Répression persistante de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso
Madame la Présidente, le Burkina Faso, ce pays d'Afrique de l'Ouest, illustre aujourd'hui l'échec dramatique de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d'État de 2022. En quatre ans, le pays s'est progressivement isolé de la communauté internationale, a été suspendu de plusieurs organisations régionales et internationales, tandis que les libertés fondamentales y sont méthodiquement réduites. Dans le même temps, la situation sécuritaire s'est aggravée. Plus de la moitié du territoire échappe au contrôle de l'État et plusieurs millions de Burkinabés ont été déplacés et ont besoin d'une aide humanitaire. Après plus de dix ans de lutte contre le terrorisme, avec l'appui de la France et de l'Europe, coupé de ses anciens partenaires, le Burkina Faso sombre dans le chaos. Il est devenu un sanctuaire pour les groupes islamistes terroristes et la criminalité organisée, faisant peser une menace croissante sur ses pays voisins, les plus dynamiques économiquement de la région, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo ou Bénin. Cette résolution a raison de rappeler au soutien de la société civile et des acteurs humanitaires. Mais nous devons aussi assumer une responsabilité stratégique, renforcer notre soutien aux États voisins qui constituent aujourd'hui la première ligne de défense contre la déstabilisation de toute l'Afrique de l'Ouest. Car quand l'Afrique de l'Ouest vacille, c'est l'Europe qui va vaciller.
La détention arbitraire du président Mohamed Bazoum par la junte au Niger
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, nous voterons demain pour une résolution d'urgence qui me tient particulièrement à cœur, la demande de libération du président nigérien Mohamed Bazoum, que je présente pour la quatrième fois. Depuis le coup d'État du 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum est détenu avec son épouse par la junte militaire qui a pris le pouvoir, privé de téléphone et totalement coupé du monde extérieur. 950 jours se sont écoulés depuis ce coup, 950 jours de détention injustifiée. Il convient de rappeler que le président Bazoum, démocratiquement élu, a été le principal partenaire des forces européennes au Sahel, contribuant à la lutte contre le terrorisme islamiste, contre le trafic d'armes, contre le trafic d'êtres humains, et à la stabilité régionale. Nous ne pouvons rester plus longtemps silencieux alors qu'un allié-clé de l'Europe est emprisonné. Quel exemple de loyauté l'Union européenne donnerait-elle à ses partenaires? Sa libération est urgente pour deux raisons majeures. Son mandat prendra fin le 2 avril 2026. Ne pas obtenir sa libération avant cette date constituerait un échec grave. Un signal clair doit être envoyé à nos partenaires et à leurs opposants. L'Europe est un allié assumant ses engagements envers ceux qui ont coopéré avec elle pour plus de sécurité et plus de liberté. Cette résolution rappelle le caractère inacceptable de la détention d'un dirigeant démocratiquement élu, partageant nos valeurs, renversé puis emprisonné par une junte militaire toujours au pouvoir aujourd'hui. Elle appelle à la libération immédiate de Mohamed Bazoum et de son épouse, au rétablissement de l'ordre constitutionnel et à l'organisation de nouvelles élections démocratiques. Depuis le coup d'État, le Niger s'enfonce dans une spirale de violence et d'insécurité. La junte militaire laisse son territoire en proie à des groupes djihadistes responsables de nombreuses attaques meurtrières, notamment contre des minorités religieuses. Nous ne pouvons nous y résigner. Je compte sur votre soutien pour cette résolution qui porte bien son nom, une résolution d'urgence.
Éliminer les obstacles au marché unique de la défense - Projets phares de défense européens d’intérêt commun
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le marché unique de la défense est une fausse promesse qui s'oppose au projet européen. Car revenons à l'objectif. Nos travaux ont fait émerger six priorités pour notre industrie de défense: concentration industrielle, coopération interétatique, innovation, compétitivité, moins de dépendance et des transferts plus faciles au sein de l'Europe. Or, un marché unique de la défense ne permettra pas d'atteindre cet objectif pour plusieurs raisons. Premièrement, la libre circulation des armes. Les armes ne sont pas des réfrigérateurs. Une libre circulation affaiblirait le contrôle des transferts ultra-sensibles et accroîtrait les risques d'espionnage et de fuite technologique. Deuxièmement, le contrôle strict des aides d'État et des concentrations. Cela affaiblirait les champions industriels dont l'Europe a besoin, alors que, justement, nous voulons des concentrations stratégiques comme l'alliance spatiale Bromo entre Airbus, Leonardo et Thales. Troisièmement, le contrôle des exportations par la Commission. Pour les États membres qui disposent d'une industrie de défense, les exportations d'armes sont un élément central de leur stratégie nationale. Enfin, la majorité qualifiée qui signifierait tout simplement la fin du droit de veto. La guerre est aux portes de l'Europe, est-ce le moment d'affaiblir la souveraineté des États membres? La défense européenne n'a pas besoin d'un marché unique, mais d'un marché de défense intergouvernementale fondé sur la coopération volontaire, des achats conjoints et une Commission qui reste à sa place, facilitatrice et non coordinatrice.
Bâtir une défense européenne plus solide dans un contexte international de plus en plus incertain (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, trop d'entre nous prétendent encore que pour réarmer vite, l'Europe doit acheter à l'étranger. C'est absolument faux et c'est dangereux. Comment bâtir une défense de l'Europe crédible en niant nos propres capacités industrielles? Comment réduire notre dépendance stratégique aux États-Unis en achetant toujours plus américain? La réalité est la suivante: l'Europe peut répondre à ses besoins. Elle dispose de 6 000 entreprises de défense. Appuyons-nous aussi sur l'Agence européenne de défense, sous-utilisée, dont la mission est justement de savoir qui fait quoi. Agir vite, c'est s'appuyer sur l'existant. Nous ne sommes pas plus lents que nos concurrents. Ils subissent les mêmes contraintes industrielles. Nos chaînes robotisées attendent les commandes. Non, les États-Unis ne livrent pas plus vite. Ils livrent même moins vite, parfois pas du tout, car leur priorité, c'est leurs propres intérêts. Les F-35 roumains commandés en 2024 ne seront pas livrés avant 2030, quand ses concurrents européens sont livrés en trois ans. La dépendance américaine, c'est aussi ne rien avoir au final, l'épisode des sous-marins australiens nous le démontre crûment. Ne nous laissons pas intoxiquer, achetons européen et créons enfin le seul véritable outil qui nous manque pour conduire un conflit de haute intensité: un état-major de défense européen.
PESC et PSDC (article 36 TUE) (discussion commune)
Monsieur le Président, Madame la Haute représentante, chers collègues, nous partageons tous un même constat, l'Europe doit se doter d'une politique de défense crédible, mais pas à n'importe quel prix. Je voterai contre l'actualisation du rapport sur la politique de sécurité et de défense commune. Pourquoi? Parce que ce rapport appelé PSDC introduit à plusieurs reprises un concept dangereux: le marché unique de la défense et la remise en cause de l'unanimité dans les votes. Le marché unique n'est pas un débat sémantique, c'est une réalité juridique aux conséquences très concrètes. Appliqué à la défense, il conduit premièrement à une libre circulation des armes qui dilue le contrôle national, deuxièmement à une prise de pouvoir de la Commission sur les exportations et la concurrence, troisièmement à une harmonisation normative rigide quand nos priorités sont l'interopérabilité et l'innovation, quatrièmement à la fin du droit de veto sur les décisions les plus régaliennes. Au moment où les tensions internationales sont élevées et la guerre aux portes de l'Europe, est-ce le moment d'affaiblir la souveraineté des États? Non. Nos industries de défense n'ont pas besoin d'un marché unique. Elles ont besoin d'un marché intergouvernemental de la défense conforme aux traités, fondé sur la coopération volontaire et les achats conjoints. C'est par fidélité à l'idée d'une autonomie stratégique européenne que j'appelle à voter contre ce rapport. Ni marché unique de la défense, ni majorité qualifiée, ni armée européenne.
Préparation de l’UE en matière de défense (discussion commune)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, pour conclure, je souhaite exprimer mes plus sincères remerciements à tous les intervenants de ce débat. Oui, la défense de l’Europe nécessite du financement privé, et le financement public ne suffira pas. Vous avez montré, par votre enthousiasme, que nous allions dans le bon sens, mais vous avez aussi montré la nécessité de poursuivre notre travail en commun. Une fois encore, je tiens à remercier les rapporteurs fictifs des différents groupes politiques pour leur travail en commission SEDE. Leur engagement et leur approche constructive ont permis d’aboutir à ce rapport de manière efficace. Je tiens aussi à remercier les commissions BUDG et ECON pour leurs avis précieux sur ce texte. Ces contributions ont apporté un éclairage complémentaire et essentiel sur les questions d’accès aux financements pour les entreprises européennes de défense. Je remercie aussi le secrétariat de la commission SEDE. La défense, c’est vraiment l’affaire de tous les Européens, sans distinction de nationalité ou de sensibilité politique. Dans un monde de plus en plus incertain et où les prédateurs se multiplient, nous avons le devoir collectif de garantir notre autonomie stratégique. Cela passe par l’innovation et par la compétitivité économique, par l’attractivité de modèles d’état de droit, mais aussi par le développement, en Europe, d’une véritable puissance défensive crédible, qui sera crainte par nos adversaires. Il n’y a pas besoin d’une armée européenne pour cela – elle serait contraire à nos traités fondateurs –, mais bien d’un état-major européen en mesure de planifier et de conduire une guerre, et surtout d’une véritable volonté politique.
Préparation de l’UE en matière de défense (discussion commune)
Monsieur le Président, chers collègues, la défense européenne ne se fera pas sans capitaux privés. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, l’Union européenne investit massivement dans sa défense. Les investissements des États membres ont bondi de 42 % en 2024 pour atteindre un record de 106 milliards d’euros. Ils devraient approcher 130 milliards d’euros en 2025. Ces montants, bien qu’impressionnants, restent dramatiquement insuffisants face aux besoins, estimés à 160 milliards d’euros par an selon le plan «ReArm Europe». Plusieurs think tanks européens évoquent même le besoin de 250 milliards d’euros par an. Aucun budget public ne peut absorber une telle charge sans déséquilibrer ses finances publiques ou sacrifier d’autres priorités essentielles, comme la transition écologique, la cohésion ou la santé. La seule réponse réaliste réside dans un changement de paradigme: faire du capital privé un acteur majeur du financement de la défense européenne. Sur le contexte général de la défense de l’Europe, nous sommes partis du constat d’un triple défi à relever pour nos entreprises de défense et leurs investisseurs: disposer de nettement plus de commandes et de visibilité; augmenter les cadences de production; et permettre aux entreprises d’accéder aux financements nécessaires à leur montée en puissance. Notre rapport sur la préparation de la défense européenne à l’horizon 2030 répond à ce troisième défi: libérer les capitaux privés, à travers des mesures initiatives du public, notamment. Concrètement, ce rapport a été motivé par un état des lieux partagés en commission SEDE: celui des difficultés majeures de financement des entreprises de défense, en dette comme en fonds propres. Les PME, qui constituent près de 80 % des entreprises de défense de l’Union européenne, sont les plus touchées par ce phénomène. Cette situation tient à certaines spécificités sectorielles du monde de la défense: le fait que la défense est une prérogative exclusive des États membres, conformément à nos traités fondateurs; une très forte dépendance à la commande publique; de longues chaînes de sous-traitance peu consolidées; et des interprétations trop restrictives des critères environnementaux par les investisseurs, où la défense reste considérée comme le tabac, la pornographie ou les jeux d’argent. L’objectif de ce rapport d’initiative soumis à votre vote est de faciliter l’accès aux financements privés. Il est structuré en deux grandes parties et en quatorze propositions concrètes. Permettez–moi d’en citer quatre: l’extension formelle du mandat de la Banque européenne d’investissement, avec la création d’une filiale consacrée à la défense et à la souveraineté; un meilleur accompagnement des PME de défense au sein de l’Union européenne, par le biais des chambres de commerce notamment, pour accéder aux fonds européens; un appel, là encore, à la BEI pour qu’elle augmente son mécanisme de fonds propres pour la défense de 175 millions d’euros à 1 milliard d’euros, afin de soutenir les PME innovantes de la défense. En investissant dans les fonds spécialisés, ce mécanisme de fonds propres pour la défense rassurera les investisseurs privés et les incitera à apporter davantage de capitaux. Ce mécanisme permettra ainsi de financer plus facilement les PME et d’éviter les rachats par des puissances étrangères; et enfin un encouragement de la Commission à soutenir le label «Finance Europe», qui favorise le fléchage de l’épargne vers les investissements de long terme dans l’économie européenne. L’idée, selon moi, serait d’envisager assez vite un label de défense et de souveraineté. Les négociations en commission SEDE, venues appuyer les avis des commissions ECON et BUDG, ont permis d’aboutir à un texte de compromis très satisfaisant, qui demeure fidèle à la proposition initiale. Il a été largement adopté en commission SEDE le 27 novembre dernier. Je suis persuadé que ce rapport contribuera au renforcement de la défense de l’Europe. L’Europe ne deviendra pas une puissance militaire crédible en comptant uniquement sur les budgets nationaux et les subventions. Elle le deviendra en permettant à son industrie de défense, stratégique et attrayante, d’accéder ainsi aux financements privés. Je vous invite donc chaleureusement à voter en faveur de ce rapport lors du vote de demain.
L'état de droit et la situation des droits de l'homme en Tunisie, et notamment le cas de Sonia Dahmani
Monsieur le Président, chers collègues, il y a quelques jours, j'ai rencontré la sœur de Sonia Dahmani. Son témoignage m'a profondément touché. Sonia est avocate, elle défendait l'état de droit. Aujourd'hui, elle est derrière les barreaux pour avoir simplement exercé sa liberté de parole. Sa famille vit dans la peur. Comment rester indifférent? Depuis 2021, Kaïs Saïed a méthodiquement concentré tous les pouvoirs: dissolutions d'institutions indépendantes, procès contre l'opposition, journalistes intimidés, décrets liberticides. La Tunisie, autrefois symbole d'espoir démocratique, glisse aujourd'hui vers l'autoritarisme. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: plus de 70 opposants poursuivis arbitrairement, une presse muselée et un pays classé au 129ᵉ rang mondial pour la liberté des médias. Pendant ce temps, l'Union européenne continue de verser des milliards d'euros d'aides. Nous ne pouvons pas continuer d'accueillir les ressortissants, de soutenir leur économie sans exiger en retour le respect des droits de l'homme qui figure dans nos accords. Il est temps d'arrêter de se laisser intimider, instrumentaliser par des régimes qui tournent le dos à la démocratie. Nous avons du poids, nous avons des principes. Servons-nous en, soyons plus fermes dans nos conditions. Pour la crédibilité de l'Europe, exigeons des actes pour Sonia Dahmani et pour les Tunisiens qui se battent pour leur liberté.
La position de l'UE sur le plan proposé et son engagement en faveur d'une paix juste et durable pour l'Ukraine (débat)
Monsieur le Président, Madame von der Leyen, chers collègues, une fois encore, l'Europe n'a pas été à l'initiative. Pas d'équipe de négociation. Pas de proposition de médiation. L'Europe s'est rangée derrière la position ukrainienne. Si c'est justifiable moralement, ce n'est pas entendable, ni sur un plan politique, ni sur un plan diplomatique. Les Européens commentent ce que font les Américains. Une fois encore, nous sommes dans la réaction et les propos incantatoires plutôt que dans l'action. Une fois encore, nous donnons le sentiment d'être prêts à nous battre jusqu'au dernier Ukrainien. Soyons lucides, on ne garantit la paix que lorsqu'on est capable de faire la guerre. Et qui, ici, est prêt à faire la guerre? Quel pays ici est prêt à faire mourir ses enfants pour l'Ukraine? Ne levez pas tous la main! Si on pense qu'imposer des sanctions qui sont contournées ou que donner des armements trop peu et trop tard suffira pour faire plier la Russie, on se trompe. La victoire repose sur trois piliers: la résistance des soldats sur le front, la résilience et le soutien de la population, et des armes en quantité suffisante. Or le front ukrainien recule. La population ukrainienne doute, avec les scandales de corruption en chaîne qui touchent leur président, et nous ne fournissons clairement pas assez d'armes et de munitions – pas parce que nous ne voulons pas, mais parce que nous n'avons pas toujours la capacité de fournir plus. C'est ce dernier point qui fait défaut. Soyons cohérents et lucides. Notre dépendance aux Américains, sur le plan des moyens comme des structures de commandement, nous empêche d'être libres, de décider et d'agir. Nous serons en effet en mesure de nous défendre par nous-mêmes et pour nous-mêmes quand, au-delà d'un réarmement sincère, nous aurons notre propre état-major européen en mesure de planifier et de conduire une guerre de manière autonome. Donnons-nous les moyens de créer le plus tôt possible cet état-major. Comme ancien chef militaire, je sais que, gagner une guerre, c'est aussi être capable d'avoir un temps d'avance et de surprendre. Alors agissons autrement pour créer notre propre architecture de sécurité.
Le récent accord de paix au Proche-Orient et le rôle de l’UE (débat)
Merci, chère collègue, pour votre question. Il me semble qu'avant de reconnaître l'État de Palestine – et je suis pour la reconnaissance de deux États – il faudrait que les Palestiniens reconnaissent l'État d'Israël. Le Hamas, en effet, continue de tuer ses opposants. On a vu des images. Des services de renseignement l'ont prouvé. Donc oui, le Hamas est un mouvement terroriste qui continue de tuer ses opposants et de semer la terreur.
Le récent accord de paix au Proche-Orient et le rôle de l’UE (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Madame la Commissaire, l'Union européenne n'a jamais eu les moyens réels de peser dans le conflit israélo-palestinien. Sa rhétorique volontariste entretient une illusion de puissance vite dissipée par la réalité et par l'action américaine. Près de la moitié des États membres de l'Union européenne ont reconnu l'État palestinien. C'est du symbolisme sans effet, une pensée magique qui ne protège ni les civils, ni la stabilité régionale, ni ne permet d'établir la paix. Pendant ce temps, profitant du cessez-le-feu, le Hamas continue d'éliminer ses opposants et de faire régner la terreur. La brutalité de la Donald Trump nous a peut être choqués, mais elle a produit des résultats, des otages libérés, des corps récupérés, un cessez-le-feu, fragile mais réel. Et l'Europe, que propose-t-elle? Elle veut résilier l'accord d'association UE-Israël, appelle à des sanctions. Quand elle envoie des armes à l'Ukraine, mais refuse de soutenir Israël face au terrorisme, elle se contredit. Car ce terrorisme n'est pas confiné à Gaza, il circule, il inspire, il s'impose, il infiltre nos sociétés à travers des réseaux ou des loups solitaires, des discours radicaux ou insidieux des Frères musulmans, via aussi les flux migratoires de clandestins incontrôlés. Ignorer ce lien c'est ignorer la menace. Quel est le rôle de l'Union européenne? Le rôle de l'Union, c'est de coordonner davantage de diplomaties, de les mobiliser, de définir une position crédible et d'asseoir son autorité au profit d'une véritable paix au Moyen-Orient comme en Europe.
Nécessité urgente de protéger les minorités religieuses en Syrie, à la suite de l'attentat terroriste récemment perpétré contre l'église Mar Elias à Damas
Monsieur le Président, chers collègues, à plusieurs reprises, en plénière, j’ai alerté. Un nouveau massacre ciblant une minorité a eu lieu en Syrie, sous la présidence d’Ahmed al-Charaa, ancien chef terroriste islamiste issu d’Al-Qaida. Les experts en contre-terrorisme sont formels: les terroristes islamistes n’avouent pas et ne se repentent pas. Je suis sans doute l’un des rares ici à les avoir combattus directement. Après les Kurdes et les alaouites, ce sont les 400 000 chrétiens de Syrie qui sont visés. Aux persécutions quotidiennes s’ajoute donc ce terrible attentat-suicide du 22 juin, commis dans une église bondée, à Damas même, et qui a fait 25 morts – dont plusieurs enfants – et de très nombreux blessés. Les chrétiens ont toutes les raisons de ne pas se sentir protégés dans le quatrième pays le plus corrompu de la planète, qui a pour dirigeants d’anciens terroristes islamistes – lesquels n’ont ni exprimé de regret ni admis leur responsabilité. Malgré tout cela, l’Union européenne, dans sa grande générosité, ne regrette pas d’avoir versé, en mars, 2,5 milliards d’euros en un week-end pour le développement économique du pays. Or, qui peut ignorer la pyramide de Maslow? Il n’y aura pas de développement économique en Syrie sans avoir satisfait les besoins du pays en matière de sécurité. J’appelle donc à adapter notre relation à la réalité du terrain. Nous devons accélérer la tenue d’élections démocratiques afin d’aider à la mise en place d’un homme de paix, au lieu de soutenir un terroriste. N’oublions pas qu’al-Charaa, alias Abou Mohammed al-Joulani, et son gouvernement sont des terroristes, avec beaucoup de sang sur les mains.
Condamnation arbitraire de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, le 16 novembre 2024, Boualem Sansal, écrivain français de 80 ans, a été arrêté à Alger. Son tort? Avoir exercé sa liberté de pensée et de parole. Il a été condamné à cinq ans de prison ferme pour atteinte à l’unité nationale, à l’issue d’un procès politique qui s’est tenu à huis clos. Boualem Sansal étant gravement malade, sa vie est en danger. Le 1ᵉʳ juillet, la cour d’appel a confirmé sa peine, et, à l’occasion de la fête nationale algérienne, le 5 juillet, 6 800 détenus ont été graciés. Lui non. Le président Tebboune a personnellement choisi de ne pas lui accorder sa grâce. C’est un acte politique, une rupture claire, assumée, avec la France, avec l’Europe. Ce refus est un affront, un affront à la liberté d’expression, à la culture démocratique, un affront à la France, un affront à l’Europe. Notre Parlement a largement adopté une résolution, le 23 janvier 2025, et pourtant, que fait la Commission? Que fait la commissaire Kaja Kallas? Nous lui avons envoyé une lettre le 3 juin 2025. Dans la réponse que nous avons reçue d’elle la semaine dernière, pas une seule mesure concrète. Des mots, des mots, mais aucun acte: «Nous partageons tous le même objectif, qui est la libération de Boualem Sansal, et je considère qu’un dialogue constructif avec les autorités algériennes est le moyen le plus approprié et efficace pour l’atteindre.» La même passivité que dans l’affaire du journaliste Christophe Gleizes, condamné le 29 juin par le tribunal de Tizi Ouzou à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Son emprisonnement pour apologie du terrorisme illustre lui aussi la justice arbitraire qui règne en Algérie et l’impuissance tant de la France que de l’Europe à obtenir sa libération comme celle de Boualem Sansal. Boualem Sansal incarne le courage, la dignité et la fidélité aux idéaux de liberté. Il est la voix de tous ceux que l’on veut faire taire. Alors, non! Nous ne pouvons plus continuer à nous coucher ou à faire semblant devant des régimes autoritaires dont le seul objectif est de nous humilier. L’heure n’est plus à la diplomatie molle, aux compromis bureaucratiques ou à la repentance permanente. Retrouvons notre puissance et notre grandeur et faisons-nous respecter. Il est temps de faire correspondre nos actes à nos principes et de cesser de subir.
Dissolution de partis politiques et répression de l'opposition au Mali
Monsieur le Président, chers collègues, au Mali, l'Europe a payé le prix du sang. Notre continent a payé un lourd tribut: 67 soldats européens – 58 Français, un Espagnol, deux Allemands, cinq Néerlandais, un Portugais – sont tombés dans la lutte contre le terrorisme islamiste. N'oublions pas leur sacrifice. Nous sommes intervenus en 2013, à la demande du gouvernement malien de l'époque, pour empêcher l'arrivée des islamistes au pouvoir et la création d'un couloir pour les terroristes islamistes vers l'Europe. En 2020, un coup d'État a amené au pouvoir le colonel Assimi Goïta, qui a rapproché géopolitiquement son pays de la Russie. Et, le 13 mai 2025, la junte militaire au pouvoir a procédé à la dissolution des partis politiques, faisant plonger le pays dans un régime officiellement dictatorial. À ce titre, le Parlement européen vote cette semaine une résolution pour s'opposer à cette atteinte grave aux droits fondamentaux, qui expose davantage le Mali à son invasion totale par les groupes islamistes. L'Afrique et l'Europe sont plus que des partenaires. Nous sommes voisins, liés par l'histoire, la géographie, l'économie et les peuples. Les porosités entre nos deux continents sont très fortes, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Plus de 800 000 Maliens habitent en Europe, principalement sur son flanc ouest, et à ce chiffre pourraient bientôt s'ajouter des centaines de milliers de migrants illégaux fuyant la dictature et l'avancée des groupes islamistes vers Bamako. Nous avons trop sacrifié dans ce pays pour accepter l'effacement de leur liberté. Par solidarité, par responsabilité, l'Europe doit tenir la ligne: la ligne d'un lien renouvelé avec l'Union africaine via un partenariat stratégique renforcé et équilibré. Car l'Afrique comptera près de 2,5 milliards d'habitants d'ici à 2050, soit un homme sur quatre, et, en 2100, ce sera un homme sur deux. Être spectateurs sans agir au Mali pourrait conduire à une contagion chez ses voisins, élever le risque d'importation de la menace terroriste en Europe et accroître dangereusement le flux de migrants illégaux.
Livre blanc sur l’avenir de la défense européenne (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le général français que je suis connaît bien le monde de la défense et l’industrie de la défense. Les traités fondateurs de l’Europe, ceux qui protègent notre unité, nous rappellent que la défense n’est pas une compétence de l’Union européenne. Nous n’avons pas besoin d’une armée européenne; nous avons besoin d’armes conçues, produites et vendues par les Européens et aux Européens. Cela donnera de la cohérence à nos armées nationales. N’ayons pas peur de faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés: une Russie très hostile; des États-Unis qui prennent leurs distances et nous divisent; une Turquie liberticide qui occupe un tiers de Chypre et soutient les djihadistes en Syrie et l’Azerbaïdjan contre les chrétiens d’Arménie; un islamisme radical qui nous menace à l’extérieur comme à l’intérieur; enfin, une Chine de plus en plus puissante, dont nous sommes le plus dépendants économiquement, car elle représente 21 % de nos importations. Soyons concrets: chaque pays doit accomplir cet effort de cohérence en achetant européen. En effet, des achats d’armes étrangères peuvent nous empêcher de mener les actions militaires que nous aurions décidées. Surtout, six États membres disposent de 120 à 4 000 entreprises de défense en mesure de répondre à nos besoins. Ces six pays doivent pouvoir vendre davantage en Europe et élaborer des politiques industrielles communes. C’est à ce seul prix que nous deviendrons indépendants et autonomes.
Nécessité d’un soutien ciblé aux régions de l’Union limitrophes de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, dans les régions de l'Union limitrophes de la Russie, n'oublions pas la Géorgie d'où je reviens. Ce n'est pas l'Union européenne, mais un pays dont la population se dit appartenir à la famille européenne, qui a écrit dans sa Constitution sa ferme volonté d'intégrer l'Union européenne, et que l'Union européenne soutient depuis seize ans avec près de 100 millions d'euros par an et la présence de l'EUMM et de l'OTAN. Malgré tout, la Géorgie a depuis novembre un gouvernement pro-russe, suite à d'importantes irrégularités électorales. Ne plus avoir ce pays dans notre zone d'influence constitue une triple menace pour l'Union européenne: la première, la perte d'un allié stratégique qui nous permet d'avoir une appréciation de situations uniques aux portes de l'Europe; la deuxième, le risque pour la sécurité d'un pays ami, l'Arménie; la troisième, une victoire politique pour la Russie. Quel est le meilleur soutien que l'Union européenne peut apporter à ce pays? C'est être crédibles, ce qui veut dire être beaucoup plus forts pour dissuader et tenir nos promesses. Avec l'Ukraine, nous nous sommes décrédibilisés face à Poutine, selon moi. Cela veut aussi dire être davantage indépendants, surtout quand on veut défendre l'indépendance d'autrui. Être crédibles veut dire, et ce dès maintenant, augmenter nos budgets de défense, dépenser sur le marché européen et non américain ou sud-coréen, être sincères entre pays européens, créer un pilier européen au sein de l'OTAN, défendre nos champions européens et avoir des infrastructures digitales souveraines indépendantes des GAFAM.
Madame la Présidente, chers collègues, le 16 novembre 2024, Boualem Sansal, écrivain franco-algérien de 75 ans, romancier multiprimé et lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française en 2015, a été arrêté à Alger. Extrêmement malade, il a été hospitalisé à plusieurs reprises. Sa vie est en danger. Son crime? Essayer de comprendre ce qu'il se passe dans son pays et le dire. Cet emprisonnement n'est pas un cas isolé. Selon Amnesty International, près de 300 prisonniers politiques sont détenus dans les prisons algériennes. La répression contre les journalistes, les activistes et les minorités religieuses s'est intensifiée. La semaine dernière, 47 églises chrétiennes ont été fermées sous scellés. Ma connaissance de ce pays, dans mes précédentes fonctions, m'invite à vous alerter sur la dégradation inquiétante de la situation. Il est impensable de laisser ce régime intimider davantage les citoyens algériens et européens. Une résolution du Parlement peut vraiment sauver la vie de Boualem Sansal. En mai 2023, nous avons obtenu par une résolution la libération du journaliste algérien Ihsane El Kadi. Notre silence serait donc de la complicité. Avec François-Xavier Bellamy, je vous appelle à soutenir cette résolution et à voter demain midi pour la libération immédiate et sans condition du Français Boualem Sansal. En outre, l'accord qui lie l'Europe et l'Algérie, signé en 2005 et dans lequel l'Algérie s'engage à respecter les principes démocratiques et les droits fondamentaux, est en cours de renouvellement. La résolution souligne que ce renouvellement, comme les fonds européens accordés, s'appuieront désormais sur les progrès démocratiques du pays. Pour finir, je tiens à souligner que cette résolution a bénéficié, pendant la réunion de négociation d'hier, du soutien exceptionnel de l'ensemble des groupes politiques du Parlement. C'est une démonstration d'unité qui sauvera, je l'espère, la vie d'un homme juste.
Unir l'Europe contre les acteurs hostiles à l'Union européenne: il est temps de renforcer notre sécurité et notre défense (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, notre ordre mondial est bousculé par Donald Trump. À présent, 350 millions d’Américains ne sont plus prêts à payer pour 450 millions d’Européens. Où est l’Europe? Certains se désinscrivent de X, d’autres jouent déjà la solidarité américaine plutôt qu’européenne. Trump avance pourtant sans masque: il veut nous diviser et nous transformer en place du marché pour les Américains. J’appelle donc à un réveil européen et à une coopération sincère entre nous. Acheter davantage américain en Europe, c’est détruire tout espoir d’autonomie stratégique. Prenons l’exemple de l’espace: ce sont nos données, notre navigation, nos communications, notre observation de la Terre. Sans l’espace, l’Ukraine ne pourrait plus faire la guerre. Notre autonomie dans l’espace devrait donc être notre priorité, et notre coopération une évidence. Pourtant, que se passe-t-il? Nos champions sont en difficulté. En 2024, l’Italien Vega a lancé deux fusées, le Français ArianeGroup une seule, quand SpaceX en lance une tous les deux jours et demi. Qu’attendons-nous pour concentrer nos forces et utiliser en priorité nos lanceurs européens? Enfin, en avoir, c’est bien, à condition de savoir aussi les protéger. C’est un sujet connexe, à traiter d’urgence.
Désinformation et falsification de l'histoire par la Russie pour justifier sa guerre d'agression contre l'Ukraine (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, la désinformation est depuis toujours une arme. Elle fait partie de ce que l’on appelle aujourd’hui la cyberguerre. Internet est un lieu de conflictualité désormais naturel pour des armées modernes. Certains pays de l’Union européenne ont des unités militaires cyber. La France elle‑même dispose d’un commandement cyber. En tant que militaire, je peux vous dire que cette arme est une arme stratégique, car elle a les moyens aujourd’hui de faire basculer un conflit et d’influencer les relations internationales, voire de décider du résultat d’une élection. Autrement dit, le scandale n’est pas que Poutine déforme l’histoire, falsifie les informations et développe un récit pour justifier sa guerre – nous sommes en effet en pleine guerre de l’information. Non, le scandale, selon moi, c’est que nous comptons trop les points sans agir. Nous cherchons trop peu à savoir ce qui se passe vraiment et à croiser nos informations. Pourquoi, à titre d’exemple, ne nous appuyons‑nous pas davantage sur l’Intcen, l’agence de renseignement de l’Union européenne, qui se nourrit des informations des agences des pays membres? Mieux savoir ce qui se passe en toute autonomie, sans être influencés par d’autres, nous permettrait de mieux agir. Le scandale, c’est aussi que nous n’avons pas de contre‑discours. Quelle est notre guerre d’influence, et de quels outils disposons‑nous, nous qui n’avons même pas de réseaux sociaux puissants et souverains? Cela devrait être notre priorité pour protéger nos démocraties.
La chute du régime syrien, ses conséquences géopolitiques et la situation humanitaire dans la région (débat)
Monsieur le Président, Madame la Haute Représentante, chers collègues, les conséquences de la chute du régime de Bachar el-Assad sont géopolitiques, mais elles sont aussi humaines, avec un vrai risque de voir ce pays continuer de se fragmenter: les Alaouites à l’Ouest avec les Russes, l’Armée syrienne libre au Nord, les Kurdes au Nord-Est, les Druzes au sud, le HTC au centre, les chrétiens dans les grandes villes, sans oublier les combattants de Daech répartis dans ce pays. Derrière une apparence de transition calme, le pays reste plongé dans le chaos. Les tensions sont omniprésentes, Israël poursuit ses raids sur les bases militaires de l’ancienne armée syrienne, les milices kurdes et pro-turques se combattent dans le Nord, les assassinats se poursuivent, les pillages sont en cours, sans oublier les Américains qui frappent les bases de Daech. Je le répète: ne soyons pas naïfs et, surtout, restons prudents: le HTC ne nous a donné aucune preuve de son éloignement du terrorisme islamiste, dont il est issu. La Turquie étend son influence, et on voit où peut mener cette résurgence impérialiste – il suffit d’en parler à nos amis chypriotes. Dans ce pays divisé, les Kurdes, les chrétiens et les femmes seront, croyez-moi, les principales victimes d’un régime qui ne dit pas encore son nom. Au-delà de l’envoi d’un représentant de l’Union européenne, il est indispensable de déployer une mission d’observateurs et, surtout, de maintenir les sanctions contre ce pays tant que l’on n’a pas une vision plus juste de ce qui s’y passe.
Renforcer le soutien indéfectible de l’UE à l’Ukraine contre la guerre d’agression menée par la Russie et la coopération militaire croissante entre la Corée du Nord et la Russie (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, on fait la guerre ou on ne la fait pas. Les Ukrainiens la font, les Européens ne la font pas. Nous promettons et nous signons des résolutions. Condamner la présence de soldats nord-coréens n'est pas agir. Alors que faisons-nous? Aujourd'hui, nous laissons la guerre se poursuivre sans donner aux Ukrainiens les moyens de gagner, car nous sommes incapables de donner plus. Soyons sérieux, arrêtons de faire des promesses dangereuses! La seule question est: sommes-nous prêts à faire la guerre? Je vous le dis: militairement, nous ne sommes pas prêts. Mon constat de militaire est qu'il faut revoir notre stratégie et nos modes d'action, et construire notre défense sur la réalité et non sur des mots. Quelle réalité? L'arrivée de Trump conduira à un arrêt des combats. À ce moment-là, nous devons être prêts et en mesure d'agir, de marquer notre détermination face aux Russes en déployant des troupes européennes sur le sol ukrainien. Cela ne suffira pas; nous devons maintenant accélérer notre réarmement. C'est notre manque de crédibilité qui a conduit Poutine à attaquer l'Ukraine. Seul un véritable pilier européen de la défense, autonome par rapport à toute puissance étrangère et respectueux des souverainetés, nous permettra d'être dissuasifs, en mesure de nous défendre et de défendre les pays qui nous le demandent.