24
Avr
2024
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Proposition d'abrogation de la loi interdisant les mutilations génitales féminines en Gambie
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, avant de commencer mon propos, je veux vous lire un témoignage. «On m’ordonne de retirer ma jupe, puis ma culotte. Chacun attrape une partie de mon corps. Je suis écartelée. L’exciseuse prend un vieux couteau et attrape mon petit bout. Elle le coupe à vif en plusieurs fois. Je rugis de douleur. J’essaye de me débattre, mais je suis tenue par quatre adultes qui me crient dessus. L’exciseuse prend une petite bouteille contenant un liquide transparent et le jette sur mon sexe. C’est de l’alcool à 90 degrés.» Tel est le calvaire vécu par Halimata Fofana à seulement cinq ans. C’est douloureux à entendre. Ça l’est encore plus à subir. Rien ne justifie de telles pratiques, ni la culture, ni la religion. Les mutilations génitales féminines ne sont rien d’autre que de la torture. Revenir sur la loi qui les interdit est inacceptable. Ce n’est qu’un recul supplémentaire des droits des femmes et des droits humains. Nous ne pouvons rester silencieux et laisser en détresse les femmes gambiennes. L’Union européenne doit être forte et unie à leurs côtés. Le silence réprobateur est inenvisageable.