Préparation et réaction de l’Union aux urgences sanitaires: le cas du MV Hondius et de l’alerte au hantavirus (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, l'Hantavirus nous rappelle que les crises sanitaires ne sont plus des événements exceptionnels, mais des défis durables auxquels les nations – nos nations – doivent se préparer. Je veux saluer l'engagement des soignants, des chercheurs, des autorités sanitaires mobilisées partout en Europe pour protéger nos concitoyens. Mais nous devons aussi tirer les leçons du passé. La crise du COVID-19 a révélé nos vulnérabilités et l'importance de renforcer nos capacités de prévention, de recherche et de coordination. Surtout, nous devons retenir une leçon essentielle: lorsque la transparence disparaît, le doute s'installe. Et lorsque le doute s'installe, le complotisme prospère. Sans confiance dans la parole publique et scientifique, aucune politique sanitaire ne peut réussir durablement. Notre devoir est clair: dire la vérité, agir avec transparence et reconstruire la confiance entre les institutions et les citoyens.
Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, en cette Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, une réalité demeure. Sur le burn-out, l'Europe reste dans le flou. Aucune définition harmonisée. Aucune reconnaissance comme maladie professionnelle. Ce vide n'est plus acceptable. L'épuisement professionnel en France coûte près de 15 000 € par salarié et par an. Surtout, il brise des vies. Définir clairement le burn-out sur des bases scientifiques, c'est protéger les salariés comme les employeurs, et c'est également éviter les dérives. Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, c'est permettre une détection plus précoce et un accompagnement adapté. Mes chers collègues, l'Europe doit agir là où elle est attendue, protéger sans freiner, encadrer sans contraindre.
Mise en œuvre de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires et risques pour la sécurité de l’approvisionnement en médicaments (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, tous les traitements ne sont pas toujours bénéfiques pour la santé des Européens. Le traitement des micropolluants dans les eaux usées en est aujourd'hui une illustration préoccupante. Oui, il faut agir et nous sommes tous ici d'accord qu'il faut agir. Cependant, faire peser jusqu'à 100 % du coût sur l'industrie pharmaceutique, notamment sur les génériques, est à mon sens une faute. Peut-on parler de souveraineté sanitaire tout en fragilisant la production de nos médicaments essentiels? Le coût de cette mesure peut atteindre jusqu'à un quart du prix du médicament dans sa production. Les conséquences seront immédiates: pénuries aggravées pour les antibiotiques comme l'amoxicilline, difficulté d'accès aux traitements pour des patients, notamment pour les antidiabétiques oraux. C'est pourquoi j'en appelle à sa suspension, suspension transitoire dans l'attente d'une étude indépendante et d'une véritable prise en compte de l'impact pour les patients européens. À vouloir tout traiter, ne prenons pas le risque de priver les Européens de l'essentiel: se soigner.
Interdiction de la vente d’oxyde nitreux au grand public (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, il y a des sujets pour lesquels nous n'avons plus le droit de simplement constater, alerter puis attendre. Le protoxyde d'azote est de ceux-là. Derrière ce que certains continuent d'appeler, avec une légèreté devenue insupportable, le gaz hilarant, il n'y a ni amusement, ni insouciance, ni banalité. Il y a des drames, il y a des vies brisées, il y a des familles prolongées et plongées dans un deuil irréparable. À Nice, dans ma ville, plusieurs destins ont été tragiquement fauchés. Je pense à Ambre et à Clémence, deux infirmières qui rejoignaient leur service. Je pense à Jérémie Boulon, sapeur-pompier qui quittait sa garde avant d'être mortellement et tragiquement percuté sur la promenade des Anglais. Tous ont été victimes de conducteurs sous l'emprise de cette substance. Et lorsque nous prononçons leurs noms, il ne s'agit pas d'évoquer de simples faits divers. Nous parlons de visages, nous parlons de parcours, nous parlons de femmes et d'hommes engagés au service des autres, brutalement arrachés à leurs proches, à leurs familles, à leur avenir. Rien ne réparera ces pertes. Et ces drames, malheureusement, ne sont pas isolés. Partout, en Europe, l'usage détourné du protoxyde d'azote progresse, en particulier chez les plus jeunes. Pourtant, ses conséquences sont connues. Elles ont été rappelées: atteintes neurologiques sévères, troubles psychiatriques, désordres biologiques et parfois même la mort. La dangerosité de cette substance n'est plus à démontrer. La Commission européenne elle-même l'a reconnue en la classant comme toxique pour certains organes. Et pourtant, malgré cela, son accès demeure d'une facilité déconcertante. C'est précisément là que commence notre responsabilité politique, car les réponses nationales à elles seules ne suffisent plus. Tant que ce type de produit pourra circuler librement au sein du marché intérieur, tant que les ventes restent libres, en vente libre en ligne, le contournement transfrontalier restera possible, nos interdictions demeureront partielles et donc inefficaces. C'est pourquoi, avec 43 collègues de 18 États membres et de six groupes politiques, nous avons saisi la Commission européenne. Cette mobilisation transpartisane dit une chose simple: il s'agit d'un devoir de protection et non pas d'un combat partisan. Le règlement REACH, en particulier son annexe XVII, nous offre un fondement juridique clair. Lorsqu'une substance présente un risque inacceptable pour la santé humaine, l'Union européenne doit agir. Aujourd'hui, il existe ce risque. Et oui, l'Union européenne doit agir. Monsieur le Commissaire, ma question est donc simple: la Commission est-elle prête à engager cette procédure afin d'interdire, dans l'ensemble de l'Union européenne, la mise sur le marché du protoxyde d'azote à destinée du grand public tout en préservant naturellement ses usages médicaux et professionnels indispensables? Nous n'avons pas le droit de laisser s'installer la banalisation d'un danger connu. Nous avons le devoir de protéger notre jeunesse. Et surtout, surtout, nous avons la responsabilité morale et politique d'agir maintenant, avant que d'autres noms ne viennent s'ajouter à la liste de ceux que nous n'avons pas su protéger.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je le demande ici de manière formelle, faisons de l'année 2027 l'année européenne de lutte contre l'obésité. Un adulte sur six est déjà touché par l'obésité dans l'Union européenne, et la prévalence ne fera qu'augmenter dans les décennies à venir si nous ne faisons rien. Traiter l'obésité, c'est traiter le diabète. Traiter l'obésité, c'est agir contre les maladies cardiovasculaires. Traiter l'obésité, c'est améliorer la santé mentale de nos concitoyens. Traiter l'obésité, c'est lutter contre certaines formes de cancer. Traiter l'obésité, c'est protéger les plus jeunes, c'est bouger ou encore déstigmatiser une maladie dont les facteurs sont multiples. Il n'y aura pas, chers collègues, de compétitivité européenne, si nous ne prenons pas en charge celles et ceux qui travaillent, si nous ne luttons pas contre ce que représentent les coûts directs et indirects, pour nos économies, de l'obésité. Dans mon pays, la France, 18 % de la population est touchée. Cela représente l'équivalent de 10 millions de personnes en situation d'obésité. Ce chiffre devrait même doubler d'ici 2030, selon l'OMS. Alors qu'attendons-nous pour faire de l'année 2027 l'année européenne de lutte contre l'obésité?
Monsieur Clergeaux, vous avez entendu ma prise de parole. Vous connaissez mes paroles, vous connaissez ma position. Je suis professeur de médecine, je lutte contre le cancer depuis plus de 30 ans. Et oui, avant tout le tabac, l'alcool, l'obésité – il y a probablement d'autres facteurs – et non, je ne suis pas un antivax, si c'est ce que vous vouliez me faire dire. Il y a d'autres facteurs d'environnement qu'il faut prendre en compte. Oui, le tabac, oui, l'alcool, oui, l'obésité, et tout ce qui a été prouvé par la science. Je suis avant tout un scientifique.
Madame la Présidente, en cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, la réalité doit être affrontée. En France, par manque de spécialistes, entre le diagnostic et le traitement, douze semaines sont nécessaires, alors que les recommandations préconisent d'agir dans les six semaines. Plus d'un tiers des médicaments autorisés en Europe ne sont pas disponibles en France. Plus d'un tiers des Français atteints de cancer ont déjà rencontré des difficultés pour accéder à un médicament. En Europe, ce sont 2,7 millions de nouveaux cas. Le cancer n'est pas une simple maladie, c'est une urgence sanitaire, c'est une urgence politique. Le plan cancer adopté en 2021 par l'Union européenne a permis, et c'est heureux, de nombreux progrès, notamment pour la vaccination contre le HPV, contre le papillomavirus. Nous devons bâtir une Europe de la coopération scientifique, une Europe de la recherche, une Europe de partage de données face au cancer. Mais la lutte contre le cancer n'est pas finie. Sur la prévention, sur l'éducation en santé, nous n'en faisons pas assez. Nous avançons trop lentement sur les causes: le tabac, l'alcool et l'obésité infantile. Le combat contre le cancer continue, en France comme au sein de ce Parlement européen.
Présentation du plan de l’Union pour la santé cardiovasculaire (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, les maladies cardiovasculaires représentent un coût de 282 milliards d’euros par an dans l’Union, soit davantage que l’ensemble des dépenses de santé de la France. Mais au-delà des chiffres, ce sont des vies, des familles et des parcours qui sont brisés. L’obésité est l’un des principaux facteurs de risque de ces pathologies. Aujourd’hui, près d’un adulte sur deux est en situation de surcharge pondérale en Europe. Face à ces réalités, nous devons nous fixer des objectifs clairs de contrôle des facteurs de risque. Dans le cadre du plan de lutte contre l’obésité, j’ai obtenu plusieurs avancées – et je remercie ici le commissaire Várhelyi pour son écoute. Ces progrès concernent notamment la jeunesse, la prise en compte de la santé mentale, la lutte contre la sédentarité ainsi que le renforcement du dépistage, de la prévention et de la recherche. Lutter contre les maladies cardiovasculaires n’est pas une mission impossible: près des trois quarts d’entre elles peuvent être évitées. Alors, agissons donc ensemble avec détermination pour lutter contre la première cause de mortalité en Europe!
Risques pour la santé publique dans une Europe touchée par le réchauffement climatique: la lutte contre la propagation des maladies transmises par les moustiques et les tiques (vote)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, une alerte sanitaire vient d’être déclenchée dans les Alpes-Maritimes, à Antibes, à Nice, ma ville. Plus de 300 cas de chikungunya ont été recensés. Un virus tropical qui n’a plus rien de tropical. Le moustique tigre s’installe désormais en Europe de manière durable. Le chikungunya provoque des douleurs articulaires intenses, souvent handicapantes, de la fièvre, des éruptions cutanées, des maux de tête et parfois des séquelles qui durent des semaines, voire des mois. Ce n’est pas une maladie anodine: c’est une maladie qui bloque, qui isole, qui désorganise la vie quotidienne comme l’économie locale. Ce n’est pas un épisode isolé: c’est le symptôme d’un continent qui se réchauffe et d’une santé publique qui, trop souvent, réagit au lieu d’anticiper. Les moustiques et les tiques remontent vers le nord. Le climat a changé. Nos politiques de prévention doivent changer. Alors oui, il faut agir. Renforcer la surveillance vectorielle. Partager les données entre États membres. Soutenir la recherche vaccinale et mutualiser les moyens — insecticides, répulsifs, laboratoires — pour éviter que chaque pays ne lutte seul dans son coin. Car, même si la santé reste et doit rester une compétence nationale, ce sujet montre que, sur ces enjeux sanitaires et climatiques, l’Europe doit être unie, concrète et utile. Le chikungunya sur la Côte d’Azur n’est pas un fait divers local: c’est un signal d’alarme continental. Il nous rappelle que les menaces sanitaires ne connaissent pas de frontières et que seule une action coordonnée, fondée sur la science et la prévention, peut protéger durablement les Européens.
Journée mondiale de la santé mentale - lutter contre les facteurs socio-économiques (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, la santé mentale est l'un des grands défis de notre siècle. Une personne sur six en Europe en souffre, souvent en silence, parfois dans la honte. Mais cette souffrance n'est pas égale, elle suit malheureusement le gradient social. La précarité, la solitude, la perte de sens au travail frappent avant tout les plus modestes. Trop souvent, cette détresse conduit à des addictions – alcool, tabac, écrans, drogues – qui enferment plus qu'elles ne soulagent. La santé mentale n'est pas seulement une question médicale, mais aussi une question de dignité et de justice sociale. L'Union européenne doit agir sans se substituer aux États, mais en formant, en partageant et en soutenant la prévention. Investir dans la santé mentale, c'est protéger nos peuples, leur équilibre, leur avenir et leur souveraineté.
Stratégie européenne de lutte contre la maladie d’Alzheimer et les autres types de démence (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, en France, plus de un million de personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer; en Europe, ce sont 9 millions de personnes qui vivent avec cette horrible maladie. Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées, des familles dévastées, un avenir qui nous inquiète tous. Le vieillissement rapide de nos sociétés rend l'urgence évidente. Si nous n'agissons pas, le fardeau deviendra insoutenable. Notre devoir est double: soutenir la recherche et l'innovation en simplifiant les règles, qui freinent trop souvent les essais et l'accès aux traitements, et agir sur la prévention, car près d'un cas sur deux pourrait être évité. Cela suppose de lutter contre l'hypertension, le diabète, le tabac, l'excès d'alcool, de promouvoir une alimentation saine, une activité physique, la stimulation cognitive, le lien social, mais aussi de prendre en charge la perte auditive et la dépression. Enfin, n'oublions pas les aidants, ces conjoints, ces enfants, ces proches qui portent le poids de la maladie. Donnons-leur un statut clair et des droits. Chers collègues, la maladie vole les souvenirs. N'y ajoutons pas l'oubli des politiques. Engageons-nous aujourd'hui, ici et maintenant.
Action de l'Union européenne pour soigner et prévenir des maladies dont le cancer, les maladies cardiovasculaires et neurologiques et la rougeole (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, tout le monde parle de prévention, mais trop peu la mettent en œuvre. Pourquoi? Parce que ses effets prennent du temps et trop d'élus préfèrent des résultats immédiats. Pourtant, c'est là que tout commence: mieux vivre, désengorger les hôpitaux, réduire les coûts. 1 euro investi en prévention, c'est jusqu'à 6 euros d'économies. Prévenir, c'est voir loin. Si certains États manquent de courage, alors soyons exemplaires à l'échelle européenne. Après le plan cancer, engageons-nous avec la même ambition contre les maladies cardiovasculaires. Lançons un vrai plan européen de lutte contre l'obésité. La santé des Européens n'est pas un slogan, c'est un combat. Et ce combat commence par la prévention.
Plan d'action européen sur les maladies rares (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, guérir d’une maladie rare ne suffit pas. Trop souvent, ceux qui ont survécu doivent encore affronter un dernier obstacle: celui du regard des banques, des assureurs et de la société. Je le dis avec émotion: comme chirurgien, j’ai accompagné des enfants atteints de cancers rares. J’ai vu leur courage, leur combat, leur résilience, mais j’ai vu trop souvent que, même une fois guéris, ils restaient prisonniers d’un passé qu’ils n’avaient pas choisi. Le droit à l’oubli n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental. Il est temps que l’Union européenne l’inscrive enfin dans sa législation, pour que ces enfants, devenus adultes, puissent construire leur avenir sans entrave. Guérir ne suffit pas, pour être libre. Être libre, c’est pouvoir oublier.
La nécessité du soutien de l'Union en faveur d'une transition et d'une reconstruction justes en Syrie (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, des hommes, des femmes et des enfants abattus à bout portant parce que chrétiens ou alaouites: la barbarie marque une fois de plus la Syrie de son empreinte. L’Union européenne ne doit pas être naïve. N’oublions pas que le président al-Charaa a combattu dans les rangs de l’État islamique et d’Al-Qaïda. Porter une cravate ne lave pas le sang des innocents. L’Union ne doit pas avoir de difficulté à nommer le mal qu’est le totalitarisme islamique. C’est lui qui a frappé la côte syrienne, c’est lui qui a déversé le sang de nos peuples sur le sol européen, c’est lui l’ennemi. Nous devons conditionner la levée des sanctions et le versement des millions d’euros d’aide à la preuve de la non-implication du gouvernement transitoire et à son engagement total à rétablir l’ordre, alors qu’il est aujourd’hui incapable de retenir des chiens de guerre face à des civils. Exigeons des garanties de sécurité pour les minorités de Syrie! Ne reproduisons pas les mêmes erreurs qu’en Iraq et qu’en Libye!
Recommandation sur les environnements sans fumée et sans aérosols (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, huit millions de morts dans le monde chaque année, 75 000 en France, c'est l'équivalent de villes comme La Rochelle ou Cannes, rayées de la carte chaque année. Voilà le bilan tragique du tabagisme, première cause de cancers évitables. Oui, il est de notre devoir de lutter contre le tabac en aidant ceux qui fument à en sortir et en évitant que de nouveaux consommateurs y entrent. Créer des environnements sans tabac est une étape décisive dans ce combat, mais soyons clairs: les États membres sont libres dans leurs politiques anti-tabac. Il ne faudrait pas donner le sentiment que l'Union européenne interdit de fumer dans des lieux comme les terrasses de cafés et de restaurants. L'Union européenne s'est fixé un objectif, celui d'atteindre une génération sans tabac d'ici 2040. Pour y parvenir, nous devons soutenir la création d'environnements sans tabac autour des écoles et des hôpitaux pour protéger notre jeunesse et nos malades. Une question se pose, celle de l'approche que nous devons adopter face aux nouveaux produits liés au tabac, comme la cigarette électronique. En tant que chirurgien et professeur de médecine, les études scientifiques sont au cœur de ma réflexion. C'est pourquoi je souhaite que nous nous basions sur des preuves réelles, plutôt que supposées, avant toute réglementation. Les cigarettes électroniques doivent pouvoir aider ceux qui fument à sortir du tabac sans devenir pour autant un gadget attrayant pour les plus jeunes et les non-fumeurs.
Nécessité urgente d'instaurer un cessez-le-feu au Liban et de protéger la mission de la FINUL au vu des récentes attaques (débat)
Madame la Présidente, mes chers collègues, en attaquant Israël le 8 octobre 2023, le Hezbollah s’est rendu coupable d’une guerre qui plonge le peuple libanais dans la tourmente. La sécurité d’Israël n’est pas négociable, celle du Liban non plus. En tant que président de la délégation pour les relations avec les pays du Machrek, je tiens à exprimer ma profonde inquiétude. Les attaques récentes contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban – la FINUL –, qui ont blessé plusieurs Casques bleus, constituent des violations inacceptables du droit international. Ces actions doivent cesser. Elles sont inacceptables. J’appelle à un cessez-le-feu immédiat au Liban et à une reprise du dialogue fondé sur la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. La paix passera par le désarmement du Hezbollah. Aux morts s’ajoute le déplacement de plus de 1 million de Libanais, entraînant des conséquences humanitaires terribles. Notre soutien financier, matériel et humain, déjà renforcé, doit continuer, tout comme nous devons continuer à aider le Liban à retrouver une stabilité politique et économique.
Urgence de réviser le règlement relatif aux dispositifs médicaux (débat)
Madame la Présidente, Madame la Vice-présidente de la Commission européenne, chers collègues, le règlement sur les dispositifs médicaux, dit MDR, bien que visant à renforcer la sécurité, impose des charges disproportionnées aux petites et moyennes entreprises, tellement disproportionnées que près de 50 % des fabricants envisageraient de s'orienter vers d'autres marchés, en particulier le marché américain. Le résultat est parfois dramatique pour les patients, qui perdent l'accès à des traitements essentiels, parfois irremplaçables. Malgré des modifications, trop de freins persistent, tels que l'augmentation des coûts, des délais et des études cliniques. Au lieu d'innover, nos entreprises ont mobilisé de 70 % à 100 % de leurs équipes depuis cinq ans pour une mise à jour réglementaire. Nous devons réagir en allégeant certaines exigences du MDR, en particulier pour les PME, afin d'assurer que la sécurité ne devienne pas un obstacle aux soins innovants.
Réponse de l'Union à l'épidémie de Mpox et nécessité d'une action continue (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, cela a été dit, le risque d'une épidémie de mpox dans l'Union européenne est faible. Si la vigilance et la préparation au virus sont primordiales, n'inquiétons pas inutilement nos populations. Pour son variant le plus dangereux, tous les cas ont été signalés dans les pays africains, à l'exception d'un en Thaïlande et d'un autre en Suède il y a maintenant plus d'un mois. Ne faisons pas de chaque virus une épidémie qui viendrait s'implanter dans l'Union européenne. La crise de la COVID a martyrisé notre opinion publique, elle a martyrisé nos concitoyens, elle a martyrisé notre système de santé, et là, c'est le professeur de médecine, toujours en fonction, qui vous parle. Mais ici, avec le mpox, je le répète, le risque est faible. Le risque étant faible, que peut donc bien faire l'Union européenne face au mpox? Regarder de loin ce virus qui touche l'autre côté de la Méditerranée, sûrement pas. Agir dans la prévention, c'est là le premier rôle que nous avons en prévenant les populations à risque et en informant les voyageurs en provenance des zones à risque. Mais un autre rôle qui nous incombe, à nous Européens, c'est celui d'aider le continent africain à lutter contre le mpox. L'aider financièrement, par exemple avec l'aide accordée par la Commission européenne à la Croix-Rouge burundaise, l'aider techniquement avec l'envoi d'un personnel qualifié sur place, avec une collaboration accrue entre les autorités sanitaires européennes et africaines, ou enfin l'aider par l'envoi prévu de plus de 55 000 doses de vaccins par la Commission européenne via HERA et les États membres. Pour finir, je tiens à souligner une chose importante, c'est que face au mpox, nous avons un vaccin efficace qui a deux armes: avant tout un rôle préventif en vaccinant les sujets à risque, mais aussi un rôle majeur dans l'effet réactif, c'est-à-dire une vaccination post-exposition après les huit jours. Mesdames et Messieurs, notre rôle d'européen est d'aider l'Afrique face au mpox sans inquiéter notre population, le risque étant faible sur notre continent.