Compétence, loi applicable, reconnaissance des décisions et acceptation d'actes authentiques en matière de parentalité et concernant la création d'un certificat européen de parentalité (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, malheureusement, les enfants perdent ou risquent trop souvent de perdre leurs droits simplement parce que leurs parents se sont unis dans un État où la relation parentale n'est pas reconnue. Le règlement européen sur la parentalité constitue une avancée importante en ce qui concerne les droits de l’enfant, sur la base des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne, qui a réaffirmé à plusieurs reprises que les enfants ont des droits inviolables, indépendamment de la manière dont ils ont été conçus et du lieu où ils ont été conçus. Nous devons surmonter les différences au niveau national et garantir des droits homogènes aux enfants et aux familles dans l'ensemble de l'Union européenne. Stefano Rodotà, un grand juriste et homme politique italien et européen, a toujours rappelé que les droits ne sont pas seulement le miroir et la mesure de l'injustice, mais aussi un outil pour la combattre. Je suis convaincue et fermement convaincue que demain, le Parlement européen fera preuve de courage et de justice véritable.
Mise en œuvre des clauses «passerelles» dans les traités de l’Union européenne (brève présentation)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, comme nous le savons tous, l'unanimité du vote au Conseil, conçue comme une règle pour renforcer l'unité entre les États membres, est devenue de plus en plus la cause de retards et de compromis à la baisse. Des négociations sur le fonds de relance aux retards dans l'approbation des sanctions contre la Russie, le veto de chaque pays a ralenti, et parfois affaibli, la capacité de l'Union européenne à réagir rapidement aux crises les plus importantes de notre époque. Trop souvent, les décisions sur des questions importantes, il suffit de penser à la santé, au développement, à la lutte contre la faim dans le monde, à l'état de droit, ont été bloquées et / ou retardées en raison du manque de signatures d'un seul pays. L'unanimité risque de ne plus être, de plus en plus, un élément de garantie et il faut donc la repenser. Le moment est venu d'ouvrir le processus de modification des traités. Nous sommes bien conscients qu'il faudra des années pour que les éventuelles modifications des traités entrent en vigueur. Les clauses passerelles sont un instrument, peut-être le seul instrument, qui nous permettrait de surmonter l’unanimité d’une manière évidemment progressive et uniquement dans certains domaines politiques, mais stratégiques. Au cours des dix dernières années, le Parlement européen a adopté à une très large majorité plus de 40 résolutions demandant l’activation de cet instrument; la Commission européenne a exprimé à plusieurs reprises son soutien à leur utilisation; Récemment, un grand nombre d'États membres ont demandé qu'ils soient activés, du moins dans certaines décisions de politique étrangère et peut-être même fiscales. Malgré cet engagement transversal, les clauses passerelles n’ont été activées qu’une seule fois en 2004. Le problème qui doit être surmonté est que les causes du catwalk, pour être activées, doivent à nouveau avoir l'unanimité au Conseil, le paradoxe de l'utilisation de "l'unanimité pour surmonter l'unanimité" ne peut être surmonté que par les gouvernements des États membres et cela n'est plus réalisable. Le Parlement européen votera demain une résolution ambitieuse mais importante, qui prévoit un calendrier progressif, car nous sommes convaincus que nous avons besoin de progressivité sur une question aussi délicate et détaillée pour l’activation des clauses passerelles dans les années à venir. C'est précisément pour cette raison que nous espérons et croyons en la présidence espagnole, également sur la base des propositions qui émergeront demain du Parlement européen, pour entamer un dialogue et une voie avec les États membres et les autres institutions. L’activation des clauses passerelles dans certains domaines plus urgents, y compris, par exemple, en ce moment, malheureusement, la décision sur la guerre en Ukraine, la mise en œuvre du pacte vert et bien d’autres, constituerait une avancée modeste mais importante dans le processus d’intégration européenne et permettrait à l’Europe de réagir de plus en plus efficacement aux grands défis auxquels nous sommes confrontés et auxquels nous serons confrontés à l’avenir. C'est pourquoi nous demandons au Conseil européen d'écouter non seulement nous, le Parlement, qui est également important et décisif, mais surtout d'écouter les citoyens européens qui, je le rappelle, lors de la conférence sur l'avenir de l'Europe, ont exprimé leur volonté de rendre l'Europe plus forte, unie, plus rapide et plus efficace et de surmonter une fois pour toutes la règle de l'unanimité. L’activation des clauses passerelles avant la fin de ce mandat, du moins dans certains domaines, au moins essayer de les utiliser au moins une fois, serait un bon signal non seulement pour les prochaines élections européennes, mais aussi et surtout pour le processus d’intégration européenne et la crédibilité de l’Union européenne.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Commissaire, je voudrais vous remercier pour cet échange de vues, qui est intéressant et important en tout cas. Il me semble clair, et il me semble qu'il est également ressorti du débat, que nous ne devrions pas traiter avec la Libye uniquement pour arrêter les flux migratoires à tout prix, même en ignorant le respect des droits de l'homme et du droit international. La gestion des flux n’implique pas que l’UE et ses États membres ne soient pas tenus de respecter leurs obligations internationales, notamment en ce qui concerne l’accueil des réfugiés et l’évaluation des demandes d’asile. Mais nous ne pouvons pas oublier qui sont les coresponsables de cette situation, cela a déjà été dit et je le partage. Heureusement, cette recommandation va au-delà. Il tente de faire et essaie de faire un raisonnement large et de proposer des propositions concrètes visant à garantir la stabilité à un pays qui vit dans une situation dramatique depuis trop longtemps. Je suis convaincu que notre objectif ne peut être atteint que si nous soutenons d'abord la médiation de l'ONU pour relancer le processus de réconciliation nationale, puis les élections démocratiques. Il y a des divisions, il y a des opinions différentes, mais je demande à mes collègues de soutenir la recommandation lors du vote de demain et je demande au Conseil et à la Commission de faire davantage, même s'ils font beaucoup, sur les questions dont nous avons parlé.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, la recommandation sur la Libye est le résultat de mois de travail intensif. D’emblée, je tiens à remercier nos interlocuteurs au sein des institutions et de la société civile pour leurs échanges de vues fructueux, et en particulier les rapporteurs fictifs pour leur coopération et leur contribution. La situation en Libye est de plus en plus dramatique et le report des élections a brisé les espoirs de paix et de démocratie du peuple libyen. La Libye est devenue un poudrier où de nouveaux acteurs rejoignent les anciens, sans faire de progrès sur les questions de démocratie, de justice et de réconciliation nationale auxquelles les Libyens aspirent depuis des années, voire des décennies. Au cours des dernières décennies, de nombreux acteurs ont bloqué le processus de démocratie et de développement en Libye. L'Union européenne peut et doit devenir un protagoniste de la paix également en Libye, après une période, disons-le avec courage et vérité, de silence souvent assourdissant. C'est également la raison pour laquelle il est nécessaire que l'Union européenne nomme dès que possible un représentant spécial pour la Libye afin de soutenir le travail de médiation engagé par le nouveau représentant spécial des Nations unies. Nous avons besoin de notre assistance technique pour établir une nouvelle feuille de route qui débouchera enfin sur des élections crédibles, inclusives et démocratiques. Afin de contribuer au processus électoral, la recommandation propose le déploiement d'une mission électorale de l'Union européenne et de tout le soutien technique nécessaire. Nous devons aider avec la force de la raison, mais pas seulement avec la force de la raison, les autorités libyennes et mettre fin à la répression violente des organisations de la société civile et à la situation honteuse dans les camps de détention. Nous nous félicitons donc de l’utilisation des fonds de l’UE pour soutenir, entre autres, le renforcement de l’état de droit, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’inclusion sociale et les communautés locales. Les milices locales et étrangères s'enrichissent sur la peau des migrants et des demandeurs d'asile. Les violations des droits sont systémiques et l'impunité règne en maître. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons besoin d'une autorité centrale qui assume la responsabilité de garantir les droits et les devoirs de tous. Une Libye stable et prospère pourrait contribuer de manière significative à réduire le chômage régional et à empêcher qu'un grand nombre de personnes ne soient victimes de trafiquants d'êtres humains. Dans la recommandation, il y a des points, des questions très importantes que nous ne pouvons pas oublier: les droits des femmes et des enfants, la tragédie des personnes déplacées, des minorités religieuses et ethniques, la lutte contre les violences sexuelles sexistes, le très grave problème des mines, la prolifération des armes, l'abolition de la peine de mort. Je pense que nous avons fait du bon travail. J'espère donc que les recommandations sur lesquelles nous voterons demain ne resteront pas sur le papier, mais qu'elles seront mises en œuvre et qu'elles ne seront pas ignorées, comme cela s'est malheureusement produit dans le passé. Nous avons besoin de tous et, je le répète, de toutes les institutions européennes pour qu'elles s'engagent à apporter leur contribution afin que la Libye reçoive plus d'attention dans nos agendas, dans nos pensées, dans notre engagement. Nous le devons au peuple libyen et à son désir de paix.
Convocation d'une convention pour la révision des traités (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, cela fait plus de dix ans que nous avons modifié les traités européens. L'Europe d'aujourd'hui est très différente de celle d'il y a dix ans. Comme le montre l’approbation du Fonds pour la relance ou l’accueil de millions de personnes qui ont fui la guerre et la faim, l’Union européenne est en mesure de relever les défis auxquels elle est confrontée. Mais il y a trop d'occasions où l'unanimité et les votes croisés entre les gouvernements ont empêché une réponse européenne et équitable. Le temps est venu de changer, de changer de rythme et d'ouvrir la voie à des réformes des traités. Certains disent que ce n'est pas le moment. Au contraire, c'est précisément en ces temps difficiles que se construit l'Europe de demain, guidée par le même esprit qui nous a permis, il y a soixante-dix ans, de transformer l'Europe en un continent où la force du droit est en vigueur et non plus le droit à la force. Ne gâchons pas cette opportunité. S'il y a des problèmes, il doit aussi y avoir des solutions. Aujourd'hui, nous pouvons et devons faire un pas de plus sur la voie d'une Europe plus forte et plus juste.