6
Avr
2022
Regarder
Auditions en cours au titre de l’article 7, paragraphe 1, du traité UE en ce qui concerne la Pologne et la Hongrie (débat)
Madame la Présidente, en prenant la parole devant vous aujourd’hui, j’ai une impression de déjà-vu assez désagréable. En effet, les procédures dites «article 7» concernant le non-respect de l’état de droit par la Pologne et la Hongrie ont été déclenchées respectivement en 2017 et 2018. Pourtant, depuis lors, peu de choses ont changé, en dehors finalement d’une dégradation de la situation dans les deux pays –deux pays qui s’étaient engagés volontairement à respecter les valeurs de l’Union en l’intégrant. De nombreuses auditions ont été menées, y compris par la présidence française de l’Union qui s’en est contentée, alors même que l’état de droit nous avait été présenté comme une priorité. Pendant ces tergiversations, les sociétés civiles, les juges, les opposants, les militants des droits de l’homme, les personnes LGBTIQ de ces pays désespèrent d’un geste fort de notre part. Soyons également clairs sur un autre angle: la guerre en Ukraine ne doit pas servir d’excuse à la Commission européenne, notamment pour mettre fin à la pression sur ces pays. Je me réjouis du lancement du mécanisme de conditionnalité à l’égard de la Hongrie. Mais qu’en est-il de la Pologne? Bien sûr, je salue l’effort que représente la prise en charge des réfugiés par la Pologne, justement, même si de nombreux témoignages rapportent que les bénévoles et populations locales fournissent la majeure partie de l’aide et se sentent abandonnés par les autorités nationales. Par conséquent, l’accueil des réfugiés ukrainiens par la Pologne et la Hongrie ne peut pas servir de monnaie d’échange contre la mansuétude sur l’état de droit et les conséquences de son non-respect.