9
Juil
2025
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Conclusions de la réunion du Conseil européen du 26 juin 2025 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente von der Leyen, Monsieur le Président Costa, chers collègues, un mot revient avec insistance ces dernières années: celui de crise – crise géopolitique, crise commerciale, crise démocratique, mais aussi crise climatique, économique, sociale, sanitaire ou encore migratoire. Fort heureusement, on dit que l’Europe n’avance que dans les crises. Les dernières années l’ont démontré, avec la manière dont nous avons répondu au Brexit, à la COVID-19 avec les vaccins et le plan de relance historique, à la guerre en Ukraine avec le déploiement de l’Europe de la défense et le renforcement de notre indépendance énergétique, ou encore au réchauffement climatique avec le pacte vert. Le groupe Renew Europe a été le moteur de ces réalisations concrètes, avec une obsession: protéger nos classes moyennes et populaires, les plus durement touchées. Mais aujourd’hui, chers collègues, l’Union européenne doit faire plus encore. C’est ce que nous avons ressenti à l’issue du dernier sommet, Monsieur le Président. Je salue bien sûr les avancées obtenues par les Vingt-sept: sur le soutien unanime à la défense européenne, sur le renforcement de notre compétitivité et sur l’appui à la Commission dans les négociations commerciales avec les États-Unis, afin de parvenir à un accord rapide et pragmatique. Mais sur de nombreux autres sujets, chers collègues, allons plus loin! N’oublions pas, évidemment, l’Ukraine; ne perdons pas de vue le danger que la Russie fait peser sur notre propre sécurité. Pour ce qui est de l’absence d’unanimité sur le 18e paquet de sanctions, disons-le: il s’agit d’un échec. On le sait, la Slovaquie de Fico et la Hongrie d’Orbán sont deux soutiens de Vladimir Poutine et ils sont des épines dans le pied de l’Europe. N’oublions pas non plus ce qui s’est passé lors de la présidentielle en Roumanie, où des ingérences russes ont été clairement démontrées. La Russie de Vladimir Poutine n’a qu’un objectif vis-à-vis de l’Union européenne: favoriser les agents de division dans les États membres pour instiller le doute sur le nécessaire soutien à l’Ukraine, influencer nos décisions ici même, dans cet hémicycle, grâce à des relais aujourd’hui parfaitement identifiés, et encourager le manque d’unanimité au sein du Conseil. Le temps que nous perdons ici n’a qu’une seule conséquence: favoriser les forces russes dans leur travail de sape contre la résistance ukrainienne. Aujourd’hui, l’Europe est le premier soutien de l’Ukraine. Mes chers collègues, sur ce sujet et sur tous les autres, il y a un éléphant dans la pièce: les États-Unis de Donald Trump. L’Amérique nous pose aujourd’hui un défi: qui a le leadership mondial? Mes chers collègues, l’Europe a tout pour se faire respecter (un marché de 450 millions de consommateurs, des règles qui nous protègent…), mais elle doit être à l’initiative, ne pas subir, ne pas se montrer timide dans la mise en œuvre de son programme législatif, préserver son unité sur l’Ukraine, renforcer ses partenariats avec des alliés qui partagent nos valeurs – et je pense, notamment, au Royaume-Uni. C’est pourquoi, chers collègues, nous devons agir, proposer, avancer. Mon groupe, Renew Europe, sera toujours du côté des architectes de l’Europe, et ce que je vous propose, ici, c’est un triple «plus»: plus vite, plus fort, plus loin – parce que nous avons besoin d’Europe!