25
Avr
2024
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Réformes et réexamens des politiques avant élargissement (débat)
Madame la Présidente, pour gérer un futur élargissement à huit nouveaux pays, soit 60 millions d’habitants, que les collègues ont l’air de considérer comme déjà acté, leur conclusion, c’est évidemment qu’il faut réformer les traités. On ne réforme pas les traités sur la concurrence libre et non faussée ou sur le dogme du libre-échange. Non, ce que proposent des collègues, mais aussi des dirigeants éminents – je lisais M. Draghi il n’y a pas longtemps –, c’est évidemment un saut fédéral, c’est-à-dire la création d’un État européen dans lequel la plupart des compétences seraient exercées à Bruxelles et dans lequel le droit de veto des États serait supprimé, y compris sur la diplomatie et la défense. Là, je peux vous dire que ça fait quand même un sacré problème, parce que c’est ce que j’appelle la fuite en avant. Ceux qui croient dans les vertus de la fuite en avant se bercent d’illusions, car elle ne résout aucun problème. Comment éviter l’implosion de la politique agricole commune dans une Europe élargie, notamment, à l’Ukraine? Comment réduire le risque de dumping social encore plus violent qu’il ne l’a été depuis l’élargissement de 2004? Comment trouver un centre de gravité à un ensemble à ce point étiré et disparate? Vous n’apportez aucune réponse à ces questions, et la convention que vous comptez installer pour réécrire les traités et rogner sur les souverainetés nationales ne se distinguera pas de celle qui a échoué à convaincre les Français et les Néerlandais en 2005, parce qu’elle fonctionnera en vase clos avec des propositions déconnectées de la réalité et de la vie des gens. Si, sur des questions aussi graves, vous voulez vraiment convaincre, la meilleure des choses, cela s’appelle la démocratie. Consultez les peuples partout et tout le temps.