21
Mai
2026
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Décision du Parlement azerbaïdjanais de suspendre sa coopération avec le Parlement européen (débat)
Madame la Présidente, la notification formelle du retrait de l'Azerbaïdjan de notre Assemblée EuroNest ne doit pas être traitée comme un simple aléa procédural. C'est la sanction factuelle d'un déclassement stratégique, celui d'une Union européenne qui s'obstine à jouer aux États. L'analyse de cette crise révèle une faillite articulée autour de trois réalités que vous refusez de regarder en face. Sur le plan diplomatique, nous payons le prix de vos ingérences. Mon attachement à la survie de l'Arménie et à la protection des chrétiens d'Orient est inébranlable. L'histoire millénaire de cette région exigeait une clarté totale. Or, vous avez cru pouvoir sécuriser des approvisionnements gaziers vitaux, tout en multipliant depuis cet hémicycle des résolutions condamnatoires qui n'ont jamais protégé un seul Arménien. En usurpant le rôle des nations pour imposer votre morale, vous n'avez produit ni la paix ni le respect: vous avez généré le vide. Sur le plan géopolitique, la nature a horreur du vide et ce sont les États-Unis qui l'ont comblé. Le projet de la route Trump pour la paix et la prospérité internationale, porté par la nouvelle administration américaine, est un cas d'école de réalisme. Washington a su lire la carte. Ils ont cristallisé un faisceau d'intérêts autour d'un corridor de transit, alignant les impératifs de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan. Ils ont imposé une équation régionale avec laquelle même l'Iran, pourtant historiquement défiant à ses frontières, se trouve contraint de composer. Le résultat est implacable: une nouvelle route stratégique s'ouvre, pacifiée, mais sous contrôle et capitaux majoritairement américains. Sur le plan géoéconomique, l'Europe se retrouve isolée. Les routes commerciales et l'accès aux minerais critiques d'Asie centrale se structurent sans nous, et l'annonce précipitée par notre institution d'un corridor sud-caucasien n'apparaît que pour ce qu'elle est: une gesticulation de rattrapage dénuée d'ancrage réel. Si nous voulons cesser de subir la recomposition du monde, il faut d'abord rappeler une vérité fondamentale: la diplomatie est la prérogative des États souverains, pas de la Commission européenne. L'urgence est d'en finir avec votre diplomatie déclaratoire qui sabote nos intérêts. Cessons de jouer aux tuteurs du monde. Laissez les nations défendre leurs approvisionnements stratégiques et renouer avec une véritable realpolitik adulte. Le Caucase nous rappelle une règle immuable: l'influence ne se décrète pas depuis Bruxelles, elle appartient aux États qui se respectent.