de l'énergie au moyen d'une infrastructure solide (débat)
Monsieur le Président, je veux rendre ici hommage aux boulangers, aux bouchers, aux artisans, aux restaurateurs, aux hôteliers, aux agriculteurs, à tous ceux pour qui la facture d’électricité devient parfois une angoisse, notamment à cause des décisions qui sont prises ici, dans ce Parlement. Nos entreprises ont besoin d’une énergie abordable pour rester viables ou compétitives face à la Chine ou aux États-Unis, où les prix sont trois à quatre fois plus bas. L’obstination de l’Union européenne à vouloir injecter dans le réseau électrique toujours plus d’énergies renouvelables, intermittentes, est un suicide économique. En France, la programmation pluriannuelle de l’énergie 3, qui découle des obligations européennes, entraînera vraisemblablement une hausse des coûts de 30 % à 40 %. Notre pays devra en effet investir pas moins de 150 milliards d’euros pour adapter son réseau à la multiplication des éoliennes et des panneaux solaires: une folie! Cette obstination est d’autant plus absurde que notre pays, la France, grâce à son parc nucléaire, produit aujourd’hui plus qu’il ne consomme. Là encore, sur ce sujet, comptez sur nous pour être le porte-voix des chefs d’entreprise, dont les difficultés et les angoisses ont tant de mal à être entendues par cette Commission.
Programme pour l’industrie européenne de la défense et cadre de mesures visant à assurer la disponibilité et la fourniture en temps utile des produits de défense (débat)
Madame la Présidente, mes chers collègues, le réarmement de nos nations n'est plus un choix, c'est une nécessité. Notre continent n'a pas vocation à vivre sous la protection de puissances étrangères. Mais l'Europe puissance restera un slogan tant que nous ne disposerons pas d'une industrie de défense autonome, tant que nous accepterons des dépendances qui nous rendent vulnérables et tant que nos budgets de défense ne seront pas à la hauteur des enjeux. EDIP marque, reconnaissons-le, un premier pas dans la bonne direction. Il traduit une volonté naissante d'autonomie stratégique et affirme le principe d'une priorité européenne. Mais ce texte n'est pas assez ambitieux. Comment s'en satisfaire pleinement quand la préférence européenne est plafonnée à 65 %? Quand les définitions des composants européens et les méthodes de calcul restent floues? Quand trop d'exemptions permettent encore l'achat de munitions et de missiles sous licence sud-coréenne ou américaine avec l'argent des contribuables européens? Nous aurions attendu de ce texte un cap, en fixant par exemple des objectifs d'autonomie industrielle à court, moyen et long terme. Après tout, cette méthode a été retenue par cette majorité en matière de transition énergétique, alors pourquoi pas en matière d'autonomie stratégique?
Protection des consommateurs de l’Union contre les pratiques de certaines plateformes de commerce électronique: le cas des poupées sexuelles d’apparence enfantine, des armes et d’autres produits et matériels illégaux (débat)
Monsieur le Président, imaginez qu’il aura fallu le scandale de la vente de poupées pour pédophiles, commercialisées sur la plateforme Shein, pour qu’enfin les autorités françaises décident de se pencher sur l’activité de ce géant chinois du commerce électronique – un géant qui inonde nos marchés de produits bas de gamme, souvent illégaux, et dont le modèle favorise la mode éphémère, véritable aberration écologique. Mais la vente de ces poupées sexuelles n’est qu’une goutte d’eau parmi les 4,6 milliards de colis chinois qui se déversent chaque année sur le sol européen. Ce débat – que j’ai réclamé avec notre groupe, ECR –, nous l’avons voulu pour que le sujet devienne européen et que la Commission agisse enfin pour protéger nos entreprises de la concurrence déloyale et les consommateurs de produits dangereux ou toxiques. Rendez-vous compte qu’une enquête menée par une association de consommateurs a révélé que 60 % des produits analysés ne respectaient pas nos normes européennes! À quoi bon, dès lors, voter des lois si nos concurrents économiques ne les respectent pas? Pourquoi diligenter des enquêtes si les sanctions dissuasives ne suivent pas? À quoi bon les mises en demeure de la Commission si celles-ci ne sont suivies d’aucune sanction? Je le dis clairement aujourd’hui: il faut interdire Shein d’accès au marché commun européen.
Commémoration du dixième anniversaire des attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris (débat)
Madame la Présidente, je parle ici au nom d’un pays meurtri, d’un pays martyr. Depuis 2012, plus de 300 Français ont été victimes de la haine islamiste. Ce seul 13 novembre 2015, 130 Français ont été tués, 413 ont été blessés. Alors, en ce triste anniversaire, je pose une question: pouvons-nous regarder les familles de victimes dans les yeux et leur dire que tout a été fait pour que cette attaque ne puisse plus avoir lieu? Pouvons-nous leur dire qu’aujourd’hui l’islamisme est moins fort qu’il ne l’a été hier? La réponse est malheureusement «non». En effet, des terroristes pourraient encore traverser six ou sept frontières pour venir frapper nos capitales, et oui, l’idéologie islamiste continue de progresser dans le terreau de l’immigration extra-européenne et du communautarisme. Combien de morts faudra-t-il pour enfin reprendre le contrôle de l’immigration et de nos frontières, pour enfin interdire les Frères musulmans – comme l’ont fait de nombreux pays musulmans, comme envisagent de le faire les États-Unis, comme a eu le courage de le faire l’Autriche –, pour enfin affirmer que nous sommes une civilisation chrétienne et que nous sommes fiers de l’être? Madame la Présidente, chers collègues, les minutes de silence ne suffisent plus. Je vous appelle, au nom de toutes ces victimes, à soutenir enfin cette triple réponse: migratoire, sécuritaire et civilisationnelle.
Préparation de la réunion du Conseil européen du 23 octobre 2025 (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, aujourd'hui encore, trop de chiffres révèlent notre faiblesse: 70 % des modèles d'intelligence artificielle sont développés aux États-Unis, 80 % des produits et services numériques utilisés en Europe sont produits à l'étranger. La fuite des cerveaux s'accélère et seuls trois des cinquante meilleurs instituts de recherche sont européens. Alors nous attendons bien plus qu'un nouvel omnibus qui va corriger à la marge les erreurs du passé, et notamment celles du pacte vert. Nous voulons une rupture, un changement de logiciel sur trois points majeurs: une stratégie européenne de production et pas uniquement décarbonée, pour atteindre la souveraineté et le maintien des emplois; un plan européen pour l'énergie nucléaire et une stratégie énergétique globale qui nous sortent enfin de la coûteuse utopie du tout renouvelable; la priorité européenne au cœur de nos décisions dans le rapport de force douanier, dans l'accès aux marchés publics et en matière de défense. Nous avons trop souvent une Commission du diagnostic et de la communication. Les Européens attendent toujours cette Union de l'action qui nous a été promise.
Renouveler le partenariat UE-Afrique: construire des priorités communes dans la perspective du sommet en Angola (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur Brunner, comme commissaire chargé des questions migratoires, il vous appartient d'en finir avec les logiques qui jusqu'ici ont prévalu dans le rapport de l'Europe avec le continent africain. La principale stratégie de la Commission a été d'encourager l'immigration et de se perdre dans un coûteux saupoudrage, tout en cherchant à imposer au passage aux Africains les idéologies vertes et les valeurs «woke» promues par Bruxelles. Cette stratégie est une course à l'abîme. Tandis que nous importons massivement la jeunesse africaine, nous laissons le continent à nos rivaux commerciaux. Les Africains et les Européens ont pourtant un intérêt mutuel à tarir les sources d'immigration. Les pays d'accueil et de transit africains subissent les mêmes problèmes que maints pays d'accueil européens: criminalité, prostitution, drogue, violence, chômage, terrorisme islamiste, trafic d'êtres humains. Et comme nous, les pays de départ voient leurs classes supérieures s'exiler. Monsieur le Commissaire, il est temps d'agir avec pragmatisme et de rompre avec la diplomatie stérile de l'aumône et des droits de l'homme. Mme Meloni, elle, l'a bien compris avec son plan Mattei qui lie clairement coopération économique et lutte contre l'immigration. C'est un modèle, me semble-t-il, qu'il faut suivre. Bruxelles doit s'inspirer de cette logique gagnant-gagnant.
Monsieur le Président, chers collègues, j'interviens sur le fondement de l'article dix du règlement intérieur. Hier, sur ses réseaux sociaux, Rima Hassan jubilait devant les images des exécutions sommaires de civils commises à Gaza par les terroristes du Hamas. Son commentaire satisfait et glaçant «One by one» résonne comme une véritable incitation au meurtre. Cette gauche dévoile là son vrai visage, celui du soutien à un islamisme sanguinaire qui se drape dans les habits de la justice. Ne vous y trompez pas, dans l'esprit de Rima Hassan et de ses amis des Frères musulmans, ce «One by one» ne s'adresse pas seulement aux supposés traîtres gazaouis, mais à tous ceux qui se dressent face au projet djihadiste de cette organisation. Il désigne tous ceux que les islamistes veulent combattre: les Juifs, les chrétiens, les immigrés assimilés et la civilisation européenne, «One by one». Madame Hassan, nous avons généreusement accueilli votre famille comme réfugiés. Vous trahissez chaque jour notre générosité en semant la haine et la discorde. Je n'ai qu'une chose à vous dire: partez. Partez et rentrez là où vous vous considérez chez vous. Rejoignez donc ce Hamas que vous aimez tant et goûtez, en tant que femme aux délices amers d'être une femme au milieu des islamistes et à défaut au moins...
L'avenir automobile de l'Europe - annulation de l'interdiction de vente des véhicules à combustion dans l'UE (débat d'actualité)
Monsieur le Président, chers collègues, en mettant ce débat à l’ordre du jour, mon groupe ECR a voulu rappeler l’urgence de lever l’interdiction des moteurs thermiques neufs à partir de 2035. Fruit du dogmatisme vert, cette interdiction insensée a mis l’industrie automobile européenne à l’agonie et a évidemment joué en faveur des constructeurs chinois. Le bilan des tartufes du climat se compte en centaines de milliers d’emplois européens perdus. En France, en seulement cinq ans, 40 000 emplois ont été perdus. C’est plus de 10 % des effectifs. Des pans entiers de notre économie, de l’industrie lourde aux équipementiers, sont aujourd’hui en péril. Je vois certains de ceux qui prétendent venir au chevet des constructeurs européens être en réalité responsables d’avoir mis l’industrie automobile européenne au bord de la faillite. C’est la Commission de von der Leyen qui a initié l’interdiction des moteurs thermiques en faisant adopter le pacte vert. C’est le commissaire Séjourné, alors président du groupe Renew, qui, le 14 février 2023, a fait basculer le vote de ce Parlement en faveur de l’interdiction des véhicules neufs à moteur thermique. En France, une expression dit: «C’est un grand tort que d’avoir raison trop tôt.» Nous le savons, nous, avec le groupe ECR qui alertons depuis le premier jour sur le risque de cette interdiction. Mais une autre expression dit qu’il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Il n’est donc pas trop tard pour ouvrir les yeux et réparer les erreurs du passé.
Monsieur le Président, chers collègues, dans un monde qui oppose de plus en plus la Chine aux États-Unis, les pays européens ont tout intérêt à nouer une coopération approfondie avec l'Inde, puissance émergente et dynamique. Cette coopération doit d'abord se faire sur le plan sécuritaire. L'Inde, comme nous, fait face à une menace islamiste intense. Dans cette lutte, nous devrions davantage nous inspirer de Narendra Modi, qui n'a pas les pudeurs occidentales. Elle doit ensuite se faire en matière de défense. Détentrice de l'arme nucléaire, l'Inde accorde des moyens colossaux pour garantir son indépendance stratégique. Cette recherche d'autonomie s'est concrétisée par l'achat récent d'avions Rafale et de sous-marins de classe Scorpène, une démarche que nous devons continuer à accompagner. La coopération doit aussi être énergétique. Puissance industrielle émergente, l'Inde investit énormément dans le développement de filières énergétiques décarbonées, mais sa filière nucléaire reste encore balbutiante. Nouer des partenariats privilégiés avec New Delhi pour piloter la création de centrales nucléaires doit donc être une priorité. Enfin, la coopération doit être commerciale. Alors que l'Inde, sous l'impulsion d'un gouvernement patriote, protège son marché, l'Europe a au contraire ouvert le sien sans contrepartie sérieuse. Pour résorber notre déficit commercial, nous devons donc rompre avec cette approche naïve, qui est la marque de fabrique de la Commission européenne depuis trop longtemps.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je n'apprends à personne ici que l'agriculture a été la grande oubliée, et même la grande sacrifiée, de la politique de la Commission de ces dernières années. Il était donc plus que temps de soutenir enfin nos agriculteurs face à l'enfer administratif dans lequel ils sont aujourd'hui enfermés; nos paysans passent plus de temps à remplir des formulaires qu'à planter des graines. Je félicite donc Céline Imart pour son rapport, parce que nous serons toujours du côté de ceux qui veulent simplifier la vie des travailleurs, de ceux qui veulent dire la vérité sur l'origine des produits que nous consommons et de ceux qui veulent protéger la rémunération et le mérite agricoles. Néanmoins, je vous invite à écouter et à entendre la colère qui gronde encore aujourd'hui dans nos campagnes. Simplifier ne suffit pas, il faut aussi protéger. Or la Commission ne protège pas quand elle prévoit de baisser le budget de la PAC. Elle ne protège pas quand elle veut imposer le passage en force du traité de libre-échange et, avec lui, la concurrence déloyale qui l'accompagne. Il n'est pas acceptable de laisser raser nos exploitations agricoles, d'arracher nos vignes, de décimer nos troupeaux pour vendre quelques automobiles allemandes de plus aux confins du monde. Je le redis ici: il n'y aura pas de puissance européenne sans croissance française, et il n'y aura pas de croissance française sans le sauvetage de notre agriculture.
Madame la Présidente, Madame von der Leyen, l'Union européenne fait face aujourd'hui à un défi existentiel. Les grands États-civilisations s'imposent, pendant que vous vous accrochez à votre vieux logiciel, comme avec le pacte vert, et accompagnez notre sortie de l'histoire. Vous préparez la signature du Mercosur en voulant une fois encore contourner le vote des États. Vous venez d'accepter un traité inique avec les États-Unis, alors que c'était là l'occasion de se montrer à la hauteur du tournant historique en cours. Les données du nouveau monde sont pourtant claires: nous sommes entrés dans l'ère du césarisme politique et non plus de la techno-bureaucratie. La mondialisation libre-échangiste est derrière nous. Nous ne pouvons plus compter sur des puissances extérieures comme Washington pour assurer notre sécurité. L'ONU et les grandes organisations internationales sont impuissantes face aux conflits en cours. Partout, le rapport de force a remplacé le droit international, et nous sommes à peine au début de la crise migratoire. Le Nigeria connaît chaque année deux fois plus de naissances que l'ensemble de nos 27 pays réunis. Et pourtant, dans votre discours, vous consacrez seulement une minute à la question de l'immigration. Ce discours est la démonstration que vous n'avez pas pris la pleine conscience de ces données. Alors nous vous appelons encore une fois à poser des actes de rupture, parce que les regrets ne font pas une politique.
Préparation du sommet UE-Chine de 2025 - Prendre des mesures face aux restrictions à l'exportation mises en place par la Chine pour les matières premières critiques
Madame la Présidente, chers collègues, dans les années 1990, les pays européens ont abandonné l’extraction et le raffinage des métaux critiques. Trente ans plus tard, faute de vision stratégique, les Européens se trouvent dans une délicate situation de dépendance à l’égard de la Chine, qui compte pour 60 % de l’extraction minière mondiale des terres rares et pour 92 % de leur production raffinée. Pékin couvre à ce titre plus de 90 % de nos besoins. Toute restriction d’exportation dans ce domaine fait peser de lourds risques sur nos industries et notre défense. Alors, face aux défis que nous pose la Chine, cinq axes prioritaires doivent guider notre politique: 1) réduction de l’utilisation des terres rares si des solutions de substitution fiables existent; 2) diversification des partenariats dès lors que l’agriculture européenne n’est pas une monnaie d’échange – ce qui serait totalement inacceptable; 3) recherche et exploitation de nouveaux gisements européens; 4) développement de filières de recyclage; 5) relocalisation des capacités de raffinage. Bruxelles semble enfin s’être décidée à suivre cette voie. C’est un motif de satisfaction, qui doit contribuer à rompre avec les carcans idéologiques que les écologistes décroissants nous ont imposés jusqu’ici.
Condamnation arbitraire de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes (débat)
Madame la Présidente, Boualem Sansal, Christophe Gleizes: ces deux noms sont devenus le symbole de notre abdication. Il ne suffisait pas à la France de s’excuser d’avoir bâti des routes, des écoles, des hôpitaux en Algérie. Il fallait en plus baisser la tête devant le mépris d’un régime autoritaire qui n’a rien su faire de son indépendance. Pendant des semaines, Paris s’est réfugié dans le déni. Attendre la fin du procès, attendre la fin du ramadan, attendre l’appel, puis une hypothétique grâce présidentielle… Cette diplomatie à genoux a lamentablement échoué et elle nous fait honte. Il n’y a pas seulement deux prisonniers dans cette affaire: il y en a quatre, parce que la France et la Commission sont elles aussi mentalement captives de l’Algérie, victimes consentantes de sa rente mémorielle, tétanisées par son chantage à l’immigration. Alors, que valent toutes ses agitations devant Trump, devant l’Iran, devant Poutine, si la Commission n’est même pas capable de suspendre l’accord UE-Algérie pour protéger deux ressortissants? Il est temps que la France arrête de subir! Dénonçons l’accord migratoire de 1968, fermons des consulats, bloquons les transferts financiers vers l’Algérie, suspendons les 250 000 visas généreusement distribués chaque année! Il n’est jamais trop tard pour relever la tête.