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État de l'Union (suite du débat)
On comprend qu'un message sur l'état de l'Union devrait mettre l'accent sur les résultats positifs. Toutefois, il est préférable de le faire dans le contexte d'une évaluation réaliste des incertitudes et des défis qui se posent. Je doute que la présidente de la Commission y soit parvenue dans son discours. Les nouveaux dilemmes de gestion dans la zone euro ont été passés sous silence. Les réponses proposées pour lutter contre les inégalités sociales croissantes sont inadéquates. La paralysie d'une politique migratoire commune n'a guère été reconnue. En ce qui concerne le pacte vert et la numérisation, il faut encore savoir plus clairement combien de progrès sont réellement réalisés. Certes, l’UE a dû surmonter les perturbations causées par la pandémie de COVID-19, et elle l’a très bien fait. Pourtant, trop de domaines politiques fonctionnent dans un mode sous-optimal. Certains se rendent compte que l'Union est appelée à jouer un rôle de premier plan dans des domaines pour lesquels elle n'était pas équipée. Pour y faire face, d'autres envisagent d'autres niveaux d'intégration européenne. Mais, comme dans les propositions d'union de la défense, c'est aussi problématique, voire dangereux. Le président de la Commission pense le contraire. Avant de se diriger vers de nouveaux grands projets d'intégration, les décideurs politiques de l'UE devraient se concentrer sur le renforcement du modus operandi actuel, tout en visant à atteindre un niveau plus significatif de légitimité démocratique.